Fabrice Balanche le samedi 25 janvier 2020 à La Filature au Festival Les Vagamondes à Mulhouse

La Syrie est en 2020 bouleversée par une guerre qui n’est pas terminée. Le Nord-Est est encore sous pression entre Turcs et Kurdes tandis qu’un groupe proche d’al Qaïda, est retranché près d’Alep.

Cependant, les combats semblent se limiter au Nord du pays, avec des attentats et des sièges, mais on commence à voir la fin d’un conflit d’envergure à moins qu’un conflit plus large n’éclate entre Israël et Iran. Dans ce cas, les Israéliens feront peut-être une guerre préventive pour se prémunir d’une militarisation iranienne en Syrie où le gouvernement alaouite (chiite) de Bachar el Assad doit beaucoup à Téhéran.  D’autre part, si on constate actuellement une pause du fait des élections américaines, on peut s’attendre après novembre, si le nouveau Président est Trump ou Biden, à voir éclater un épisode guerrier avec en arrière-plan la question du nucléaire iranien.

C’est dans ce cadre qu’il faut replacer la guerre de Syrie.

 

Le conflit syrien en 2020 dans le Nord-Est syrien

Si s’organisait une aide à la reconstruction une fois la guerre finie, on pourrait espérer une stabilisation de la Syrie mais ce n’est pas le cas.  On constate un blocage occidental de la France, des Etats-Unis, qui ne veulent pas s’avouer vaincus alors qu’ils le sont car ce sont la Russie et l’Iran qui ont remis Assad en place. Assad a gagné la guerre militairement, ce qui ne permet pas aux Occidentaux de l’obliger à se lancer dans une transition politique et Assad ne va pas probablement faire des concessions pour obtenir quelques milliards qu’il peut trouver ailleurs.  A moins de négocier un partage d’influence avec les Russes, comme les Occidentaux devraient le faire aussi en Libye et en Ukraine, le régime syrien ne fera pas de concessions, soumettant leur aide économique à une transition politique.  On se dirige vers un échec annoncé car si la Syrie ne se reconstruit pas, elle va rester un foyer de terrorisme et de migrations.

C’est un dossier brûlant. Les régions kurdes de Syrie sont prises entre le marteau et l’enclume, les Kurdes étant abandonnés, voire trahis par les Occidentaux.

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