Fukushima – Hiroshima : même combat ? avec Philippe Pelletier.

Café Géo animé par Philippe PELLETIER, Professeur de géographie à l’Université Lyon 2 Lumière.  Compte-rendu réalisé par Romain BOUSQUET, Maxime CAVAILLES et Guillaume CAUBET, étudiants en licence d’histoire au Centre universitaire J.F.Champollion, sous la direction de Thibault COURCELLE et Mathieu VIDAL, enseignants-chercheurs, co-animateurs des Cafés Géo d’Albi.

Il n’est pas excessif de penser que, au Japon comme ailleurs, rien ne sera plus comme avant la catastrophe nucléaire de Fukushima de mars 2011.

Un tel constat avait déjà été prononcé après la destruction atomique des deux villes de Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août 1945. Si les deux drames sont reliés par l’atome et les irradiations, ils ne sont pas exactement sur le même plan.

Les Japonais seraient-ils assez fous pour bâtir des centrales nucléaires dans un pays en proie aux séismes ? C’est précisément ce qu’il faut examiner, en se plongeant à la fois dans l’histoire et la géographie.
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Repas ouzbek
Mardi 16 novembre 2010

Michel Sivignon introduit la soirée en indiquant qu’il a fallu faire un choix entre deux restaurants ouzbeks tenus par le même patron. Nous sommes ici rue de Trévise, dans le XIe arrondissement de Paris, l’autre restaurant est situé 53 rue Amelot, dans le XIe.
Le repas est commenté par Julien Thorez, amusé de constater que nous sommes nombreux autour de la table à être déjà allés en Ouzbékistan, certains à l’occasion du voyage organisé par les Cafés géos et Pierre Gentelle en 2004.

Le restaurant, photographie Jean-Pierre Némirowsky

Le restaurant, photographie Jean-Pierre Némirowsky

Chargé de recherche au CNRS, Julien Thorez est un spécialiste de l’Asie centrale post-soviétique. Sa thèse, soutenue en 2005 sous la direction de Michel Sivignon, intitulée « Flux et dynamiques spatiales en Asie centrale – Géographie de la transformation post-soviétique » porte sur les recompositions territoriales survenues après la disparition de l’URSS (enclavement, désenclavement, etc.), à partir de l’analyse de l’articulation entre les flux et les frontières, aux échelles internationales, régionales et nationales. Ses recherches actuelles, qui portent notamment sur les mobilités migratoires, questionnent les modalités d’insertion de l’Asie centrale dans les mécanismes de la mondialisation et le glissement de la région du Nord au Sud. Russophone, Julien Thorez peut converser en russe avec le personnel du restaurant, ce qui renseigne aussi sur les aspects culturels d’un pays très marqué par l’influence russe.

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Repas coréen
Le restaurant

Nous sommes ici dans un vrai restaurant coréen (Shin Jung 7, rue Clapeyron 75008 Paris), tenu par une Coréenne, Mme Cheong, alors que bien des restaurants à Paris sont tenus par des Chinois. Ce restaurant joliment décoré, à dominante de gris, dont le nom signifie « la nouvelle maison », propose une cuisine actuelle de Séoul.
Cette cuisine a connu à Paris un fort développement à partir des années 1980, passant de moins de quinze restaurants à une quarantaine aujourd’hui. Cette croissance est à mettre en parallèle avec l’internationalisation et la mondialisation du pays (pensons par exemple au cinéma coréen). L’internationalisation de la cuisine coréenne participe de cette « vague (sud-) coréenne » (dite « hallyu » en coréen), marquée par la diffusion dans toute l’Asie et au-delà (Moyen-Orient) des produits de la pop culture (musique, cinéma, feuilletons télévisés, etc.).
La gastronomie coréenne, encore peu connue, est en forte progression aujourd’hui. De nombreux livres de cuisine sont édités aujourd’hui en Corée. Nous allons voir de quelle façon ce que nous allons manger ce soir reflète un peuple et une culture, celle de l’ensemble de la Corée, car il nous faut éviter d’oublier la Corée du Nord.

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Carte postale de la Mer d’Aral, Michel Sivignon.

La Mer d’Aral asséchée, son exploitation touristique. Rive sud, près de Mouïnak

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Mer d’Aral

Bonne carte postale

Parmi les navires échoués sur les sables qui ont remplacé la Mer d’Aral, celui-ci est le seul à être vêtu non pas de rouille mais de peinture beaucoup plus fraîche. C’est qu’il est devenu un prototype, utilisé pour reportages photographiques et émissions de TV. On l’a donc repeint pour améliorer les contrastes. Etait-ce à la demande des photographes et cinéastes ou à l’initiative des sociétés locales ? Ces dernières en ont profité pour changer le nom de l’épave. Initialement, elle s’appelait « République Kirghize ». Mais on ne se trouve pas ici sur le territoire de la république en question, devenue indépendante. On l’a donc rebaptisée « Karakalpakskaïa », du nom de la république autonome incluse dans l’Ouzbékistan, où est localisée l’épave. On ne va tout de même pas faire de la publicité pour les concurrents.

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Carte postale d’Ouzbékistan, Jean-Marc Pinet.
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Désert, Ouzbelistan.

Kyzyl-Koum (Ouzbekistan), entre Khiva et Boukhara, 9 Juillet 2004 : le « désert rouge », fixé par des buissons de tamaris, sous un ciel bleu légèrement voilé au loin.

– Qu’est-ce c’est que cette chose-là ?

– Ce n’est pas une chose. Cà vole. C’est un avion (…)

C’est un biplan. Juste le temps de faire un cliché à travers les vitres de l’autocar, qui marbrent la photo et reflètent la tête du photographe.

– Comment ! Tu es tombé du ciel !

– Oui, fis-je modestement.

Non, je parcours fièrement une piste goudronnée quasi rectiligne sur 500 km, qui chevauche les dunes raides ou traverse ici d’immenses à-plats sableux, par 40° à l’ombre inexistante.

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Le journal de bord en Ouzbékistan (6 au 16 juillet 2004) : 1) Un pays aride aux paysages irrigués verdoyants !

Le premier voyage des Cafés géographiques à la découverte de l’Ouzbékistan

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Derrière Pierre Gentelle (directeur de recherche au CNRS), 25 membres des Cafés Géo se sont rendus en Ouzbékistan du 06 au 16 juillet 2004. Le voyage débute dès le 12 juin par une journée de préparation au voyage, qui permet de faire le point non seulement sur les données pratiques, mais aussi sur un aperçu général de la géographie du pays et de son contexte régional.

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Le journal de bord en Ouzbékistan (6-16 juillet 2004) : 3) L’un des derniers rideaux de fer de la planète.

Compte-rendu rédigé par Alexandra MONOT, avec l’aide de Edith BOMATI, Marie-Hélène GASSEND, Gilles FUMEY, Pierre GENTELLE et Olivier MILHAUD. Août 2004

III. L’un des derniers rideaux de fer de la planète.

MERCREDI 14 JUILLET 2004 : De Samarcande à Termez.

En ce 14 juillet, le départ est fixé à 7h30. Notre bus ne pouvant pas franchir les montagnes par la route acrobatique avec un col à 1788 m., nous partons vers le Sud en longeant la chaîne du Zeravchan. Le paysage se lit facilement. Au premier plan, se déploie un plateau de lœss non irrigué sur lequel les cultures pluviales sont possibles (200 mm/an). De nombreux bovins y pâturent et ont l’air d’y prospérer davantage que ceux que nous avions vu précédemment. Au second plan, nous apercevons un glacis d’accumulation de lœss sous la forme de collines érodées par les pluies. Sur ce glacis, la végétation est rare. Au pied du glacis, au débouché des rus, se développent des oasis sur les cônes de déjection avec une implantation humaine en petit village groupé. A l’arrière plan, les montagnes culminent, dans cette extrémité occidentale de la chaîne du Zeravchan à 2200 m. Cette chaîne est un batholite de granit porté en altitude et érodé, sur lequel il y a peu de végétation. Pour entamer cette longue journée de route, Pierre Gentelle tient, dans le bus, le micro sur les nomades et les sédentaires.

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Le journal de bord en Ouzbékistan (6 au 16 juillet 2004) : 2) Une ancienne civilisation urbaine

II. Une ancienne civilisation urbaine.

SAMEDI 10 JUILLET 2004 : Boukhara.

En 5 000 av. J.-C., l’oasis de Boukhara était une zone de marécages du fleuve Zeravchan, ancien affluent de l’Amou Daria. Mais avec la désertification de la région, le fleuve n’a plus eu la capacité de rejoindre l’Amou Daria, aussi s’est mis en place un delta intérieur qui fut aménagé par les premiers habitants de la région. Actuellement, les eaux sont amenées par canaux depuis l’Amou Daria grâce à des pompes et non par gravité. La vieille ville de Boukhara est délimitée par un boulevard qui remplace les remparts rasés par les Russes à l’époque tsariste. Dans la vieille ville se concentrent des bâtiments religieux (mosquées, medersas), politiques (citadelle Ark) et commerciaux (bazars). Boukhara présente ainsi une triple fonction. La vieille ville était divisée en quartiers d’artisans (changeurs, bouchers, chapeliers, soieries,…), dont le cœur économique et politique (les deux allant de pair) était le bazar couvert. Les Russes, arrivés en 1868, avaient conservé l’organisation générale de la ville, ajoutant quelques bâtiments techniques : maternité, banques, hôpitaux. Ils avaient également conservé l’organisation politique avec les Khans et émirs de Boukhara. Du tissu urbain originel aux ruelles tortueuses et nombreuses impasses, les Soviétiques n’ont conservé que quelques éléments et ont ouvert de larges avenues. De l’ancien bazar couvert ne demeurent que les croisements de rues surmontés de coupoles (les Toks). Les passages transversaux ont été détruits, laissant le promeneur sous la chaleur et le soleil. Les Soviétiques ont ensuite juxtaposé une ville moderne répartie en quartiers spécialisés (universités, hôtels, logements), à côté de la ville des Tsars constituée d’un système plus ou moins radioconcentrique de grandes avenues.

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Sur la Route de la soie : un Café géo nomade en Ouzbekistan (juillet 2004)

Sur la route, entre Boukhara et Samarkand, Quentin Geldof (Café géo de Bruxelles) et Jean-Marc Pinet (Café géo de Toulouse), assistés de Gilles Fumey (Café géo de Paris), proposent dans le bus un café géo sur le thème de la Route de la soie. Pour la première fois dans l’histoire des Cafés géographiques, à égale distance de Toulouse et Bruxelles depuis l’Ouzbékistan – mesure certifiée par Jean-Marc, initiateur de la formule ! – un Café géo mobile est organisé avec pour invité Pierre Gentelle, Directeur de recherches au CNRS.
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Le journal de bord en Ouzbékistan (6-16 juillet 2004) : cartes et bibliographie.

Toutes les cartes de la région, y compris le 1:1.000.000 Aeronautical Chart américain, la meilleure carte, se trouvent chez Raymond Chabaud, ancien propriétaire de la librairie cartographique l’Astrolabe, responsable des librairies à Voyageurs du Monde, 55 rue Sainte-Anne, Paris.

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