Les terres de l’extrême attirent de plus en plus les touristes. Avec quelques millions de visiteurs si on ajoute Arctique, Antarctique, Patagonie méridionale, elles ne représentent qu’une part infime du tourisme mondial (moins de 1 %) mais l’essor du phénomène est réel et médiatiquement très lisible. On parle parfois pour ces hautes latitudes de « last-chance tourism », compte tenu du réchauffement climatique et de la fonte des glaces.

Désert d’Atacama. Vallée de la Lune (2265m). (Photo Claudie Chantre, 2025)
Partir au Chili c’est aller à la rencontre d’une excentricité géographique affirmée et constitutive de l’identité nationale. C’est parfois aussi s’y engager sur les traces d’une géographie qui a servi de cadre à des formes de contrôle de la population, notamment pendant la dictature de Pinochet (1973-1990).

Traversations sud-américaines, vers une géographie du voyage, Simon Estrangin. Ed. Livres du monde. Collection Mondes ouverts, 2014, 160 p.
« Traversations » est un néologisme inventé par Simon Estrangin, né du mariage de « traversée » et de « conversation ».
Simon Estrangin appartient à notre corporation géographique, mais, ayant pris de la distance avec ses frontières officielles, il va de par le monde, nourri d’une passion de voir, de comprendre, de dessiner et de peindre cette « écriture du monde » que la géographie ambitionne de présenter.
Passion qui lui vient aussi de la fréquentation des grands ancêtres, Elisée Reclus et Alexandre de Humboldt, qui ne furent pas des géographes de cabinet, même si le labeur d’écriture les a longuement retenus à leur table.
Ce livre est donc né d’une passion, passion pour le voyage, passion pour le divers, pour l’autre, pour les rencontres.

