Carnet de voyage en Iran [26 février-10 mars 2018]

Le voyage a été organisé par Maryse Verfaillie, pour l’association Les Cafés géographiques 

Entre mer Caspienne au nord et golfe Persique au sud, l’Iran vit en moyenne à plus de 1 000 m d’altitude sur les piémonts de hautes  montagnes. Entre le Moyen-Orient arabe, l’Asie centrale turcophone et le monde indien, l’Iran est un carrefour sur les routes de la soie. C’est aussi un laboratoire de l’histoire, une puissance régionale mal perçue sur la scène internationale et aussi une grande nation prête à résister.

Le présent compte rendu est exceptionnel. Il s’agit de la publication du Carnet de voyage du participant Jean-Marie Renard, dessinateur et caricaturiste de son métier.

Le carnet de croquis de Jean-Marie Renard a été mis en page par Bernard Verfaillie, puis publié sur le site par notre webmestre. Il est constitué de 35 croquis réalisés à partir des sites visités. Les croquis 20 et 21,  peuvent être vus comme des doubles pages. Y figurent aussi des caricatures représentant les participants au voyage.

Croquis 1

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De la Perse à l’Iran : vers un Orient fantasmé ?

 

Voyage des Cafés géographiques  – Dossier préparatoire
[Lundi 26 février – samedi 10 mars 2018]

Entre la mer Caspienne au nord (mer fermée) et le golfe Persique au sud, entrouvert par le détroit d’Ormuz sur l’océan Indien, l’Iran est un vaste plateau semi-désertique, cerné par de hautes montagnes. Les hommes se sont installés sur les piémonts, qui permettent de capter une eau aussi rare que précieuse (irrigation par le système des qanât). L’Iran vit en moyenne à plus de 1 000 m d’altitude !

Entre le Moyen-Orient arabe, l’Asie centrale turcophone et le monde indien, l’Iran est un carrefour, lieu d’échanges en temps de paix ou lieu d’invasions à répétition.

Au XX ème le pays apparaît comme un laboratoire de l’histoire où s’enchaînent la première révolution constitutionnelle de Moyen Orient en 1906, la première nationalisation d’une compagnie pétrolière en 1951, la première révolution islamique en 1979 et la mise en place de l’unique théocratie du XX ème.

Aujourd’hui c’est une puissance régionale, en paix relative avec ses voisins depuis 1988 (fin de la guerre Irak-Iran). Elle est isolée sur la scène internationale depuis l’embargo américain de 1995 (loi d’Amoto). L’accord sur le nucléaire du 14 juillet 2015 va-t-il changer la donne ?

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Iran, le retour sur la scène internationale d’une grande nation

Conférence de Bernard Hourcade, suivie d’un débat à l’Institut de géographie, samedi 27 janvier 2018
Organisée par Les Cafés géographiques 

 

Bernard HOURCADE (n. 1946) est géographe, directeur de recherche émérite au CNRS. Ancien directeur de l’Institut Français de Recherche en Iran pendant la révolution islamique (1978 – 1993), puis fondateur et directeur de l’équipe de recherche CNRS « Monde iranien » (1993-2005), il a effectué, souvent en collaboration avec ses collègues iraniens, des recherches sur les conséquences politiques des transformations de la société iranienne, la ville de Téhéran et la géopolitique de l’Iran. En dehors de cercles universitaires, il intervient dans les médias et les think tanks sur les questions touchant à la géopolitique de l’Iran aux rapports entre politique, territoire et société en Iran.  Bernard Hourcade est agrégé (1969) et docteur en géographie (Paris-Sorbonne, 1975).

Nous remercions Bernard Hourcade pour nous avoir également fait parvenir un dossier cartographique complet sur l’Iran. Vous le trouverez ci-joint au format PDF (10 Mo) : B_Hourcade, Café Geo Iran.pdf.

CONFÉRENCE DE BERNARD HOURCADE

L’accord du 14 juillet 2015 sur le nucléaire, avec les six plus grandes puissances du monde, vaut à l’Iran reconnaissance sur la scène internationale et juridique. Les Iraniens en éprouvent une fierté immense, surtout les anciennes générations, qui ont subi de multiples  épreuves.

Bernard Hourcade évoque la mise en place de « logiciels inconnus » entre les jeunes et les anciens, mais aussi entre les Iraniens et leurs voisins, proches ou lointains. Beaux chantiers en perspective !

La « fascination de l’islam » est l’autre composante de ces chantiers. Quand l’ayatollah Khomeiny arrive de Neauphle le Château, en 1979, la monarchie des Pahlavi s’effondre. Le Shah d’Iran est contraint de prendre la fuite. Les partis de gauche (dont les communistes) tout autant que ceux de droite sont d’accord pour éliminer « le tyran ». Mais comment fédérer ensuite ? Les religieux sont les seuls à pouvoir prendre le relais. On imaginait que cela serait temporaire….

Mais « l’homme  au turban » suscite bien des fantasmes en Occident qui croît que l’Iran veut « chiitiser » le monde musulman. En Iran, on sait seulement que rien ne peut se faire sans réseau religieux : sans un oncle ayatollah les perspectives sont obscures…

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Japon.  L’art des jardins, contempler et méditer

Dans un archipel entre terre et ciel, entre montagne hostile et terre tremblante, entre tradition et modernité, la mer pour unique horizon, le Japon a fait , avec l’art du jardin, une synthèse sublime.

L’art des jardins, important et respecté, cherche à interpréter et à idéaliser la nature, en assemblant des codes esthétiques que tous les Japonais peuvent s’approprier dans la vie quotidienne car le jardin se trouve aussi bien dans les demeures privées, petites ou grandes, que dans les parcs des villes et surtout dans les sanctuaires shintoïstes ou les temples bouddhistes.

Méditer, contempler, ce sont les vertus que propose le jardin.

Le Pavillon d’Or à Kyoto

Le Pavillon d’Or miroite dans les eaux d’un étang, tout en se détachant d’un écrin verdoyant adossé au mont Kinugasa. Construit au XIV ème par un shogun, très féru de philosophie zen puis devenu moine, il s’élève dans l’enceinte du temple Rokuon-ji.

De l’eau, une montagne, un premier étage réservé à la méditation, puis deux étages recouverts de feuilles d’or et dont l’architecture est celle des maisons des samouraï, le tout couronné par un phénix. Le phénix, sur le faîte, rappelle tout ce que le Japon doit à la Chine.

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Rétrospective FIG 2016

Café géo du 30 septembre 2016 au K. Kiss Bar (Saint-Dié-des-Vosges)

Fast Cash, Fast Track, Fast and Furious… Comment la ville va plus vite ? avec Renaud Le Goix

A l’occasion du Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges édition 2016, Renaud Le Goix, professeur de l’Université Paris 7 Paris-Diderot, a choisi un titre peu banal pour son Café géographique : « Fast cash, Fast Track, Fast and Furious … »

Debout, devant un public nombreux réuni au K. Kiss Bar, il s’est interrogé sur « Comment la ville va plus vite ? ».

Renaud Le Goix présente d’abord son expérience américaine.

Il a vécu à Los Angeles et ironise sur le tout automobile qui a couvert l’agglomération d’autoroutes… elles-mêmes saturées de voitures… alors va-t-on vraiment plus vite à L.A. ? Le tramway du début du siècle avait laissé la place à l’automobile. Aujourd’hui, le tram est de retour (depuis 1990, light rail) dans l’agglomération et jusqu’à Santa Monica (Expo line, 2012). Et depuis 1993 il y a même le métro ! Eternel recommencement !

Renaud Le Goix s’amuse ensuite (et le public avec lui) à justifier son titre « ébouriffant ». La vision du film Speed (1994) a surdéterminé sa vision de la métropole angelenos alors qu’est mise en scène les parcours de mobilité. Le film résume bien les contradictions du rapport de la métropole de L.A. et de la vitesse. Le film raconte l’épopée d’un bus de la ville de Santa Monica (Big Blue Bus) dans lequel une bombe a été placée, bombe qui doit exploser si la vitesse du bus tombe au-dessous de 55 mph. Le bus doit rouler sur des autoroutes urbaines saturées et bouchées, conduisant le spectateur dans un tour de L.A., depuis Santa Monica jusqu’au Downtown par l’autoroute 10, puis du centre vers l’aéroport LAX (freeways 110 et 105). Au-delà du prétexte initial, cette fiction rend compte d’une réalité vécue par de nombreuses métropoles américaines, les pressions exercées par le lobby automobile (les constructeurs automobiles, les industries pétrolières, les entreprises de pneumatique…) dans les années 1930 pour y supprimer les réseaux de tramway (ces firmes sont condamnées en 1959). L’argument développé est que le transport en commun est trop lent et gêne le transport automobile… Aujourd’hui, le mouvement est inverse avec le retour des transports en commun dans les grandes métropoles américaines mais aussi dans les métropoles européennes.

Renaud Le Goix évoque ensuite Fast and Furious (dont le premier opus est dédié à la ville de Los Angeles) film qui raconte un concours de voitures entre gangs rivaux, infiltrés par des policiers. Le réalisateur du film s’est tué peu après au volant d’une Porsche … à grande vitesse.

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Etape en Bourbonnais. De Moulins à Vichy

8-10 septembre 2017

Qui sait que le Bourbonnais n’est autre que le département de l’Allier ? Qui connaît Moulins, préfecture somnolente, sinon par son artiste anonyme mais célèbre qui a adopté son nom : le « maître de Moulins ? Qui sait ce qu’est Vichy, derrière ses sources et son régime de si funeste mémoire ? Qui connaît enfin le fleuve Allier, le seul cours d’eau sauvage d’Europe occidentale ?

Mais le Bourbonnais a davantage à montrer et à démontrer !

Moulins s’éveille, le centre national du costume de scène étant le symbole de la renaissance de l’ancienne capitale des ducs de Bourbon.

Vichy, aussi, sort d’une période difficile, mais montre qu’elle ne manque pas d’atouts urbanistiques, touristiques, culturels et sportifs.

Le trait d’union entre les deux cités mérite lui aussi d’être davantage connu : un fleuve sauvage avec ses saumons, ses oiseaux migrateurs et ses méandres capricieux.

Bref, vous attend tout un monde urbain et naturel insoupçonné à 300 km de Paris à peine …

Moulins

 

Vichy

Le voyage est  organisé par Maryse Verfaillie pour Les Cafés géographiques (de Paris). Les deux journées ont été préparées par Marie-Paule et Jean-Etienne Caire, fidèles adhérents de notre association et Bourbonnais de cœur.

Sur les bords de la rivière Allier se mirent Moulins et Vichy, dichotomie urbaine improbable mais fascinante.

Bourbonnais et Allier, deux noms pour une même réalité

Voilà un département, l’Allier, que peu connaissent et savent situer, et moins encore, ce même territoire, lorsqu’il est connu sous son vieux nom de Bourbonnais.

Deux noms interchangeables qui reflètent un cas presque unique en France, où province d’Ancien régime et département se confondent aujourd’hui encore, le département ayant été taillé sur les limites de la province.

Cette méconnaissance est accentuée par la fusion déjà ancienne avec l’Auvergne dans la même région et sous ce seul dernier nom, fusion qui a ainsi fait disparaître le Bourbonnais, qui n’a pourtant jamais fait partie de l’Auvergne.[1]

D’où vient alors cette petite entité, coincée entre ses grands voisins ? Le « miracle » de son existence s’explique par plusieurs facteurs : situation aux marges de voisins plus puissants, existence d’une famille aristocratique ambitieuse. Mais ceci explique aussi la fragilité de cette construction qui trouve une fin brutale au XVIème siècle.

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Île de la Réunion

Association « Les Cafés géographiques » Voyage du 6 au 15 Avril 2017
Ce voyage a été préparé et réalisé par Marcel Cassou et Maryse Verfaillie pour l’association Les Cafés géographiques de Paris.

Île de la Réunion

 Une île paradisiaque ou pas ?

Montagne volcanique à plus de 3 000 mètres dans l’Océan indien, elle offre des paysages à couper le souffle, mais l’île est aussi vulnérable aux cyclones, aux coulées de lave, etc.

Une île intense

Déserte jusqu’au XVII ème, possession du roi de France (île Bourbon) à à partir de 1642, elle fut peuplée par des colons, par des esclaves  « importés » puis par des « engagés » venus d’Afrique et des Indes pour travailler la terre et développer des cultures tropicales (café, canne à sucre, etc.). Aujourd’hui elle est française par son fonctionnement politique et administratif (c’est un département) et elle est membre de l’Union européennes, comme région ultrapériphérique. Mais elle est culturellement créole et très métissée : les Z’oreilles (Blancs de métropole) y croisent les Z’Arabes (Indiens musulmans) et les Malabars (Indiens tamouls), sans compter de nombreux Réunionnais venus de Chine. Les problèmes socio-économiques sont ceux de toutes les régions périphériques : chômage élevé, développement économique incertain et fragile, inégalités sociales fortes.

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Marseille : plus belle la ville

Marseille est un amas de maisons sous un beau ciel, a dit Victor Hugo. Marseille n’est guère plus riche en monuments du Moyen Age qu’en ruines Antiques, a dit Alexandre Dumas.

Aujourd’hui, la plus ancienne ville de France a mauvaise réputation ! Depuis les années 1960-70, la décolonisation et le déclin des  activités industrialo-portuaires, la crise sévit et diffuse une
grande pauvreté. En ce début du XXIème, la cité phocéenne se proclame euroméditerranéenne, au même titre que Barcelone et Gênes ?

Elle fait aussi le pari, comme Bilbao, les villes de la Ruhr, ou en France Metz ou Lens de renaître en ville touristique. Elle associe une rénovation urbaine talentueuse et un tournant
culturel majeur grâce à la mise en valeur du patrimoine muséal. A Marseille, rien n’est impossible : il y a le TGV, le soleil et la mer…

Le voyage « Marseille : plus belle la ville » a été organisé du 10 au 12 mars 2017 par Maryse Verfaillie pour l’association Les Cafés géographiques (de Paris). Il a bénéficié de la présence de deux intervenants passionnés par leur ville : les géographes Richard D’Angio (CPGE) et Gabriel Ishkinazi (Université).

Retrouvez le livret de cette visite au format PDF : Livret Marseille 36p  (36 pages, 4 Mo)

L’Afrique des routes

L’Afrique des routes
31 janvier – 12 novembre 2017
Musée du Quai Branly -Jacques Chirac

 

 

Si vous croyez que l’Afrique est un continent sans histoire, vous avez tout faux ! L’Afrique n’est pas entrée dans l’histoire avec l’arrivée des Européens et elle n’est pas seulement le berceau de l’humanité.

Le musée du Quai Branly – Jacques Chirac expose 300 objets qui témoignent de l’ancienneté des contacts et des échanges entre l’Afrique (surtout subsaharienne), l’Asie et l’Europe.

A l’entrée de l’exposition un dépliant vous offre une carte politique et une chronologie qui s’étire sur 7 millions d’années, du crâne fossile d’hominidé trouvé à Toumaï (Tchad ) jusqu’à l’élection d’une femme à la Présidence de la République du Libéria en 2006.

Regardez bien le masque de Guinée Conakry retenu pour l’affiche de l’exposition. Taillé dans un seul morceau de bois (belle prouesse) il est porté par un jeune homme lors de son passage à l’age adulte et raconte sa vie future. Il représente un pélican transportant par voie aérienne un colon reconnaissable à son casque. L’homme blanc porte un petit masque, celui de D’mba, figure de fertilité. Il est encadré par deux femmes noires. L’artiste a réalisé cet objet polychrome avec des peintures venant d’Europe.

Vous aviez des idées simples sur l’Afrique, l’exposition veut vous démontrer que vous avez tort. L’Afrique est à l’honneur cette année, c’est une bonne nouvelle.  Elle sera aussi à l’affiche de l’Institut du monde arabe, de la Fondation Vuitton et du festival de La Villette. Profitez-en.

L’Afrique : un continent oublié, méconnu, méprisé

« Comme les requins sont précédés de leurs poissons-pilotes, notre regard est précédé d’un regard-pilote, qui propose un sens à ce qu’il regarde… Nous nous croyons bien à tort libres de ce regard » André Malraux, L’Intemporel.

S’agissant de l’Afrique, la métaphore de Malraux témoigne de la méconnaissance du continent et des préjugés tenaces qui forment autant d’obstacles à sa connaissance. Il en va de l’histoire comme des arts africains longtemps jugés « primitifs ».

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Chine ancestrale ou éveillée

Chine ancestrale ou éveillée, 20 octobre – 2 novembre 2016

Le voyage a été organisé par Maryse Verfaillie, pour l’association Les Cafés géographiques (de Paris).
Entre Chine ancestrale et Chine éveillée, entre montagnes et littoraux, nous avons balayé 13 siècles d’histoire en 13 jours. Un véritable défi !
Le présent compte rendu est exceptionnel. Il s’agit de la publication du Carnet de voyage du participant Jean-Marie Renard, dessinateur et caricaturiste de son métier.
En dernière page, vous sera également offerte la reproduction d’un tableau réalisé par une autre participante, Marie-Laure Viney.

Le voyage a été réalisé avec l’agence Arts & Vie. Le compte rendu a été mis en page par Bernard Verfaillie, puis publié sur le site par notre webmestre.

Il est constitué de 38 croquis réalisés à partir des sites visités (les croquis 13 et 14, puis 33 et 34 peuvent être vus comme des doubles pages). Il est suivi de caricatures représentant les participants au voyage.

Carnet de voyage en Chine de Jean-Marie Renard

Croquis 1

Croquis 1

(suite…)

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