Viollet-le-Duc géographe des montagnes

Dessin du géographe n°55

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Fig. 1 : Le glacier des bois et la vallée de Chamonix, Aiguille Verte et Aiguille du Dru, pendant la période glaciaire et actuellement,  Viollet-le-Duc, aquarelle et gouache, 1874 (Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont)

Fig. 1 : Le glacier des bois et la vallée de Chamonix, Aiguille Verte et Aiguille du Dru, pendant la période glaciaire et actuellement,  Viollet-le-Duc, aquarelle et gouache, 1874
(Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont)

L’exposition qui a eut lieu de novembre 2014 à mars 2015 à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine été l’occasion de découvrir ou de redécouvrir les multiples facettes de l’œuvre de Viollet-le-Duc et parmi celles-ci un grand nombre d’œuvres graphique qui permettent de l’accueillir, sans forcer les mots, dans la page web des « dessins du géographe ».  Très connu du grand public pour ses idées et ses travaux de restauration des monuments historiques au 19e siècle, il l’est certainement beaucoup moins pour ses explorations de la figuration géographique passée et présente. Or une partie de ses voyages, et de ses travaux a eu pour but d’étudier les formes du relief et leur évolution dans le temps géologique. (suite…)

La carte et le dessin : exemple de la mission saharienne Foureau-Lamy 1898-1900

Dessin du géographe n°54

Entre 1898 et 1900, la mission Foureau –Lamy  a traversé le Sahara de Alger à Fort Lamy à travers le Hoggar, le Ténéré, l’Aïr, le Sahel du Kanem  jusqu’au lac Tchad. Son rapport, publié en 1903, est riche d’observations sur le parcours, l’orographie, le climat, la géologie, l’ethnographie des régions traversées. Les documents sont illustrés de cartes précises réalisées par Foureau et les officiers géographes de l’expédition à travers le désert et le long du fleuve Chari.

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Fig. 1 : Carte de la mission, planche 1 de l’atlas
Source: Jubilothèque

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Une vallée balkanique d’après Jovan Cvijic

Dessin du géographe n°53jovan-cvijic

Jovan Cvijic (1865-1925) a joué un rôle central dans la géographie serbe puis yougoslave, au début du XX° siècle.

Il avait reçu sa formation géographique à Vienne. Il fut d’abord un spécialiste du karst et en fixa la terminologie : c’est à lui qu’on doit les termes de polje, doline, ouvala. Avant 1912 il parcourut en tous sens les pays serbes et bulgares de la Péninsule des Balkans. En témoigne ici un bas-relief en bronze de sa maison-musée de Belgrade, où il chevauche les montagnes de son pays équipé de rouleaux de cartes. Figure typique du géographe-voyageur du XIX° siècle.

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Les blocs-diagrammes dans l’interprétation géomorphologique des paysages: l’exemple du Grand Canyon du Verdon

Dessin du géographe n°52

Pour la publication  d’un texte de synthèse sur  la géomorphologie du Grand Canyon du Verdon (Nicod, 2004), je me suis proposé de visualiser l’ensemble par la réalisation d’un bloc-diagramme. Il m’a fallu me rappeler le souvenir de l’enseignement des maîtres, de mes travaux anciens de doctorant et d’une séance de TP lors de mes débuts d’assistanat à la Faculté des Lettres d’Aix-en-Provence

« Le bloc-diagramme est un modèle de représentation synthétique très intéressant. Non seulement il permet de matérialiser d’une façon  particulièrement expressive les traits du relief que la carte représente par des signes conventionnels, mais il peut servir à donner des schémas idéaux, où les relations des formes du relief avec la structure sont clairement mises en évidence » (Martonne, E. de, 1947, p. 514) : exemple classique de celui de la vallée de Chevreuse (fig. 1). Ajoutons que les formes du relief peuvent être habillées, surtout si l’on dispose d’un figuré en couleurs, de nombreuses indications : formations de pentes, sources et rivières, couvert végétal, cultures, voies de communication et implantations humaines … Bref on dispose alors d’une vue perspective du paysage. Ce type de représentation du relief a été très largement utilisé par Emm. de Martonne dans son Traité de Géographie physique (R  Courtot, 2010) et dans tous ses ouvrages, et continue d’être utilisé par des enseignants universitaires dans l’initiation à la recherche en géographie physique (par exemple à l’Université de Rennes 2 ( Gayraud, 2014).

FIg. 1 -Un bloc-diagramme élémentaire : la vallée de Chevreuse. 

FIg. 1 -Un bloc-diagramme élémentaire : la vallée de Chevreuse.

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Esquisse de paysage par Albrecht Dürer

Dessin du géographe n°51

Durër (1520) :Jardins royaux de Bruxelles, crayon (pointe d’argent) et encre (Akademie der Künste, Vienne)

Durër (1520) :Jardins royaux de Bruxelles, crayon (pointe d’argent) et encre (Akademie der Künste, Vienne)

Albrecht Dürer, à la fin du 15ème siècle est l’un des premiers peintres qui a peint des paysages pour eux-mêmes. Il ne s’agit plus d’un décor reconstruit destiné à mettre en valeur une scène ou des personnages, mais de proposer une vision peinte sur le sujet. Le peintre ne cherche pas à recréer un monde mais simplement à montrer des éléments visuels à leur place dans un paysage peint afin de leur donner une valeur esthétique.

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Un schéma géomorphologique express …dans les montagnes du Daghestan

Dessin du géographe n°50

Ce schéma a été réalisé très rapidement au cours du Colloque franco-soviétique Alpes-Caucase de 1982*, qui nous avait permis de découvrir les aspects des montagnes du Daghestan et des régions adjacentes, dans le cadre d’ études comparatives sur les montagnes sèches semi-méditerranéennes. Ce colloque avait été organisé dans le cadre des relations bilatérales franco-soviétiques, initiées depuis 1974 par J. Dresch et l’Académicien I. P. Gerasimov (Guérassimov en transcription française) sur le thème général Alpes-Caucase, avec une succession de réunions sur le terrain, alternativement dans le Caucase (puis en Crimée) et en France. Avec quelques collègues aixois et autres**, dont les  regrettés Y. Bravard et M. Julian, nous étions les premiers géographes français à parcourir ces montagnes sauvages. Dans le cadre de cette mission scientifique nous sommes restés plusieurs jours à Gounib, bourgade haut-perchée, au cœur du pays des Avars dans les montagnes du Daghestan.

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Des dessins pour interpréter les perceptions du rural par les citadins chinois aujourd’hui

Dessin du géographe n°49 par Emmanuel Véron

Nous proposons dans le cadre de la rubrique « Dessins du géographe » d’exposer un échantillon de dessins issus de travaux de recherches sur l’analyse de nouvelles ruralités en Chine, en prenant l’exemple du delta du Yangzi. Ces dessins sont l’œuvre de citadins chinois de différentes classes d’âges. Ces individus ont fait partie d’une enquête sur le tourisme rural et les pratiques des citadins sur des lieux touristiques aménagés pour ces derniers. Ces lieux sont comme un sas entre le quotidien urbain et les espaces ruraux fantasmés. De plus, cette enquête s’inscrit dans un travail de recherche plus large concernant une analyse des lieux touristiques, le rôle des communautés et les gouvernements locaux dans le tourisme dans les espaces ruraux.

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Un bloc diagramme des falaises d’Ouessant

Dessin du géographe n°48

Par Julien Gayraud (Etudiant en Géographie, option Gestion de l’Environnement – Parcours « Environnement, Territoires et Acteurs » – Université Rennes 2)

bloc Gayraud contrasté

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La falaise : un objet d’imaginaire

Dessin du géographe n°47

La falaise : un objet d’imaginaire (à propos d’une promenade géographique sur le littoral du Pays de Caux) par Michèle Vignaux.

Pour le géographe ou le géomorphologue, la définition d’une falaise est précise : escarpement rocheux en pente forte, le long d’une côte, créé par l’érosion….     Pour le promeneur  et pour l’artiste, la falaise nourrit l’imagination et inspire des émotions et des sensations diverses. Elle peut apparaitre fragile ou hostile. Fragile au randonneur qui observe les éboulis qui s’accumulent sur la grève et l’encoche que la mer creuse à sa base. Hostile au marin lorsqu’elle se dresse pour barrer l’accès au rivage. Perché sur ses hauteurs, l’observateur a aussi un sentiment de puissance à observer sur une large étendue « la mer aux spasmes de méduse » (Saint-John Perse).

Lors des récentes tempêtes hivernales, la presse a ravivé les craintes de ses lecteurs sur le recul du trait de côte, particulièrement sur les littoraux à falaises (voir le rapport du GIP littoral aquitain sur les falaises du Pays basque), l’effondrement de pans entiers de roche symbolisant alors la menace que fait peser le changement climatique sur la planète.

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Quelques esquisses d’une ville : Valparaiso ( Chili)

Dessin du géographe n°46

De retour d’un voyage en Patagonie en novembre 2013, une escale à Valparaiso pour parcourir cette ville étonnante et contrastée, une ville un peu folle. C’est une ville de bord de mer, une ville escarpée qui grimpe sur les collines dans un entremêlement de constructions de tous styles et de tout âge.

Le port, qui a fait sa richesse au 19ème siècle, avant l’ouverture du canal de Panama, reste actif : la base navale côtoie la zone de stockage des conteneurs ; nombre de navire restent en mouillage d’attente dans la baie La ville même est séparée de l’océan par un espace d’entrepôts et de voies ferrées désaffectées.

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