Covid-19, géopolitique d’une pandémie, par Béatrice Giblin

Lundi 17 février 2022, nous avons accueilli au Café de la Mairie (Paris 3e) Béatrice Giblin, géographe, professeure émérite des Universités, directrice de la revue Hérodote, pour un café géopolitique consacré à la géopolitique de la pandémie du Covid-19, sujet du dernier numéro de la revue Hérodote (2021/4, n°183).Compte rendu rédigé par Daniel Oster. (suite…)

Frontières des territoires, frontières de l’intime, Daniel Oster.

La crise sanitaire du coronavirus n’en finit pas de bousculer nos manières de vivre, nos habitudes et nos croyances. Alors que débute en France le deuxième confinement, dans un entretien au Figaro paru le 3 novembre 2020, l’écrivain-géographe Sylvain Tesson nous propose sa vision des frontières, celles des territoires comme celles de l’intime (suite…)

La crise sanitaire du coronavirus, un fait éminemment géographique, Daniel Oster.

La propagation du virus sur le globe © Andriy Onufriyenko / Coll. Moment – Getty

Dès le début de la pandémie de Covid-19, nous avons eu la conviction que la crise sanitaire actuelle représentait un fait éminemment géographique. Aussi en avons-nous rendu compte dans quelques articles publiés en mars dernier sur le site des Cafés géographiques : Réflexions géographiques sur la Chine et le coronavirus (7 mars 2020), L’efficacité de la gestion de crise du coronavirus dépend-elle du régime politique ? (18 mars 2020), La crise sanitaire du coronavirus est aussi une crise écologique (25 mars 2020). (suite…)

La crise sanitaire du coronavirus est aussi une crise écologique, Daniel Oster.

 

C’est « la plus grave crise sanitaire » que la France affronte depuis un siècle. Cette crise, de dimension mondiale, n’est pas seulement sanitaire, elle est également économique et financière, et son volet politique ne saurait être négligé avec ses replis nationaux et l’absence d’une véritable coordination globale. Pour les spécialistes qui réfléchissent aux liens entre la biodiversité et la santé, derrière la crise du coronavirus, il y a, à l’évidence, une crise écologique qui est en rapport avec l’anthropisation croissante de la planète et la globalisation des échanges.

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L’efficacité de la gestion de crise du coronavirus dépend-elle du régime politique ? Daniel Oster.

Le Président chinois, Xi Jinping, en visite mardi 10 mars 2020 à Wu Han, la ville où s’est déclaré le coronavirus en décembre 2019 et qui est toujours en quarantaine (https://www.la-croix.com/Monde/Asie-et-Oceanie/Coronavirus-A-Wuhan-Xi-Jinping-garde-crier-victoire-2020-03-11-1201083349).

 Depuis le 11 mars dernier, l’épidémie du Covid-19 est qualifiée de « pandémie » par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Les chiffres à ce jour : 6 000 morts, plus de 150 000 personnes contaminées, 120 pays affectés.

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Réflexions géographiques sur la Chine et le coronavirus, Daniel Oster.

Depuis son apparition à Wuhan (Chine) à la mi-décembre 2019, l’épidémie de coronavirus a beaucoup fait parler d’elle jusqu’à inquiéter aujourd’hui (6 mars 2020) le monde entier. Le coronavirus, nommé officiellement « covid-19 » par l’OMS, a déjà causé plus de 3 400 décès tandis que le nombre de 100 000 personnes infectées dans une soixantaine de pays va être dépassé ces jours-ci. Certains n’hésitent plus à parler d’une véritable psychose collective qui se répand largement grâce à la médiatisation planétaire et la puissance des réseaux sociaux. La France n’échappe pas à cette vague déferlante malgré la gestion raisonnée des pouvoirs publics. Il nous semble qu’une réflexion géographique, même succincte et parcellaire, a toute sa place dans le flot des innombrables commentaires de toute nature que le coronavirus suscite, ne serait-ce que pour mettre en évidence quelques simples faits spatiaux qui ne manquent pourtant pas d’importance.

Après le SRAS apparu en 2003, un nouveau coronavirus est parti de Chine en décembre 2019 pour ensuite se propager dans le reste du monde (Source: https://img.medscape.com/thumbnail_library/is_200117_china_map_800x450.jpg)

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Le parcours géographique des épidémies : des certitudes pour le sida, des incertitudes pour Ebola, Daniel Oster.

monde-ruban-sidaL’Organisation mondiale de la santé (OMS)  a institué en 1988 une Journée mondiale de lutte contre le sida. Depuis cette date celle-ci  est organisée tous les 1er décembre pour sensibiliser les différents acteurs et l’opinion internationale aux moyens les plus appropriés à la lutte contre la pandémie. Dans le même temps les avancées de la recherche permettent une connaissance grandissante du fléau jusqu’à pouvoir reconstituer aujourd’hui son origine et les étapes de sa diffusion.

La revue américaine Science a publié le 3 octobre dernier un remarquable travail scientifique permettant de reconstituer le parcours géographique du sida (VIH ou virus de l’immunodéficience humaine) depuis son apparition dans l’actuelle République démocratique du Congo dans les années 1920.[1]

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Géographie de la maigreur : réalités et représentations, Bénédicte Tratnjek.

Depuis quelques mois maintenant, les Cafés géographiques sont sur Facebook. Et, comme tous ceux qui s’y sont essayés, ils reçoivent des publicités « ciblées ». Passons sur le fait que Facebook propose nécessairement à toute personne qui aurait sélectionné, pour son profil, le sexe féminin, des publicités sur les régimes (une femme aurait comme « nécessairement » des kilos à perdre)… Passons également sur la dangerosité des régimes proposés. Mais intéressons-nous aux représentations et à la géographie de la maigreur.

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« Pasteur et ses lieutenants », Annick Perrot, Maxime Schwartz (Odile Jacob, 2013),  Daniel Oster.
pasteur

Annick Perrot et Maxime Schwarz, Pasteur et ses lieutenants. Roux, Yersin et les autres, Odile Jacob, 2013, 270 p.

C’est une page essentielle de l’histoire de la biologie et de la médecine qu’Annick Perrot et Maxime Schwartz ont choisi de raconter à travers les destins croisés de Pasteur et de ses disciples, du milieu du XIXe siècle à la Seconde Guerre mondiale. Si l’un de ces découvreurs (Louis Pasteur) conserve une place éminente dans la mémoire nationale et même mondiale, il n’en est pas de même des autres savants  « pasteuriens » alors que leur rôle a été fondamental dans la guerre livrée contre les maladies infectieuses. Il aura fallu le roman à succès de Patrick Deville[i], publié en 2012, pour attirer l’attention sur l’un de ces personnages extraordinaires, Alexandre Yersin, à qui l’on doit la découverte du bacille de la peste à Hong-Kong en 1894.

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