Les géographes français en 1939-1945, rencontre avec Marie-Claire Robic et Nicolas Ginsburger.

De droite à gauche, Marie-Claire Robic, Nicolas Ginsburger et Denis Wolff.

Cafés géographiques de Paris, Le Flore, 18 octobre 2022, animé par Denis Wolff, compte rendu rédigé par Denis Wolff.

Le 18 octobre 2022, Nicolas Ginsburger (historien), Marie-Claire Robic et Jean-Louis Tissier (géographes) furent les invités des Cafés géo au Flore afin d’évoquer le travail, l’action et la vie des géographes français pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils ont dirigé en 2021 un volumineux ouvrage composé de vingt chapitres rédigés par quinze auteurs. Ce livre, accessible en Open edition, a donné lieu à de nombreux comptes rendus (dans les Annales de géographie, Cybergeo, GéoCarrefour, Confins, The AAG, les Cahiers de géographie du Québec… ). (suite…)

Lüneburg (Basse Saxe), cité hanséatique du sel, 76 000 habitants, Micheline Huvet-Martinet.

Petite ville universitaire cossue et reposante, Lüneburg bâtie sur les rives de l’Ilmenau, affluent de l’Elbe, garde les traces de son dynamisme et de son opulence entièrement fondée sur la production et le commerce d’un beau sel blanc réputé autrefois dans toute l’Europe du Nord. La ville, qui n’a pas été bombardée pendant la guerre dégage beaucoup de charme en conservant une belle architecture civile gothique et Renaissance. Ville libre depuis 1247, Lüneburg était dirigée par le conseil municipal aux mains des grandes familles maîtres salineurs et négociants, véritable noblesse urbaine dont la richesse et le pouvoir s’expriment dans la décoration des salles de l’hôtel de ville. (suite…)

Le Canal du Midi : création, abandon, résurrection, Maryse Verfaillie.

Ecluses de Fonseranes © M. Verfaillie

 

L’idée de relier la Méditerranée à l’Atlantique par une voie navigable s’est imposée dès la naissance de l’Empire romain. Ils en ont rêvé, Auguste et bien d’autres après lui, mais ils ont renoncé jusqu’à ce qu’un illustre inconnu, Pierre-Paul Riquet visionnaire de génie, aussi hardi que tenace, ne parvienne à réaliser, sous le règne de Louis XIV une voie d’eau reliant la mer Méditerranée et l’océan Atlantique. Le Canal du Midi et Versailles sont sans conteste les deux chefs-d’œuvre du règne du roi Soleil. (suite…)

Le tourisme mémoriel de l’esclavage dans la métropole de Limbé-Bimbia (Cameroun anglophone), Jean Rieucau.

La ville de Limbé et le port négrier de Bimbia, localisés sur les côtes septentrionales du Cameroun, appartiennent au golfe du Biafra (Document 1). Limbé possède un site de baie remarquable, protégé par des îles volcaniques, situées à 500m du rivage. Cette cité est la principale ville anglophone du Cameroun par sa démographie (110 000 habitants). Elle s’appuie sur des aménités touristiques complémentaires entre elles : balnéaires, de montagne (randonnées, ascensions, sur et autour du volcan du Mont Cameroun), patrimoine architectural colonial allemand et anglais. Les rivages de sa baie servent également de plages aux habitants de Douala, située à 60 km plus au sud. Mais, cette destination touristique, en forte baisse de fréquentation, est pénalisée par la guerre civile, commencée en 2016, dans les régions sécessionnistes anglophones qui la jouxtent.

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Fragilités démocratiques et enseignement de l’Histoire, Michèle Vignaux.

Vers la création d’un Observatoire de l’enseignement de l’histoire en Europe

Le centre d’Histoire de Sciences Po a retransmis par zoom un séminaire consacré à l’enseignement de l’histoire en Europe (celle des pays siégeant au Conseil de l’Europe), à partir du rapport d’Alain Lamassoure (1) montrant une grande méconnaissance de ce sujet par les élèves et étudiants.

Alain Lamassoure insiste sur ce que sa double expérience de député du Pays basque et de député européen lui a appris : le besoin de bien connaitre l’histoire pour réaliser le « gros œuvre de notre temps », c’est-à-dire le chantier européen, ce « miracle historique » de la conjuration de la malédiction de la guerre. Pas d’art de la paix sans connaissance historique.

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Sajaloli Bertrand et Grésillon Etienne (dir.), Le Sacre de la Nature, Paris (Sorbonne Université Presses, 2019), Michèle Vignaux

SAJALOLI Bertrand et GRESILLON Etienne (dir.), Le Sacre de la Nature, Paris, Sorbonne Université Presses, 2019

Titre et image de couverture (le détail d’un tableau de Maurice Denis) peuvent tromper le futur lecteur sur la nature de l’ouvrage. Réflexion philosophique, esthétique, religieuse ? C’est aussi cela, mais c’est avant tout un ouvrage collectif dirigé par deux géographes spécialisés dans les relations entre homme et nature, entre religion et écologie.

Le livre paraît après un été caniculaire qui a redonné force et arguments aux mouvements écologistes qui prédisent l’apocalypse, et la consécration de Greta Thunberg comme icone mondiale de la défense planétaire. On pourrait donc évoquer un livre d’actualité. Mais l’objectif de Bertrand Sajaloli et d’Étienne Grésillon est d’appréhender les liens entre nature et sacré dans leur profondeur historique et leur diversité culturelle et géographique. Pour cela ils ont fait appel à plusieurs spécialistes des sciences humaines et même à des théologiens et ont demandé une préface à un historien qui a consacré son travail aux spiritualités médiévales, André Vauchez. Ce dernier définit bien la « nature » comme « construction sociale », mais ni la préface ni l’introduction des deux directeurs de publication ne donnent de définition approfondie des termes « sacré » et « nature »… En fait, il faut les 370 pages de l’ouvrage pour essayer de cerner leur(s) signification(s) dans le temps et dans l’espace.

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Préparer la question « Asie du Sud-Est » au CAPES externe et aux agrégations externes d’Histoire et de Géographie avec les ressources des Cafés géographiques

  • FUMEY Gilles, « Géopolitique de l’Asie (Pierre Gentelle) », Cafés géographiques, Rubrique Des Livres, 9 février 2007.

http://cafe-geo.net/wp-content/uploads/geopolitique-de-l-asie_p-gentelle.pdf

Pierre Gentelle explique d’emblée que l’idée d’Asie n’existe pas dans l’esprit des Chinois et des Japonais. En dissipant ce malentendu, il a les mains libres pour présenter ce «continent» par des «blocs ethniques»et des «minorités», des terres fermes et des archipels, des aires religieuses et une construction régionale qu’il positionne par rapport à d’autres grands ensembles du monde, l’Europe, les États-Unis et la Russie. Cette présentation thématique en ondes concentriques a le mérite de casser le déterminisme physique en superposant différents types de données qui déterminent un objet qu’on appelle «l’Asie» mais qui n’a de réalité que chez ceux qui le désignent comme tel.

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Guatemala : sur la route des Mayas, des Conquistadors et de leurs descendants. (22 février – 7 mars 2019)

Voyage des Cafés géographiques, vendredi 22 février – jeudi 7 mars 2019.

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Olivier Truc « Le cartographe des Indes boréales » (Métailié, 2019). Michèle Vignaux.

Olivier Truc, Le cartographe des Indes boréales, Paris, Métailié, 2019.

Olivier Truc est venu récemment à l’Institut de géographie pour nous parler des Sami aujourd’hui et de leur intégration dans les sociétés d’Europe du nord (voir le compte rendu de Claudie Chantre). Son dernier roman évoque le temps (XVIIème siècle) de leurs premiers contacts avec la Couronne suédoise.

D’abord un titre. Un titre poétique qui renvoie à l’imaginaire de ces hommes du début du XVIIème siècle qui voulaient découvrir le monde et en extraire les richesses symboliques et matérielles. Ne pouvant s’installer durablement ni dans les Indes orientales, ni dans les Indes occidentales, les Suédois ont choisi d’établir leur souveraineté sur les terres du Grand Nord, les terres boréales.

Sous le titre de couverture, une baleine s’acharne, telle Moby Dick, à renverser une chaloupe de marins accrochés à leur rame pour sauvegarder leur vie. C’est à ce monde de baleiniers qu’appartient le héros du roman, Izko.

Monde arctique, ambitions politiques suédoises, chasse à la baleine, société lapone, fanatisme religieux… tels sont quelques-uns des domaines où Izko, évolue avec courage et intelligence. Il nous emmène de Saint-Jean-de-Luz au sud du Portugal et de Stockholm à la mer de Barents, du palais royal aux tentes de Laponie.

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« Gilets jaunes » (suite) : les sciences sociales pour y voir plus clair, Daniel Oster.

17 novembre 2018, Dozulé (Calvados). Des « gilets jaunes » manifestant à un péage de l’autoroute A13. (© Charly Triballeau/AFP)

« Gilets jaunes », acte IV, 8 décembre 2018. Le mouvement dure déjà depuis plusieurs semaines et personne n’est aujourd’hui en mesure de prédire sa fin précise. Une nette majorité de Français estiment « comprendre » ce mouvement hors norme mais cherchent-ils pour autant à réfléchir aux diverses composantes qui s’agrègent pour constituer un phénomène complexe dont la prise en compte est loin d’être aussi évidente que beaucoup le proclament ?

Fracture territoriale, fracture numérique, mondialisation néolibérale et recomposition économique, creusement des inégalités sociales, essor de la précarité et craintes d’un déclassement, transition énergétique et fiscalité écologique, usure du « système » démocratique traditionnel, pouvoirs respectifs des Etats et des multinationales, boucs émissaires (Europe et migrants entre autres) désignés par la vague populiste… La liste des facettes du mouvement des « gilets jaunes » est en réalité celle des ingrédients de notre modernité qui attisent notre inquiétude et parfois notre désarroi. Si nous voulons rester des citoyens lucides et respectueux de nos semblables, il nous faut réellement « comprendre », du moins tenter de le faire, pour aider notre démocratie et notre société à faire les bons choix en toute connaissance de cause. Les sciences sociales (sociologie, géographie, histoire, sciences politiques, sciences économiques et même psychologie) sont là pour guider notre réflexion et nos comportements.

(suite…)

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