L’Euro 2016 de football : une opportunité pour les villes françaises ?
Figure 1 : Logo officiel de l’Euro 2016 (UEFA et Brandia Central, tous droits réservés)

Figure 1 : Logo officiel de l’Euro 2016
(UEFA et Brandia Central, tous droits réservés)

Alors que les questions sociales autour de la Coupe du monde 2014 au Brésil se font entendre, la France prépare son « Euro » 2016, la coupe d’Europe des nations de football. Si les conflits sont bien moins importants en France, ils sont malgré tout très présents au niveau local et l’objet d’intérêts globaux. Les 10 stades qui accueilleront l’Euro sont déjà sélectionnés, il s’agit du Stade de France, de 5 stades à réhabiliter et de 4 stades construits pour l’événement. Ce sont ces 4 stades qui vont nous intéresser. Les stades de Nice et de Lille sont déjà construits et fonctionnels, les stades de Bordeaux et Lyon sont en construction. Ces projets ont coûté des centaines de millions d’euros et sont donc évidemment au cœur des projets des villes concernées. Après le Stade de France construit pour la Coupe du monde 1998, voici une nouvelle génération de stades qui sont attachés à un club (contrairement au Stade de France) et intégrés à un projet de développement local (comme le Stade de France) 1. Il est donc intéressant de comprendre quelles logiques urbaines sous-jacentes sont présentes dans la construction de ces stades, quelles visions de la ville, …, en un mot, quelle urbanité va être créée par ces nouveaux complexes sportifs dans les villes de Nice, Lille, Bordeaux et Lyon ?

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Du verbe habiter et de ses usages, Michel Sivignon.
Habiter la ville, habiter le monde, habiter…

Habiter la ville, habiter le monde, habiter…

Maurice Le Lannou définissait la géographie comme la science de l’homme-habitant (La géographie humaine, 1949). Il fut vivement pris à partie par Pierre George qui lui reprocha son angélisme. Pour ce dernier, l’homme était un producteur et un consommateur, point de vue strictement matérialiste qui n’avait que faire d’une dimension psychologique de la relation de l’homme avec son environnement. Par là Le Lannou se rapprochait de Gaston Bachelard et faisait le lien avec l’anthropologie sociale, sans d’ailleurs la mentionner spécialement. Il n’était pas un théoricien.

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Géographie du paysage à propos d’un chef-d’œuvre
Fig.1. Le paysage « géographique » vu du portique de la chambre de la Vierge Jan Van EYCK,, La vierge du Chancelier Rolin, 1430-1434, détail ©RMN

Fig.1. Le paysage « géographique » vu du portique de la chambre de la Vierge
Jan Van EYCK,, La vierge du Chancelier Rolin, 1430-1434, détail ©RMN

Le tableau de Van Eyck « La vierge du chancelier Rolin », un des plus célèbres du musée du Louvre (il figure dans les œuvres à ne pas manquer sur les dépliants distribués à l’entrée sous la pyramide), mérite toute l’attention des touristes pour les qualités esthétiques et le sens profond du divin, du sacré et de l’humain exprimés dans cette œuvre1.

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Le pont transbordeur de Rochefort (ou du Martrou), Denis Wolff.
Cliché Denis Wolff, 2014

Cliché Denis Wolff, 2014

Des cartes postales, 2014

Le 22 mars 2014, le soir tombe sur Rochefort lorsque je tente ce cliché. Sous la conduite dynamique de Maryse et de Gabrielle, les géographes en herbe des Cafés géo ont sillonné les terres, du Pertuis d’Antioche au Pertuis de Maumusson, de La Rochelle à Marennes en passant par Fouras. S’ils n’ont point omis de prendre un temps afin de rendre hommage aux Japonaises qui, après les Portugaises, peuplent les bassins ostréicoles, ils ont crapahuté des fortifications de Brouage au chantier rochefortais de l’Hermione (reconstruction d’une frégate du dix-huitième siècle).

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La ligne de partage des eaux (Dominique Marchais, 2014), Bertrand Pleven.

d_marchais_01Documentaire, France,  2014L’appel de l’eau réclame en quelque sorte un don total, un don intime. L’eau veut un habitant. (Gaston Bachelard, L’eau et les rêves, 1942.)).

En quête du bon gouvernement

Actions et acteurs

Comme dans l’histoire d’un ruisseau, La ligne de partage des eaux commence par une source pour nous mener à l’embouchure de la Loire. Entre temps, le film marque des étapes à thèmes. On marche avec des agents du Parc National observant les fluctuations de moules perlières dans une  portion de cours d’eau, on arpente avec des habitants un terrain qu’ils destinent à bâtir durablement. Plus loin, on roule avec un paysagiste proposant une belle analyse de la physionomie changeante des bords de route en fonction de leur capacité à permettre la vitesse. Enfin, c’est avec le géographe Jean Renard que l’on traverse le périurbain nantais. On observe aussi de l’intérieur : une base logistique de Bridgestone, l’espace en attente d’une infrastructure magique (une zone d’activité de 500 hectares) en périphérie de Châteauroux, la réunion d’une commission locale de l’eau , une autre d’élus considérant la pertinence d’un redécoupage intercommunal intégrant la petite ville voisine… On dit souvent que le documentaire doit concentrer son propos, marquer à la culotte ses personnages, Dominique Marchais, comme dans son premier long Le Temps des Grâces (2009) fait le choix d’un certain éclatement et ce pour épouser l’échelle qui lui semble la plus pertinente pour son récit : le bassin versant.
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Des suffixes en géographie, Yohan Lafragette.

suffixes_YLEn préparation du CAPES, on nous enseigne beaucoup de vocabulaire pour penser en  géographe. Pendant que mes collègues historiens essaient d’ingérer ces mots parfois  barbares, j’ai réfléchi à ce jargon.

Il me semble que le radical reste, mais que le suffixe change pour analyser les objets en géographie. Urbanisme, urbanisation, urbanité, en 30 ans, nous passons de l’idéologie aux processus puis au concept. Qu’est-ce que cela nous apprend sur la géographie ?

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La cour de Babel (Julie Bertuccelli, 2014). Bertrand Pleven.

cour_de_babel01La cour de Babel, Julie Bertuccelli, 2014.

Géographies citées

« Nous distinguerons donc la mondialisation réduite à l’unification économique par le marché (globalisation), d’un phénomène de beaucoup plus longue durée : l’humanisation et la civilisation de la Terre des hommes qui se poursuivent au point que Babel s’en trouve rachetée » (Denis Retaillé, Les Lieux de la Mondialisation, page 13)

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Géographie et cinéma au cœur de l’Amérique en crise

Entretien avec Jean-Loïc Portron, co-réalisateur de Braddock America (sortie le 12 mars 2014)

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France  – 1h43 min
Scénario : Jean-Loïc Portron
Image : Jean-Loïc Portron
Son : Gabriella Kessler
Montage : Véronique Lagoarde-Ségot
Musique : Valentin Portron

« No dirt, no job »

Au Nord-Est des Etats-Unis, la ville de Braddock, ancien bastion sidérurgique, a aujourd’hui perdu de sa superbe. Pourtant, une communauté ébauche au quotidien une action solidaire pour dessiner l’avenir. Dans cette Small town de la « Rust belt », ville « rétrécissante », Jean-Loic Portron filme à travers ce documentaire, co-réalisé avec la new-yorkaise Gabriella Kessler, ce qui  sépare Braddock d’une Dead city (Mike Davis).

Entretien avec un historien passionné de géographie, lecteur de Pierre Deffontaines, d’Yves Luginbühl ou encore de Philippe Gervais-Lambony. Il partage avec ce dernier le terrain sud-africain sur lequel il va revenir dans son prochain projet. On retrouve aujourd’hui l’auteur des séries Paysages et Foyers de Création pour Arte, pour la sortie de son long métrage, au cinéma.

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Qui est le plus pauvre du monde ? Cyril Froidure.

José Mujica, le « président le plus pauvre du monde »

José Mujica, le « président le plus pauvre du monde »   

Madagascar, le pays le plus pauvre du monde ?

Madagascar, le pays le plus pauvre du monde ?

Première bonne nouvelle de l’année, selon Michael Bloomberg, le maire de New York, Bill Gates est redevenu l’homme le plus riche du monde avec plus de 78 milliards de dollars en poche, et de nombreux médias ont répercuté cette importante information. Nous voilà soulagés ! C’est qu’il nous a fait peur en 2012, Bill Gates, détrôné qu’il fut par le Mexicain Carlos Slim, symbole des pays émergents qui détrônent l’Amérique… En jetant des milliards par les fenêtres pour essayer de  rendre le monde plus équitable, Bill Gates prenait pourtant un risque. Les résultats de l’année 2013 ont montré que l’investissement était au contraire juteux !

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Quadraturin, Jean-Louis Tissier
Turin, Piazza Castello (Cliché de Jean-Louis Tissier)

Turin, Piazza Castello (Cliché de Jean-Louis Tissier)

Le centre de Turin (Google Earth)

Le centre de Turin (Google Earth)

Chers Amis

Turin, le 20 mai

Il est 20 h 50 et l’angle nord de la Piazza Castello désertée par les touristes (et nos étudiants de géographie urbaine) me fait un curieux signe… Dans ce paysage urbain à la Chirico je me rappelle que ce dernier, séjournant à Turin, relevait que dans cette ville « Toute la nostalgie de l’infini se révèle à nous derrière la précision géométrique de la place »… A l’exception d’une silhouette accompagnant un chien pour sa miction crépusculaire le géographe à l’ancienne se retrouve seul… Bien seul (enfin seul ?). Ce vaste espace public est ainsi livré à mes ruminations privées, dont je vous fais impudiquement part dans ce billet.
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