Lyon, porte des Alpes
Vue de Lyon depuis les hauteurs de Fourvière (Cliché Pierre-Louis Ballot, 24 juillet 2016)

Vue de Lyon depuis les hauteurs de Fourvière (Cliché Pierre-Louis Ballot, 24 juillet 2016)

En ce dimanche 24 juillet 2016, la vue depuis les hauteurs de Fourvière nous offre un superbe panorama de la cité lyonnaise : la Saône, le 2ème arrondissement (où l’on distingue nettement sur la droite la couleur ocre de la place Bellecour), les bords de Rhône (dont on devine la présence grâce aux nombreux arbres qui les jalonnent) et le quartier de la Part-Dieu (symbolisé par la tour de la Part-Dieu, surnommée le « crayon » ou encore, tout à gauche, la plus haute tour de la ville, la tour Incity, récemment achevée) apparaissent ainsi successivement sur les différents plans de la photographie. Puis, la ville semble ensuite s’étendre à perte de vue jusqu’aux collines, dont on peut tout au loin distinguer les premières formes.

Fasciné et subjugué par la vue proposée, je ne suis pourtant pas totalement satisfait : le temps, ce jour-là (et une fois de plus), ne me permet pas d’apercevoir et de contempler, à l’horizon, une partie de la chaîne des Alpes et son point culminant, le Mont Blanc. Un paysage qui, lorsque le ciel est des plus clairs et des plus dégagés, s’offre à qui s’aventure sur ces mêmes hauteurs de Fourvière ou encore sur les pentes de la Croix-Rousse, comme sur la photo ci-après.

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Pasaiako Portua : un petit port basque à vocation industrielle
Le port de Pasaia en Espagne (« Pasaiako portua « en basque ). Cliché de Stéphane Dubois, 29 décembre 2015

Le port de Pasaia en Espagne (« Pasaiako portua « en basque ). Cliché de Stéphane Dubois, 29 décembre 2015

En 1843, Victor Hugo découvre Pasajes (Pasaia en basque), tombe sous le charme de ce port de pêche et le décrit en des termes élogieux[1]. La petite cité côtière est, depuis, devenue un port polyfonctionnel : aux produits de la mer (13 000 tonnes déchargées en 2013, ce qui en fait le troisième port de pêche espagnol derrière Vigo et La Coruña), s’ajoutent des trafics de marchandises variées à forte base industrielle.

Un petit port placé dans un environnement logistique concurrentiel

Le port de commerce de Pasajes, dans la province du Guipúzcoa, s’inscrit dans la vaste conurbation basque espagnole qui réunit la ville frontalière d’Irún à la métropole touristique qu’est San Sebastian et comprend les cités industrielles de Lezo, Rentería et Pasajes Antxo.

De prime abord, ses trafics apparaissent modestes. En 2015, 3,79 millions de tonnes de marchandises ont été manipulées sur les terminaux du port. L’objectif actuel des autorités portuaires est d’atteindre et de dépasser les 4 millions de tonnes. De fait, Pasajes en impose peu, face notamment à Bilbao, dont les trafics ont atteint 32,8 millions de tonnes en 2015. Qui plus est, l’environnement concurrentiel du port guipuzcoan est renforcé par la proximité de Bayonne. Le port français a certes connu une année 2015 assez difficile (2,3 millions de tonnes) mais il n’en reste pas moins pour Pasajes un adversaire d’autant plus coriace que les orientations logistiques de trafics de part et d’autre de la frontière sont assez analogues.

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Albi la rouge
Albi,  Septembre 2015, cliché de Maryse Verfaillie

Albi,  Septembre 2015, cliché de Maryse Verfaillie

 « Avec son beau ciel, ses maisons de brique rouge qui se reflètent dans les eaux du Tarn, ses jardins en terrasses et ses beaux ponts; avec sa place centrale bien exposée au soleil; avec sa cathédrale puissante, avec les coteaux crayeux qui la bornent et qui ressemblent aux collines du Latium, on dirait une ville italienne, faite surtout pour le culte de l’art et d’une sereine philosophie ».

Ainsi parlait Jean Jaurès, orateur inspiré, en 1888. Enfant de Castres, député des mineurs de Carmaux, il fut aussi professeur de philosophie au lycée d’Albi, celui-là même qui plus tard accueillit sur ses bancs un certain Georges Pompidou. Depuis 2010, la Cité épiscopale est classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

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Les bananiers de Tibériade
Le lac de Tibériade (photo de l’auteur)

Le lac de Tibériade (photo de l’auteur)

Loin des tensions de Judée, des frictions de Jérusalem, la Galilée ménage au voyageur des moments de repos, voire, sur ce mont, des béatitudes. En ce mois de mai 2014, vers 18h, les ombres des rares arbres s’étirent vers l’est et le soleil plonge vers la mer du couchant, la Méditerranée. Le lac de Tibériade, ou mer de Galilée, est l’ultime stock d’eau douce, le petit frère septentrional des grands lacs africains jalonnant le grand rift qui balafre le socle, de l’Afrique au Proche-Orient… Ces constats paisibles de nature permettent de retarder les questions vives qui hantent ces lieux et leurs environs.

Accordons-nous encore un sursis avec Ernest Renan : « L’horizon est éblouissant de lumière. Les eaux, d’un azur céleste, profondément encaissées entre des roches brûlantes, semblent, quand on les regarde du haut des montagnes de Safed, occuper le fond d’une coupe d’or » (Vie de Jésus, ch.VII). On a été là, durant quelques temps bibliques, dans l’antichambre du paradis.

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Christiania,  un quartier de Copenhague comme espace commun paradoxal
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Visiter Christiania, une pratique touristique ambivalente au sein d’un espace public communautarisé. (Cliché Camille Girault, août 2014)

Visite de quartier sous surveillance

Deux routards se font face. Celui de droite, en bleu, porte un sac à dos énorme et il semble vouloir se délester de deux sachets blancs en les donnant à son amie. Par ce geste anodin, le voyageur cherche sans doute à se libérer les mains pour une raison ou pour une autre, mais certainement pas pour prendre une photographie. Un panneau au symbole explicite le lui interdit, et la même icône est reproduite sur le bâtiment juste derrière, en rouge et d’une plus grande taille, pour que l’injonction soit évidente.

Leur banal échange de sacs plastiques est en outre sous surveillance. Aucune caméra n’est fixée ici ou là, mais il y a ce jeune homme, torse nu, qui observe avec attention l’attitude des deux voyageurs. L’insouciance du couple contraste avec la méfiance du témoin. Derrière lui, cinq personnes se promènent, sans doute une famille qui visite le quartier avec une légèreté propre aux vacances. Un autre contraste se dégage de l’image : le jeune homme en bermuda est seul et immobile alors que les autres passants, toujours en petits groupes, se déplacent. D’ailleurs, c’est bien l’arrêt momentané des deux routards qui semble avoir attiré l’attention de cet observateur solitaire.

Christiania, un quartier piéton et fortement végétalisé, invite à la flânerie. Pourtant notre vigie et le double symbole « Pas de photographie » distillent une tension palpable. Ce constat n’est pas dû au hasard d’un cliché qui aurait été pris au mauvais moment.

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Le réservoir de Montsouris (Paris, 14e)
 Lanterne principale du réservoir de Montsouris (Cliché Denis Wolff)

Lanterne principale du réservoir de Montsouris (Cliché Denis Wolff)

Lors des dernières Journées du patrimoine, les citoyens motivés (il fallait s’inscrire plusieurs semaines à l’avance puis, le jour même, attendre longuement) ont pu découvrir ce réservoir.

Au dix-neuvième siècle, le baron Haussmann confie à l’ingénieur Eugène Belgrand le soin de concevoir les travaux nécessaires à l’alimentation en eau de Paris. Son projet (1858) prévoit deux réseaux indépendants : le premier, alimenté par des eaux fluviales, pour les fontaines, parcs et jardins et le second, alimenté par des sources situées à parfois plus de cent cinquante kilomètres, pour la consommation des Parisiens.

Les aqueducs et les réservoirs alors érigés sont toujours opérationnels : la moitié de l’eau potable provient des sources. La capitale est alimentée, pour l’autre moitié, par des eaux fluviales captées dans la Seine et la Marne en amont.

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Derrière la place Tahrir (Le Caire, Égypte, septembre 2014)

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La photo est de piètre qualité. La forte et intimidante présence policière à proximité de la place Tahrir au Caire, où a été prise cette dernière en septembre 2014, n’aide pas à faire les bons réglages. Suspendue à un mur de pierre, une banderole blanche dit en substance : « Aidez-nous à rouvrir nos rues » ! Cet appel au secours attire notre attention sur ce qui constitue probablement l’une des principales victimes collatérales des soubresauts de la transition politique en Égypte, à savoir l’usager du centre-ville du Caire.

Sur la douzaine de murs construits entre fin 2011 et début 2012 afin d’empêcher les rassemblements, sur la place Tahrir, d’opposants au régime militaire qui assurait alors l’intérim après le départ de Moubarak, il en reste plus de la moitié aujourd’hui. On assiste donc depuis près de trois ans dans certains quartier du centre-ville du Caire, à la dégradation des conditions de circulation automobile et piétonnière, à l’effondrement des économies de quartier (commerces fermés, livraisons et entretien non assurés) et, désormais, à la montée d’une forte colère.

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L’Arménie et le mont Ararat

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Les deux cônes mythiques du Grand Ararat (5165 m), presque entièrement masqué par les nuages, et du Petit Ararat (3925m), largement dévoilé, dominent la vallée de l’Araxe qui marque la frontière entre la Turquie et l’Arménie. Du côté arménien, le monastère de Khor Virap, haut lieu de la chrétienté juché au bout d’une ligne de collines, veille sur une mer de vignes et d’arbres fruitiers. (Cliché de  Daniel Oster, mai 2014)

L’Ararat, l’Arménie et le mythe biblique

Le mont Ararat, aujourd’hui situé à l’extrémité orientale de la Turquie, continue d’exercer une véritable fascination sur le peuple arménien. Il reste intimement lié à l’arménité, notamment  par ses multiples représentations mentales et artistiques, sa présence fréquente dans les maisons et les appartements des Arméniens. Les habitants de Erevan, la capitale de l’actuelle république d’Arménie, sont habitués au décor paysager de l’Ararat pourtant situé à quelque 50 km de là. Mais c’est à proximité du monastère de Khor Virap, tout près de la frontière avec la Turquie, que la montagne mythique se laisse approcher à environ 30 km. C’est à cet endroit, par une belle matinée printanière, chaude et laiteuse, que nous avons pris ce cliché qui, malheureusement, n’a pu révéler qu’un fragment du grand volcan englacé, tout en dévoilant l’essentiel de son voisin de plus petite taille… le Petit Ararat, un « petit » qui culmine tout de même à près de 4 000 m !

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Le pont transbordeur de Rochefort (ou du Martrou)
Cliché Denis Wolff, 2014

Cliché Denis Wolff, 2014

Le 22 mars 2014, le soir tombe sur Rochefort lorsque je tente ce cliché. Sous la conduite dynamique de Maryse et de Gabrielle, les géographes en herbe des Cafés géo ont sillonné les terres, du Pertuis d’Antioche au Pertuis de Maumusson, de La Rochelle à Marennes en passant par Fouras. S’ils n’ont point omis de prendre un temps afin de rendre hommage aux Japonaises qui, après les Portugaises, peuplent les bassins ostréicoles, ils ont crapahuté des fortifications de Brouage au chantier rochefortais de l’Hermione (reconstruction d’une frégate du dix-huitième siècle).

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Quadraturin
Turin, Piazza Castello (Cliché de Jean-Louis Tissier)

Turin, Piazza Castello (Cliché de Jean-Louis Tissier)

Le centre de Turin (Google Earth)

Le centre de Turin (Google Earth)

Chers Amis

Turin, le 20 mai

Il est 20 h 50 et l’angle nord de la Piazza Castello désertée par les touristes (et nos étudiants de géographie urbaine) me fait un curieux signe… Dans ce paysage urbain à la Chirico je me rappelle que ce dernier, séjournant à Turin, relevait que dans cette ville « Toute la nostalgie de l’infini se révèle à nous derrière la précision géométrique de la place »… A l’exception d’une silhouette accompagnant un chien pour sa miction crépusculaire le géographe à l’ancienne se retrouve seul… Bien seul (enfin seul ?). Ce vaste espace public est ainsi livré à mes ruminations privées, dont je vous fais impudiquement part dans ce billet.
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