L’Arctique : changements environnementaux, développements régionaux, ambitions géopolitiques, par Eric Canobbio.

Compte rendu du café géographique du jeudi 16 janvier 2020, à 18h30 à Annecy (Café librairie BD Fugue Centre Bonlieu). « L’Arctique : changements environnementaux, développements régionaux, ambitions géopolitiques » par Eric Canobbio, maître de conférences à l’université Paris-VIII Saint-Denis et chercheur spécialisé dans la régionalisation du domaine arctique canadien et ses enjeux géopolitiques. Compte rendu de Laury Barbier et Elise Behidi.

Les questions que l’on se pose aujourd’hui sont révélatrices du changement de nature et de statut de l’Arctique. Ce sujet s’est complexifié depuis 15 ans et on l’appréhende aujourd’hui à travers de grandes thématiques avec une échelle commune : l’Arctique au singulier. Or, les géographes ont surtout tendance travailler à des échelles nationales et locales qui sont signifiantes pour l’appréhension des changements sociétaux et des grandes questions environnementales.

La définition et les limites de l’Arctique sont complexes ; c’est un espace non homogène, polymorphe et polysémique historiquement. On considère que l’Arctique commence au cercle polaire 66.33°, ce qui fabrique un espace de plus de 21 millions de km². Cet espace est particulier dans la mesure où il s’agit d’abord d’un océan avec des littoraux très complexes. Ces derniers sont très découpés, très différenciés, et ce petit océan forge l’illusion d’une unité. Ainsi, on a parlé historiquement de “méditerranée arctique”, mais cette expression n’est pas exacte ; il s’agit d’une mer cloisonnée et non pas d’une mer de lien.

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Tourisme et développement dans les pays du sud : les illusions du modèle communautaire, par Bernard Schéou.

Café géographique de Montpellier, 2018, rencontre avec Bernard Schéou, enseignant-chercheur, IAE, Université de Perpignan Via Domitia. Compte rendu rédigé par Laure Alauzet.

Après un doctorat en économie et des études de philosophie, Bernard Schéou travaille depuis une vingtaine d’années sur le tourisme communautaire. Au-delà de la recherche, il s’implique sur le terrain via des associations de tourisme équitable et communautaire. Ainsi, en conciliant à la fois la théorique avec la recherche et la pratique avec son engagement associatif, il acquiert une certaine légitimité qui lui permet, grâce à une distanciation et une position critique délicate, de se questionner sur le bien-fondé des objectifs, chemins et résultats du tourisme équitable. Le travail de recherche a été fait en collaboration avec Alain GIRARD qui n’est pas présent.

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