New York City : ville globale, ville duale

Compte rendu, Café Géo de Montpellier – 17 janvier 2017
Aurélie Delage -Maître de conférences en aménagement et urbanisme – Université de Perpignan.

Une personne sans domicile fixe en train de fouiller des poubelles, une jeune femme à l’allure chic : c’est la première image que l’on peut présenter de l’extrême polarisation sociale de New York et des inégalités que l’on perçoit dans  LA ville globale.

On y retrouve les disparités spatiales et ethniques classiques aux E.U: la périphérie (suburbs) de NYC est occupée par une population blanche et aisée qui s’installe dans les nouvelles banlieues modernes laissant une population plutôt noire dans le centre-ville où le bâti se dégrade (Skid Row).

Pourtant, ces dernières années, les nouvelles  générations manifestent un intérêt plus  marqué pour les quartiers centraux, leurs équipements et les ressources urbaines qu’ils offrent.  La mobilité intra-urbaine est, depuis peu valorisée, les  plus jeunes préférant  désormais la marche à pied à la voiture. Les classes les plus aisées quant à elles, regagnent les centres villes et alimentent un processus de  gentrification qui repousse parfois les plus pauvres vers les périphéries.

La ville globale : fondements de la puissance de New York City

Son ouverture sur la façade Atlantique et la navigabilité de la rivière Hudson sur de longues distances vers l’intérieur ont donné à NYC le rôle de porte d’entrée historique. Elle est au XIXème un véritable point de passage pour les migrants accueillis au sud de Manhattan. Au XXème siècle, ce site favorable permet au port commercial de NYC d’être une place financière forte.

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Les enjeux de l’eau dans et autour de la métropole de Montpellier

Le Mardi 13 Décembre 2016 s’est tenu un café géo au Gazette Café présenté par Thierry Ruf sur «  Les enjeux de l’eau dans et autour de la métropole de Montpellier »

Thierry Ruf est Géographe, Directeur de Recherche à l’IRD, spécialiste de gestion sociale de l’eau. Il est Vice-président du Conseil d’Administration de la Régie Publique de l’Eau de la Métropole de Montpellier Méditerranée.

Dans une approche géopolitique de la question de la gouvernance de l’eau, Thierry Ruf aborde son analyse en commençant par un cadrage historique de la place de l’eau, puis il poursuit l’expansion urbaine de Montpellier et de ses périphéries au XXIème siècle, avant de mettre au grand jour les enjeux actuels anciens et actuels.

Premièrement, aborder la question de l’eau, c’est aborder la question des territoires. Dans notre région l’eau a une dimension culturelle et patrimoniale importante. Montpellier a souvent été présentée comme une ville à problème d’eau. Elle a construit son histoire sur la captation des eaux souterraines par des puits, ce qui a eu pour effet en retour, de polluer la nappe phréatique.  Même si l’idée remonte au XIIème siècle, il faut attendre le XVIIIème siècle pour voir apparaitre les premières arrivées d’eau de surface captée à la source de Saint Clément et conduite jusqu’au Peyrou avec l’aqueduc construit par Pitot. La ville dispose de fontaines publiques en plus des puits toujours en service. Dans la deuxième partie du XIXème siècle, après de nombreux conflits et procès, la conduite de Pitot reçoit enfin de l’eau de la source du Lez (c’était le projet initial). Dès lors, l’accès à l’eau potable peut se faire par immeuble. C’est donc à la fin du XIXème siècle qu’une première régie municipale de l’eau est instaurée avec un règlement de l’eau. La mise en place de cette régie va avoir un impact sur le développement de la ville tandis que les périphéries restent encore tributaires d’alimentation en eau par de nombreux puits publics ou privés. Dans le département de l’Hérault, la crise de l’eau va justifier l’organisation d’un Congrès de l’eau en 1923 qui appelle à une nouvelle gouvernance entre les différents territoires ruraux sous-équipés et les villes.

Cependant, au cours du XXème siècle, Montpellier continue à s’étendre sans se préoccuper des villages qui l’entourent. Il faudra attendre les années 1950 pour voir les communes se fédérer en trois grandes entités territoriales (les communes de la vallée du Lez, celles du sud-ouest qui forment le « syndicat du Bas Languedoc » et celles du nord-est qui forment le « syndicat Garrigues-Campagne ». Un quatrième ensemble plus limité réunit quelques communes proches du Salaison dans le « syndicat du Salaison ».

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De la roche au paysage : comment se construisent les géopatrimoines ?

Introduction

Claire PORTAL est maître de conférences en Géographie à l’Université de Poitiers. Elle étudie les formes du paysage (géomorphologie) et leur patrimonialisation soit les processus qui permettent d’identifier et de reconnaître des paysages remarquables qui conduisent à la protection, à la conservation et à la valorisation des formes du relief. Ses recherches s’intéressent à l’ouest de l’Europe et plus largement au monde occidental. Sa présentation va être l’occasion de comprendre l’invention d’une nouvelle forme de patrimoine associée à l’attribution de nouvelles valeurs aux roches et des paysages géomorphologiques. Nous verrons comment les géopatrimoines sont apparus et comment ils sont valorisés.

La présentation porte ainsi sur la patrimonialisation des roches mais surtout des formes de reliefs. On a souvent cru que les roches et plus largement les formes de reliefs étaient indestructibles parce que très anciennes et non vivantes. Cependant, dans les années 1990, des « lanceurs d’alertes » géologues et géomorphologues ont montré que leur destruction entraine la disparition irréversible d’un héritage indispensable pour la compréhension de l’histoire de la planète et de l’histoire des hommes, roches et reliefs résultant d’une histoire naturelle mais aussi culturelle.

La présentation a été structurée en quatre points :

I – Patrimoine géologique, patrimoine géomorphologique et géodiversité
II – Un patrimoine naturel, reflet de l’histoire de la Terre
III – Un patrimoine culturel, témoin des interactions Nature/Sociétés
IV – Evaluer, conserver et transmettre les géopatrimoines

I- Définir les concepts

La géologie, c’est une science qui a pour objet d’étude la terre et particulièrement de la lithosphère (composition et déformations des roches).

La géomorphologie est une science qui a pour objet la description et l’explication des formes du relief terrestre, continental et sous-marin.

Ces deux sciences sont des sciences de terrain (observations, relevés) et de laboratoire.

La prise de conscience que les héritages géologiques et géomorphologiques pouvaient disparaître apparait dans les années 1990 en Tasmanie. Des chercheurs se sont alors penchés sur la manière dont ils pourraient protéger ces héritages abiotiques donnant ainsi naissance à la notion de géodiversité définie comme «  la variété, la diversité des caractéristiques géologiques (substrat), géomorphologiques (relief) et pédologiques, leur combinaison, leurs systèmes et leur processus. Elle inclut des témoins de la vie passée, les écosystèmes et l’environnement de l’histoire de la terre comme les processus atmosphériques, hydrologiques et biologiques agissant de façon récurrente sur les roches, les formes du relief et les sols. » (Zwolinski, 2004)

Plus largement, il s’agit de déterminer les liens entre les sciences de la terre, la vie sauvage et la société au sein d’un environnement ou d’un système, dans l’objectif de protéger les héritages géologiques et géomorphologiques. La déclaration internationale des droits de la mémoire de la terre a été signée à Digne-les-Bains en 1991 et l’UNESCO intègre ces nouveaux patrimoines depuis 2015 dans son programme Sciences de la terre, impulsant une reconnaissance à l’échelle internationale.

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Que cherchent les Chinois dans le secteur agricole en Afrique ?

Café-Géo de Montpellier
Mercredi 30 novembre 2016

Jean-Jacques Gabas est actuellement chercheur associé au CIRAD, UMR ART-Dev. Economiste, il a été maître de conférences (HDR) à l’université Paris Sud et Paris I, et continue d’enseigner à Sciences Po Paris. Président d’honneur du Groupement d’intérêt scientifique pour l’étude de la mondialisation et du développement (GEMDEV), ses travaux portent principalement sur les politiques de coopération et les politiques de développement en Afrique de l’Ouest.

Jean-Jacques Gabas discute de nombreuses idées reçues à propos de la coopération agricole chinoise en Afrique subsaharienne : montants élevés de l’aide, accaparements massifs de terres pour nourrir la Chine, inertie du modèle de coopération, orchestration centralisée par le gouvernement… Des idées reçues qui conduisent certains acteurs impliqués de longue date dans la coopération avec l’Afrique à se méfier, voire à ignorer cet acteur pourtant devenu incontournable.
Questionnements :

  • L’originalité du soft power chinois
  • La méthodologie de recherche : principaux résultats
  • Dans le secteur agricole, qu’est ce que le modèle chinois ? Un modèle de coopération durable ?
  • Quelles implications en matière de politiques de coopération ?

1-Le soft power chinois

Retour sur le concept de soft power :

  • Origine : réponse de Joseph Nye (1990) à Paul Kennedy (1987) dans le cadre du débat internationaliste sur le déclin de la puissance des Etats-Unis
  • Définition : capacité de « former les préférences des autres » via la culture, la politique extérieure et les valeurs politiques (Nye)
  • Fonctionnement : un pays ne peut être puissant sur la scène mondiale qu’en opérant une combinaison habile de hard power (coercition/incitation) et de soft power (séduction), afin de mobiliser un pouvoir « intelligent », le smart power (popularisé par H. Clinton)
  • Référence aux travaux de Sophie Wintgens (Université de Liège)

Le soft power est légitimé par l’histoire des relations entre la Chine et l’Afrique :

  • Conférence de Bandoeng (1955) des non-alignés
  • « Tournée » africaine de Zhou Enlai (1963-1964)
  • Promotion du tiers-mondisme
  • Cinq principes de coexistence pacifique
  • Huit principes en matière d’aide internationale
  • L’obtention du siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU (1971) grâce à l’Afrique
  • L’absence de réactions des pays africains lors des événements de Tiananmen (1989)

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L’inde vue à travers la mondialisation du yoga

Café Géographique du 12 octobre 2016 animé par Anne-Cécile Hoyez, chargée de recherche CNRS. UMR ESO/Université Rennes 2.

Quel est le lien entre la géographie et le yoga ?

En guise d’introduction, la chercheuse a présenté différentes photos qui illustrent l’évolution du yoga.

Qu’y a-t-il de « géographie » dans une école de garçons en Inde ?

Ce sont des enfants souples qui font des exercices dans la première école de yoga en Inde. A partir de 1920, le yoga commence à se structurer, on commence à en retrouver dans des écoles.

Il s’agit de trouver une légitimité au yoga en l’encrant dans les cadres de l’enseignement tels que les concevaient les colons britanniques.

Exemple des Beatles : l’émergence du Yoga à l’échelle internationale

Une autre des images présentées nous montre les Beatles qui se sont rendus en Inde.

George Harrison, membre du groupe a rencontré des musiciens et un gourou indien. Ils ont d’abord travaillé ensemble à Londres sur les apports de la méditation à la musique, puis se sont rendus en Inde.

C’est dans les années 60 que le yoga émerge à l’échelle internationale 

Exemple d’une grande salle de sport :

Nous pouvons observer une grande salle remplie d’individus venus pratiquer le yoga aux Etats-Unis, c’est un cours de Bikram Choudhury, un gourou célèbre pour avoir mis au point une série de postures de yoga pratiquées dans une salle surchauffée et dans des cours collectifs très fréquentés.

L’intérêt de cette photo est de rappeler qu’il a, dans les années 2000, essayé de breveter sa série de yoga ce qui a poussé l’Etat indien à réagir et à travailler sur la mise en place de propriétés intellectuelles sur les postures de yoga ou encore la médecine indienne.

Pourquoi Anne-Cécile a-t-elle choisi le yoga comme objet d’étude ?

La chercheuse n’a jamais pratiqué le yoga.

C’est un travail de maîtrise de géographie de la santé qui l’a poussée à étudier ce sujet.

Ce qui l’a intéressée dans ce travail de terrain en Inde est l’observation des parcours de soin des patients et le pluralisme médical.

En Inde, les individus ont pour habitude d’avoir des recours alternés à différents systèmes de soins, incluant des rites religieux de guérison.

La chercheuse a, dans le cadre de son étude, visité pour la première fois un centre de méditation et a pu s’entretenir avec un gourou qui l’a informée que plusieurs disciples étaient disséminés un peu partout dans le monde grâce à ce centre.

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Migrations : des idées et des cartes pour aller à l’encontre des politiques

Cafés géographiques de Montpellier du 26 janvier 2016 au Gazette Café.

Nous tenons à remercier avant tout Olivier Clochard pour sa venue ce soir. Docteur en géographie et chargé de recherche au CNRS (UMR Migrinter, Poitiers), il est spécialiste des migrations et à ce titre est membre de Migreurop, « réseau européen et africain de militants et de chercheurs dont l’objectif est de faire connaître et de lutter contre la généralisation de l’enfermement des étrangers et la multiplication des camps, dispositif au cœur de la politique d’externalisation de l’Union européenne » (extrait de www.migreurop.org). Après avoir rédigé Atlas des migrants en Europe. Géographie critique des politiques migratoires (éditions 2009 et 2012) sujet compliqué et sensible, brûlant d’actualité, Olivier Clochard poursuit ses recherches actuellement à Calais où il avait fait sa thèse mais aussi à Chypre et sur d’autres terrains (Bruxelles, Marseille).

L’intervention s’organise en 3 parties : 1) ce qui est nécessaire pour voyager, 2) les restrictions aux frontières, 3) la question des réfugiés.

I/ Des visas pour voyager ?

Il y a environ 230 millions de migrants actuellement, sans que soient compris dans ce chiffre les réfugiés. Les pays qui accueillent le plus de migrants internationaux sont : les Etats-Unis (45,8 millions), la Fédération de Russie (11 M), l’Allemagne (9,8 M). La France arrive en 7e position (7,5 M). Mais chaque pays a une histoire migratoire qui lui est unique. Ainsi il faut rappeler qu’au XIX° siècle ce sont les Européens qui partaient : l’Irlande, frappée par la Grande Famine (1845-1852), avait connu le départ d’au moins un tiers de sa population vers le Nouveau Monde. La France fait partie elle aussi de ces pays qui ont une histoire migratoire importante. Sur le premier graphique, nous pouvons voir que la dislocation de l’URSS a provoqué le départ de nombreuses personnes. Les récentes migrations vers et en Europe ne sont pas un fait nouveau, tout comme dans le monde. Les Emirats Arabes Unis sont, par exemple, aujourd’hui l’un des pays qui vit grâce à la venue de ressortissants étrangers. Au Qatar, 80% de la population est étrangère. Rfce à Tristan Bruslé qui a travaillé sur les Népalais migrant vers cet Etat.

Les politiques européennes légifèrent avant même que les migrants aient commencé de voyager (référence aux travaux de Didier Bigo). Il y eut en effet un gros travail de l’Europe sur la question des visas européens, se basant sur une uniformisation de ces derniers. A partir de 2001 ces visas permettent ainsi à l’ensemble des ressortissants étrangers de voyager. Il est demandé aux consulats de veiller au « risque migratoire » (personnes célibataires, avec antécédents…). Par exemple, un algérien ne peut voyager dans l’espace Schengen sans un visa en cours de validité. Sur la carte de Nicolas Lambert, nous pouvons voir deux ensembles : le premier présente des pays qui concentrent 17% de la population et 73% des richesses mondiales. On peut voir que la mobilité y est importante, les citoyens de ces pays pouvant circuler avec plus de facilité, la plupart du temps sans visa. Le second ensemble présente les pays concentrant les 83% de la population mondiale et 27% des richesses. Cet ensemble a peu ou pas accès aux premiers pays et des dispositifs tentent d’en empêcher les mobilités. C’est pour freiner l’arrivée de demandeurs d’asile. Le décalage est indécent avec le Liban qui accueille aujourd’hui 1 million de réfugiés. Un visa pour l’UE coûte 60 euros. Rapporté au niveau de vie de certains pays, c’est beaucoup. La population des pays riches a donc plus de facilité théorique à voyager. (Source: Néocarto)

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Territoires de santé, santé des territoires : vers des déserts médicaux en France ?

Café géographique du 03/ 05/ 2016 au Gazette Café de Montpellier, avec Christophe Evrard, maître de conférences de l’Université Paul Valéry Montpellier 3. 

« Les professions de santé sont en mauvaise santé. »

Cet exposé a pour objectif de vous aider à comprendre le pourquoi et le comment de la situation de la démographie médicale en France, mais surtout de montrer quelles conséquences territoriales cela implique. Les médias sortent souvent ce sujet quand il faut se mettre quelque chose sous la dent : les déserts médicaux, les difficultés de certaines populations pour trouver un médecin au quotidien, le déficit de la sécurité sociale… sont autant de thématiques récurrentes. Mais parmi ces thèmes, la baisse du nombre de médecins est une réalité fréquemment soulignée, ainsi que l’augmentation du nombre de « déserts médicaux ». En 2013, un rapport du Conseil National de l’Ordre des Médecins souligne que le nombre total de médecins (généralistes, spécialistes et chirurgiens) a enregistré une baisse de -0,3%. D’ici 2020, la France risque de manquer de médecins ! Toutefois, certains faits établis il y a quelques décennies, permettent d’apporter les premiers éléments de compréhension de la situation actuelle.

Des disparités géographiques récurrentes…

Il est à remarquer dans un premier temps, que les disparités géographiques entre les régions du Nord et du Sud de la France sont « classiques », et ne datent pas d’aujourd’hui. Ces oppositions géographiques se fondent sur le nombre de médecins et l’accès au soin des populations, soit la densité médicale. Son application aboutit à l’existence de disparités territoriales entre les régions du Sud, mieux pourvus en médecins que les régions se trouvant au Nord. Ce fait ne date pas d’aujourd’hui : il y a déjà des disparités entre le nord et le sud de la France depuis de nombreuses décennies, et en lien avec les contextes successifs.

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Le canal interocéanique du Nicaragua ? Ambition ou déraison ?

Cafés Géographiques de Montpellier,
Mardi 22 mars 2016

Présentation de l’intervenante :

Lucile Médina, Docteur en Géographie, Maître de Conférences à l’Université Paul Valéry Montpellier 3, UMR ART-Dév. Elle se rend très souvent en Amérique centrale pour ses travaux de Recherche.

Le projet de grand canal interocéanique au Nicaragua est un projet de nouveau reporté qui suscite des interrogations. C’est un sujet d’actualité.

Les principaux ingrédients du projet :

  • Daniel Ortega, président du Nicaragua, ancien chef de la révolution. Figure idolâtrée et controversée au Nicaragua
  • Wang Jing, milliardaire chinois qui a créé le groupe HKND (Hong Kong Nicaragua Development). Aucune expérience dans la construction d’infrastructures.
  • Financement pharaonique de 40 milliards de dollar.
  • Nicaragua, un des pays les plus pauvres d’Amérique centrale avec Haïti.
  • Chine en arrière plan.

Il y a différentes échelles d’analyse géographique à ce projet :

  • Echelle de compréhension mondiale dans le contexte de l’adaptation des transports maritimes à l’augmentation des échanges maritimes mondiaux et à la révolution des transports : l’élargissement du Canal de Panama, l’élargissement du Canal de Suez, le projet de création de Canal en Thaïlande.
  • Echelle régionale. Contexte de développement de corridors bi-océaniques sur le continent américain et de développement de méga-projets (grands barrages, mines, etc.) qui transforment visiblement le territoire et mettent le thème de l’extractivisme au cœur de la recherche actuelle en Amérique latine notamment.
  • Echelle nationale du Nicaragua, le projet questionne sur le modèle de développement poursuivi et l’aménagement territorial.

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Les temps changent, le climat aussi !

Café-géo du 15 Décembre 2015
Par Vincent MORON (Professeur à l’Université d’Aix-Marseille)

En introduction, les intervenants dressent le bilan de la COP 21 ayant eu lieu entre le 30 Novembre et le 12 Décembre 2015. Pour parler des enjeux du réchauffement climatique, invitation de Vincent MORON. Sa recherche s’intéresse à l’analyse de la variabilité et de la prédictabilité des précipitations et leurs effets sur les écosystèmes, notamment dans la zone tropicale.

Le début de la conférence s’interroge sur le temps d’aujourd’hui (15 décembre 2015) à Montpellier et analyse une image satellite qui montre une dépression sur le Languedoc-Roussillon. Celle-ci montre une situation classique, que l’on retrouve sur la carte des pressions avec de l’air chaud qui vient du Sud. Les variations thermiques quotidiennes en 2015 sont ensuite étudiées à l’aide d’un graphique. Celui-ci montre des variations importantes, parfois très rapides : + 10 °C en quelques jours, au mois d’octobre 2015 par exemple. Ces variations de températures intra-annuelles et le cycle thermique annuel moyen constituent le signal thermique le plus évident que l’on connaisse aujourd’hui.

Vincent Moron explique  que le cycle annuel thermique moyen est une réponse au cycle annuel du rayonnement solaire. Le rayonnement solaire précédant la température, certains éléments du cycle annuel thermique peuvent être prévus (ampleur, régularité). Ces prévisions globales peuvent même être lointaines (à l’échelle d’une année par exemple).

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Patrimonialisation et participation habitante : expériences en banlieue

Café-Géo de Montpellier du 24 Novembre 2015
Par Anne Hertzog (MCF Université Cergy-Pontoise)

La soirée débute par des remerciements à l’intention du public présent en nombre, suivi d’une présentation de la conférencière Anne Hertzog, maître de conférences en géographie à l’Université de Cergy-Pontoise, et membre du Laboratoire MRTE. Son premier travail de thèse (2004) s’intitule Là où le passé demeure. Les musées de Picardie : étude géographique. Contribution à l’étude des lieux géographiques de mémoire. Ses recherches portent ainsi sur les lieux de mémoire, les processus de patrimonialisation des lieux et les enjeux territoriaux du patrimoine. Domaine longtemps réservé aux historiens et historiens de l’art, le patrimoine est aujourd’hui un sujet d’étude majeur pour la géographie.

Anne Hertzog précise qu’elle s’intéresse spécifiquement aux acteurs des processus de patrimonialisation que sont les habitants, et notamment dans le territoire particulier des périphéries urbaines. L’ancrage territorial périphérique de l’université de Cergy-Pontoise pousse à réfléchir avec toutes les ressources locales. En effet, on constate une effervescence sociale autour de la question du passé de la ville comme le montre l’exposition co-organisée par la Communauté d’Agglomération au Pavillon de l’Arsenal à Paris en 2015 sur l’histoire et l’urbanisme de la Ville, ou encore l’inventaire du patrimoine réalisé par le Service Patrimoine et Inventaire d’Ile de France à la demande de la même institution.

La réflexion s’est ainsi organisée autour de la patrimonialisation des grands ensembles et du logement social, car il y a une inquiétude actuelle sur le devenir des périphéries urbaines et leurs transformations urbanistiques et sociales. C’est une question vive, traitée par des chercheurs de plus en plus nombreux : Vincent Veschambre bien entendu, mais aussi les chercheurs de l’EIREST (Paris 1 Panthéon Sorbonne) par exemple. On peut trouver un exemple de ces réflexions renouvelées dans le numéro d’EchoGéo que nous avons coordonné avec Elizabeth Auclair consacré à ces questions (https://echogeo.revues.org/14360). Ma présentation exploite un certain nombre de ces travaux aujourd’hui.

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