Les Cafés géographiques ont organisé en juillet 2022 un voyage en Arménie, petit Etat du Caucase dont les relations conflictuelles avec le voisin azerbaïdjanais ont encore provoqué plus d’une centaine de morts ces dernières semaines. L’histoire des Arméniens dont le territoire a longtemps été partagé entre les puissants empires russe et ottoman, est marquée de nombreux épisodes tragiques. Le plus douloureux est sans doute le génocide (terme inventé par le juriste Raphaël Lemkin en 1943) subi en 1915 dans l’Empire ottoman. Les Jeunes Turcs, alors au pouvoir à Istanbul, planifient le massacre puis la déportation de toute la population arménienne, hommes, femmes et enfants, jusque dans le désert syrien où la plupart moururent.
En ces temps de commémoration des massacres qui ont amené au génocide arménien, il n’est pas inutile de revenir sur les textes des géographes qui ont abordé la question arménienne.
Commençons par Elisée Reclus. Après lui, une orientation scientiste de la géographie, une forme de pudeur devant ce qui est supposé du domaine du choix personnel et non pas de la science, et aussi un souci parfois exclusif du lien avec la géographie physique donnèrent à la littérature géographique un tout autre ton.
