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Brèves de comptoir

Gilles Fumey

L’histoire de la peau hâlée commence à être connue. Mais où donc se sont exposés les pionniers de l’héliothérapie, ceux pour qui la peau pouvait être exposée au soleil ? Difficile à dire. Mais les premières références de Michelet dans La Mer (1861) sont sans équivoque : les marins des pays du Sud sont « cuivrés et bronzés et passent à l’état de métal. Riche couleur, ajoute Michelet, qui n’est point un accident de l’épiderme mais une inhibition profonde de soleil et de vie ». Et le célèbre historien raconte comment un « sage médecin de [ses] amis envoyait ses clients blafards de Paris, de Lyon, (...)
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Les lettres de Cassandre

Pierre Gentelle

Images et montage de Sophie G., 15 ans, 3 juillet 2008. Ils sont laids ou sublimes, effilés ou crapaudins, noirs ou colorés, neufs ou écrasés, surmontés de métatarses torturés ou de chevilles en tension, mais ils aèrent la foule sur la perspective Nevski. Ils aplatissent les ventres, mettent en valeur l’érotisme des lordoses lombaires, durcissent les fesses et redressent la chaîne des articulations jusqu’au cou. Ce sont les instruments de mise en valeur dont aucune belle ne saurait se priver pour mettre un nez retroussé et un œil de toutes les nuances de bleu hors de chez elle. On construit sa (...)
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Vox geographi

Lionel Laslaz

La géographie a besoin de géographes pour se développer. A la lumière de ce truisme, les départements de géographie ont donc besoin d’étudiants pour continuer de fonctionner et de former des personnes auxquelles la société aura recours pour leur compétence et leur savoir-faire. Or la tendance actuelle est à un fort recul du nombre d’inscrits dans la plupart des départements de géographie français. Que faire face à cette situation ? A l’issue d’une inlassable campagne de liaison lycées-université, de prise de contact avec les enseignants du secondaire sur les deux départements savoyards, et ce de (...)
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L'Association des Cafés géographiques

Adhérer à l’association des Cafés géographiques

La géographie déserte les amphis et les salles de classe pour les bistrots ! Ils sont une poignée d’étudiants, anciens khâgneux à la Sorbonne qui, avec leur ancien professeur, veulent poursuivre les discussions de la prépa et refaire le monde. Pourquoi la géo ? Et pourquoi ce grand écart entre le lycée où la géographie « ennuie », comme le dit Yves Lacoste, et la fac où la géo passionne ? Pourquoi fait-on tant de géo à la télévision, en voyage, à table, au cinéma, dans les romans ou en mille autres occasions et que, brutalement, après le bac, elle disparaît de la plupart des cursus ? Qu’il n’en reste que dans de belles revues de papier glacé où elle se confond avec l’aventure, la vie des animaux ou des peuples oubliés ?

Ils s’attablent donc, ces jeunes, avec Gilles Fumey, qui fait le pari d’une aventure possible dont il a entrevu ce qu’elle pourrait donner au Festival international de Saint-Dié-des-Vosges. Là, en octobre 1997, chez Annie, au bar bien nommé 1507, en hommage à l’année où les astronomes du Gymnase vosgien vont écrire pour la première fois America sur une nouvelle carte du monde qui fait apparaître les terres découvertes par Christophe Colomb et Amerigo Vespucci. Ce soir là, Antoine Bailly avait appris aux clients à boire de la bière, à comprendre comment les géographes en parlaient... Rude bonne idée dont les pousses vont germer au printemps 1998, au pied du Panthéon, au Flower’s, puis à l’Ecritoire, bar enfumé de la place de la Sorbonne bien connu des gratte-papier et des philosophes et, depuis 2001, au prestigieux Café de Flore, à un jeu de cartes de la Société de géographie, la plus ancienne du monde (1827).

Les Cafés géo ont monté un site internet en 1998 qui a été piloté par Marc Lohez et qui est en charge depuis 2003 par Yann Calbérac (Lyon). Olivier Milhaud (Bordeaux), l’un des premiers de l’équipe, a été rejoint par Alexandra Monot (Strasbourg) et, plus récemment, Julie Le Gall, Aurélie Delage, Vincent Marcilhac, Bertrand Pleven (à Paris).

En 2002, sont nés avec Delphine Papin (de l’Institut de géopolitique, de Paris-VIII) les Cafés géopolitiques, installés, pour le symbole, à la Bastille, puis aux Halles. Ils sont animés depuis 2005 aussi par Frank Tétart, du Dessous-des-Cartes. Quant à Sonia Jedidi (présidente d’ACTED, ONG humanitaire), elle a démarré en décembre 2007 un Café humanitaire.

Grâce à l’association, un réseau de Cafés géo a pu se créer en France et dans le monde - francophone pour l’instant (Belgique, Québec). Mais chaque ville a son système d’organisation. Dans les régions, les médias locaux sont souvent impliqués, les élus interviennent sur des questions locales. Nos amis belges ont des perceptions différentes de ce qu’on est en France. Les Québécois ont une plus forte sensibilité à l’environnement, aux minorités... Toute personne qui aime la géographie, sans être géographe, peut rejoindre l’association et, même, animer un Café. Car la géographie n’appartient pas aux géographes.

L’association aide le développement des Cafés géo, mais ce n’est pas une œuvre de bienfaisance. Quand on est membre de l’association (pour s’inscrire cliquez ici), on se retrouve pour apprendre à connaître la carte des pays, mais aussi la carte par les restaurants. Une agréable occasion de voyager par la table. On apprend à connaître les vins par la géographie (les dégustations ont lieu à la Sorbonne). On voyage dans des endroits impossibles de la planète (Ouzbékistan, Géorgie, désert du Hoggar) avec des géographes de terrain. En 2008, un voyage est programmé à Madagascar et une sortie en Bourgogne.

Les Cafés géo ont un ancêtre allemand : le Geographisches Abend, dans une salle de la Brasserie le Thüringerhof, à la fin du 19e siècle à Leipzig. Là, devant les cruches pleines, sans se laisser troubler par les éclats de quelques chansons bachiques qui s’élèvent parfois des salles de corps du rez-de-chaussée, on écoute une conférence faite le plus souvent par un étudiant qui va passer bientôt son doctorat et donne le résultat de recherches, ou par un privat docent qui raconte un voyage d’exploration scientifique, ou même un professeur qui donne quelques bonnes feuilles d’un livre prêt de paraître. Qui est-là ? Des étudiants, des professeurs de géographie ou de sciences voisines, parfois des hôtes de passage, comme De Martonne qui racontera une de ses soirées. La soirée est toujours close par Frédéric Ratzel ou un assistant. Les pipes et les cigares peuvent s’allumer pour refaire le monde.

Et si vous n’êtes pas convaincus, relisez ce que nous écrit Mathieu Ponnard : Pourquoi aller aux Cafés géographiques ?

A bientôt aux Cafés géo !

Au menu…
Reprise des Cafés géographiques à la rentrée prochaine.
Bel été à tous !

Dans le marc de café…
Une librairie spécialisée de géographie
184, bd Saint-Germain 75006 Paris
Ouvert tlj 10h-19h00
01 45 48 03 82
www.librairie-la-geographie.com
Le 19° Festival International de Géographie se tiendra à Saint-Dié-des-Vosges du 2 au 5 octobre 2008. Il aura pour thème : ""Entre guerres et conflits : la Planète sous tension". Le pays invité sera le Japon.
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