L’épopée du Canal de Suez, des pharaons au XXIe siècle

L’épopée du Canal de Suez, des pharaons au XXIe siècle
à l’Institut du Monde Arabe
du 28 mars au 5 août 2018

Atlas classique Vidal-Lablache. Armand Colin 1907 p.85.

 Voilà bien une exposition idéale pour réconcilier histoire et géographie, si c’est nécessaire.

Elle a plusieurs mérites. Elle présente d’abord la cérémonie de l’inauguration elle-même avec son faste étonnant, ses invités au premier rang desquels l’impératrice Eugénie, dont le Yacht impérial l’Aigle est placé en tête de la flottille officielle, puis François-Joseph de Habsbourg qui a déjà commencé son long règne. Des portraits et photos nous permettent d’admirer les épaules d’Eugénie, puis les moustaches et favoris de l’empereur d’Autriche-Hongrie. Les visiteurs furent sensibles nous dit-on au contraste entre ce faste et la misère populaire alentour. Un bal fut organisé pour 5 000 personnes, où figurait peut-être Paul Vidal de La Blache. Ce dernier en effet était alors membre de l’Ecole Française d’Athènes où il se préparait à une carrière d’archéologue et épigraphiste ; il vint assister à l’inauguration. Peut-être cet épisode de sa vie ne fut-il pas étranger à son choix de devenir géographe

L’exposition place le canal dans l’histoire séculaire de l’Egypte, y compris l’Egypte antique. L’idée de faciliter le passage des navires entre Méditerranée et Mer Rouge est une très vieille affaire, même si le tracé du canal n’a pas toujours été le même. En effet le premier tracé antique rejoint à partir de la Mer Rouge la branche la plus orientale du delta du Nil, pour profiter de sa navigabilité. Et puis le canal s’ensable et on essaie divers autres tracés, toujours vers le Nil, jusqu’à l’abandon définitif, à l’époque hellénistique. Le souvenir ne s’en est cependant jamais perdu. D’autres projets voient le jour mais jamais une autorité politique assez forte et éclairée ne peut mettre ces plans en œuvre, ni dans l’Empire Romain, ni du temps de Byzance ni durant la domination ottomane. Des documents de très grand intérêt, tels des manuscrits vénitiens viennent illustrer ces efforts inaboutis.

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Un géographe de plein vent. Albert Demangeon (1872-1940)

La bibliothèque Mazarine vient à la fois de présenter une exposition sur le géographe Albert Demangeon et de publier aux Editions des Cendres les bonnes pages d’un colloque qui vient de se tenir autour d’Albert Demangeon (1872-1940) dit ici « géographe de plein vent ».

On y trouvera matière à utile réflexion sous la plume de Denis Wolff qui a consacré sa thèse à ce géographe, de l’historien Nicolas Ginsburger et de Marie-Claire Robic qui a pris depuis longtemps la relève de Philippe Pinchemel dans l’étude de l’histoire de notre discipline. La présence de deux bibliothécaires, Yann Sordet, directeur de la Mazarine, et Patrick Latour n’est pas étrangère à la très belle qualité graphique de l’ouvrage et à l’excellence de ses illustrations.

On comprend mieux cette qualité des illustrations lorsqu’on parcourt l’exposition dédiée à Demangeon à la Bibliothèque Mazarine. Grâce à la générosité de sa famille et à l’attention de son gendre Perpillou, une masse considérable de documents a permis de constituer un stock d’archives remarquable, dont il est peu d’exemples dans la corporation géographique.

Denis Wolff situe Demangeon à partir de ses origines familiales. Pur produit de l’élitisme républicain, issu d’une modeste famille et formé dans l’école publique d’une petite ville de l’Eure, il réussit à entrer à l’Ecole Normale supérieure, devient agrégé, puis professeur à Lille et à la Sorbonne. L’ENS lui fournit le réseau sur lequel il s’appuiera.

Nicolas Ginsburger élargit le champ en cherchant son orientation idéologique. Le titre de son chapitre est révélateur : « de l’Affaire Dreyfus au danger nazi : un intellectuel vigilant, mais un engagement modéré ». Là encore, sans dissimuler ses opinions, Demangeon reste en retrait. Il devient progressivement dreyfusard, mais pas au point de s’engager.

Marie-Claire Robic cherche la place de Demangeon dans les débats entre géographie, sociologie et histoire. Sans revenir aux détails des diverses polémiques où finalement Demangeon est réticent à s’engager, notre géographe est convaincu de la vanité d’affrontements dont les dés sont biaisés. Il s’agit, pense-t-il, pour les sociologues et historiens de restreindre le territoire de la géographie et de s’emparer de ses dépouilles. Sa défense est de s’adresser à la clientèle en lui disant : « Voyez ce que nous faisons plutôt que ce qu’ils déclarent ».

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Le trait et la lettre dans les carnets d’Afrique de Christian Seignobos

Le dessin du géographe n°71

La modestie du  titre du livre de Christian Seignobos : «  Des mondes oubliés. Carnets d’Afrique » (IRD Editions Parenthèses 2017 310 p.) ne rend pas compte de son extrême richesse : c’est le produit de multiples missions, d’années d’enseignement dans des établissements scolaires et universitaires du Cameroun et du Tchad,  d’errances aussi,  de nomadisme au gré de sollicitations diverses, bref de plus de quarante ans de vie.

C’est un carnet de dessins. Christian Seignobos dessine depuis toujours. Il dit lui-même ne pas se rappeler de temps de sa petite enfance où il n’ait pas dessiné, ne serait-ce que pour échapper à l’ennui.

Par l’importance qu’il accorde au dessin, cet ouvrage de géographie détonne dans la production contemporaine, où on avait pu croire que cette forme d’illustration était en voie de disparition.

« Mondes oubliés, carnets d’Afrique», le titre renvoie au passé et très souvent à un passé disparu. Il s’agit moins d’une mémoire que  d’une vie de géographe, ou comme le dit l’auteur, d’un itinéraire : une quarantaine d’années passées autour du Lac Tchad, car « le temps cumulé sur les mêmes lieux donne de l’épaisseur au palimpseste des souvenirs ». Rien de mélancolique, ni de geignard ; il s’agit de prendre en compte le vécu de l’auteur pour rendre le présent.

Sur le Lac Tchad

Les souvenirs sont ordonnés thématiquement et surtout illustrés de centaines de dessins au trait. Les dessins sont les témoins des mondes oubliés, ils sont le rempart contre l’oubli. Le qualificatif « illustré » est faible et ne rend pas compte de la structure du livre, où, le texte accompagne l’élément distinctif qui est le dessin. Grâce à ce dernier, Christian Seignobos peut dire : voici ce que j’ai vu de mes yeux. Le texte est là pour expliquer mais on pourrait dire qu’il est composé uniquement de légendes des dessins. En ce sens, ce livre est unique. Mais en même temps les textes prennent souvent le dessus sur l’image, en quelque sorte malgré les efforts de l’auteur, sans doute parce qu’ils peuvent mieux exprimer les nuances et qu’ils disent le temps.

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Le kibboutz Lotan (Israël)

20 Février 2018, vue partielle du kibboutz Lotan, Israël (photo de Daphné Tapia)

Cinq heures de bus séparent le kibboutz Lotan de Tel Aviv. Surnommée Ia ville qui ne dort jamais, Tel Aviv offre une grande variété de restaurants, de soirées et d’activités. Les rues sont embouteillées dès 7 heures du matin et les piétons respirent les pots d’échappement à pleins poumons.

Cinq heures de bus, et nous voilà au bout du monde. Lotan se trouve à 50 km d’Eilat, grande station balnéaire à la pointe sud du pays. Le kibboutz suit son rythme singulier : la journée commence avec le lever du soleil et se finit avec l’observation du vol des oiseaux migrateurs.

A Lotan, les maisons sont construites en boue pour garder la fraîcheur intérieure en été et isoler du froid en hiver. Leur architecture s’inspire des maisons issues de la planète Tatooine dans Star Wars et le robot R2D2 a même une statue à son effigie sur la place centrale. Dans ce kibboutz, on cuisine avec des fours solaires : une boîte de carton un peu sophistiquée peinte en noir pour stocker la chaleur et du papier d’aluminium pour mirer la lumière, quelques heures sous le soleil brûlant et votre plat est prêt. Ainsi, aucune consommation d’électricité n’est requise. Il s’agit d’un véritable voyage dans le temps. L’abri anti-roquettes que l’on reconnaît dans le bâtiment carré sur la photo, au second plan à droite, nous rappelle à la réalité : situé à quelques kilomètres de la Jordanie et de l’Egypte, le kibboutz Lotan est un bon point d’observation des relations entre Israël et ses voisins.

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La France des 13 régions

Sous la direction de Laurent Carroué, La France des 13 régions, collection U, Editions Armand Colin, 2017, 336 p.

Après La France, les 26 régions (5e édition en 2001) et La France, les 26 régions (2009) voici La France des 13 régions (2017). Les éditions Armand Colin se devaient d’actualiser leur manuel de géographie régionale de la France pour tenir compte de l’importante réforme régionale de 2015. Sous la direction de Laurent Carroué, une équipe d’une dizaine d’universitaires et d’enseignants en classes préparatoires a rédigé ce tableau régional précédé d’une introduction relative aux nouveaux découpages et rôles des régions françaises. Le titre du livre masque l’ampleur réelle du contenu qui ne se limite pas aux 13 régions métropolitaines puisque sont également étudiés la Corse (collectivité territoriale unique depuis le 1er janvier 2018) ainsi que les Départements et Régions d’Outre-Mer (5 DROM).

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Vues de côtes : le panorama au service des marins

Dessin du géographe N° 70  (Roland Courtot)

 

Fig. 1. Deux vues de la côte ouest de l’Ile Shouten et de la presqu’île Freycinet, Tasmanie , dessinées  par Charles André Lesueur (in François Péron, Voyage de découverte aux terres Australes, tome 1, Atlas, Planche IV : Australie, par Lesueur et Petit)

Légende des deux vues de côte :

  • Vue générale de l’île Schouten : le Cap Sonnerat (f) restant au S I/4 SO
  • Suite de l’île Schouten (g) Détroit du Géographe (h) Cap Degérando (I) partie Sud de la Presqu’île de Freycinet (k)

C.A.Lesueur del(ineavit), J.Milbert direx(it), Fortier sculp(sit)

Fig.2 : Planche IV de l’Atlas de Lesueur et Petit

Légende complémentaire :

1 : Vue du Cap Forestier (a) de la Baie Thouin (b) et du Cap Tourville (c)

2 : Vue du Pic d’Arcole (d) et du Piton Champigny (e)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b2300134q/f4.item.r=expédition%20aux%20terres%20australes.zoom

Ces deux vues de côte ont été exposées à l’ambassade d’Australie à Paris, lors de l’exposition « L’œil et la main » à l’été 2016. Elles font partie des dessins et aquarelles de Lesueur et Petit, rapportés par l’expédition Baudin sur les côtes de l’Australie et de la Tasmanie, en 1800-1804. Elles représentent, en 2 profils qui se suivent du sud au nord, la côte est de l’île Shouten (du nom du navigateur hollandais qui avait reconnu la Tasmanie en 1642, appelée Terre de Diemen) pour le premier, la côte est de la presqu’île Freycinet (nom donné par l’expédition Baudin) pour le second. Les reliefs et les indentations dessinés par Lesueur sont bien visibles sur des vue obliques de Google earth.

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L’avenir incertain de l’Europe

La construction européenne est aujourd’hui vieille de près de huit décennies. Depuis plus de dix ans sa dynamique semble s’être enrayée au point d’apparaître en péril pour n’avoir pu lever les ambiguïtés qui ont présidé à sa naissance et à son développement. D’autant plus qu’une part importante des sociétés européennes la rend responsable des difficultés liées à la mondialisation croissante et à la nouvelle donne géopolitique, économique et technologique. Crise, rebond possible, désir, nécessité, tout se mêle aux yeux des opinions publiques comme des dirigeants politiques.

1.Une crise profonde : le projet européen dans l’impasse ?

Depuis le plan Schuman de 1950 (à l’origine de la Communauté européenne du charbon et de l’acier), une histoire cyclique a marqué les avancées et les reculs du projet d’unification européenne qui a néanmoins avancé vers l’approfondissement et l’élargissement. Des étapes majeures ont été franchies : le traité de Rome (1957), l’accord de Schengen (1985), le traité de Maastricht (1992), la création de l’euro (2002). Mais depuis 2005 la construction européenne piétine, une succession de crises révèle que ses fondements même sont menacés. Trois crises majeures ont ébranlé le projet européen : la crise financière mondiale de 2008, la crise migratoire à partir de 2013, le Brexit en 2016.

La crise financière mondiale de 2008 a mis à rude épreuve l’Union économique et monétaire (UEM) avec le risque d’un éclatement de la zone euro. Une série de réponses européennes a permis de surmonter cette crise de l’euro mais la divergence des trajectoires économiques en Europe s’est poursuivie, creusant toujours plus le fossé entre le nord et le sud de l’Europe.

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Carnets d’une Géographe sur les chemins d’Arménie, 1997-2017

Le dessin du géographe : n°69

20 années de recherches en Arménie, 20 années de géographie rurale dans les montagnes de ce pays du Sud-Caucase…et une vingtaine de carnets de voyages, illustrés de dessins pour raconter mes « géographies voyageuses ».

Voici quelques-uns de ces dessins et aquarelles issus de ce parcours de chercheur.

  1. Sa majesté l’Ararat

Du haut de ses 5 165 mètres, le Grand Ararat, Massis, domine en majesté la large plaine alluviale dite de l’Ararat,  objet géopolitique où l’Araxe dessine la frontière entre Arménie et Turquie[1]. Les deux cônes du volcan, Massis et Sis (3 896m) sont un émerveillement pour  le regard. Raoul Blanchard[2], en 1929, l’évoquait comme un géant : « rien de cette gigantesque pyramide n’est perdu pour les yeux, la montagne se dressant au-dessus d’une plaine dont l’altitude n’est que de 800 m; ainsi d’un seul coup le volcan s’enlève de 4 400 m. (…) Un Fouji-yama perché sur un plateau au bord d’une fosse de 2 000 m. »

Le mont Ararat est un stratovolcan situé à la jonction entre trois plaques tectoniques : arabique, eurasienne, anatolienne. A sa vue, le géographe est saisi d’étonnement tant ses dimensions sont uniques, à tel point que sa haute silhouette est visible de partout en Arménie. À la fois montagne mythique où s’échoua, dit la Genèse, l’arche de Noé, mais aussi balise géopolitique entre les grands empires, russe, perse, ottoman, l’Ararat ne se décrit pas, il est l’expression de toute une histoire et fait fantasmer les « aventuriers » à la recherche de l’arche perdue.

La vue depuis la vallée de l’Araxe en Arménie présente la plus belle perspective paysagère qui soit. Montagne religieuse mais aussi, comme l’écrit Joseph Pitton de Tournefort[3] au début du XVIIIe siècle, « effroyable solitude », le double sommet fascine autant qu’il attire. Au cours de 20 années de pérégrinations géographiques en Arménie, l’Ararat m’a toujours semblé être un phare, un géant bienveillant dont on ne se lasse pas d’observer les nuances changeantes des couleurs tapissant ses versants. Il prend tant de poses, captant la lumière et sublimant le bleu du ciel qu’on ne s’étonne pas de voir combien il a inspiré les artistes. Mais peindre l’Ararat est un piège…qui se joue du talent des peintres. Il est l’Ararat, l’unique et c’est tout.

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La crise du Golfe 2017, un point névralgique de rivalités géopolitiques et multiscalaires

La crise du Golfe débute officiellement le 5 Juin 2017. L’Arabie Saoudite, l’Egypte, les Emirats-Arabes-Unis, le Bahreïn et le Yémen décident conjointement de rompre leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ce petit pays, au rayonnement important sur la scène internationale, est accusé d’entretenir des relations trop étroites avec l’Iran, grande rivale de l’Arabie Saoudite pour le leadership régional, et de soutenir des groupes politiques d’obédience religieuse comme les Frères Musulmans, bête noire de l’Egypte du maréchal Sissi. Des Etats comme le Koweït ou Oman, restés neutres dans cette affaire, candidatent au rôle de médiateur, sans résultat probant.

Cette crise a pour conséquence directe la mise sous embargo de l’émirat qatari, avec entre autres la fermeture de son unique frontière terrestre avec un pays voisin, l’Arabie Saoudite. Doha parvient à contourner le blocus, qui frappe notamment de plein fouet le secteur alimentaire, grâce à l’aide de l’Iran et de la Turquie. Le Qatar n’a jamais été réellement proche du voisin iranien. Dans une politique d’ouverture générale, les qataris ont toujours prôné le dialogue et l’apaisement des relations avec Téhéran. L’Iran reste cependant un allié de circonstance pour le Qatar qui cherche à s’extirper de l’isolement diplomatique dans lequel il est englué. Pour ce qui est de la Turquie, les relations remontent aux années 1970 et sont plus solides.

L’Arabie Saoudite souhaite s’imposer comme la première puissance de la région. Elle s’appuie sur sa centralité, ses importantes ressources en matière première et son influence internationale sur le plan religieux. Le Conseil de Coopération du Golfe, créé initialement pour se prémunir de l’instabilité courante au Moyen-Orient, est aujourd’hui utilisé par l’Arabie Saoudite pour assoir sa domination sur ses « petits » voisins. La concurrence de l’Iran incite l’état saoudien à se doter d’un important arsenal militaire et à soutenir en sous-main des groupes djihadistes sunnites comme l’Etat-Islamique. L’Iran soupçonne d’ailleurs très fortement son voisin saoudien pour l’attentat qui a touché sa capitale et fait 23 morts le 7 Juin 2017. Téhéran s’appuie également sur un arsenal militaire conséquent, notamment des armes nucléaires. L’Iran ne cache pas son ambition d’étendre son modèle d’islam politique à tout le Moyen-Orient. Elle peut se targuer d’être la figure de proue de nombreuses communautés chiites au Liban, en Syrie, en Irak ou à Bahreïn. Ce qu’on nomme souvent le « croissant chiite » est une invention, plutôt exagérée, du roi jordanien utilisé par ce dernier et l’Arabie Saoudite pour justifier la menace chiite.

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Art et géographie dans deux paysages de David Hockney

 

 

Outpost Drive, Hollywood, 1980 (152 x 152 cm) © David Hockney

 

Mulholland Drive, the road to studio, 1980 (218 x 617 cm) ©Museum of arts LA

 

Dans l’exposition parisienne de l’été 2017, « David Hockney », au Centre Pompidou, l’amateur de paysages a été comblé, tant par le nombre et la taille des tableaux, que par la variété des sujets, le kaléidoscope des couleurs, l’éventail des perspectives. De cette richesse et inventivité picturale, je retiendrai plus modestement les deux tableaux ci-dessus, qui attirent l’attention du géographe par leur sujet et leur composition : portant la même date de réalisation, de taille différente, ils sont étroitement liés l’un à l’autre par leur proximité géographique et leur facture. Le premier, plus petit, pourrait s’inscrire dans le second, plus grand : il en forme comme la partie centrale. Sans connaître dans quel ordre ces tableaux ont été réalisés (ou en parallèle ?), le « regardeur » se rend compte immédiatement que les mêmes éléments du paysage se retrouvent dans les deux œuvres, bien que leur titre diffère. On le comprend tout de suite si on regarde un plan du nord de Los Angeles : les deux titres correspondent aux routes que David Hockney empruntait alors pour se rendre de sa résidence dans les collines hollywoodiennes à son studio de Santa Monica : Mulholland drive en premier, puis Outpostdrive (voir l’image aérienne oblique et son croquis explicatif)

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