Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture, avec Boris Grésillon et Clotilde Berrou

Café-géo de Montpellier du mardi 29 janvier 2013 : avec Boris Grésillon (professeur de géographie à l’université d’Aix-Marseille, responsable de l’équipe « Villes, culture et grands projets » au sein du laboratoire Telemme), auteur du livre paru en 2011 Un enjeu « capitale » : Marseille-Provence 2013, Paris, Editions de l’Aube,171p., avec Clotilde Berrou (Architecte DENSAIS, Urbaniste, Mention au Prix Tony Garnier d’Urbanisme 2003 de l’académie d’Architecture, chef de projet ARM Architecture). Compte-rendu rédigé par Clément BONORA.

L’élection de Marseille comme capitale européenne de la culture a donné lieu à la création de projets audacieux, originaux et quelques fois assez fous dans tout le département des Bouches-du-Rhône, mais c’est un territoire complexe, donc difficile à fédérer. 600 évènements au total : des expositions, la construction de nouveaux musées, mais également des projets décalés comme la conception d’un « GR 2013 » qui ferait découvrir aux touristes toutes les zones de Marseille qu’ils n’auraient jamais visitées comme les quartiers « sensibles », l’aéroport ou les usines de la ville. La réputation de Marseille est aujourd’hui acquise à travers l’image qu’elle véhicule. Boris Grésillon parle de « marketing urbain et culturel » de Marseille : l’attractivité de la ville et le potentiel succès de cette opération ne peuvent s’effectuer sans l’intermédiaire des médias. Le projet Marseille-Provence 2013 peut être abordé sous l’aspect spécifique de la géographie sociale : on peut se rendre compte de nombreux dysfonctionnements qui amènent à leur tour des questions et des problèmes liés à la ségrégation sociale, à la gestion politique, ou encore aux conflits d’intérêts grandissants.

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Quand les métropoles font leur marché : quels agriculteurs et quelles politiques pour maintenir une production périurbaine à Stockholm et à Buenos Aires ? avec Julie Le Gall et Camille Hochedez.

Ce deuxième Café Géo de la saison accueille Julie Le Gall,  maître de conférences à l’ENS de Lyon qui a soutenu une thèse sur l’influence des Boliviens sur les réseaux de commercialisation maraîchère à Buenos Aires. A ses côtés Camille Hochedez, ATER à l’ENS de Lyon, nous parlera de ses travaux sur les réseaux d’agriculteurs biologiques et leurs liens avec le développement durable dans la région de Stockholm.

Buenos Aires et Stockholm, Nord et Sud, peut-on comparer l’incomparable ? Qui sont ces agriculteurs ? Parle-t-on d’agriculteurs d’ailleurs quand on se trouve dans une région métropolitaine ? S’agit-il d’espace rural dans la ville ou d’un autre type d’espace ? Autant de questions qui réunissent deux terrains très différents…

A partir de leurs recherches sur l’approvisionnement de la ville en légumes en Suède et en Argentine, Camille Hochedez et Julie Le Gall nous invitent à un véritable décloisonnement des recherches Nord/Sud pour voir quelles expériences peuvent être échangées et pérennisées d’un espace à l’autre. Dans les deux cas, on observe une certaine complexité de l’agriculture et une marche, plutôt lente et difficile, vers le développement durable.

Cette démarche s’inscrit d’abord dans une actualité scientifique. Aujourd’hui, le champ des ruralités est de plus en plus investi par des urbanistes, mais le champ des urbanités est de son côté investi par les ruralistes. Dans un contexte d’urbanisation croissante à l’échelle de la planète, l’enjeu principal est de comprendre la place de l’agriculture dans la construction de métropoles durables. Ce thème correspond aussi à une actualité médiatique et politique puisqu’on assiste à un regain d’intérêt pour l’agriculture périurbaine. Les différents acteurs politiques prennent conscience du lien intrinsèque entre l’agriculture et la ville ; la ceinture maraîchère de Buenos Aires est emblématique de cette agriculture pour la ville. Ce regain d’intérêt montre aussi le rôle social de l’agriculture et des agriculteurs au-delà de leur fonction alimentaire initiale. L’agriculteur ne doit plus seulement produire mais aussi entretenir un paysage, être le garant de loisirs dans les espaces de nature ou maintenir de l’emploi. Plus généralement, on constate de nouvelles attentes sociétales envers l’agriculture. Les consommateurs souhaitent des produits locaux et exigent une meilleure traçabilité.

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