L’Afrique des routes, Maryse Verfaillie.

 

 

L’Afrique des routes, 31 janvier – 12 novembre 2017, Musée du Quai Branly -Jacques Chirac.

Si vous croyez que l’Afrique est un continent sans histoire, vous avez tout faux ! L’Afrique n’est pas entrée dans l’histoire avec l’arrivée des Européens et elle n’est pas seulement le berceau de l’humanité.

Le musée du Quai Branly – Jacques Chirac expose 300 objets qui témoignent de l’ancienneté des contacts et des échanges entre l’Afrique (surtout subsaharienne), l’Asie et l’Europe.

 

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De l’utilité de la géographie pour comprendre le nouveau monde, Daniel Oster.

Les victoires électorales de Donald Trump et du Brexit en 2016 annoncent-elles la fin de la mondialisation ? (Source : lesechos.fr)

L’année 2016 a enregistré des résultats électoraux inattendus dans plusieurs grands pays développés dont les plus retentissants sont l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis et la victoire du Brexit au Royaume-Uni. Parallèlement, plusieurs ouvrages récents annoncent ou espèrent la fin de la mondialisation comme ceux de François Lenglet, Jacques Sapir et Arnaud Montebourg[1]. De son côté le journal Le Monde a cherché à y voir clair en publiant une riche enquête sur la mondialisation (6 articles) en juillet 2016. L’éditorial du même journal publié le 14 novembre 2016 préfère dénoncer le fantasme de la « démondialisation ». Toujours est-il que les réalités du monde contemporain changent vite, surtout depuis la crise financière de 2008-2009. Un « nouveau monde »[2] se met-il en place ? D’une manière plus précise, l’hebdomadaire Le un titre son numéro 136 du 4 janvier 2017 Vers la fin du monde démondialisé ? Dans ce numéro passionnant un géographe, Michel Foucher, pense que « la démondialisation qui s’amorce est en réalité une désoccidentalisation de la mondialisation » tandis que l’écrivain Erik Orsenna prescrit « la géographie comme remède au simplisme politique et aux folies mercantiles ».

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Lyon, porte des Alpes, Pierre-Louis Ballot.
Vue de Lyon depuis les hauteurs de Fourvière (Cliché Pierre-Louis Ballot, 24 juillet 2016)

Vue de Lyon depuis les hauteurs de Fourvière (Cliché Pierre-Louis Ballot, 24 juillet 2016)

Des Cartes postales, 2016

En ce dimanche 24 juillet 2016, la vue depuis les hauteurs de Fourvière nous offre un superbe panorama de la cité lyonnaise : la Saône, le 2ème arrondissement (où l’on distingue nettement sur la droite la couleur ocre de la place Bellecour), les bords de Rhône (dont on devine la présence grâce aux nombreux arbres qui les jalonnent) et le quartier de la Part-Dieu (symbolisé par la tour de la Part-Dieu, surnommée le « crayon » ou encore, tout à gauche, la plus haute tour de la ville, la tour Incity, récemment achevée) apparaissent ainsi successivement sur les différents plans de la photographie. Puis, la ville semble ensuite s’étendre à perte de vue jusqu’aux collines, dont on peut tout au loin distinguer les premières formes.

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L’œil et la main, dessins de Lesueur et Petit, dessinateurs de l’expédition Baudin, Michel Sivignon.

expedition-baudinL’œil et la main, dessins de Lesueur et Petit dessinateurs de l’expédition Baudin (1800-1804) sur les côtes méridionales de l’Australie. Ambassade d’Australie en France, 2016.

L’exposition des dessins de Lesueur et Petit à l’ambassade d’Australie est d’un grand intérêt.

Elle témoigne d’une étape importante du progrès des connaissances géographiques et elle est révélatrice de l’élargissement des curiosités depuis les sciences naturelles jusqu’à l’anthropologie. Comme c’était la règle, l’expédition de Nicolas Baudin, préparée sous le Consulat embarqua des dessinateurs. Après la défection des dessinateurs officiels qui s’échappèrent à l’escale de l’île de France (aujourd’hui Maurice), Petit et Lesueur furent promus dessinateurs officiels de l’expédition. Si Lesueur a une formation de dessinateur, elle est plus sommaire chez Petit, au départ aide-canonnier. Leur travail doit beaucoup aux directives de François Péron, à la fois zoologue et ce que nous appellerions aujourd’hui anthropologue.

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Géographie et littérature (2/2), Bénédicte Tratnjek.

Une première version de ce dossier a été mise en ligne le 9 février 2013. Nous remettons en ligne ce dossier suite à la mise à jour de notre site, les articles cités en références étant à nouveau disponibles. Cette seconde version du second dossier sur « Géographie et littérature » (après un premier dossier consacré à l’œuvre de Julien Gracq), a été actualisée consciencieusement avec les liens vers les articles tels que republiés sur le nouveau site des Cafés géographiques. Le complément bibliographique n’a pas été retouché et est republié tel que lors de sa première parution.

Après le dossier sur « Julien Gracq et la géographie » et comme « lancement » de la nouvelle rubrique « Littérature » des Cafés géographiques, voici le deuxième volet consacré aux liens entre « Géographie et littérature ». La rencontre de la géographie et de la littérature par les écrivains-géographes (Julien Gracq, Lucien Gachon, Michel Bussi, etc.), mais aussi par l’ensemble des écrivains, se poursuit dans ce dossier par d’autres récits, de Jules Verne à Simenon, des spatialités du vin dans la littérature au paysage-outil des écrivains et/ou géographes, de la géopoétique à la bande dessinée et au manga. De la géographie de la « consommation » des livres comme produits culturels à l’analyse de la géographie imaginaire dans les récits (en mots ou en dessins), les liens entre géographie et littérature sont décryptés par les géographes comme révélateurs des liens entre géographie et imaginaire, entre espaces de vie et espaces représentés et/ou fantasmés. Les métaphores de l’amour ou de la haine de tel ou tel espace (urbaphobie pour les uns, urbaphilie pour les autres ; attirance pour la forêt-écran pour les uns, peur de la forêt-danger pour les autres ; le désert entre espace de brutalité, espace-refuge et espace de l’espoir ; etc.), les espaces du récit traduisent, par leurs descriptions poétiques, des pratiques, des représentations et des imaginaires spatiaux. « Parce que le moindre lieu, manie de géographe, est porteur de sens »1.

L’imaginaire de l’île au trésor Source : Frédéric Durand et Marie Redon, « Qu’est-ce qu’une île aujourd’hui ? », Cafés géographiques, rubrique Des Cafés, compte rendu du café géographique du 25 avril 2007, 25 avril 2007.

L’imaginaire de l’île au trésor
Source : Frédéric Durand et Marie Redon, « Qu’est-ce qu’une île aujourd’hui ? », Cafés géographiques, rubrique Des Cafés, compte rendu du café géographique du 25 avril 2007, 25 avril 2007.

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Jean-Pierre Raison (1937-2016), Michel Sivignon, Alain Dubresson.

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Jean-Pierre RAISON nous a quittés. Il nous avait rejoints une dernière fois aux Cafés-géo, lors d’un repas en décembre 2014, dans un de nos « restau-géo », malgache en l’occurrence, qu’avait animé Françoise, son épouse, spécialiste de l’histoire contemporaine de Madagascar. Tous deux avaient vécu plus de huit ans à Madagascar et sa thèse « Les hautes terres de Madagascar et leurs confins occidentaux. Enracinement et mobilité des sociétés rurales », publiée en 1984 a constitué un des travaux majeurs de la géographie tropicale de langue française, dans la lignée de Paul Pélissier qui fut son maître et inspirateur, et de Gilles Sautter. Depuis 1989 il avait été mon collègue au Département de Géographie de Nanterre, dont aux Cafés-géo nous avons accueilli bien des géographes qui étaient tous ses élèves : Alain Dubresson, Philippe Gervais-Lambony, Frédéric Landy, Emmanuel Lézy, Sophie Moreau.

Jean-Pierre RAISON avait acquis  de la société malgache une connaissance intime dont je peux témoigner moi qui ai eu la chance de le suivre dans le dédale des sentiers qui relient les villages de Hautes Terres. « Le géographe est forcément un sensuel » disait Jean-Pierre dont la curiosité était sans limites.

Au-delà de ce terrain, Jean-Pierre Raison avait été un acteur très important des débats et remises en cause qui ont animé la géographie tropicale de langue française à partir de 1960.

Un livre d’évocations, d’hommages, de souvenirs, dont le ton inattendu, est celui d’une « autre géographie » est fortement recommandé à tous : « Les raisons de la géographie, itinéraires au Sud avec Jean-Pierre Raison » Karthal, 2007                                                                                      

Michel Sivignon  Le 21/07/2016

Alain Dubresson, son continuateur à Nanterre,  nous a autorisés à reproduire le texte qui suit.

Jean-Pierre Raison, professeur émérite de Géographie, nous a quittés dans la nuit du 16 au 17 juillet 2016. Il s’est éteint sur le sol du Livradois auquel le liait une profonde passion, partagée avec les hautes terres malgaches et les campagnes africaines. Né le 8 août 1937, ce « sédentaire contrarié », comme il s’est défini lui-même, n’a cessé de pratiquer d’incessants va-et-vient entre les institutions d’une part et ses terrains de prédilection d’autre part.

Ancien élève de l’École Normale Supérieure (Ulm) de 1957 à 1962, reçu premier à l’agrégation de Géographie en 1961, il débute sa carrière d’enseignant au Lycée Eugène Fromentin à La Rochelle. En 1964, détaché à l’Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-mer (ORSTOM, aujourd’hui Institut de Recherche pour le Développement, IRD), il est affecté à Tananarive et y devient chef de la Section de Géographie. Nommé en 1977 Directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), il prend en charge la chaire de géographie des petits espaces ruraux. Mis à la disposition du ministère des Relations extérieures après 1981, Jean-Pierre Raison devient sous-directeur de la Recherche et de l’Information scientifique, puis il est élu professeur à l’université de Paris X-Nanterre (chaire de géographie tropicale) en 1989. Il y exerce les fonctions de Directeur adjoint de l’UFR SSA et de responsable pédagogique du premier cycle et dirige le laboratoire Géotropiques (EA 375) de 1997 à 2001.

Jean-Pierre Raison était un inlassable travailleur, soucieux d’agir sur tous les fronts et ne séparant jamais recherche, action et engagement personnel. Il a été membre de nombreux conseils scientifiques, dont ceux du Centre International de Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) qu’il a contribué à créer, du Département Systèmes Agraires et Développement de l’Institut National de Recherche Agronomique, (INRA), de l’ORSTOM, d’instituts français de recherche en Afrique (IFRA-Ibadan, IFAS-Johannesburg). C’est surtout au chercheur, au créateur et à l’homme qu’il faut rendre ici hommage. Plus de 200 publications lui ont valu, entre autres distinctions, la médaille de bronze du CNRS en 1985. Au sein d’un ensemble exceptionnel, on est bien en peine d’opérer une sélection ; c’est dans son chef-d’œuvre, Les Hautes Terres de Madagascar et leurs confins occidentaux. Enracinement et mobilité des sociétés rurales (Paris, Karthala-ORSTOM, 1984, 2 tomes, 662 et 614 p.) qu’on retrouvera les tréfonds de sa pensée et d’une capacité d’innovation dont est issu le concept de « sociétés géographiques ». En fondant, en 1985, la formation doctorale « Géographie et pratique du développement » associant alors l’EHESS, Paris X-Nanterre et Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Jean-Pierre Raison a placé notre université au cœur d’un dispositif ayant rayonné durant près de quinze ans bien au-delà du territoire national, attirant des doctorants venus d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Ses anciens élèves ne s’y sont pas trompés, qui lui ont consacré un ouvrage collectif au titre évocateur (Landy F., Lézy E., Moreau S., (éds), Les raisons de la géographie, Paris, Karthala, 2007, 328 p.), beaucoup d’entre eux évoquant « une génération Raison » en portant un regard affectueux sur un maître qui leur a appris à regarder les sociétés « autres » avec patience et humilité. Jean-Pierre Raison pratiquait en effet une géographie humaniste du regard et du partage, et le signataire de ces lignes ne saurait mieux dire que le jardinier de Combris, lequel écrivait en 1991 : « Etre géographe, pour paraphraser Marc Bloch, ce devrait être se sentir solidaire de tout, de l’histoire dans sa profondeur, de l’univers dans sa totalité, solidaire de l’espace, du temps, ou plutôt des hommes dans l’espace et dans le temps, avec pour seul orgueil la conscience éclairée de son ignorance. »
Livradoise, malgache et africaine, que la terre lui soit légère !

Alain Dubresson, Professeur émérite
Département de Géographie et Aménagement Mosaïques/LAVUE, UMR 7218
Université Paris Ouest Nanterre La Défense
200 avenue de la République 92001 Nanterre Cedex

Prendre la clé des Champs (Elysées) avec Jean-Louis Tissier, Denis Wolff.

Prendre la clé des Champs (Elysées) avec Jean-Louis Tissier à qui nous empruntons le titre et quelques idées. Bien connu aux Cafés géo, il étrenne une nouvelle collection des Publications de la Sorbonne en préfaçant la réédition d’un article de Léon Aufrère rédigé en 1942.

Le 6 juin 1942, celui-ci fait une communication à une séance de l’Association de géographes français, à l’Institut de géographie de Paris, rue Saint-Jacques. Cette association, fondée par Emmanuel de Martonne en 1920 afin d’entretenir des relations scientifiques entre les géographes, organise, outre des excursions, quatre à huit réunions par an. En effet, malgré la guerre, malgré l’Occupation et malgré un décret vichyste interdisant certaines professions aux Juifs promulgué le même jour, la vie scientifique se poursuit.

Cette communication, publiée ensuite dans le Bulletin de l’Association de géographes français, s’intitule La dyssymétrie de l’Avenue des Champs-Elysées (aujourd’hui on écrirait plutôt dissymétrie). Pour cette réédition, le choix de Jean-Louis Tissier s’avère judicieux, ne serait-ce qu’en raison de l’indisponibilité de ce numéro du Bulletin sur le portail Persée. Mais surtout, cela permet de mettre en lumière le travail d’un géographe atypique, proche du chef de file de la géographie française, Emmanuel de Martonne, et en même temps hors-les-murs, pour reprendre le titre d’un livre paru récemment.

Né en 1889, ni normalien, ni agrégé, Léon Aufrère rédige un mémoire de DES (on dirait aujourd’hui de maîtrise ou de M1) sur la Beauce en 1922. Il manifeste ensuite des intérêts variés, des rideaux de Picardie aux dunes du Sahara, et des approches originales, telle la dissymétrie du Bassin parisien en 1934.

Il en est de même dans cet article sur l’Avenue des Champs-Elysées : un objet nouveau et une méthode de terrain bien particulière, ainsi qu’il l’écrit (p. 46-47) : « Nous nous sommes astreints à rédiger cet exposé sans ouvrir un livre. Nous l’avons composé avec nos sentiments et nos souvenirs. Nous avons fait de nombreuses excursions sur le terrain, des stations aux terrasses des cafés et ailleurs. »

Mais sa description reflète surtout les Champs-Elysées d’avant guerre. Or depuis deux ans, Paris est sous occupation allemande. Tandis que le drapeau nazi flotte sur l’arc de triomphe, les troupes de la Wehrmacht paradent sur la célébrissime avenue, « centre d’un centre qui rayonne sur toute la terre » (p. 42) devenu alors lieu de détente pour les soldats allemands. Ses allusions sont discrètes lorsqu’il écrit qu' »elle est mêlée plus intimement que jamais à notre vie nationale » (p. 42), ajoutant un peu plus loin (p. 47) : « Nous l’avons vue dans ses jours de gaieté et dans ses jours de colère. » Après la guerre, sous des cieux plus cléments, il publie un nouvel article sur cette avenue.

Quant à la dissymétrie dont il n’est question que dans une partie du texte, il s’agit d’une fine analyse différentielle des activités entre le flanc Nord de l’avenue et le Sud ; on la retrouve sur les Grands Boulevards et le boulevard Saint-Michel (cf. p. 33). Pour ce dernier, jusqu’il y a peu, on (sur)nommait le côté Ouest le trottoir des cocus…

Chers amis des Cafés géo, n’hésitez donc pas à vous procurer cet opuscule, tant pour lire la prose de Léon Aufrère que celle de Jean-Louis Tissier, d’autant plus que son prix est dérisoire.

Denis Wolff.

Léon AUFRERE, La dyssymétrie de l’Avenue des Champs-Elysées, Avant-propos de Jean-Louis TISSIER, Publications de la Sorbonne, 2016, 48 p., 3 €.

 

Le terrorisme frappe les hétérotopies, Emilie Viney.

Quoi de commun entre la plage de l’hôtel de Sousse en Tunisie, la salle de concert du Bataclan à Paris, l’aéroport de Bruxelles en Belgique, le site de Palmyre en Syrie ou encore la discothèque gay d’Orlando en Floride ? Le terrorisme frappe-t-il au hasard ou n’y a-t-il pas dans ces lieux quelque chose de commun ?

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Une géographie de Marseille par Massilia Sound System, Yohan Lafragette.

Souvent raillée, la géographie des œuvres culturelles a de nombreux détracteurs, qu’ils considèrent au mieux comme sympathique mais inutile. Il me semble au contraire que géographie et musique font bon ménage. Olivier Milhaud, au FIG de 2015, a analysé 3 chansons pour introduire à un large public la démarche géographique de manière très pédagogique. Le zoo de Vincennes (Bénébar), Telegraph road (Dire Straits) et Supplique pour être enterré à la plage de Sète (Brassens) deviennent sous l’œil du géographe : milieu, espace, territoire, les 3 « paradigmes » de la discipline. Cela m’a fait penser à une chanson, travaillée dans le cadre du sujet « Mers et Océans » pour la préparation aux concours de l’enseignement en 2014-2015.

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Pour une nouvelle géographie du vin : le « vin nature », Yohan Lafragette.

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Ces photographies ont été prises dans le cadre d’un repas géographique, organisé par les Cafés géo. Les vins de la soirée peuvent tous être considérés comme « nature ». L’expression « vin nature » ou « vin naturel » interpelle le géographe. La géographie pouvant se définir comme l’étude des relations entre nature et sociétés, elle s’est depuis longtemps emparée du vin pour l’étudier. C’est en effet un produit des sociétés dont l’élément de base, le raisin, est « naturel » (biotique). Les guillemets autour de « nature » et « naturel » sont là pour rappeler que la nature est une construction sociale, qui n’existe que par l’idée que les sociétés s’en font. Le terme « vin nature » est donc intéressant ainsi que l’émergence de son marché. La visibilité du « vin nature » sur le marché est relativement nouvelle et redessine la France du vin, du producteur au consommateur. Pour s’en rendre compte, il faut d’abord définir ce qu’est le ou les « vins nature » et expliquer l’émergence de son marché actuellement.

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