Une route. Pas une autoroute, une voie express, un périphérique, mais une route étroite, sinueuse, au bitume mal ravaudé. C’est pourtant cette route qui relie deux univers opposés, celui des jardins luxuriants des miniatures mogholes à celui des terres minérales et arides des hautes terres himalayennes. Parmi les peu nombreuses routes transhimalayennes, la NH 1D conduit de Srinagar, capitale d’été du Cachemire, à Leh au cœur du Ladakh, le « pays des hauts cols ».

R. Maufrais préparant son expédition
(© Collection Maufrais AAERM)
Dans Aventures en Guyane [1] un récit vécu jusqu’à la mort et écrit entre juin 1949 et janvier 1950, Raymond Maufrais parvient à lier intimement recherche de l’absolu et géographie. Né à Toulon en 1926 et fils unique, il participe à 18 ans aux combats de la Libération. Durant l’après-guerre il voyage comme reporter dans les pays nordiques et part ensuite au Brésil se joindre à une expédition chez les Indiens Chavantes dans le Mato Grosso. Il rentre en France puis repart trois ans plus tard, en 1949, à 23 ans en Guyane française. Son carnet intime, miraculeusement retrouvé par un indien au cœur de la forêt amazonienne en Guyane française, est écrit sans recherche d’effets littéraires. La trame de ce récit est fondée sur une sincérité totale de l’auteur à l’égard de son périple, des peines, des échecs, mais surtout de ses découvertes géographiques et humaines. Motivé par la quête d’une nature vierge, et d’une « vie pure », son objectif était d’établir la jonction Guyane-Brésil par le fleuve Jari, en solitaire, à pied et en pirogue. Ce jeune explorateur rêvait de parvenir aux monts Tumuc- Humac encore inexplorés. (suite…)

Soglio (© myswitzerland.com)
Loin de la Genève des banquiers et de la Zurich des psychanalystes, il existe une Suisse où la rigueur germanique se colore de fantaisie italienne, où les italophones vont prier au temple. C’est dans les Grisons, le Val Bregaglia, qui, depuis l’époque romaine, a été parcouru par troupes et marchands franchissant les Alpes centrales entre la plaine du Pô et la vallée du Rhin [1]. Et au cœur du Val Bregaglia, un lieu unique attend le voyageur sur une terrasse aménagée, Soglio, que le peintre Giovanni Segantini a imaginé comme « le seuil du paradis ».

Les « Mardis de la mer » sont organisés par L’Institut français de la mer (IFM) et le Centre d’études de la mer de l’ICP (Institut Catholique de Paris).
Largement médiatisés par la presse et les grandes chaînes de télévision (peut-être aux dépens d’autres sujets sensibles), les accords sur la pêche ont clos les longues négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne qui ont abouti à leur rupture définitive le 1er janvier 2021. Pour traiter de ce sujet, les « Mardis de la mer », organisés par L’Institut français de la mer (IFM) et le Centre d’études de la mer de l’ICP (Institut Catholique de Paris) ont invité Pierre Karleskind qui a su mettre sa passion pour la mer au service de ses engagements politiques. Titulaire d’un doctorat dans la spécialité « Océanographie, météorologie, environnement », il a été vice-président de la région Bretagne puis député européen. Et c’est en tant que président de la Commission de la pêche (PECH) du Parlement européen depuis février 2020 qu’il a joué un rôle important auprès de Michel Barnier dans les négociations du Brexit.
Moka, un mot, deux noms. Celui d’un breuvage parfumé qu’on boit dans de petites tasses de porcelaine et celui d’un port situé sur la Mer Rouge au sud de la Péninsule arabique.
Avant d’arriver à Moka, sur la côte aride de la Tihama, le voyageur venu de l’intérieur aura traversé les monts Sarawat aux pentes raides découpées dans des roches volcaniques. Du haut de replats étroits il aura surplombé des terrasses verdoyantes accueillant arbres fruitiers, vignes et céréales. Il aura trouvé de l’ombre entre les hautes maisons des villages aux fenêtres cintrées, construites en gros moellons ou en argile séchée ; les femmes qui portent la clef autour du cou, en sont les gardiennes. Il sera entré dans des écoles où le maître aura désigné sur une carte son pays d’origine à des petits garçons portant à la ceinture un jambiya (poignard courbe) en carton. A la sortie d’un bourg, il aura longé un enclos étroit dans lequel un homme, accroché au grillage, cherchait à attirer son attention par des mimiques grotesques…prison rurale ou asile de fous, on ne sait pas.

Crazy Horse Memorial-Custer, South Dakota- Atlas Obscura
Reconnaissance tardive de la bravoure des natifs ou construction d’un nouveau mythe national intégrateur aux conséquences symboliques malvenues ?
On peut replacer la controverse sur le Crazy Horse Memorial dans le cadre plus large des affrontements mémoriels qui ont lieu dans les États où des peuples autochtones ont été refoulés, massacrés, confinés par des colons venus d’Europe entre le XVIIₑ et le XIXₑ siècles (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande…). Ils ne représentent plus aujourd’hui que des groupes très minoritaires (5% pour les Aborigènes australiens, 7% pour les Maoris néo-zélandais). Au cours du XXₑ siècle, les gouvernements ont tergiversé sur la politique à mener à leur égard : assimilation ou maintien des structures tribales ? Avec la fin du XXₑ siècle et le début du XXIₑ est venu le temps de la repentance officielle [1] et des aménagements juridiques.
Dans ces États où les victoires des uns se sont effectuées sur l’humiliation des autres, comment commémorer les grands moments du passé ?
Récemment l’IRIS a présenté un webinaire où plusieurs chercheurs de l’Institut ont exposé leur analyse du rapport de forces entre les deux premières puissances mondiales, les Etats-Unis et la Chine.
Cette problématique n’est pas récente mais elle a trouvé une nouvelle actualité avec l’élection de Joe Biden.
Nous tenterons de faire une synthèse des idées échangées (Michèle Vignaux) (suite…)

La carte représente en bleu foncé les espaces maritimes formant la zone économique exclusive française. La Commission des limites du plateau continental, un organe spécifique de l’ONU, vient de donner son aval à l’extension du domaine maritime français. (https://www.journalmarinemarchande.eu/filinfo/la-france-autorisee-a-etendre-son-domaine-maritime)
Le dernier « Mardi de la mer », organisé par l’ICP en partenariat avec l’Institut de la mer, a été consacré à l’immense domaine maritime que possède la France, deuxième ZEE (zone économique exclusive) au monde après celle des Etats-Unis. Compte rendu de Michèle Vignaux.
En juin 2020, E. Macron, recevant les propositions des membres de la « Convention citoyenne pour le climat », s’est déclaré « favorable » à la réécriture de l’article 1 de la Constitution en insistant sur la dimension fondamentale de ce dernier[1]. Tous les élèves de France auront, sans doute, entendu au moins une fois tout ou partie de cet article tel qu’il est actuellement rédigé :
| Article 1 de la Constitution de la Ve République
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. La loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, Source : Légifrance (site consulté le 18 décembre 2020). |
Quels élèves pourront comprendre ce qui constitue, dans le texte, un des cinq piliers de la République : « Son organisation est décentralisée. » ? Chaque personne attirée par une question, quelle qu’elle soit, regrette qu’elle ne soit pas assez enseignée. Mais il ne s’agit pas ici de préoccupations d’un champ disciplinaire, plutôt de ce qui a été mis en exergue par les représentants de la Nation. Si l’École française a pour but de permettre aux élèves de se forger une culture citoyenne et d’être à même de comprendre la société dans laquelle ils vivent, les programmes scolaires contemporains se donnent-ils les moyens de cette ambition ?

