La ruralité à Mayotte, état des lieux post-Chido, par Monique Gherardi

Monique Gherardi est géographe et ingénieure en Science de l’Information Géographique à l’Université de Montpellier Paul-Valéry. Au cours des trois dernières années, elle s’est consacrée à la direction et l’écriture de l’Atlas de la ruralité mahoraise, publié en 2024 aux éditions Orphie. Cet atlas a pour objectif de conserver une mémoire des espaces ruraux de Mayotte et d’aider à mieux comprendre leur rôle et leurs recompositions dans ce territoire. Co-écrit avec de nombreux spécialistes, l’ouvrage est particulièrement riche en documentation : 13 portraits de femmes et d’hommes, 64 cartes, 31 contributeurs, un artiste peintre, 180 personnes sollicitées, un lexique en shimaore/français/kibushi et près de 100 références bibliographiques.

Café géographique de Montpellier, le 03 février 2026. Auteurs du compte rendu : Léa Talafre Licence 2 de Géographie et aménagement du territoire. Université Paul Valéry Montpellier.

Atlas de la ruralité mahoraise présenté au café-géo de Montpellier – Photo : Les café-géo de Montpellier, 2026

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Le réchauffement climatique actuel influence-t-il l’activité des cyclones tropicaux extrêmes ? Par Karl Hoarau.

Café géo du 16 octobre 2018 animé par M. Karl Hoarau, Maître de Conférences à l’Université Cergy Pontoise. Compte rendu rédigé par Pierre-Félix Vautrin.

Les cyclones tropicaux extrêmes sont des phénomènes qui génèrent des vents moyens d’au moins 215km/h avec des rafales de plus de 250km/h (catégorie 4-5). En moyenne, chaque année, 18 cyclones atteignent cette intensité sur le globe. Ces dernières années, plusieurs systèmes destructeurs ont fait la une de l’actualité : Haiyan (2013) aux Philippines, et Irma (2017) et Maria (2017) aux Antilles. Le nombre des cyclones extrêmes est-il en train d’augmenter avec le réchauffement climatique actuel ? Après un rappel sur les risques cycloniques, l’activité des cyclones extrêmes est étudiée. Enfin, quelques pistes explicatives sont abordées.

Les risques cycloniques:

Les dégâts associés aux cyclones sont principalement liés aux vents violents (infrastructures, végétation), à la marée d’ouragan (invasion du littoral par l’océan sous l’effet conjugué des vents et d’une pression atmosphérique basse) mais aussi aux inondations fluviales dues aux fortes précipitations. On considère six bassins cycloniques dans le monde (68% des cyclones se forment dans l’hémisphère nord) dépendant de centres d’avertissements régionaux. Le Pacifique Ouest est le plus grand bassin cyclonique du globe. L’ensemble Pacifique Ouest et Pacifique Est concentre les 2/3 des phénomènes cycloniques. L’Asie est le continent le plus menacé par les risques cycloniques.

Les cyclones et les tempêtes sont les aléas naturels les plus coûteux. Un des phénomènes les plus catastrophiques s’est déroulé le 12 novembre 1970 au Bangladesh. Le bilan fut lourd -300 000 morts- et s’explique en partie par le fait que les habitants n’avaient jamais été prévenus de l’arrivée de ce phénomène. De ce fait, aucune mesure de sécurité n’avait été prise. Plus récemment l’ouragan Katrina (2005) qui a dévasté les États-Unis en 2005 a été l’un des plus meurtriers et des plus couteux que le pays ait connu.

Pour estimer l’intensité des phénomènes cycloniques, l’une des méthodes utilisées est l’entrée d’avions dans les cyclones mesurant la vitesse des vents à la surface de l’océan. Cette méthode est utilisée sur deux bassins cycloniques (l’Atlantique Nord et le Pacifique Est) quand les cyclones se rapprochent des terres habitées. Pour les autres bassins, l’intensité des cyclones est estimée à partir des données satellitaires. C’est l’américain Vernon Dvorak qui a publié en 1984 une technique permettant d’estimer la vitesse maximale des vents moyens dans le cœur des cyclones. Plus les nuages entourant l’œil sont développés, et ont donc des sommets très froids (parfois jusqu’à – 85°C), plus le cyclone est intense.

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