La mondialisation des pauvres

 

Les deux invités du Café Géo du jour sont aussi les auteurs d’un ouvrage titré La mondialisation des pauvres, paru en 2018 au Seuil (collection La République des idées) avec en sous-titre : « Loin de Wall Street et de Davos ». Olivier Pliez, du CNRS, est directeur d’une unité de recherche interdisciplinaire de l’Université Toulouse Jean-Jaurès, Armelle Choplin vient de quitter l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée pour prendre un poste de professeure associée au département de géographie de l’Université de Genève, après avoir passé 3 ans en affectation à l’Institut de Recherche pour le Développement au Bénin.

 

Les présentations faites, Élisabeth Bonnet-Pineau décrit, en guise de sommaire, une situation à la fois transcontinentale et bien ciblée sur la Méditerranée qui offre un exemple historique d’une économie de comptoirs et d’échanges qui fera l’objet de la première partie en soulignant le glissement qui s’est opéré de la Méditerranée occidentale vers le Méditerranée orientale. Dans un second temps, ce sont les « pauvres » dont on étudiera les routes qu’ils parcourent avec une forte intensité de circulation et d’échanges en Afrique occidentale. Puis on accordera une attention particulière au « miracle Yiwu », le plus grand marché de gros du monde situé à 2h de train de Shanghai. Enfin le corridor urbain du Golfe de Guinée en Afrique occidentale entre Accra et Lagos concentrant pas moins de 30 millions d’habitants est le théâtre d’échanges multiples. L’exemple du ciment, véritable or gris, symbole de modernité et de réussite sera pris comme exemple significatif d’une stratégie de filière à la tête de laquelle se trouvent de riches hommes d’affaires.

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Être jeune et périurbain : la double peine ?

par

Catherine Didier-Fèvre

Café de Flore (Paris 6e), le 29 janvier 2019

 

Depuis sa thèse soutenue en septembre 2015 à l’Université Paris-Ouest Nanterre, Catherine Didier-Fèvre a quitté son terrain de recherche et d’enseignement à Sens (Yonne) pour Lyon, où elle continue de s’adonner à deux activités en lien avec la géographie : transmission, d’une part, puisqu’elle continue d’enseigner en CPGE Littéraires et vulgarisation, d’autre part. Elle est en effet fidèle aux Cafés géographiques où elle intervient ce 29 janvier 2019 pour une deuxième fois cette année, après un passage par les Cafés géographiques de Lyon en septembre 2018 consacré au thème de la culture dans ces espaces. Si les deux intitulés des Cafés (Se cultiver dans les espaces périurbains : une mission impossible ?, Être jeune et périurbain : la double peine ?) peuvent laisser à penser le périurbain comme un espace en négatif, l’approche de celui-ci par les jeunes habitants montre une vision positive faite de pragmatisme et de débrouille.

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Le Grand Paris, dix ans après : et pourtant, il tourne!

par

Aurélien Delpirou et Cédrick Allmang

Café de Flore, le 19 février 2019

Le Grand Paris n’est pas un sujet nouveau pour les Cafés géographiques. Plusieurs personnalités sont intervenues sur ce sujet au cours des dix dernières années : Frédéric Gilli en 2010, puis Simon Ronai et Nicole Sergent en 2015 ont été invités au café de la Mairie, avant les élections régionales pour exposer les enjeux d’attribution et de répartition des compétences entre la Métropole du Grand Paris et le Conseil Régional.

Ce 19 février 2019, le propos est de dresser un bilan d’étape, une vue d’ensemble d’une construction du Grand Paris que Pierre Veltz qualifie de « coquille vide ». Le Grand Paris mérite-t-il vraiment qu’on organise pour lui les « Journées du Grand Paris » à l’École d’Urbanisme de Paris, installée depuis 2015 à Champs-sur-Marne ?

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La rivalité irano-saoudienne. Focus sur le Hezbollah libanais

La rivalité irano-saoudienne
Focus sur le Hezbollah libanais

Une conférence de

Didier Leroy

Chercheur à l’Institut Royal Supérieur de Défense
Professeur assistant à l’Université Libre de Bruxelles

A l’Institut de Géographie de Paris, le 9 février 2019

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Israël, l’obsession du territoire

Julieta Fuentes-Carrera, Philippe Subra

Tout droit venue de Mexico où elle enseigne, Julieta Fuentes-Carrera est accueillie par Daniel Oster, qui, en guise de présentation, brandit haut son livre, qui donne son titre au Café de ce mardi 18 décembre : Israël, l’obsession du territoire, publié chez Armand Colin en 2018. Sous-titré Aménagement et géopolitique en Israël et en Cisjordanie, il s’agit de la version grand public de sa thèse préparée et soutenue en 2013 à l’Institut Français de Géopolitique de l’Université Paris 8. Philippe Subra, qui a collaboré à l’ouvrage, y travaille également. Spécialiste de la géopolitique de l’aménagement du territoire, il apportera à l’intervention un regard nourri de ses propres exemples français et européens, et une mise en perspective de cette somme à la fois récente et colossale.

Daniel Oster interroge Julieta Fuentes-Carrera sur ce qui a motivé le choix d’un tel sujet de thèse et la manière dont elle a conduit son travail de terrain. Réflexive, elle précise d’abord qu’elle n’est aucunement juive, ni arabe, ni n’a de lien affectif particulier aux territoires étudiés ; mais que sa première visite, en 1999, lui a montré une organisation spatiale inversée par rapport à celle du Mexique, et que cela l’a intriguée. Alors que dans son pays d’origine les populations précédaient les aménagements, en Israël, l’aménagement était réalisé avant l’arrivée de l’essentiel de la population actuelle (juive). D’où ces grandes autoroutes n’arrivant nulle part, ces HLM vides, attendant qu’on les peuple. Julieta Fuentes-Carrera fait alors quelques recherches sur Internet. Le site de l’IFG et une offre de thèse apparaissent parmi les résultats ; la bourse du gouvernement français tombe. Elle conduit alors son Master et son Doctorat à ce sujet.

Philippe Subra prend la parole : il s’agit, pour lui, de la mise en forme d’un travail entrepris pendant plusieurs années, où il dit n’avoir joué qu’un rôle mineur. La thèse est « remarquable » : elle explore une dimension du conflit israélo-palestinien totalement négligée. Elle a l’audace de montrer qu’un conflit qui « passionne », peut être abordé, au même titre que les territoires « calmes » que lui travaille, du point de vue de l’aménagement, et plus encore : que l’importance des politiques d’aménagement dans le conflit et dans la prise de contrôle du territoire est cruciale. L’intérêt de ce livre réside donc ici : dans l’explication du processus par lequel une stratégie d’Etat remarquablement intelligente, menée dans des contextes différents, aboutit à un constat sans appel : Israël contrôle aujourd’hui 90% du territoire de l’ancienne Palestine. Il ajoute qu’on a bien ici affaire à un livre de chercheur, et non de militant : l’ouvrage est documenté de références consultables, d’articles, d’entretiens, de très nombreuses cartes originales, etc.

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Se nourrir avec toute la géographie du monde

Ce café est, pour ainsi dire, une mise en abîme : il s’agit de se nourrir intellectuellement en parlant de… se nourrir. C’est ce à quoi Gilles Fumey, habitué des Cafés qu’il a créés avec ses étudiants de prépa il y a vingt ans, s’adonne au soir du 27 novembre 2018 au Café de Flore. Ce professeur à la Sorbonne, actif dans la diffusion de la géographie au grand public (blog Géographies en mouvement sur Libération.fr, président de l’Association pour le développement du Festival international de géographie de Saint-Dié), a pour spécialité la géographie de l’alimentation, à laquelle il a consacré plusieurs de ses ouvrages (voir en fin de compte rendu). Elle tombe cette année au programme du concours de l’ENS, rappelle Daniel Oster, qui présente l’intervenant : de quoi attirer les plus jeunes à cette thématique riche, en renouveler les réflexions et en faire bouger les lignes de force alors que de nouvelles pratiques alimentaires sont mises au jour (et mises à jour, dans le tout nouvel Atlas de l’alimentation, CNRS-Editions, dont il est l’auteur).

Daniel Oster demande d’abord à Gilles Fumey d’expliquer le titre de ce Café et, plus largement, de définir ce qu’est et recouvre, pour lui, la géographie de l’alimentation. La « sienne » résulte, pour ainsi dire, d’un glissement d’une approche tantôt économique, géopolitique, tantôt catastrophiste de l’alimentation sur Terre (« il faut nourrir neuf milliards d’hommes », « géographie de la faim »), à une approche géoculturelle de l’alimentation. L’Atlas des cuisines et gastronomies, écrit avec Olivier Etcheverria et publié il y a quatorze ans pour le Festival International de Géographie dont c’était alors le thème, en atteste. Traduit en plusieurs langues, il a répandu l’idée que l’alimentation était aussi une pratique culturelle à forte dimension spatiale. Gilles Fumey ajoute que le choix d’une telle thématique à l’ENS n’est pas un hasard, pas plus que l’ouverture d’un Master consacré à ces questions à l’Université Paris-Sorbonne : il répond non seulement aux aspirations des jeunes générations ignorant où leurs intérêts pour l’alimentation peuvent les mener professionnellement. Mais aussi aux interrogations propres à une période de transition entre des pratiques anciennes, qui ne se transmettent plus, et des pratiques nouvelles qui doucement s’imposent, sans toutefois évincer totalement les modèles traditionnels ou « de masse », comme les fast food. Et la transition est aussi sensible en termes de géographie : alors qu’il y a dix ans, la mondialisation de l’alimentation et l’idée que « nous allions tous finir au McDo » étaient sur toutes les lèvres, « le local » est aujourd’hui la grande préoccupation des consommateurs et des chercheurs. C’est sur cette géographie, plutôt que les pratiques alimentaires elles-mêmes, que veut porter ce Café.

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Compte rendu du Café géographique de Jacques Lévy ; L’Europe à qui perd gagne ?

Festival international de géographie,
6 octobre 2018

Ce Café, animé par Michèle Vignaux, porte un titre qu’elle juge intrigant. Mais les préoccupations européennes de l’intervenant, Jacques Lévy, sont bien connues : deux ouvrages portant sur l’Europe, en 1997 et en 2013, et une revendication constante de sa « nationalité européenne », font de lui un conférencier de confiance pour les nombreux convives chargés de questions.
Lévy prend la parole et lance une première idée pour lancer le débat. Autrefois l’Europe ennuyait beaucoup, et à Saint-Dié on n’en parlait pas, comme d’un tabou. Depuis 2005, petite passion pour les sujets européens a émergé : des passions politiques, « bonnes pour l’Europe », dit-il. C’est la fin d’un cycle où les gens favorables à la construction européenne pensaient qu’il ne fallait pas trop en parler, que les choses se feraient tranquillement, dans l’indifférence générale, avec un vocabulaire incompréhensible, et qu’un jour on se réveillerait en Europe sans le savoir. Si ce système a marché un temps, les citoyens se sont aperçus que c’était important, surtout les réticents vis-à-vis des décisions prises. Ce qui s’est passé à Saint-Dié – prises de conscience, mise du sujet sur le tapis – n’est qu’un microcosme.

Puis Jacques Lévy raconte l’histoire d’un paradoxe : celui du Brexit. La question de l’Irlande du Nord reste non résolue dans les négociations entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne, les accords de 1998 (Good Friday) ayant aboli la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord. Elle serait rétablie dans le cas où le Brexit adviendrait… ce que l’Irlande du Nord refuse, pour des raisons pratiques et symboliques, en mémoire de la « violence sale » des années 1980-1990. Indépendamment des rapports interétatiques, l’Europe se construit ; ce ne sont pas là des histoires d’Etats, mais d’Europe, ou plutôt de rapport à l’Europe. « Parce que c’est un même peuple que le peuple irlandais ! » rétorque quelqu’un dans la salle. C’est plus que cela : l’idée de vivre en paix, de disposer d’un espace commun, fait son chemin. Exemple : l’Irlande a obtenu son indépendance en 1921. Le Royaume-Uni a gardé l’Ulster (l’Irlande du Nord), région la plus développée du royaume. Or l’Irlande est devenue un des pays les plus riches de l’UE, alors que l’Ulster est la partie la plus pauvre du Royaume-Uni ; Dublin est devenu leur centre économico-culturel, alors que Belfast a décliné. Cela montre bien que la construction d’une société européenne s’effectue indépendamment des constructions étatiques nationales ou supranationales.
Les questions s’enchaînent : « L’Ecosse pose le même problème, sauf qu’elle est rattachée depuis bien plus longtemps au Royaume-Uni ». Ce n’est pas une raison, répond Lévy : la construction européenne est au contraire, pour ces régions n’adhérant pas ou à certaines conditions au sentiment national porté par l’Etat, une bonne occasion pour instaurer des marges de manœuvre qu’ils n’ont jamais eues auparavant. A titre d’exemple, la Bretagne n’a jamais voté contre l’Europe.

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Les risques naturels en France

Café géo du mardi 18 octobre 2016 avec Magali Reghezza-Zitt, maître de conférences à l’ENS Ulm

Au programme du Café du jour : la notion de risque naturel. S’il est connu qu’elle attire les (jeunes) chercheurs autant qu’elle capte les fonds, elle sera traitée et discutée en présence d’une des chefs de file de la spécialité en France. Auteure de nombreux ouvrages consacrés à la question, dont deux issus de ses travaux de thèse, engagée dans plusieurs programmes de recherche commandés par des collectivités – Magali Reghezza travaille en ce moment à Paris sur les risques d’inondation – elle est en même temps maître de conférences habilitée à diriger des recherches de géographie à l’ENS Ulm où elle assure notamment les cours de préparation à l’agrégation. Ses multiples casquettes devaient toutes être mobilisées dans cette intervention dynamique représentative de ses compétences « d’experte » et de pédagogue, mais surtout de sa capacité à les mobiliser simultanément dans un discours particulièrement abondant qui complique la tâche d’en rendre compte.

Puisqu’on concentrera surtout nos efforts de synthèse sur les manières dont Magali Reghezza a abordé et traité la thématique ce soir-là (car ce sont elles qui ont fait (le) débat) il faut d’abord comprendre la manière dont l’animatrice de la séance, Elisabeth Bonnet-Pineau, l’a problématisée. Elle a mis en lumière deux paradoxes : d’une part, la « recrudescence des catastrophes » en 2015, signalée par le CRED dans son dernier rapport, alors même que la connaissance et les techniques de prévention des risques semblent s’améliorer ; d’autre part, la contradiction intrinsèque entre la fréquence et l’intensité des catastrophes « naturelles » (les sécheresses s’avérant, d’après le CRED, les plus meurtrières d’entre elles à l’échelle de la planète). Le propos est déjà appelé à dépasser le sujet des « risques naturels en France », ce qu’a confirmé le déroulement de la séance : l’intervenante s’est en effet bien attachée à déconstruire, à l’aune d’un argumentaire pragmatique et précis, chacune des notions contenues dans le sujet de départ, dont il s’agissait d’évaluer le sens et la pertinence et, peut-être, de calmer les inquiétudes éventuelles dues, pour leur plus grande part, à un court-circuitage terminologique entre le « risque » et la « catastrophe » dont le public a pu s’extraire.

Des mots pour les risques, au(x) risque(s) des mots : la géographie des risques à l’heure du paradigme de la complexité.

Magali Reghezza propose d’entrer dans le sujet par l’épistémologie, suggérant ainsi que l’existence de telles problématiques, en sciences comme en société, s’explique au moins en partie par l’empilement des concepts relatifs aux risques en Géographie. Elle veut montrer, d’une part, que le champ d’étude des risques est à la mesure de ce que la Géographie en a fait : « la façon de traiter l’objet risque en Géographie montre que la discipline est vivante, qu’elle évolue (…). Et les débats qui s’y jouent se retrouvent point par point dans la façon d’envisager les risques ». Ainsi décèle-t-on, dans les premières (quand ? Elle ne les datera pas) approches des risques, l’empreinte structurelle et structurante de la discipline, des « géographes physiciens » qui s’attachent dès les années 1970 d’abord à comprendre leur paramétrage « naturel », préalable indispensable à la compréhension de ce qu’on qualifie alors parfois « nuisance » ou de danger ; par la suite, à l’heure où la géographie physique se renouvelle en une « géographie de l’environnement », les géographes insistent sur le rôle de l’anthropisation dans la transformation des processus physiques, sur l’importance des sociétés dans la fabrique des risques dits naturels, et cherchent in fine à dénaturaliser les catastrophes.

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Géographier aujourd’hui au collège et au lycée

« Géographier aujourd’hui au collège et au lycée », avec Bertrand Pleven, PRAG à l’ESPE de Paris, doctorant, UMR Géographie-Cités, EHGO, au Bar de la Poste (FIG – Saint-Dié-des-Vosges) le dimanche 2 octobre 2016.

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Sous la direction de Marie-Claire Robic et Muriel Rosemberg avec les contributions de Bertrand Pleven, Arnaud Brennetot, Julien Champigny, Guilhem Labinal, Caroline Leininger-Frézal, Didier Mendibil, Marielle Wastable, 340 pages, 30 €

L’invité du dernier Café géographique de l’édition 2016 du Festival International de Géographie est Bertrand Pleven. Ses trois interventions de ce week-end ont fait apparaître ses multiples casquettes : celle d’un doctorant engagé dans la réalisation d’une thèse de géographie sur « les territoires urbains dans le cinéma contemporain », puis celle du professeur à l’ESPE de Paris, où il prépare les étudiants au CAPES de Géographie. C’est en tant que contributeur à l’ouvrage Géographier aujourd’hui : enseigner la géographie au collège et au lycée (dir. Marie-Claire Robic et Muriel Rosemberg), paru en 2016 aux éditions ADAPT/SNES, qu’il s’exprime lors de cette rencontre qui, bien qu’elle ait repris dans son intitulé le nom de l’ouvrage, se veut informelle, non publicitaire et ouverte à la construction d’une réflexion collective autour de trois questionnements que le conférencier propose comme lignes directrices du débat : il s’agira d’abord de se demander « où nous situent les programmes », pour réfléchir à « quelles balises utiliser » pour « géographier » et enfin interroger « la carte de la géographie scolaire aujourd’hui », qu’il faudrait connaître et comprendre pour savoir comment « l’habiter », « s’y mouvoir », bref, pour ne pas « subir » les programmes, mais « les transcender ». Bertrand Pleven ouvre ainsi une conversation dont la dimension réflexive est double : il s’adresse ici aux enseignants soucieux de réfléchir (à) leurs pratiques, leurs positionnements et leurs trajectoires, mais aussi aux géographes, enjoints à observer les géographies universitaire et scolaire comme des espaces différents entre lesquels l’enjeu reste de « faire des ponts ».

On voudrait, dans ce compte rendu, tenter de composer avec la complexité des trajectoires prises par la discussion enclenchée, dans l’optique de produire un discours cohérent et intelligible pour un lecteur non auditeur. On voudrait aussi y restituer une des originalités de ce Café Géographique, qui tient à la forte mobilisation du vocabulaire de l’espace pour désigner et décrire des ensembles dont on n’interroge que rarement la spatialité. C’est moins comme une métaphore que comme un levier de mise en lumière des enjeux et un moyen particulièrement stimulant de penser la géographie (on se réfère par ce terme à la discipline et, plus largement, au corps des savoirs produits afin de penser l’espace) qu’il est ici repris.

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