Date / Heure
Date(s) - 27/11/2018
18:00

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Le Gazette Café

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Nous avons le plaisir de vous inviter au deuxième Café géo de la saison mardi 27 novembre à 18h au Gazette café (6, rue Levat à Montpellier). Cette soirée sera l’occasion de s’interroger sur l’aménagement des zones inondables avec Sylvain Rode, maître de conférences en aménagement de l’espace et urbanisme à l’Université de Perpignan Via Domitia. Sa conférence intitulée « Détruire ou construire ? L’aménagement des zones inondables en question » sera suivie d’un moment de discussions et d’échanges.

Présentation

Sylvain Rode, Maître de Conférences à l’Université de Perpignan Via Domitia – UMR ART-Dev

Partout en France, l’urbanisation s’est développée en zone inondable de manière largement incontrôlée et inadaptée au cours de la seconde moitié du XXe siècle, contribuant à une forte augmentation de la vulnérabilité, et expliquant les dégâts sans cesse accrus des inondations qui frappent régulièrement le territoire national. Les zones inondables sont désormais massivement occupées : un habitant sur quatre et un emploi sur trois y sont situés.

Au-delà de la question de l’efficacité du contrôle de l’urbanisation en zone inondable, régulièrement débattue, nous proposons d’interroger deux registres d’action de plus en plus mobilisés – bien qu’encore émergents – en matière d’aménagement des zones inondables : la délocalisation d’enjeux (détruire) et l’urbanisme résilient (construire).

La construction en zone inondable pose en effet la question de l’invention de formes architecturales et urbaines adaptées à l’inondabilité. Une nouvelle logique d’action serait à l’œuvre en matière d’aménagement urbain : non plus lutter contre l’inondation grâce aux protections structurelles qui ont montré leurs limites, mais au contraire accepter la possibilité de l’inondation et donc aménager les zones inondables en faisant du risque un paramètre à part entière de la conception urbaine. Le développement d’un urbanisme dit résilient, adapté à l’inondabilité, constitue ainsi un enjeu majeur dans le cadre des réflexions actuelles sur l’aménagement des zones inondables. Est-ce une solution pertinente pour mieux articuler la volonté de l’Etat de contrôler strictement l’urbanisation en zone inondable et la volonté des élus locaux de pouvoir continuer à développer ou à renouveler leur territoire ?

Mais lorsque l’occupation de l’espace apparaît manifestement inadaptée au risque et très vulnérable, exposant les habitants à un danger élevé, les pouvoirs publics ont parfois recours à une solution radicale : la désurbanisation de certaines zones inondables, par rachat et démolition de biens immobiliers. Si la délocalisation des enjeux ne peut pas être généralisée, elle est toutefois devenue ces dernières années un registre d’action à part entière en matière de prévention des risques. Qu’elles soient curatives ou préventives, portées par l’Etat ou par les collectivités locales, des opérations de délocalisation sont ainsi mises en œuvre dans un certain nombre de territoires. Elles permettent de réduire la vulnérabilité et de reconstituer des zones d’expansion des crues, mais posent néanmoins la question de leur acceptabilité sociale et de l’usage des sols ainsi désurbanisés.