Les vins allemands et du nord de l’Europe ne sont pas très connus. Ce sont les vins les plus septentrionaux qui soient et ils se développent encore vers le Nord : des vignes sont plantées aujourd’hui à Maastricht (Pays-Bas) et les Danois commencent à s’y mettre, mais en petite quantité, donc nous n’en parlerons pas encore. Avec le réchauffement climatique, les vignes vont se développer en Allemagne, une des régions les plus peuplées du monde. Et les vins voir leur qualité s’accroître. C’est pourquoi nous conseillons de boire ce que personne ne boit encore aujourd’hui. Les gens du Nord ne vont pas se contenter d’acheter des vins à l’extérieur, ils vont en faire, de plus en plus, et à leur goût. Soyons attentifs à ce qui se passe sur les bords du Rhin et au-delà. C’est le sens de notre dégustation de ce soir.
Le matin du monde
Un paysage rudéral se répète d’instant en instant et de pas en pas jusqu’à l’obsession. Cailloux, blocs, rochers, graviers, sables et rocailles à perte de vue : rien qui fixe l’attention dans ce vide primordial, mais le regard est prisonnier d’un chaos minéral et monochrome de laves sombres et d’arène bistre, ponctué d’ombres noires. Du col de Téhen Tarit, il plonge vers le fond d’un chaudron calciné par un feu disparu et un soleil tout-puissant. Cette vision d’outre monde est une expérience du sublime : je marche sur la croûte terrestre.
Selon Hésiode, le Chaos de la cosmogonie grecque fut le premier être, qui enfanta d’abord Erèbe et Nyx, l’Obscurité et la Nuit, avant Gaïa, la Terre. « Au commencement, dit la Genèse, Dieu créa le ciel et la terre : or la terre était informe et vide et les ténèbres couvraient l’abîme ». Une même formulation des origines inaugure les deux mythes : la béance du gouffre, le défaut de lumière, l’absence de formes, le noir sans couleur. L’enfer ? « Non, me dit Maryvonne émerveillée, c’est le matin du monde ».
Jean-Marc PINET.
Café géographique de Strasbourg, 15 novembre 2006, animé par Christophe Sohn, chercheur au Centre d’Etudes de Populations, de Pauvreté et de Politiques Socio-Economiques (CEPS Luxembourg). Compte rendu de Colette Schauber
La question est vaste, et pour l’appréhender, j’ai choisi de présenter les logiques et les processus à l’oeuvre, plutôt que de dresser un inventaire de l’état actuel de la société post-apartheid et de ses espaces.
En fait, la question qui sous-tend ce sujet a trait au rapport entre permanence et changement. En apparence, c’est une question assez simple puisque les termes du couple semblent bien définis. En réalité, l’affaire est plus complexe, notamment parce qu’il s’agit de la mutation d’un système social. On sait pertinemment que les structures du réel, les règles et les normes qui gouvernent l’action des acteurs sociaux et les représentations collectives évoluent selon des temporalités différentes.
Pourquoi se focaliser sur les villes ? Tout d’abord parce que les villes sont le lieu où la politique d’apartheid s’est traduit de la manière la plus forte, mais aussi parce que c’est en ville que les mutations contemporaines sont les plus significatives.
Avant de passer dans le vif du sujet, quelques remarques liminaires apparaissent nécessaires.
- Il faut d’abord revenir rapidement sur la notion d’apartheid et définir ses principes, la manière dont cela a été appliqué en Afrique du Sud et en Namibie.
- Il faut également rappeler quelques grandes dates, situer l’apartheid dans son contexte historique.
Maison du XXIe siècle (St-Dié), 30 septembre 2006, compte rendu : Françoise Dieterich
La géographie est omniprésente dans l’œuvre de Jules Verne. Membre de la Société de Géographie de Paris fondée en 182, il s’était abonné au Bulletin et s’est inspiré dans ses romans des informations contenues dans cette publication. Il est considéré comme un géographe à part entière dont les connaissances et le talent ont été révélés par exemple dans le célébrissime 5 semaines en ballon et est depuis longtemps rentré dans la légende comme créateur d’un genre romanesque » le roman géographique » Son intérêt pour la géographie s’est porté fréquemment sur le Nouveau monde qui l’a fasciné. En effet, la grande République américaine : les Etats-Unis, le Canada, les mondes polaires ont été le cadre de nombre de ses publications.
Les régions polaires sont plusieurs fois mises en scène, par exemple dans Le pays des fourrures publié en 1871 qui témoigne de l’intérêt que portent les Européens au Grand Nord et au monde des » factoreries « .Des employés de la compagnie de la Baie d’Hudson, chargés de créer un nouvel établissement, voient leur nouveau fort dériver sur la banquise après un violent séisme qui les condamne à une longue errance.
Si Jules Verne admire la Grande-Bretagne, il reste critique vis-à-vis des Anglais et n’hésite pas à exprimer sa pensée profonde. Un de ses rares romans historiques Famille Sans Nom a pour cadre la révolte d’une partie du Canada en 1837 contre la domination anglaise. Il présente cette histoire comme un épisode tragique, une histoire très triste dans un monde lointain.
Jules Verne s’intéresse aussi à l’Amérique du Sud. Les enfants du capitaine Grant est en fait le premier tour du monde qu’il imagine et qui mène les héros jusqu’en Patagonie. Peu après, il publie La Jangada dont le sous-titre Huit cent lieues sur l’Amazone est explicite. Le superbe Orénoque relance la controverse de l’époque quand à l’endroit où se trouve les sources du grand fleuve.
Mais la majeure partie de l’œuvre de Jules Verne consacrée au continent américain, tant en nombre de romans que de personnages, a cependant pour cadre les Etats-Unis qu’il appelle simplement Amérique et dont il donne une image très moderne.
La présence des » Yankees « , c’est-à-dire des » Américains du Nord » est essentielle dans la société vernienne [1]. C’est la deuxième nation la plus fréquemment citée après l’Angleterre, les deux ensembles rassemblant plus de la moitié des personnages verniens, avant les Français.
Certains thèmes sont récurrents dans l’analyse que fait Verne du monde américain.
C’est le premier repas gastronomique des « Cafés géo » de Metz. La présidente Christiane Barcellini l’introduit par quelques mots d’accueil.
Treize à table ! Pas le temps d’éprouver le moindre frisson puisque deux retardataires se joignent bien vite à la tablée dans le joyeux brouhaha des commandes de boissons : bières de Robert Charlebois ou pichets de vin canadien blanc ou rouge, la curiosité et les goûts de chacun répartissant assez rapidement les choix. Fllorence, installée en bout de table, commence le voyage sitôt les premiers verres servis.
Pour cette rentrée 2006 qui s’ouvre à Saint-Dié sur l’Amérique, Gilles Fumey prévient : la géographie de l’argent et de la finance peut donner une idée de la position de l’Amérique dans le monde aussi bien qu’une géopolitique des Etats. Un sujet qui n’a pas intéressé beaucoup de géographes depuis Jean Labasse. Pourtant, quelle leçon que ce fordisme planétaire !
Parmi les ressources dont dispose le monde aujourd’hui, lesquelles sont rares et abondantes ? L’argent ou l’emploi ? A l’échelle mondiale, l’argent est très abondant, notamment parce que la dépression mondiale du début des années 2000 a été stoppée par une injection forte de liquidités. A la même échelle, l’emploi, lui, est autrement plus rare au point que les pays riches utilisent à plein régime l’immense cohorte de Chinois, et d’Asiatiques en général, qui offrent du travail à coût très faible. Du côté des riches, l’argent, du côté des moins riches, l’emploi. Ce Yalta économique du monde a été écrit et mis en œuvre par George Bush et Alan Greenspan qui a quitté la Réserve fédérale en janvier 2006. Ce tandem riches/pauvres sur lequel sont assis les Etats-Unis (devant) et la Chine (derrière) assure pour l’année 2007 toute l’énergie qu’il faut pour maintenir la croissance. Mais cet équilibre financier n’est atteint qu’en joignant les besoins des Américains (en argent) et ceux des Chinois (en travail). (suite…)
Qu’est-ce que j’attends ici?
Aéroport prêt-à-porter
Sans odeur, sans saveur, seulement propre
Dalles de plastiques brillantes. Duty free shops.
Où d’un bout du monde à l’autre, les alcools attendent dans les mêmes bouteilles,
Les cigares dans les mêmes boîtes, les parfums, les montres…
Boutiques du village planétaire.
Bourg fabriqué dont on sait tout avant d’y avoir mis les pieds
Un sas peut-être vers les paradis perdus, les eldorados
Les vagues irisées où la mer vire au turquoise
Les îlots de Key-West où Hemingway allait pêcher au tarpon.
L’Indien devant moi, casquette californienne à l’envers,
Reeboks blancs aux pieds, contemple la marque de ses chaussettes,
Satisfait.
Michel Sivignon
Miami Airport, Septembre 1996
Ce restaurant a, hélas, fermé le 2 janvier 2008.
Nous sommes une trentaine de membres de l’Association, accueillis pour un repas géographique coréen, dans un restaurant situé en face de l’Institut de géographie, rue Saint-Jacques à Paris, sur le « pas de Saint-Jacques » (en langage géographique, le « col » de la Montagne Sainte-Geneviève). Ce repas est dédié à tous ceux qui n’ont pas pu se joindre à l’un des voyages programmés par les Cafés géo, pour les faire voyager vers l’horizon lointain de la Corée avec leurs papilles.
En outre, nous sommes accueillis par une famille d’émigrants coréens hautement éduqués : la « patronne » du restaurant est une cantatrice d’opéra qui nous montrera ses talents avec sa fille, à la fois serveuse pour la soirée et… pianiste (le piano droit est adossé au bar). Le mari est, lui, chirurgien dans un grand hôpital parisien et tous trois accueillent chaleureusement notre groupe, s’exécutant en musique chantée à la fin du repas…
En 1953, dans sa thèse « Les capitaux et la région », Jean Labasse illustrait le rôle des capitaux régionaux dans la constitution des activités agricoles en développant l’exemple de l’élevage charolais. En 1956 je prenais contact scientifique avec le Charolais au cours d’une excursion d’étudiants de géographie dirigée par André Gibert.
Puis en 1958, je rédigeais sur ce sujet le mémoire destiné au Diplôme d’Etudes Supérieures et en 1960, la Revue de Géographie de Lyon le publiait en article, sous le titre « Elevage et embouche en Charolais-Brionnais ».
Cinquante ans après, les choses ont considérablement évolué.





