Maps to the stars (David Cronenberg, 2014), Bertrand Pleven.
Maps to the stars, David Cronenberg

Maps to the stars, David Cronenberg

Geography of violence

Pourquoi Agatha vient-elle à Los Angeles? Où la conduit Jérôme, le chauffeur qui se rêve acteur ? Est-on parti pour un grand tour des lieux et des figures hollywoodiennes entre studios, villas, backstage, enfant acteur assez mûr pour la toxicomanie, actrice vieillies et aigries avant l’heure et gourou/coach ou David Cronenberg nous prépare-t-il un retour sur terre ? Le prix d’interprétation à Cannes attribué à Julian Moore n’est-il que le résultat d’un regard narcissique du monde du cinéma sur ses propres travers, sur sa performance ou nous dit-il quelque chose de la performance des acteurs dans notre bas monde, et de nos mondanités spatiales contemporaines ?

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La falaise : un objet d’imaginaire, Michèle Vignaux.
Le dessin du géographe n° 47.

Dessin du géographe n°47

La falaise : un objet d’imaginaire (à propos d’une promenade géographique sur le littoral du Pays de Caux) par Michèle Vignaux.

Pour le géographe ou le géomorphologue, la définition d’une falaise est précise : escarpement rocheux en pente forte, le long d’une côte, créé par l’érosion….     Pour le promeneur  et pour l’artiste, la falaise nourrit l’imagination et inspire des émotions et des sensations diverses. Elle peut apparaitre fragile ou hostile. Fragile au randonneur qui observe les éboulis qui s’accumulent sur la grève et l’encoche que la mer creuse à sa base. Hostile au marin lorsqu’elle se dresse pour barrer l’accès au rivage. Perché sur ses hauteurs, l’observateur a aussi un sentiment de puissance à observer sur une large étendue « la mer aux spasmes de méduse » (Saint-John Perse).

Lors des récentes tempêtes hivernales, la presse a ravivé les craintes de ses lecteurs sur le recul du trait de côte, particulièrement sur les littoraux à falaises (voir le rapport du GIP littoral aquitain sur les falaises du Pays basque), l’effondrement de pans entiers de roche symbolisant alors la menace que fait peser le changement climatique sur la planète.

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Quelques esquisses d’une ville : Valparaiso ( Chili), Charles Le Coeur.
Le dessin du géographe n° 46.

De retour d’un voyage en Patagonie en novembre 2013, une escale à Valparaiso pour parcourir cette ville étonnante et contrastée, une ville un peu folle. C’est une ville de bord de mer, une ville escarpée qui grimpe sur les collines dans un entremêlement de constructions de tous styles et de tout âge.

Le port, qui a fait sa richesse au 19ème siècle, avant l’ouverture du canal de Panama, reste actif : la base navale côtoie la zone de stockage des conteneurs ; nombre de navire restent en mouillage d’attente dans la baie La ville même est séparée de l’océan par un espace d’entrepôts et de voies ferrées désaffectées.

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Un pont sur la Neretva, Anne Cadoret.
Le dessin du géographe n° 45.

 Dessin du géographe n°45

Dessin du pont de Mostar, juin 2013, crayons aquarelles et feutre noir. ©Anne Cadoret

Dessin du pont de Mostar, juin 2013, crayons aquarelles et feutre noir. ©Anne Cadoret

Sans questionnement géographique particulier, je croque des lieux de vie, de passage, de mémoire. Lors d’un voyage entre Split et Sarajevo,  le temps d’un détour touristique, je sors mes crayons et dessine sur une feuille de papier volante d’un café le pont de Mostar, d’une hauteur de 20 mètres au dessus de la rivière. Ce sont finalement les touristes sur ce pont qui accrochent mon regard : ils sont nombreux malgré le mauvais temps et la pluie fine qui les fait glisser sur ce pont vouté, et le multiculturalisme les caractérise.

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Géographie du paysage à propos d’un chef-d’œuvre [Jan Van Eyck], Roland Courtot.
Fig.1. Le paysage « géographique » vu du portique de la chambre de la Vierge Jan Van EYCK,, La vierge du Chancelier Rolin, 1430-1434, détail ©RMN

Fig.1. Le paysage « géographique » vu du portique de la chambre de la Vierge. Jan Van EYCK,, La vierge du Chancelier Rolin, 1430-1434, détail ©RMN

Le tableau de Van Eyck « La vierge du chancelier Rolin », un des plus célèbres du musée du Louvre (il figure dans les œuvres à ne pas manquer sur les dépliants distribués à l’entrée sous la pyramide), mérite toute l’attention des touristes pour les qualités esthétiques et le sens profond du divin, du sacré et de l’humain exprimés dans cette œuvre1.

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« Énergies et minerais. Des ressources sous tension », Bernadette Mérenne-Schoumaker (Documentation photographique, 2014), Natacha Cousy

energies_mineraisÉnergies et minerais. Des ressources sous tension, Bernadette Mérenne-Schoumaker, La Documentation française (Documentation photographique n° 8098), 2014, 64 p.

La question des ressources a longtemps été au cœur du raisonnement géographique. Pourtant, la thématique a connu un relatif effacement, avant de réapparaître sur le devant de la scène, dans la mouvance des préoccupations environnementales actuelles.

C’est à l’aune des tensions qu’elles suscitent que le présent ouvrage explore la thématique cruciale des énergies et des minerais. En effet, les énergies et les minerais sont sources de tensions de plusieurs types. D’abord, l’augmentation de la demande en énergies, dans un monde en développement, fait peser une pression croissante sur les ressources. Ensuite, le décalage entre les lieux reproduction et les lieux de consommation fait des énergies un enjeu et une arme géopolitique redoutables (ce qu’illustre la pression stratégique exercée par la Russie, autour d’une ressource gazière dont elle est la deuxième productrice au monde). Enfin, la montée de la préoccupation environnementale rend désormais nécessaire la mise en place d’un tournant énergétique radical, fondé sur des ressources durables (c’est à dire à la fois renouvelables, peu polluantes et accessibles à tous, dans les conditions techniques actuelles).

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Le pont transbordeur de Rochefort (ou du Martrou), Denis Wolff.
Cliché Denis Wolff, 2014

Cliché D. Wolff, 2014

Des cartes postales, 2014

Le 22 mars 2014, le soir tombe sur Rochefort lorsque je tente ce cliché. Sous la conduite dynamique de Maryse et de Gabrielle, les géographes en herbe des Cafés géo ont sillonné les terres, du Pertuis d’Antioche au Pertuis de Maumusson, de La Rochelle à Marennes en passant par Fouras. S’ils n’ont point omis de prendre un temps afin de rendre hommage aux Japonaises qui, après les Portugaises, peuplent les bassins ostréicoles, ils ont crapahuté des fortifications de Brouage au chantier rochefortais de l’Hermione (reconstruction d’une frégate du dix-huitième siècle).

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La loi anti-tabac et l’espace des sociétés, Yohan Lafragette.
Concentration de mégots sur les rails de la ligne C du RER  (Photo Yohan Lafragette)

Concentration de mégots sur les rails de la ligne C du RER  (Photo Yohan Lafragette)

Depuis une trentaine d’années, la cigarette n’est plus en odeur de sainteté. Autrefois prônée, comme pendant la guerre, pour ses vertus sur la respiration (!), l’industrie du tabac est aujourd’hui très limitée dans sa communication, en particulier en France. Loin de moi l’idée de remettre en cause l’avancée sanitaire, mais cela va au-delà désormais : la guerre est déclarée à l’encontre des fumeurs. Avec des espaces faits pour eux, qui changent l’espace de chacun, voici une petite géographie face à la fumée. (suite…)

Dans la cour (Pierre Salvadori, 2014), Manouk Borzakian.

À force de modestie et de légèreté, on pourrait accuser Pierre Salvadori de proposer un cinéma drôle et divertissant mais inoffensif. Un cinéma n’ayant rien à dire sur la société et tirant sans relâche sur la corde du duo improbable. En quelque sorte, un cinéma à la Griffith[1], mettant en parallèle ou en présence des individus issus de milieux différents, pour profiter des potentialités comiques de ces associations tout en se gardant d’interroger les rapports de force et de domination, pas plus le destin collectif dont les individus sont porteurs, en lien avec leur bagage socioculturel.

Dans-la-cour_Affiche

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La ligne de partage des eaux (Dominique Marchais, 2014), Bertrand Pleven.

d_marchais_01Documentaire, France,  2014. L’appel de l’eau réclame en quelque sorte un don total, un don intime. L’eau veut un habitant. (Gaston Bachelard, L’eau et les rêves, 1942.)).

En quête du bon gouvernement

Actions et acteurs

Comme dans l’histoire d’un ruisseau, La ligne de partage des eaux commence par une source pour nous mener à l’embouchure de la Loire. Entre temps, le film marque des étapes à thèmes. On marche avec des agents du Parc National observant les fluctuations de moules perlières dans une  portion de cours d’eau, on arpente avec des habitants un terrain qu’ils destinent à bâtir durablement. Plus loin, on roule avec un paysagiste proposant une belle analyse de la physionomie changeante des bords de route en fonction de leur capacité à permettre la vitesse. Enfin, c’est avec le géographe Jean Renard que l’on traverse le périurbain nantais. On observe aussi de l’intérieur : une base logistique de Bridgestone, l’espace en attente d’une infrastructure magique (une zone d’activité de 500 hectares) en périphérie de Châteauroux, la réunion d’une commission locale de l’eau , une autre d’élus considérant la pertinence d’un redécoupage intercommunal intégrant la petite ville voisine… On dit souvent que le documentaire doit concentrer son propos, marquer à la culotte ses personnages, Dominique Marchais, comme dans son premier long Le Temps des Grâces (2009) fait le choix d’un certain éclatement et ce pour épouser l’échelle qui lui semble la plus pertinente pour son récit : le bassin versant.
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