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Date(s) - 04/04/2014
18:00

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La Passerelle

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Rencontre-débat « Partie de campagne en Chine » animée par Emmanuel Véron, doctorant en géographie, Université Paris I – Sorbonne, le vendredi 4 avril 2014, à 18h, à l’espace bar du théâtre « La Passerelle », place de la Résistance, Saint-Brieuc.

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Présentation

En moins de trente ans le pays a réalisé, une transition post-maoïste et le passage à une économie de marché, une révolution urbaine accompagnée d’une transition des modes de transports. Les écarts se creusent entre ville et campagne pour atteindre des limites encore jamais franchies.

En parallèle, le tourisme intérieur chinois fort de statistiques flatteuses, est un catalyseur des mutations sociales contemporaines. Le Bureau National des statistiques du tourisme estime à 1,9 milliard le nombre de déplacements touristiques nationaux en Chine en 2012, représentant 8 % du produit intérieur brut chinois. En effet, dès 1978, avec l’arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping, le tourisme (ré) apparait et va jouer dès lors un rôle très politique. Les trente années de réformes sont aussi celles de trente années de tourisme et d’aménagement du territoire chinois pour le tourisme.

Occuper son temps libre en partant à la découverte de son pays, est désormais admis de tous. Les termes de voyage et de tourisme envahissent le quotidien des urbains chinois. La libéralisation et l’instauration d’une nouvelle gamme de loisirs apparaissent à partir des années 1980, pour prendre une place importante dès le début des années 1990.

L’attrait récent des citadins pour une mobilité à la campagne (comme « désirs d’ailleurs »), le temps d’un week-end ou de congés, jusque là inconnus en Chine, signalent de nouvelles perceptions d’une société en pleine mutation.

Le tourisme vert est devenu en quinze ans une voie de modernisation pour les espaces ruraux. Il est un palliatif pour  un monde en constante implosion, risquant d’être un vivier de revendications et de potentielles déstabilisations politiques.

Souvent  perçu comme un moyen de lutter contre la pauvreté rurale, d’augmenter et de diversifier les sources de revenus des populations rurales, le tourisme rural est au cœur des enjeux d’intégration ville campagne.

Ce tourisme justifie économiquement l’utilisation de terres rurales arables par le maintien d’activités agricoles, améliore les conditions des communautés rurales par l’augmentation des revenus, la modernisation des équipements et par l’offre de nouveaux emplois. Ces espaces de tourisme sont aussi utiles à des fins de promotions environnementales, par la vente directe de produits biologiques, la constitution ou le maintien d’espaces verts. L’activité touristique dans les campagnes a permis pour partie de concentrer les efforts sur la restauration de fermes, de fêtes locales, voire de rites réinventés à la demande des touristes satisfaits de renouer avec leur culture et de vanter l’identité agraire de la civilisation chinoise.

 

Emmanuel Véron