Littérature et géographie, « Espèces d’espaces », George Perec, de l’espace au non-lieu, avec Stéphanie Lima et Julien Roumette..

Café géographique à Toulouse du mercredi 27 janvier 2016, avec Stéphanie Lima (Maître de Conférences, Géographie, Université de Toulouse Jean-Jaurès) et Julien Roumette (Maître de Conférences, Lettres, Université Champollion d’Albi)

Ce soir, un café géographique un peu particulier puisqu’il s’agit de nous pencher sur les liens qui unissent la géographie et la littérature. Nous aborderons cette question à travers l’œuvre d’un auteur, généralement moins connu des géographes que Julien Gracq : Georges Perec. Compte-rendu établi par Théo SOULA.

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La province russe et les écrivains, Claudie Chantre.

Les 5 et 6 février 2016, a eu lieu la septième édition des journées européennes du Livre russe sur le thème de « la province. » Les tables rondes, les rencontres avec les auteurs, le salon du livre se sont déroulés à la mairie du Vème arrondissement ou au lycée Henri IV. D’autres lieux y étaient associés comme le CRSC, la BULAC, le Studio-Théâtre de Charenton, la bibliothèque Tourgueniev et le cinéma Le Grand Action. Ce fut l’occasion de parcourir la province russe en compagnie de nombreux écrivains russes et russophones mais aussi avec des écrivains français dont les œuvres se déroulent en Russie ou y sont rattachés. Par « province », il semble que l’on entende ici la nature, la campagne, les étendues immenses mais ce n’est pas sûr. De quoi interpeller l’auditeur géographe ! Le fil conducteur a été celui d’une littérature qui, des grands écrivains russes du XIXème siècle à aujourd‘hui sans oublier ceux de la période soviétique, a exploré ces thèmes. Ces journées ont aussi été l’occasion d’aller à la rencontre de la littérature des peuples autochtones de Sibérie. Claudie Chantre

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Anselm Kiefer,  Maryse Verfaillie

affiche-anselm-kieferAnselm Kiefer, Centre Pompidou, 16 décembre 2015- 18 avril 2016

C’est à une traversée inédite de l’œuvre de l’artiste allemand, Anselm Kiefer que le Centre Pompidou nous invite. Elle retrace l’ensemble de sa carrière, de la fin des années soixante à aujourd’hui. Cette exposition est un événement à ne manquer sous aucun prétexte ! Kiefer est un titan dont l’œuvre est singulière, prolifique autant que monumentale. Il n’a pas d’autre but que de vous forcer à réfléchir sur l’histoire (celle de l’après deuxième guerre mondiale) et sur la mémoire. Il invente un nouveau langage qui convie en permanence les poètes, les penseurs et écrivains et affirme que la mélancolie est au cœur du processus créatif. (suite…)

Chagall, Soulages, Benzaken… Le vitrail contemporain, Maryse Verfaillie.

vitrail-contemporain-afficheChagall, Soulages, Benzaken… Le vitrail contemporain [20 mai – 21 septembre 2015] Cité de l’architecture & du patrimoine Trocadéro, Paris 16 ème

Jusqu’au 21 septembre, la Cité de l’architecture et du patrimoine présente une exposition à la fois originale et attachante. On y découvre un art du vitrail  profondément renouvelé depuis la Seconde Guerre mondiale.

Désacralisé, porté par des artistes mondialement connus (Chagall, Garouste, Matisse, Rouault, Soulages, Viallat) et réalisé par des maîtres verriers remarquables, le vitrail contemporain est éblouissant.

Civil ou religieux, cet art qui diffuse la lumière est ici rendu accessible par son exposition sur des panneaux à hauteur d’homme. Point n’est besoin de lever les yeux au ciel ou de se munir de longue vue pour admirer les 130 œuvres réalisées pour 44 édifices et réunies pour témoigner de la fertilité créatrice des artistes contemporains.

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Périph’Strip : rando-géo.

Rando-géo 30.06.2014. Compte-rendu établi par Jean-Marc PINET, avec la participation de Matthieu DUPERREX et de Claire DUTRAIT.

Carte topographique IGN au 1/50000°, n°2043 ET, 2010. Les numéros sont ceux de quelques photos.

Carte topographique IGN au 1/50000°, n°2043 ET, 2010. Les numéros sont ceux de quelques photos.

Les textes en italique sont extraits de « Périphérique intérieur »,
publié aux Ed . Wildproject , 2014

Un cercle n’a pas d’origine, on entre sur le périphérique et sur ses marges par le côté : bretelles autorisées pour le premier, mais bris de clôture pour les secondes. Double effraction : de la propriété privée de la Société d’autoroute, et surtout d’un espace inconnu entre rocade et ville, rarement parcouru, vaguement inquiétant, plutôt sans intérêt ou répulsif dans notre imagination.

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La route après l’apocalypse. « Mad Max, The Fury Road » (George Miller, 2015).

Compte rendu de Manouk Borzakian.

Mad Max: Fury Road (George Miller, Australie/États-Unis, 2015)

Mad Max: Fury Road (George Miller, Australie/États-Unis, 2015)

Avant l’apocalypse, la route est le lieu de l’échappée : celui qui veut s’abstraire des contraintes de la société telle qu’elle est, affirmer sa liberté d’individu face à ce qu’il perçoit comme une oppression, peut se faire nomade. En mouvement permanent, il s’oppose à la logique sédentaire occidentale et la manière dont elle assigne aux individus des rôles c’est-à-dire aussi des lieux ou territoires. Max Rockatansky, en 1979, dans le premier volet de la désormais tétralogie de George Miller, incarne cette tension : flic enragé, gonflé d’adrénaline et ivre du son des cylindres de la V8 Interceptor avec laquelle il traque les pires bandits sillonnant les routes australiennes, il n’en goûte pas moins la douceur de la vie familiale auprès de la jolie Jessie et de leur bébé.

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Patrimonialiser la nuit : des pollutions lumineuses aux ressources environnementales nocturnes, avec Rémi BENOS et Samuel CHALLEA.

Café géographique Toulouse le 29.04.15 avec Rémi BENOS et Samuel CHALLEAT (Géographes, UMR Dynamiques rurales, Université Jean Jaurès Toulouse 2). Compte-rendu établi par Jean-Marc PINET.

Rémy BENOS, maître de conférences, a fait une thèse sur « La patrimonalisation dans les espaces protégés » et Samuel CHALLEAT, chercheur contractuel, sur « Sauver la nuit » des pollutions lumineuses. Ils partagent leurs compétences et font partie d’un collectif pluridisciplinaire de sept chercheurs (géographes, politistes, économistes, psychologues, etc.) dont la question est : Dans quelle mesure les territoires se saisissent aujourd’hui de la nuit comme ressource ?

Au départ de la recherche, une intuition au vu de panneaux vantant la qualité de la nuit des villages ou l’organisation de randonnées pédestre nocturnes. Dans un contexte d’économies d’énergie et de réduction de l’éclairage public, il ne s’agit pas de multiplier les activités comme les marchés nocturnes, mais de changer notre rapport à la nature en observant sa biodiversité. Comment cela fait-il ressource ? Où ? Pour qui ?

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L’identité européenne : quête incessante d’un horizon, rencontre avec Martine Méheut, Julia Kristeva et d’Enrico Letta.

commission-européennePour célébrer les multiples visages de l’Europe, des personnalités issues du monde politique et du monde des arts dialoguent librement sur les origines du projet européen, de la Grèce aux Lumières, cette Europe enlevée, berceau du roman, lieu de liberté et tranquillité où les femmes tiennent une place singulière. L’Europe, un horizon qui reste à conquérir.

En partenariat avec « Initiatives pour une Europe plurilingue » et « Citoyennes pour l’Europe ». Sous le patronage de la Représentation en France de la Commission européenne.

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La Francophonie, une idée géographique ? Avec Daniel Weissberg.

Café géographique 26 février 2015, 

Présentation de Daniel Weissberg

Que les géographes s’intéressent à la francophonie n’est pas chose nouvelle, puisque le mot lui-même a été initié par Onésime Reclus dans son fameux ouvrage France, Algérie et colonies de 1886. La Francophonie est aussi dans l’actualité après le dernier Sommet de Dakar et l’arrivée au Secrétariat général de Michaëlle Jean, ancienne gouverneure générale du Canada, évènement majeur de l’année francophone. Je ne reviendrai que brièvement sur l’histoire de la Francophonie, elle a été rappelée dans le document de présentation, si ce n’est pour bien marquer le rôle majeur des pères fondateurs acteurs de la décolonisation et le basculement des années 1990 avec le passage du « tout Agence » (ACCT, AIF, OIF) au « tout Sommet » marquant la prégnance du politique dans l’affirmation francophone.

Dans la construction de la Francophonie contemporaine, rappelons l’importance de la Conférence fondatrice de Niamey en Février 1969 ; André Malraux y tint un discours majeur dont je voudrais lire un extrait qu’il convient d’apprécier au regard de certain discours de Dakar:

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Frontières, front cinématographique (Revolution Zendj, Tariq Teguia, 2013), Bertrand Pleven.
Tariq Teguia, Revolution Zendj Sortie le 11 mars 2015 Algérie - France - Liban - Qatar - 2013 2h13 min.

Tariq Teguia, Revolution Zendj
Sortie le 11 mars 2015
Algérie – France – Liban – Qatar – 2013
2h13 min.

Synopsis : Film choral, Revolution Zendj suit les trajectoires croisées d’ Ibn Battutâ – journaliste dans un quotidien algérien–, de Nahla, jeune femme réfugiée palestinienne en Grèce et de Monsieur Prince, froide figure d’un consortium militaro-capitaliste occupé à reconstruire l’Irak. Tous lisent peut-être Walt Withman et partagent un horizon géographique commun, mais ils n’ont pas les mêmes mobiles. Dans ce monde en ruine mais qui bouge encore, Ibn Battutâ prétexte enquêter pour son journal sur l’état de la « Nation arabe » pour partir sur la piste d’obscurs esclaves révoltés au IXème siècle au Moyen Orient, les Zendj. Sur sa route – indécise – qui le mènera de Beyrouth à Bagdad, il rencontre – entre autres – Nahla qui quitte la Grèce pour reprendre le flambeau de la lutte laissée en chemin par son père, militant nationaliste. Tous deux frôlent, un temps, la trajectoire a priori beaucoup plus directe de Monsieur Prince. Ce cabotage au pluriel entre terre et mer illustre l’état d’un « arc de crise » en proie  à la mondialisation et aux conflagrations intestines. Loin de s’en tenir à ce terrible constat, les lignes dessinées par les corps en mouvement – eux-mêmes confrontés à divers degrés aux frontières et aux césures d’un monde fragmenté – révèlent un espace politique et lui redonnent épaisseur pour mieux mesurer la place et l’échelle des possibles.

Nahla : « Qu’est-ce que tu photographies, il n’y a rien ? »

Ibn Battutâ : « Justement, j’essaie de voir comment cela devient. »

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