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Déambulation dans les marais salants de Guérande

Déambulation dans les marais salants de Guérande animée par Armel Jorion et Gildas Buron, samedi 7 septembre 2019

Cet article fait suite à un week-end (7 et 8 septembre 2019) organisé pour les Cafés Géographiques par Micheline Huvet-Martinet en prolongement du café géo du 14 décembre 2017. Dans le cadre de cette sortie dans les « territoires du sel » (voir le compte rendu de Micheline Huvet-Martinet), Armel Jorion, paludier, et Gildas Buron, conservateur du Musée des marais salants sis à Batz-sur-Mer, ont organisé une déambulation dans les marais de la presqu’île de Guérande. Cette déambulation a justifié cet article qui donne des informations sur les marais salants ainsi que sur deux unités hydrauliques de Guérande (Hascouet ou « saline aux moines » et Leni-Cormerais).

 

Une partie des marais salants de Guérande © 2019 Google données cartographiques

1 – Descriptif sommaire des marais salants et de leurs aménagements hydrauliques

La production de sel marin repose sur un phénomène physique quasi universel : l’évaporation de l’eau de mer et sa concentration en sels sous l’action du soleil et du vent.

Les hommes ont modelé de vastes étendues d’argile marine en tenant compte des niveaux des plus hautes et des plus basses mers. Sur les prairies du schorre ou baules, ils ont érigé des talus ou fossés le long de chenaux de marées qui isolent de la mer des bassins à la morphologie et aux fonctions spécifiques. Réserves lacustres, vasière et cobier, se distinguent de la saline, espace de production aux aménagements internes géométriques matérialisés par des levées d’argile ou ponts.

La vasière assure trois rôles : réserve d’eau de mer, surface de chauffe ou d’évaporation et bassin de décantation. Par le passé, la vasière était utilisée comme piège à alevins et vivier à poissons (anguilles, mulets, plies…).

Pour répondre aux fonctions fondamentales – stockage de l’eau de mer, évaporation, et décantation –, la vasière est architecturée et comporte un raie et un peluet ou cœur.

La quasi-totalité du bassin est occupée par le peluet. En période de saunaison, il est couvert de 20 à 30 cm d’eau. Elle s’y décante et chauffe donc avec facilité.

Aux confins du peluet et du pied du talus de la vasière court une douve, le raie ou riage. Selon les cas, elle est large de 1 à 3 m et profonde de 50 cm à 1 m, rarement davantage. Le raie augmente les capacités de réserve de la vasière. En outre, il collecte les sédiments résultant de la décantation des eaux marines et surtout de la décomposition des algues ou limu qui y croissent.

 

La superficie d’une vasière varie d’une vingtaine d’ares pour les plus petites, de 3 à 8 hectares pour les plus grandes et dans un cas unique, 13 hectares. La majorité des vasières dessert par gravité plusieurs salines qui constituent des unités hydrauliques historiquement nommées prises. Chaque saline est le siège possible de propriétés et d’exploitations fragmentées. Une telle disposition contraint les exploitants à une gestion spécifique et rigoureuse de l’eau et à des travaux d’entretien collectifs.

Château d’eau au-dessus du niveau moyen des hautes mers, la vasière reçoit le flux salé de golfes maritimes inondables nommés traicts, des étiers qui s’y greffent ou d’émissaires plus étroits qui les prolongent nommés bondres. À partir de mars, l’eau de mer est admise à la faveur des marées hautes de pleine et de nouvelle lunes en actionnant une vanne à pelle ou trappe. Chaque prise d’eau du printemps ou de l’été est aussi l’occasion de retenir, peu ou prou, du poisson dans la vasière.

Dans une vasière, le volume d’eau est introduit en se repérant à une pierre de niveau. Le principe est que la réserve permette aux exploitants de produire du sel dans la ou les salines qui s’y alimente(nt) sans interruption entre deux marées de vives eaux. Au bout du cycle des 15 jours lunaires le bassin est réalimenté en eau de mer.

De la vasière, l’eau marine est administrée soit à la saline, soit au cobier. Le cobier est un réservoir-tampon qui s’interpose parfois entre la saline et la vasière. Il est géré comme une surface de chauffe. La hauteur d’eau admise y est toujours inférieure de plusieurs centimètres à celle de la vasière de sorte à favoriser l’évapo-concentration de l’eau de mer. De plus, dès le cobier, le trajet de l’eau peut être contraint et allongé par des ponts d’argiles édifiés en quinconce.

Du cobier, l’eau est introduite dans la saline. Identifiée par un nom original, la saline est un espace compartimenté. Les deux tiers des surfaces ou environ sont occupés par les bassins de chauffe et de concentration. C’est le terrain, surface divisée en fards ou pièces de fards. Le tiers restant de la saline est distribué en bassins à saumure ou adernes et en bassins de cristallisation ou œillets, d’une surface moyenne de 70 m2.

Les œillets se reconnaissent aux plateformes circulaires ou ladures qui élargissent leurs plus grands côtés. Le nombre d’œillets à l’intérieur d’une saline est proportionnel à sa surface et à celle du réservoir qui l’alimente. On dénombre de 14 à 17 œillets de marais à l’hectare. C’est dire l’importance et le rôle des dépendances des œillets dans le processus de la production salicole. Les salines les plus petites comptent entre 3 à 5 œillets et les plus grandes jusqu’à 180 dans la même enceinte de talus. En règle générale, les œillets sont disposés en rangées parallèles ou scannes qui forment loties. Les loties rassemblent entre 4 et 30 œillets. Les loties sont des unités d’exploitation et des unités de propriétés. Chaque lotie dispose d’un ou de plusieurs trémet(s) où la production salicole de l’été est stockée.

Qu’elle provienne de la vasière ou du cobier, dans la saline l’eau traverse tour et fards avant d’arriver aux adernes. De la sortie de la vasière à l’entrée des adernes l’eau couvre une distance variant entre 300 et 400 mètres (cas d’une saline d’une dizaine d’œillets avec cobier). Canalisée par les ponts, l’eau évolue – selon les expressions consacrées, elle tourne ou elle court – sous l’effet de la déclivité artificielle du terrain. Des réglages sont placés à chaque rupture de palier. Le paludier agit sur ces dispositifs pour moduler la hauteur de la nappe liquide mise en mouvement sur les bassins de chauffe en tenant compte des conditions atmosphériques et en anticipant leurs évolutions. Ainsi, l’eau en circulation permanente peut-elle chauffer jusqu’aux adernes et se concentrer en sel. Des réservoirs de saumure, elle est distribuée aux œillets par le biais d’un canal nommé délivre.

Le sel précipite dans les œillets lorsque la solution atteint le seuil de saturation, soit 270/300 g de sel dissout par litre. À l’entrée dans la vasière, l’eau de mer n’en contenait qu’entre 30 et 35 g. Les cristaux de sel marin contiennent du chlorure de sodium mais aussi des oligo-éléments présents dans l’eau de mer. C’est l’intérêt du sel marin.

La production salicole extraite des œillets est opposée sur des critères de couleur : sel gris et sel blanc, ou de taille des cristaux : gros sel (helen bras, dans le breton de Batz) et sel fin ou sel menu (helen menut). Le sel blanc est depuis la fin des années 1930 commercialisé sous le nom de fleur de sel.

 

2 – Données foncières et historiques sur deux unités hydrauliques de Guérande : Hascouet (ou saline aux moines) et Leni-Cormerais

Jusqu’à la Révolution Les Chevaliers, La Motte et Hascouet et Leni-Cormerais, ont été propriétés, en partie ou en totalité, des dominicains de Guérande. Les religieux y furent fondés par donations et legs pieux entre 1530 et 1590 (cf. Chronologie de la constitution du temporel salicole – XVe – XVIIe siècles). Les œillets saisis comme Biens nationaux furent vendus en 1810. Ils tombèrent dans l’escarcelle du Nantais Prosper Charette.

La documentation de ce dossier rassemble sous forme de tableaux, les données sur l’histoire du foncier des parcelles salicoles vues ou citées lors de la déambulation du 7 septembre. Les deux premiers tableaux synthétisent des données à la fois foncières (noms des propriétaires et lieu de résidence), nombre d’œillets, et techniques (répartitions des surfaces : vasière/cobier (dépendances) et saline (espace de production). Ces tableaux contextualisent les salines au sein d’unités hydrauliques fonctionnelles plus vastes, simple ou complexe, dans lesquelles elles s’inscrivent. Ils sont fondés sur les matrices qui, associées aux planches du cadastre napoléonien, donnent à connaître un état du marais salant un peu avant son apogée territorial (1850-1860) et des premières grandes transformations qui l’affecteront à partir de la seconde moitié du XIXe siècle.

Les autres tableaux proposés sont des documents de travail. Assimilables à des fiches d’identité, ils contiennent, là encore sous forme synthétique, les principales informations datées et référencées pour une saline donnée, à commencer par le nom de la parcelle. En effet, chaque saline, ainsi qu’une terre dans les campagnes, porte un nom et parfois même plusieurs. Entre 1809 et 1819, les formes parlées des noms de saline contemporaines de la levée du cadastre ont été enregistrées en français. Une partie du corpus est sorti de l’usage, en particulier les noms des salines incultes de longue date, mais la majorité participe toujours des références obligées des notaires lors des transactions foncières. Ainsi, tous les noms de saline se transmettent avec les parcelles cédées. Il en a été de même durant la période Moderne et le Moyen Âge qui, dès le IXe siècle, en livre un premier état des lieux. Ce double constat n’est pas neutre pour aborder en l’absence de plan terrier l’histoire du parcellaire salicole. Les noms attachés aux salines, souvent très stables, sont, pour beaucoup, aussi anciens que les parcelles. C’est pourquoi une attention particulière doit être accordée à la recension des formes écrites conjointement aux données techniques : leur variabilité, toute relative, reflète à la fois de la dualité linguistique du territoire, brittophone et romanophone, et de l’expressivité de la mémoire collective attachée à l’histoire de l’agrosystème salicole régional. Pour le reste, les informations des tableaux sont classées chronologiquement ce qui permet de situer a minima la première occurrence de la saline textuelle et, en parallèle, de visualiser l’ensemble des données foncières disponibles. L’œillet est une unité comptable clef du marais salant. En suivre l’évolution dans le temps est donc important pour appréhender la capacité de production d’une saline et révéler les transformations de la parcelle dans un passé récent ou reculé.

À la charnière des XVIe et XVIIe siècles, les dominicains de Guérande procédèrent à divers remembrements qui donnèrent aux parcelles observées le 7 septembre – essentiellement Hascouet et Lenic-Cormerais – leur physionomie quasi définitive. Après une période d’abandon de plus de quarante ans, Hascouet a été remise en production en 2003 par un paludier-coopérateur. Pour être exact, seuls 32 œillets de la parcelle qui en a compté une cinquantaine ont été remis en état. Si l’on considère la répartition des propriétés foncières du début du XIXe siècle, on observe que leur implantation a pérennisé la propriété des dominicains de l’Ancien Régime dans le même espace. De là, le fait que la saline soit identifiée par la mémoire collective sous le nom de Saline aux Moines, selon un processus mémoriel de l’Histoire assez récurent dans la dénomination des salines guérandaises.

La seconde saline, Lenic-Cormerais, est un petit inculte colonisé par le jonc maritime. Les résurgences d’eau douce expliquent son abandon avant la crise salicole des Trente Glorieuses. L’abandon du Lenic-Cormerais doit remonter à la Première Guerre Mondiale, période durant laquelle plusieurs salines situées au pied du coteau de Guérande parmi les moins productives ont été délaissées faute de cultivateurs. Par ailleurs, l’histoire du Lenic-Cormerais est assez bien connue. L’initiative de sa construction revient au Père Cormerais, entrepreneur éponyme de la saline, dans le premier quart du XVIIe siècle. Elle s’insère dans une phase de grands travaux de remembrements salicoles survenus sur la même période et qui affectèrent également la saline Hascouet ; travaux partiellement mais heureusement documentés (cf. Chronologie…, parties colorisées du tableau <>).

Bien plus tard, la construction de la route salicole ouverte entre 1870 et 1872 (aujourd’hui D92) a impacté la saline Hascouet et sa voisine Les Chevaliers. Les deux salines se sont trouvées amputées de surfaces de chauffe et / ou de dépendances auxquels il a été suppléé par des remaniements des circuits hydrauliques. Les aqueducs et touques posés lors de la construction de la route salicole pour permettre aux eaux du cobier et de la vasière de franchir la chaussée n’ont pas résisté au manque d’entretien et aux assauts du temps ; la dégradation de ce dispositif participant à l’altération des milieux qu’ils étaient censés desservir. En conséquence, dès le début de la seconde moitié du XXe siècle, certaines surfaces avaient perdu tout rôle dans le circuit de production salicole de la saline Hascouet. Ainsi, une ancienne partie de saline et un cobier se sont trouvés un temps été affecté à l’abreuvement des bestiaux !

 

Unité hydraulique de la saline Lenic Cormerais
Propriétaire 1819 Résidence n° parcelle Œillets hect. ares cent.
Charette Nantes 32 6 25 50
Totaux Total : 51,7 % 6   25 50
31 vasière 23 80
Total : 48,3 % 23 80
Emprise totale 49 30

 

Unité hydraulique des salines Les Chevaliers, La Motte et Hascouet
Propriétaires 1819 Résidence n° parcelle Œillets hect. ares cent.
Veuve Franck Nantes 6 12 48 90
Colombert Nantes 7 1 3 50
Charette Nantes 8 2 6 30
10 1 4 80
13 1 2 50
Trévelec Nantes 9 3 7 30
Bigarré Guérande 11 1 5 00
Les Chevaliers 12 [3,6 %] vague 2 90
sous-total 1 21   81 20
Bigarré, marchand Guérande 15 14 47 00
Colombert Nantes 16 15 45 20
La Motte sous-total 2 29   92 20
Landeau, Thomas et consorts Quéniquen 22 4 16 60
Charette Nantes 23 32 1 10 30
Ruelle, Renée-Marie, veuve Sourisseau Nantes 25 2 8 40
Legal, François, et consorts Quéniquen 26 2 5 30
Charette Nantes 27 2 11 40
Couet, Louis, héritiers Saillé 28 1 6 70
Julienne Letilly, veuve Roussel et consorts Saillé 29 2 6 10
Noël Guérande 30 6 18 00
Hascouet sous-total 3 51 1 82 80
Totaux (vasière indivise entre les salines Chevaliers, La Motte et Hascouet) Totaux : 51,7 % 80 3 56 20
14 cobier 17 10
18 vague 1 26
19 vasière 2 92 90
20 cobier 12 50
21 cobier 5 90
24 cobier 3 10
Totaux : 48,3 % 3 32 76
Emprise totale 6 88 96

 

Figures 1 : extraits carte 1/25000e IGN : localisation des unités hydrauliques décrites.

 

Figures 1bis : extraits carte 1/25000e IGN : localisation des unités hydrauliques décrites.

 

Figure 2 : extrait du cadastre de Guérande, 1819, section P, feuille n° 1 : unités hydrauliques des salines Les Chevaliers, la Motte, Hascouet et Cormorais

 

Saline Lenic-Cormerais

Dénomination(s) Dates Œillets cités Total Sources
« saline Lenyc Cormeraye, s(o)us Pradel pres Quennequen autrement Petite Motte ou Petit Harscoüet » 1679 8 8 Arch. dép. ­L.-A., H 298
Leny Cormeray 1715 6 6 Arch. dép. ­Ille &Vilaine, C 2397,         frairie de Quéniquen, f° 30 v°
Lenicormeray 1740 6 6

Arch. dép. ­L.-A., fonds Be­noist,

47 J 30, frairie de Quéniquen,      f° 18 v°

Ø ca1740-1750 Ø Ø Arch. dép. ­Ille &Vilaine, C 5219,         frairie de Quéniquen, n° Ø
Lesnÿcormane 1786 6 6

Arch. dép. ­L.-A., fonds Be­noist,

47 J 28, p. 25

Saline Lenic Cormerais ca1794 6 6 AMGuér., 1 G 8, section de Quéniquen, p. 164, n° 729-732
Leni Cormerais 1807 6 6 Arch. dép. ­L.-A., Q 1329, art. 21
Cormerais 1809-19 6 6 AMGuérande, État de sections, section P [1809], feuille n° 1 [1819], n° 32
Saline Leni-Cormerais 1810 6 6

Arch. dép. ­L.-A., Q 771, f° 5037,

17 mars 1810

Lenic Cormandé 1816 6 6 Mu­sée des marais salants,                         ms P.-M. Cavalen
Lenic Cormandé fin 19e siè­cle 6 6 Mu­sée des marais salants,                     ms A. Le­hué­dé (copie)
Cormerais 1989 Ø inculte Cad. Guér., section P, feuille n° 1, n° 63
[Cormerais] 2019 Ø inculte Google données cartographiques, coordonnées, latitude : 47°31′.56.10 »N, longitude : 2°45’02.21″W

 

Figure 3 : schéma hydraulique saline Hascouet, état vers 1950, Lenic-Cormerais (reconstitution hypothétique). Rappel : 1 œillet moyen 10 m L x 7 m l.

 

Saline Hascouet ou Saline aux Moines
Dénomination(s) Dates Œillets cités Total Sources
Salline Harscoet 1395 ? Arch. dép. ­L.-A., B 1484, 3 juillet 1395
Salline Harscoit 1400 5 ?

Arch. dép. ­L.-A., B 1479,

après le 12 avril 1400

Salline Harscoet 1444 ?

Arch. dép. ­L.-A., B 1450,

14 septembre 1444

Salline Harscoet 1452 13+1 ? Arch. dép. ­L.-A., B 1489, (A) 1452, f° 19 v°, 93 r°
Salline Harscoet 1495 ?

Arch. dép. ­L.-A., B 1484,

7 novembre 1495

Salinne Harsequoyt 1540 ? Arch. dép. ­L.-A., B 1465, 19 mai 1540
salline Harscouet 1597 1 ? Arch. dép. ­L.-A., H 298
Sallinne Hascouet 1678 5 47 ? Arch. dép. ­L.-A., B 1509, f° 869 v°, 15 novembre 1678
Salline Harscouet 1678 1 Arch. dép. ­L.-A., B 1508, f° 266 r°, 10 décembre 1678
Salinne Hascouet 1679 3 Arch. dép. ­L.-A., B 1508, f° 315 r°, 8 mars 1679
Harscouet 1679 2

Arch. dép. ­L.-A., B 1510,

f° 1743 v°- 1744 r°, 7 juin 1679

« Sallinne de Harscoüet maintenant dicte la Motte »,               « Sallinne Grand Harscoüet ou Motte » 1679

4+13+13+1

= 31 > 36

Arch. dép. ­L.-A., B 1510,

f° 1811 v°-1812 r°, 12 mai 1679

Hascoüet 1715

35+6+5

3+3+2+1

55 Arch. dép. ­Ille &Vilaine, C 2397,       frairie de Quéniquen, f° 30 v°
Saline Hascouet 1740

32+6+5+3

1+1+2

50

Arch. dép. ­L.-A., fonds Be­noist,

47 J 30, frairie de Quéniquen,        f° 30 v°

Hascouet ca1740-1750 50 50 Arch. dép. ­Ille &Vilaine, C 5219,         frairie de Quéniquen, n° 181
Hascouet 1786

1+2+31+6

1+4+1+5

51

Arch. dép. ­L.-A., fonds Be­noist,

47 J 28, p. 26

Saline Hascouet 1791 6 ? Arch. dép. ­L.-A., Q 144, f° 29 r°, n° 198
Saline Harscoet, Harscouet ca1794

4+1+4+1+1

6+32+2+1+4

56 AMGuér., 1 G 8, section de Quéniquen, p. 161-163 , n° 719-728

Harscouet

ou Gde Motte

1807 34 ? Arch. dép. ­L.-A., Q 1329, art. 21
Hascouet 1809-19

4+32+2

2+1+2+6

49 AMGuérande, État de sections, section P [1809], feuille n° 1 [1819], n° 60, 64-70
Saline Hascouet 1810 34 ?

Arch. dép. ­L.-A., Q 771, f° 5037,

17 mars 1810

Hascouet 1816 52 52 Mu­sée des marais salants,                         ms P.-M. Cavalen
Hascouette fin 19e siè­cle 52 52 Mu­sée des marais salants,                     ms A. Le­hué­dé (copie)
Hascouet 1989 11+20+7+1 49 Cad. Guér., section P, feuille n° 1, n° 64-70
[Hascouet] 2019 11+20 31 Google données cartographiques, latitude : 47°31’49.80 »N, longitude : 2°45’15.67″W

 

 

Saline la Motte
Dénomination(s) Dates Œillets cités Total Sources
« la sallinne appellée la Motte » 1628 26 26 ? Arch. dép. ­L.-A., B 1466, 22 mai 1628
Saline de la Motte 1678 15 30 Arch. dép. ­L.-A., B 1508, f° 258 r°-v°, 3 décembre 1678
Saline de lamotte 1679 15 Arch. dép. ­L.-A., B 1508, f° 402 v°, 14 juillet 1679
Lamotte 1715 1+14+14 29 Arch. dép. ­Ille &Vilaine, C 2397,       frairie de Quéniquen, f° 30 v°
Lamotte 1740 14+14 28

Arch. dép. ­L.-A., fonds Be­noist,

47 J 30, frairie de Quéniquen,         f° 18 v°

Saline la Motte ca1740-1750 30 30 Arch. dép. ­Ille &Vilaine, C 5219,       frairie de Quéniquen, n° 188
La Motte 1786 14+14 28

Arch. dép. ­L.-A., fonds Be­noist,

47 J 28, p. 26

Saline Lamotte ca1794 16+14 30 AMGuér., 1 G 8, section de Quéniquen, p. 161, n° 717-718
La Mothe 1809-19 14+15 29 AMGuérande, cadastre, État de sections [1809], section P, feuille n° 1 [1819], n° 15-16
La Motte 1816 [49] 29 ? Mu­sée des marais salants,                         ms P.-M. Cavalen
La Motte fin 19e siè­cle [49] 29 ? Mu­sée des marais salants,                     ms A. Le­hué­dé (copie)
La Mothe 1989 14+14 28 Cad. Guér., section P, feuille n° 1, n° 18-21
[La Motte] 2019 14+14 28 Google données cartographiques, coordonnées, latitude : 47°31’57.73 »N, longitude : 2°45’38.07″W

 

 

Les Chevaliers ou la Motte
Dénomination(s) Dates Œillets cités Total Sources
Harscoet petite 1452 3 ? Arch. dép. ­L.-A., B 1489, (A) 1452, f° 19 v°
? ? ? ? ?

Grande saline

de la Motte

1626 25 25

Arch. dép. ­L.-A., B 9149,

30-31 juillet – 3-11 août 1626

« sallinne du

Lenic la Motte »

1628 1 ?

Arch. dép. ­L.-A., B466,

22 mai 1628

Saline de la Motte 1678 10 14 Arch. dép. ­L.-A., B 1508, f° 523 r°-v°, 29 décembre 1678

« sallinne du

Petit Harscoüet autrement

Petite Motte »

1679 2 [< 3]

Arch. dép. ­L.-A., B 1510,

f° 1812 v°-1813 r°, 12 mai 1679

Sallinne Lamotte 1682 2

Arch. dép. ­L.-A., B 1511,

f° 2408 v°-2409 r°, 5 mai 1682

Petitte Motte 1715 3+2+10 15 Arch. dép. ­Ille &Vilaine, C 2397, frairie de Quéniquen,      f° 30 v°
P. Lamotte 1740 3+2+10 15 Arch. dép. ­L.-A., fonds Be­noist, 47 J 30, frairie de Quéniquen, f° 18 v°
Saline la Motte ca1740-1750 21 21 Arch. dép. ­Ille &Vilaine, C 5219, frairie de Quéniquen, n° 187
La Motte 1786 3+2+12 17 Arch. dép. ­L.-A., fonds Be­noist, 47 J 28, p. 26

Salinne la Motte

ou des Chevaliers

1794 6 ? Arch. dép. ­L.-A., Q 150, pièce 19

Saline Chevalier

ou la Motte

ca1794 8+4+2+2+3+1 20 AMGuér., 1 G 8, section de Quéniquen, p. 159-160, n° 711-716
Pte Motte Hascouet 1807 ? 2  ? Arch. dép. ­L.-A., Q 1329, art. 21
Les Chevaliers 1809-19

12+1+2

1+1+3+1

21 AMGuérande, cadastre, État de sections [1809], section P, feuille n° 1 [1819], n° 6-13

Saline Petite

Motte-Hascouet

1810 2 ? Arch. dép. ­L.-A., Q 771, f° 5037, 17 mars 1810
La Motte 1816 [49] 19 ? Mu­sée des marais salants,                         ms P.-M. Cavalen
La Motte fin 19e siè­cle [49] 19 ? Mu­sée des marais salants,                     ms A. Le­hué­dé (copie)
Les Chevaliers 1989 17 17 Cad. Guér., section P, feuille n° 1, n° 10-16
[Les Chevaliers] 2019 Ø inculte Google données cartographiques, coordonnées, latitude : 47°31’70.17 »N, longitude : 2°45’39.62″W

 

Figure 4 : schéma hydraulique, Les Chevaliers et la Motte. Rappel : 1 œillet moyen 10 m L x 7 m l.

 

LE COUVENT DES DOMINICAINS ou JACOBINS DE GUÉRANDE
ANNÉES REPÈRES
1404 Permission papale accordée au duc de Bretagne Jean V (1389-1442) de fonder un couvent de dominicains à Guérande
1409 16 mars, pose de la première pierre du couvent par Jean V, faubourg Bizienne de Guérande, à 300 mètres à l’ouest de la porte du même nom
1441 9 septembre, consécration du couvent. Il se compose d’une maison conventuelle, d’une église et d’une tenue close de murs et contenant jardin et prairie

 

État du temporel salicole des dominicains de Guérande à la veille de 1789
Œillets Salines Localisation
4 K/du (lire Quendu) Trescalan
9 Grand Logodet
16 Moricéé
1 Saline au Baud
3 Sarzaud
4 Hedain Clis
3 Danez
22 Drezeuc
17 Lenic Trente Quéniquen
10 Lenic Jumel
6 Siglemez
16 Saline Blanche
8 Saline Prodomez
23 Saline Drouine
½ Lehannez
5 Lenic Gelard
4 autre Lenic Gelard
2 Gannevez
2 Roux
32 Harscouet
6 Saline Cormeray
2 La P: Lamotte
22 Lenic Bardoüille
10 Sternuez Congors
7 Beccard
32 Rustaudé
22 Cruzelas Saillé
14 Kerdu
4 Belliguié
3 Mantourment
2 Fabriguan
5 Crugo
4 Port au Vin
320 ½ Total
Source Arch. dép. ­L.-A., 14 JJ 17, sommier des biens des gens de mains mortes.

 

ANNÉES Chronologie de la constitution du temporel salicole XVe – XVIIe siècles Localisation
1442 Concession pour 12 ans par Jean V, de la jouissance de 55 œillets en Guérande et Batz salines de la Forest (44) et Alain (11)
1448 prorogation du même bénéfice pour 15 ans, par la duchesse Anne (1477-1514)
1483 don de Tephaine Le Boteuc, veuve Geoffroy Le Bourleon, 25 œillets dont « 1 œillet de marais en la saline au Baud autrement ditte Le Turban », échangé

saline au Baud (1)

saline Logodec (9)

saline au Sable (15)

1490 don par Perrine Hasteloup, dame de la Jelousie, veuve du sieur Du Chastel, de 4 œillets

saline aux Roux (2)

saline Heden (2)

1492 fondation pieuse dans l’église de Saint-Yves, par Marie de Marzan, veuve de Charles de Linderec, sur 2 œillets de la saline Saulmoine ; échangés en 1626 contre 2 œillets en la saline Sarzau appartenant à Jean Le Fauhé

saline Saulmoine

puis saline Sarzau

1494

1496

1512

don par testament de Guillemette du Chastel, dame de Querqueden, de 2 œillets et 3 L de rente, commuées en 6 œillets

saline Clames

Siglémes ou Silmé

1509 don par Pierre du Chastel, de 6 œillets Saline Heden (2) ; Saline Quendu (4)
1509 don par testament d’Anthoine Sorel, sieur de la Jelousie, de : 8 œillets « qui ont estéz augmantes de quatorze, tant par le transport de nombre de motte de terre qui estoints au milieu despandants desdicts marais que le retresissement des œillets et appartenances qui estoints plus grandes d’environ dix piedz de long et de deux piedz de large que ceux qui y sont a presant » ; « […] ont esté construits sur la destruction et applanissement de quelques mottes de terre et autres appartenances de lad. saline et par le retrecissement des anciens œillets » (1679) Saline Logoden ou Querhignon (8)
1509 don par Henri du Vergier, seigneur du Cardinal et de Lesquelec, 22 œillets, « il y en a present 28 œillets » saline de Trehigo
1512 don par Silvestre Gleher, Jeanne Baudic, Perrot Le Bihen et Perrine Baudic, 1 œillet « auec toutes ses appartenances » ; « les appartenances de cet œillet sont decrites dans ce contract d’une maniere asses particuliere en voici les termes auec toutes ses appartenances vazieres caubiers fares adrennes et au.es appartenances quelconques […] ce qui fait asses voir que cet œillet etoit considerable […] il est aussy a remarquer que la Bobance dans laquelle etoint les susdits trois œillets donné par le dit Le Gleher et autres n’etoint point la Bobance ny la Rouzéé d’aujourd’huy veu que ledit couuent n’a jamais possedé aucuns œillets dans ces deux salines d ou on peut conclure qu’il failloit qu’il y eust quelques petites salines de ces mémes noms ou etoint ces œillets contigüe a cette dans laquelle etoint les trois autres œillets et demy, c’est celle qui n’est point nomméé dans ledit testament » Saline Rouzes pres Congors
1516 don par Jeanne du Ros, veuve de Pierre Madic, sieur de Drezeuc, 3 ½ « scittués dans une saline pres Congors dont le nom est en blanq dans ledit testament et de trois autres œillets de marais dans une saline aussy pres Congors nomméé la Bobance » Saline Bobance (3)
1518 prorogation de 10 ans de la jouissance de 55 œillets, par le roi François Ier (1494-1547) saline de la Forest et Alain
1530 fondation pieuse dans l’église de Saint-Yves du couvent des dominicains, par Olivier d’Ust, seigneur du Mollant et de Talhouet, 16 œillets

Grand Harscouet (13)

Petit Harscouet

ou Petite Motte (3)

1544 don d’Olivier d’Ust de 14 œillets de marais

Besquart (5), Fabricquant (2), Belleguet (4),

Lynye Bertho ou Montourmant (3)

1546

don par Adrien du Vergier, sieur de Saint Denac,

« 21 [œillets] par augmentation de 3 il y en a 24 »

saline de Dreyseuc
1549 don par Jean de Ruys, seigneur de Silz, de 3½ œillets

Damnez ou Dannet (3)

Leanez (½)

1549

1556

don par Jean de Kerveno, sieur de Kerroul (ou Kerroux), de 8 œillets

Ganneuez (2)

Grand et Petit   Harscoüet (3)

? (3)

1556

(ou 1456 ?)

don par testament de Jean Baye, sieur de Merionnec, 14 œillets Kerdu
1577 don par testament de Jacques de Kerveno, chapelain de Saint Hermel (= Armel), chanoine de Guérande, 5 œillets Crugo
1582

legs par Jeanne Cramezel, dame de Kervaudu, de 15 œillets

« lesquels ayant esté augmentes d’un oeillet il y a presentement 16 œillets »

saline du Moricet

1582

1584

fondation pieuse par les exécuteurs testamentaires de Pierre Le Bars, « il n y a que 3 oeillets donnez par le susdict testament mais on y en a adjouste un qui joint aux 3 fait 4 œillets » ; « trois œillets mais auec toutes leurs appartenances sur lesquelles et le retrecissement desd. œillets ils en ont augmente deux » (1679) Lenic-Gerard (5)
1586 ou 1587 don par testament François Aubin, sieur de Kerbenet, de 13 œillets « rebatis et distingués […] en deux salines nomméés le Grand Harscouet ou la Motte [et] le Nyc Cormeraye » ; et ce en vertu de quatre contacts differents […] touts lesquels donnent les œillets y mentionnés auec leurs vazieres, caubiers, fares, adrennes, boussils et autres appartenances et cela suppose […] que l’augmentation de treize œillets au dela desdits trante et un a este faitte sur lesdites appartenances retrecissement des anciens œillets et particulierement par la destruction et applanissement des anciens œillets et particulièrement par la destruction et applanissement d’une grosse motte de terre qui estoit au dedans et des appartenances desd. œillets ce qui a donné lieu de changer le nom de ladite saline Harscouet en celuy de la saline de la Motte cette augmentation a esté faitte auparuant l’année 1640 comme l’on peut remarquer par la declaration de cette annéé la ; et ce par les soins de reuerend père Cormeraye […] lequel [fist] seperar une petite saline composéé de douze œillets et reduite depuis a huit œillets sur le retranchement d’une vaziere et reseruoir d’eau pour ladite saline Harscouet, laquelle pouuoit comme aujourdhuy tirer suffisament de l’eau pour sa norriture de la vaziere commune ledit pere Cormeray a jouy pendant sa vie desdits huit œillets paisiblement ce qui se prouue non seulement par lad. declaration de 1640 mais de plus par autre declaration d’anciens palludiers receüe deuant mons.r le senechal de Guerrande […] d’ailleurs ladite saline du grand Harscouet appartient a plusieurs particuliers et elle est aussy bien que celle du Nyc Cormeraye entouréé d’autres salines particulieres sur lesquelles et leurs appartenances ceux auxquels elles appartiennent n’auroint pas souffert que lesdits deffendeurs eussent usurpé »

Grand Harscouët

ou Motte

1587 fondation pieuse par Jeanne Cramezel, veuve Leroy, de 15 œillets de marais ¿ doublon ?
1597

achat d’avec Jean Gauvin, marchand, et Étiennette Guillebot, sa femme, 1 œillet

(ou 1507)

Grand Harscouët

ou Motte

1598 don par Jacques Aubin, sieur de Kerbenet, de 12 œillets

Groua ou des Groys,

Grua

1623

« Le reuerend pere Blanche docteur et theologal de Guerrande ancien religieux non refformé fist construire une petite saline composéé de seize œillets de marais laquelle il appella de son nom La Blanche » (1679)

Ø  Voir remarque sous saline Bobance

La Blanche
? Le « reuerend pere Prud homme […] ancien religieux non refformé dudit couuent acquist [la saline] du Petit Loc qu il nomma […] de son nom La Prud homme » (1679)

La Prud’homme

ou Petit Loc

1626 « furent […] basties et construites par les soins et aux frais du Reuerend Pere Martin Drouïn […] ancien religieux non refformé » du Couvent Saint Yves de Guérande, salines « auxquelles il donna premierement les noms de […] Grande Martine composéé de quinze oeillets et [de] Petite Martine composéé [de] sept oeillets. Par succession de temps on les a nomméés les Drouines » (1679) ; « proces verbal de descente du [17 mars 1623 et 4 mai 1623] fait par monsieur le seneschal de Guerrande en presence de monsieur le procureur du roy qui auoit requis d’y assister pour les interests de sa majesté du sieur de Brantonnet & de plusieurs palludiers au sujet d’un proces meu entre led. sieur de Brantonnet et lesdits religieux au sujet de la construction des Drouines » ; « par ce meme proces verbal il se void ques les Drouines furent lors basties et construites par les soins et aux frais du reuerend pere Martin Drouïn » […] sur vazieres et caubiers, issues et appartenances de lad. saline Blanche a laquelle construction ledit sieur de Brantonnet s’opposa et voulut soustenir que lesd. vazieres, caubiers et autres appartenances etoient communes entre lad. saline Blanche et la saline Rouzéé luy appartenante ce que ne pouuant soustenir il fist interuenir quelques palludiers ses hommes pour soustenir que c’estoint des communs ; mais messieurs le seneschal et procureur du roy virent que lesd. religieux ne faisoint aucune usurpation et ne bastissoint que sur leurs appartenances, aussy ces palludiers ne suiuirent point leur interuention et le sieur de Brantonnet se deporta de son opposition » par acte du 4 mai 1623 salines Drouines
1626 saline Lenic-Cormerais bâtie sur « le retranchement d’une vaziere et reseruoir d’eau », révérend Père Cormeraye, dominicain (1679) Lenic Cormerais
1637 fondation pieuse par Jean Cramezel, sieur de Kerhué, 10 œillets Sternué
1648 achat d’avec Guillaume de Brouël, seigneur de la Nigrye, et Jacquette Deslandes sa compagne, pour 3 600 L de 32 œillets Rustaudé
1662 échange entre les dominicains et David Tessier des œillets données en 1483 par Tephaine Le Boteuc contre 30 œillets

Louarnegi ou Lenic Trente (17)

Lenic Jumel (10)

Grand saline Secretain (3)

1669 fondation pieuse par Roland Martineau, sieur Durnel, sur 4 œillets Port au Vin

 

Remerciements à Joël Rapet, paludier, pour les informations transmises sur la saline Hascouet.

 

Texte rédigé par Gildas Buron, Conservateur du Musée des Marais salants de Batz-sur-Mer, octobre 2019