Détruire ou construire ? L’aménagement des zones inondables en question

Sylvain Rode – Maître de conférences en aménagement de l’espace et urbanisme
Université de Perpignan Via Domitia – Unité Mixte de Recherches ART-Dev

Selon l’Evaluation Préliminaire du Risque d’Inondation effectuée en 2011 dans le cadre de la mise en œuvre de la Directive européenne Inondation de 2007, 18,5 millions de personnes et 10 millions d’emplois seraient exposés au risque inondation en France. La vulnérabilité est donc forte compte tenu de la forte exposition des populations au risque inondation. La prévention est dès lors un enjeu important et réaffirmé qui passe, notamment, par le contrôle de l’urbanisation en zone inondable. Deux questions, antagonistes et légitimes, se posent alors : faut-il – et si oui, comment ? – construire en zone inondable ? Doit-on détruire les biens en zone inondable ?

1- Construire. Vers un urbanisme résilient en zone inondable ?

Le Monde du 28 janvier 2018 titrait « Face aux crues, un urbanisme à réinventer ». Ce titre qui renvoie à la notion de résilience pose la question de son opérationnalité : comment prendre en compte et accepter dans certains territoires la possibilité d’une inondation ? Pendant longtemps la logique d’ « ouvrages » (barrages, digues, …) en vue de maîtriser l’aléa a été dominante. Mais depuis quelques années la résilience a fait émerger un nouveau paradigme qui est celui de l’acceptation de l’inondation. Il s’agirait de faire en sorte, en cas de crues, que les dégâts soient minimes et que le fonctionnement (des services, des transports, …) soit maintenu. Dès lors a émergé un nouveau champ de l’urbanisme –l’urbanisme résilient – qui pense la ville avec l’eau. Il s’agirait de « construire avec l’eau » (Ryan, 2010). Cette nouvelle approche est encouragée par l’Etat, notamment dans les situations de renouvellement urbain. Les friches urbaines et industrielles deviennent alors des terrains d’expérimentation de cette ville pensée avec l’eau. Cette approche n’est toutefois pas toujours bien perçue par les services déconcentrés de l’Etat, les techniciens des services « risques » considérant que la priorité est de limiter les constructions et l’urbanisation en zone inondable.

Construire résilient en zone inondable : quelles formes urbaines et architecturales ?

L’urbanisme résilient est de plus en plus expérimenté. Il prend forme notamment à travers trois grandes caractéristiques :

– La première est celle d’un urbanisme et/ou d’une architecture de surélévation. Soit l’habitat est surélevé sur le principe des constructions sur pilotis, soit c’est l’îlot tout entier qui est surélevé. Dans le premier cas, les pièces de vie se situent au premier étage, le rez-de-chaussée destiné à être inondé étant occupé par des parkings par exemple. Les quartiers Matra à Romorantin ou Pirmil-les-Isles à Rezé fournissent des exemples de cette forme d’urbanisme résilient.

– La deuxième est celle d’un urbanisme « transparent à l’eau ». Le quartier dans son ensemble est conçu alors pour être inondé en minimisant les dégâts. Des axes de circulations (de l’eau) sont construits notamment entre les habitations et perpendiculairement au cours d’eau susceptible de déborder. A Narbonne, le parti de composition urbaine de la ZAC les Berges de la Robine intègre ce principe de « transparences hydrauliques ».

– La troisième est celle d’un urbanisme valorisant la présence sensible de l’eau. Il s’agit de marquer dans le paysage la présence de l’eau par le maintien d’une végétation adaptée aux zones humides ou par des éléments qui rappellent la présence de l’eau ou qui donnent des repères de crue (ligne bleue le long d’un immeuble par exemple à Saint-Pierre-des-Corps).

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Du Mali vers l’Amérique du Nord : les migrations des élites pour études

Kévin MARY, maître de conférences à l’Université Via Domitia de Perpignan

Etudier les élites africaines et leurs migrations pour études vers l’Amérique du nord résulte d’une volonté de sortir des études plus classiques centrées autour des relations franco-maliennes. Par ailleurs, avant d’être un travail sur les migrations et l’éducation, la thèse de Kévin Mary porte sur la société malienne, abordée selon un angle d’analyse plutôt original, le rapport des élites à l’éducation.

  1. La construction de l’objet d’étude

Le Mali est un des pays les plus pauvres au monde. S’il est lié aux migrations, c’est parce qu’au moins un membre de la majorité des familles maliennes vit à l’étranger. Les familles issues de la catégorie des élites ont pour particularité de ne pas envoyer leurs enfants étudier à l’université du Mali située à Bamako. Aussi, ces familles choisissent toutes des stratégies d’exode scolaire, tout comme les familles des couches moyennes, et de manière générale tous les parents dès lors qu’ils en ont les moyens. Les élites sont également l’objet de nombreux débats dans la société malienne, notamment dans les discussions quotidiennes au sein des groupes d’amis appelés « grins », les journaux, les émissions de radio, etc. Elles sont fortement remises en cause, notamment à partir de la crise de 2011, au moment où l’armée malienne apparaît disqualifiée, notamment par des scandales liés au népotisme. On parle « d’une élite qui serait corrompue ».

Les élites étudiées ici sont essentiellement composées de jeunes gens (de 17 à 40 ans), des étudiants fils et filles de bonnes familles, communément nommés « enfants de riches » selon une expression populaire. Les destinations des migrations pour études sont diverses, bien que l’on discerne des pôles principaux de cette migration en France, aux Etats-Unis et au Canada.

Après plus d’un an et demi de recherches sur le terrain, principalement au Mali, à Bamako, mais aussi aux Etats-Unis à Moncton, New-York et Washington, Kévin MARY a tenté de comprendre les raisons qui poussent les familles à envoyer leurs enfants à l’étranger. Dans quel but ? Pour y étudier quoi ? Les jeunes restent-ils à l’étranger ou reviennent-ils dans leur pays d’origine ? Quelle plus-value offre leur parcours d’études à l’étranger ?

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Tourisme et développement dans les pays du sud : les illusions du modèle communautaire

Bernard Schéou, enseignant-chercheur, IAE, Université de Perpignan Via Domitia

Après un doctorat en économie et des études de philosophie, Bernard Schéou travaille depuis une vingtaine d’années sur le tourisme communautaire. Au-delà de la recherche, il s’implique sur le terrain via des associations de tourisme équitable et communautaire. Ainsi, en conciliant à la fois la théorique avec la recherche et la pratique avec son engagement associatif, il acquiert une certaine légitimité qui lui permet, grâce à une distanciation et une position critique délicate, de se questionner sur le bien-fondé des objectifs, chemins et résultats du tourisme équitable.

Le travail de recherche a été fait en collaboration avec Alain GIRARD qui n’est pas présent.

Retrouvez également la présentation et les références accompagnant ce café géographique, au format PDF (1727ko) : Présentation CG Montpellier.pdf

Questionnement

Tout d’abord, il faut refuser la dichotomie simpliste entre un « bon tourisme » et un « mauvais tourisme » : opposer un tourisme communautaire porteur de développement économique, culturel et social pour les populations locales et un tourisme de masse malfaisant n’est pas le but de cette intervention.

Pourquoi le tourisme communautaire ?

Le tourisme communautaire a été choisi pour l’expérience de terrain, mais aussi car depuis le milieu des années 90 il est à la mode et les acteurs le voient comme une solution évidente pour initier le tourisme dans le cadre du développement durable, il encouragerait en effet la participation de l’ensemble des populations locales.

La réflexion sur l’expérimentation de cette forme de tourisme qui véhicule le plus d’illusions n’a pas pour but d’abandonner le tourisme mais de prendre en compte les conséquences non voulues et de travailler sur les conditions de sa réussite.

  1. Le tourisme communautaire

Le contexte :

Dans les années 1960 et 1970, les bailleurs de fonds et agences internationales apportent leur soutien au développement d’un tourisme classique. Puis dans les années 1980 et jusqu’au début des années 1990, il y a une remise en cause suite à la période critique du « tourisme de masse ». La redécouverte passe par le développement durable et la lutte contre la pauvreté avec notamment une redécouverte des populations locales.

Cette évolution est également sensible dans la recherche scientifique : la recherche du nombre d’articles contenant les mots : « community based tourism » (dans les mots clés) montre une croissance nette de cette thématique : la communauté locale est alors vue comme le cadre approprié au tourisme. De 1994 à 2000 on peut recenser 40 articles, alors que l’on en compte 200 entre 2011 et 2018.

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La Russie un siècle après la Révolution d’octobre : la renaissance d’un pouvoir impérial ?

Denis ECKERT, Directeur de recherche au CNRS, Centre Marc Bloch, Berlin.

Résumé :

La chute de l’Empire tsariste et surtout la prise de pouvoir par les bolcheviks avaient marqué en 1917 la fin officielle de la référence impériale, et la proclamation de la construction d’un Etat de type radicalement nouveau. L’évolution ultérieure de l’URSS a donné corps à la théorie du retour des logiques impériales, notamment lors des phases d’expansion impulsées par Staline. Lors de l’éclatement de l’URSS en 1991, on a pu croire à la fondation d’une nouvelle Russie, « plus petite mais meilleure », apte à se développer dans des frontières sûres et reconnues. Mais est-on aujourd’hui, après les multiples interventions russes des dernières années (Géorgie, Ukraine), en train d’assister à la résurgence de ce qu’on pourrait qualifier d’une puissance impériale, pour laquelle la volonté d’expansion territoriale et de contrôle des marges deviennent centrales dans l’idéologie politique ?

L’intervention de Denis Eckert s’est faite dans le cadre du centenaire de la révolution russe d’octobre 1917. Ce dernier s’est questionné sur un éventuel retour de la logique impériale en Russie. En évoquant ce territoire, nous nous concentrons donc sur l’espace européen post soviétique.

I. La non revendication d’un héritage historique.

Dans un premier temps, notre intervenant a voulu se pencher sur un éventuel témoin de la révolution d’octobre, qui pourrait être une analyse des commémorations en Russie. Mais il se trouve qu’il n’y en a pas eu : aucune manifestation commémorative de la révolution ne s’est faite en Russie. De plus, en Ukraine, des centaines de statues et de rues ont été rebaptisées, afin de faire disparaitre la mémoire communiste.

Il y a pourtant bien eu une parade militaire le 7 novembre 2017 sur la Place Rouge. Mais cette dernière s’est faite dans le cadre de la commémoration non pas de la révolution mais de la parade militaire de 1941 (qui fut un événement mythique de l’URSS en guerre, durant lequel les soldats partirent directement de la parade vers le front, contre les Allemands).

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Ces gares TGV qui font débat. Vers un modèle français de localisation des gares nouvelles ?

Café géo de Montpellier du 16 janvier 2018, avec Laurent Chapelon, professeur des universités à l’Université Paul Valéry de Montpellier.

Résumé :

La restructuration des dessertes TGV des villes françaises conjointement au déploiement de la grande vitesse ferroviaire relève d’enjeux multiples, variables selon les échelles territoriales concernées. Alors que les liaisons à longue distance demandent des dessertes périurbaines de courte durée minimisant les temps de parcours, des enjeux régionaux et locaux militent pour une desserte centrale des agglomérations. La présentation s’attachera à objectiver les choix possibles de localisation des gares nouvelles et à montrer l’existence d’un modèle français caractéristique en la matière.

Pour les villes qui sont desservies par la grande vitesse ferroviaire, l’implantation des gares TGV constitue un enjeu majeur : elles orientent les pratiques de déplacements ainsi que la mobilité de la population. Mais a-t-on un modèle type de gares nouvelles ? Ce modèle est-il adapté ? Peut-on l’améliorer ?

Le point de départ de la réflexion, ce sont les gares implantées en rase campagne. Prenons pour exemple la gare « Lorraine TGV » mise en service en 2007. C’est une gare de « non décision » entre Metz et Nancy. En effet, les deux villes ont émis le souhait de bénéficier d’une telle infrastructure. Par conséquent, la gare a été implantée entre les deux agglomérations, à 35km de Nancy et 25km de Metz, sans connexion TER. Cette gare est dès lors et avant tout un vaste parking de 950 places, avec une fréquentation d’usagers qui viennent quasi exclusivement en voiture.

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Habiter au gré des vents en Méditerranée

 Clément Barniaudy, Maître de conférences à la Faculté d’Education de l’Université de Montpellier

Retrouvez également les diapositives de présentation au format PDF : cafe-geo-vents.pdf (14Mo)

La perception que nous avons du vent est moins celle d’un air en mouvement objectivable (sa définition scientifique) qu’une matière vivante qui nous enveloppe et avec laquelle nous composons Habiter au gré des vents, c’est s’immiscer dans cette matière sensible. De par nos expériences, nous pouvons facilement observer que le vent est partout à l’extérieur comme à l’intérieur de nous : essayez seulement de parler sans souffler… c’est bien impossible. Au mouvement perpétuel du souffle en nous, répond celui du vent dans le milieu. Le vent sculpte le paysage, influence les gens et leur mode d’habiter. Il peut être une contrainte comme un allié, devenir le support d’une pratique ludique ou encore fournir une aide inespérée en cas de chaleur extraordinaire par exemple. Le vent est donc omniprésent mais il est aussi impalpable.

Ce caractère invisible du vent génère une certaine difficulté pour le nommer. Chez la plupart des peuples de tradition orale, il est encore aujourd’hui une présence sacrée, une sorte de matrice qui recouvre tout l’univers et inclut chaque personne dans son milieu (ex : Nilch’i des amérindiens Navajos). De même, en Méditerranée ancienne, les termes pour désigner le vent sont inséparables de ceux désignant le souffle ou l’esprit (Pneuma, psukhê, anemos, Ruach…). L’abstraction d’un vent physique détaché du souffle et perdant tout pouvoir d’animer la matière mettra de nombreux siècles à se développer.

Le vent est donc une puissance naturelle capable d’influencer le monde animé mais il se différencie aussi pour ces sociétés méditerranéennes en plusieurs vents ; borée, notos, zéphyr, eurus par exemple pour les Grecs anciens. Car les marins ont très vite reconnu des vents réguliers avec lesquelles ils pouvaient composer pour accomplir leur navigation.

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La géographie des inégalités scolaires, enjeu politique majeur dans l’Amérique de Trump ?

Animé par David Giband, Professeur des Universités à l’Université de Perpignan Via Domitia et Nora Nafaa, doctorante à l’Université de Perpignan Via Domitia.

Ces dernières années, l’accès à l’enseignement supérieur aux États- Unis, et plus largement au système éducatif dans les métropoles états-uniennes, a subi des mutations radicales. Les États-Uniens sont de plus en plus nombreux à dénoncer le coût aberrant de l’enseignement et ses inégalités toujours plus présentes. Betsy Devos, ministre de l’éducation de Donald Trump, parle de l’éducation américaine comme « un système fermé, une industrie fermée, un marché fermé. C’est un monopole, une impasse. »

  1. Un système à bout de souffle ?

En France, le système éducatif est centralisé et fonctionne plus ou moins de la même façon sur tout le territoire, avec des académies, des rectorats… Le système éducatif états-unien est très différent et est davantage encore marqué par de très fortes inégalités. La question des inégalités scolaires y est ancienne et bien antérieur à 2017. Quatre grandes périodes où la ségrégation raciale a laissé des traces peuvent être distinguées :

– Jusqu’aux années 1960 demeure une ségrégation raciale importante, avec des ghettos ethniques et différents degrés de ségrégation selon les États et ce, malgré des manifestations de plus en plus nombreuses pour l’abolition de la ségrégation, qui entrera en vigueur en 1964 avec le Civil Rights Act. Les populations noires et blanches vivent donc séparées et cela vaut aussi dans les établissements scolaires où les populations hispaniques, noires et blanches, sont rarement mélangées. De plus, la désindustrialisation des années 1960 a aggravé la crise économique qui a accentué des inégalités de richesses déjà existantes.

– Les années 1970 sont marquées par la déségrégation. Avec le Civil Rights Act de 1964 et la fin de la ségrégation, la population noire est autorisée à vivre avec les Blancs en centre-ville. Il y a une volonté de créer des administrations avec des financements en faveur des enfants pauvres, handicapés… Les parents sont libres d’inscrire leurs enfants dans l’école de leur choix, sans tenir compte de leur appartenance ethnique. Les problèmes cependant persistent malgré la discrimination positive. Le but est d’arriver à une certaine égalité de répartition ethnique dans les écoles, en intégrant des élèves blancs dans les écoles noires ou des enfants noirs dans les écoles réservées auparavant aux Blancs, etc… Le racisme persiste pourtant et les populations blanches partent vivre en périphérie des villes pour ne pas « mélanger leurs enfants ».

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Géographies de la nuit urbaine

Emanuele Giordano – Géographies de la nuit urbaine – 9 mai 2017
Compte rendu pour les Cafés Géo de Montpellier

La nocturnalisation de la société représente des enjeux politiques, économiques, sociaux et géographiques car elle transforme certains espaces, nécessitent des aménagements particulièrement dans les villes. Le phénomène est ancien. Il a entrainé notamment le développement de formes d’éclairages publics organisés. Aujourd’hui, la nocturnalisation de la société se traduit par des sorties nocturnes plus fréquentes qu’auparavant. En France, 4 personnes sur 10 sortent au moins un soir par semaine. 20% ne le font jamais contre 67% en 1973. Les italiens en 2008 dorment 30 minutes plus tard qu’en 1988. Parallèlement de nombreuses personnes travaillent la nuit. La proportion de travailleurs de nuit diffère selon les Etats de l’Union européenne en fonction de législations différentes (6,1 % en moyenne en 2015). En France, cette population atteint 3,6 % en 2015.

La nuit est un objet/sujet émergent en géographie. Les historiens s’en sont emparés en premier (Jean Verdon, Alain Cabantous, …). Puis les géographes ont étudié la nuit comme « frontière de la ville » (Murray Melbin, 1978 ; Luc Gwiazdzinski, 2011). Jusque dans les années 1980, la nuit est encore caractérisée essentiellement par sa dangerosité. A partir des années 1990, l’essor des activités culturelles et de loisirs nocturnes, en relation souvent avec la consommation d’alcool, entraine le développement d’une réflexion sur l’économie de la nuit (« night time-economy »).

L’essor de la « night time-economy »…

Ce concept naît dans les villes anglaises des années 1990 qui cherchaient à se développer économiquement et à transformer leur image, souvent négative, de villes industrielles. C’est le centre des villes, désert la nuit, qui a été en premier investi par les activités économiques et culturelles nocturnes. L’objectif était de rendre attractif cet espace après 17h, afin de doubler l’économie de la ville. D’après O’Connor (1997, p. 40), « la ville des ‘vingt-quatre heures’ est alors devenue un instrument de marketing séduisant pour des villes désireuses de se réinventer elles-mêmes, de demeurer ou de devenir compétitives au niveau national, européen ou global ».

La nuit est ainsi devenue un outil de compétition urbaine dont s’emparent de nombreuses villes qui cherchent à vendre l’image nocture de leur ville. Un des slogans de Montpellier est bien « la ville où le soleil ne se couche jamais » !

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New York City : ville globale, ville duale

Compte rendu, Café Géo de Montpellier – 17 janvier 2017
Aurélie Delage -Maître de conférences en aménagement et urbanisme – Université de Perpignan.

Une personne sans domicile fixe en train de fouiller des poubelles, une jeune femme à l’allure chic : c’est la première image que l’on peut présenter de l’extrême polarisation sociale de New York et des inégalités que l’on perçoit dans  LA ville globale.

On y retrouve les disparités spatiales et ethniques classiques aux E.U: la périphérie (suburbs) de NYC est occupée par une population blanche et aisée qui s’installe dans les nouvelles banlieues modernes laissant une population plutôt noire dans le centre-ville où le bâti se dégrade (Skid Row).

Pourtant, ces dernières années, les nouvelles  générations manifestent un intérêt plus  marqué pour les quartiers centraux, leurs équipements et les ressources urbaines qu’ils offrent.  La mobilité intra-urbaine est, depuis peu valorisée, les  plus jeunes préférant  désormais la marche à pied à la voiture. Les classes les plus aisées quant à elles, regagnent les centres villes et alimentent un processus de  gentrification qui repousse parfois les plus pauvres vers les périphéries.

La ville globale : fondements de la puissance de New York City

Son ouverture sur la façade Atlantique et la navigabilité de la rivière Hudson sur de longues distances vers l’intérieur ont donné à NYC le rôle de porte d’entrée historique. Elle est au XIXème un véritable point de passage pour les migrants accueillis au sud de Manhattan. Au XXème siècle, ce site favorable permet au port commercial de NYC d’être une place financière forte.

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Les enjeux de l’eau dans et autour de la métropole de Montpellier

Le Mardi 13 Décembre 2016 s’est tenu un café géo au Gazette Café présenté par Thierry Ruf sur «  Les enjeux de l’eau dans et autour de la métropole de Montpellier »

Thierry Ruf est Géographe, Directeur de Recherche à l’IRD, spécialiste de gestion sociale de l’eau. Il est Vice-président du Conseil d’Administration de la Régie Publique de l’Eau de la Métropole de Montpellier Méditerranée.

Dans une approche géopolitique de la question de la gouvernance de l’eau, Thierry Ruf aborde son analyse en commençant par un cadrage historique de la place de l’eau, puis il poursuit l’expansion urbaine de Montpellier et de ses périphéries au XXIème siècle, avant de mettre au grand jour les enjeux actuels anciens et actuels.

Premièrement, aborder la question de l’eau, c’est aborder la question des territoires. Dans notre région l’eau a une dimension culturelle et patrimoniale importante. Montpellier a souvent été présentée comme une ville à problème d’eau. Elle a construit son histoire sur la captation des eaux souterraines par des puits, ce qui a eu pour effet en retour, de polluer la nappe phréatique.  Même si l’idée remonte au XIIème siècle, il faut attendre le XVIIIème siècle pour voir apparaitre les premières arrivées d’eau de surface captée à la source de Saint Clément et conduite jusqu’au Peyrou avec l’aqueduc construit par Pitot. La ville dispose de fontaines publiques en plus des puits toujours en service. Dans la deuxième partie du XIXème siècle, après de nombreux conflits et procès, la conduite de Pitot reçoit enfin de l’eau de la source du Lez (c’était le projet initial). Dès lors, l’accès à l’eau potable peut se faire par immeuble. C’est donc à la fin du XIXème siècle qu’une première régie municipale de l’eau est instaurée avec un règlement de l’eau. La mise en place de cette régie va avoir un impact sur le développement de la ville tandis que les périphéries restent encore tributaires d’alimentation en eau par de nombreux puits publics ou privés. Dans le département de l’Hérault, la crise de l’eau va justifier l’organisation d’un Congrès de l’eau en 1923 qui appelle à une nouvelle gouvernance entre les différents territoires ruraux sous-équipés et les villes.

Cependant, au cours du XXème siècle, Montpellier continue à s’étendre sans se préoccuper des villages qui l’entourent. Il faudra attendre les années 1950 pour voir les communes se fédérer en trois grandes entités territoriales (les communes de la vallée du Lez, celles du sud-ouest qui forment le « syndicat du Bas Languedoc » et celles du nord-est qui forment le « syndicat Garrigues-Campagne ». Un quatrième ensemble plus limité réunit quelques communes proches du Salaison dans le « syndicat du Salaison ».

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