Bird People (Pascale Ferran, 2014), Manouk Borzakian.
Bird People, Pascale Ferran, 2014, France.

Bird People, Pascale Ferran, 2014, France.

Il faut changer d’échelle pour modifier son regard ou, plutôt, multiplier les échelles d’observation pour épuiser la connaissance et la compréhension d’un lieu. Un beau texte de Michel de Certeau rappelle la nécessité de descendre du gratte-ciel pour se mêler à la foule, d’abandonner la vision zénithale, la position d’Icare, pour se mêler aux promeneurs et (re)découvrir la ville à hauteur d’homme, avec ses micro-événements, ses petites bousculades. C’est à ce genre d’exercice de va-et-vient entre points de vue et entre échelles que nous convie Bird People, par une suite d’artifices permettant d’épuiser un lieu aux ramifications spatiales infinies, ce connecteur mondial qu’est l’aéroport de Roissy.

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L’Ouest à la dérive (The Homesman, Tommy Lee Jones, 2014), Manouk Borzakian.
(<i>The Homesman</i>, Tommy Lee Jone, 2014, USA)

(The Homesman, Tommy Lee Jone, 2014, USA)

Repartir vers l’Est. Cinq semaines à travers le Mid-West, tour à tour glacial et balayé par le vent, avec en point de mire le Missouri, mais pour le franchir à l’envers, contre le sens de l’histoire. Fuir. Échapper à la Wilderness, devenue enfer, épreuve insoutenable, impasse à ciel ouvert, territoire de la diphtérie, de la famine, de la nature indomptée et pour toujours hostile. Tenter, dans un dernier face à face avec les éléments, de rallier la Civilisation, seul espoir de salut. In fine, opter pour le retour, la résignation, ultime aveu de faiblesse, d’impuissance : désolés mais non, impossible, on ne le fera pas, on rentre à la maison, conquérir l’Amérique rend trop fou, ou trop idiot, et puis l’Ouest, vraiment, ce n’est pas ce qu’on nous avait promis.

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Moi, Auguste, empereur de Rome, Michel Giraud.

Grand Palais (19 mars – 13 juillet 2014)

moi-auguste-empereurFils adoptif de César, vainqueur d’Antoine et de Cléopâtre, Auguste (63 av. J.-C. – 14 ap. J.-C.) est l’un des rares personnages de l’histoire à avoir laissé son nom à un siècle. Le bimillénaire de sa mort a donné l’occasion au musée du Louvre et au Grand Palais de s’associer pour présenter près de 350 objets de la période augustéenne. En arpentant les vastes volumes du Grand Palais, le visiteur peut apprécier des pièces monumentales, des statues plus grandes que nature, en bénéficiant d’une disposition scénographique qui facilite l’accès aux œuvres.

L’exposition est organisée en sept sections, sur deux étages. Nous nous attacherons particulièrement  à l’action géographique d’Auguste.

 

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Maps to the stars (David Cronenberg, 2014), Bertrand Pleven.
Maps to the stars, David Cronenberg

Maps to the stars, David Cronenberg

Geography of violence

Pourquoi Agatha vient-elle à Los Angeles? Où la conduit Jérôme, le chauffeur qui se rêve acteur ? Est-on parti pour un grand tour des lieux et des figures hollywoodiennes entre studios, villas, backstage, enfant acteur assez mûr pour la toxicomanie, actrice vieillies et aigries avant l’heure et gourou/coach ou David Cronenberg nous prépare-t-il un retour sur terre ? Le prix d’interprétation à Cannes attribué à Julian Moore n’est-il que le résultat d’un regard narcissique du monde du cinéma sur ses propres travers, sur sa performance ou nous dit-il quelque chose de la performance des acteurs dans notre bas monde, et de nos mondanités spatiales contemporaines ?

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La loi anti-tabac et l’espace des sociétés, Yohan Lafragette.
Concentration de mégots sur les rails de la ligne C du RER  (Photo Yohan Lafragette)

Concentration de mégots sur les rails de la ligne C du RER  (Photo Yohan Lafragette)

Depuis une trentaine d’années, la cigarette n’est plus en odeur de sainteté. Autrefois prônée, comme pendant la guerre, pour ses vertus sur la respiration (!), l’industrie du tabac est aujourd’hui très limitée dans sa communication, en particulier en France. Loin de moi l’idée de remettre en cause l’avancée sanitaire, mais cela va au-delà désormais : la guerre est déclarée à l’encontre des fumeurs. Avec des espaces faits pour eux, qui changent l’espace de chacun, voici une petite géographie face à la fumée. (suite…)

Dans la cour (Pierre Salvadori, 2014), Manouk Borzakian.

À force de modestie et de légèreté, on pourrait accuser Pierre Salvadori de proposer un cinéma drôle et divertissant mais inoffensif. Un cinéma n’ayant rien à dire sur la société et tirant sans relâche sur la corde du duo improbable. En quelque sorte, un cinéma à la Griffith[1], mettant en parallèle ou en présence des individus issus de milieux différents, pour profiter des potentialités comiques de ces associations tout en se gardant d’interroger les rapports de force et de domination, pas plus le destin collectif dont les individus sont porteurs, en lien avec leur bagage socioculturel.

Dans-la-cour_Affiche

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Archives – Les lettres de Cassandre

En hommage à Pierre Gentelle

Trois ans que le géographe Pierre Gentelle nous a quittés. Trois ans, et ces lignes sont toujours aussi difficiles à écrire. Ses propos, dérangeants, souvent agaçants, toujours avec une pointe d’humour inimitable, ont marqué le site des Cafés géographiques. Pierre nous a quittés la veille du Festival international de géographie de 2010. Après plusieurs Cafés cartographiques organisés en son honneur par Jasmine Salachas au FIG 2012, une table-ronde lui rendra hommage cette année à Saint-Dié-des-Vosges, pour un FIG 2013 entièrement consacré à la Chine, pays dont il rêva tant d’années de le voir invité au FIG.

Personnage aux multiples facettes – provocateur en conférence pour faire réagir et réfléchir son auditoire (il était déçu lorsque suggérant à dessein un déterminisme géographique, il voyait la salle acquiescer ; lui rêvait qu’elle prenne plutôt la parole et réfléchisse avec lui), « coach » de doctorants à qui il prodiguait de nombreux conseils, amoureux du terrain vers lequel il se tournait sans cesse –, Pierre était l’un des piliers du travail « invisible » du site des Cafés géographiques, évaluant avec quelques jeunes géographes tous les textes que l’on nous proposait. Les soutenant, ou dénonçant leur trop grand « classicisme », ou s’effarant d’une grande méconnaissance du terrain.

Pierre, trois ans plus tard, l’équipe des Cafés géographiques reste orpheline de l’un de ses agitateurs, qui savait accueillir les « petits jeunes » avec bienveillance et disponibilité. Nous gardons dans nos mémoires les échanges riches autour de la relecture de tes Lettres de Cassandre. Tu les soumettais toujours à notre critique la plus libre. Quelle écoute de nos conseils, pourtant prodigués par de jeunes pousses qui ne connaissaient que très modestement la géographie ! Quels coups de colère aussi, de temps à autre, qui nous forçaient à remettre sans cesse sur le métier la devise des Cafés géo : faire de la géographie autrement.

A toi, Pierre, notre ami, qui nous manqueras plus que jamais à Saint-Dié-des-Vosges !

Bénédicte Tratnjek & Olivier Milhaud

Des hommages sur le site des Cafés géographiques :

D’autres hommages :

 

Retrouvez toutes les archives de la rubrique

Les lettres de Cassandre, à consulter et télécharger au format PDF.

Tirer des flèches vers le ciel, Pierre Gentelle, 7 décembre 2004
pdf_icon_16 1 Tirer des flèches vers le ciel.pdf
Le monde tel qu’il va : essai sur les mécanisme (le textile), Pierre Gentelle, 10 décembre 2004
pdf_icon_16 2 Le monde tel qu’il va – essai sur les mécanismes.pdf

Le monde tel qu’il va : essai sur les mécanismes (le charbon), Pierre Gentelle, 12 décembre 2004
pdf_icon_16 3 Le monde tel qu’il va – le charbon.pdf

Le géographe entre risques et certitudes, Pierre Gentelle, 02 janvier 2005
pdf_icon_16 4 le géographe entre risques et certitudes.pdf

La résilience dans la société chinoise, Pierre Gentelle, 12 janvier 2005
pdf_icon_16 5 La résilience de la société chinoise.pdf

Aux abris : les honnêtes gens arrivent !, Pierre Gentelle, 04 février 2005
pdf_icon_16 6 Aux abris les honnêtes gens arrivent.pdf

La grande grue grise, Pierre Gentelle, 14 février 2005
pdf_icon_16 7 La grande grue grise.pdf
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Bill Viola, Maryse Verfaillie.

Grand Palais, Galeries nationales, [5 mars-21 juillet 2014]

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 Le Grand Palais accueille pour la première fois une  exposition de vidéos. Elle est consacrée au vidéaste américain Bill Viola qui travaille depuis quarante ans déjà et qui n’avait pas encore connu un tel honneur en France, alors que les grands musées américains (New York, Los Angeles) et européens (Londres, Berlin) avaient déjà porté son œuvre devant le grand public. Une vingtaine d’œuvres majeures ont été scénographiées.
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La voiture, lieu mobile de la politique (L’expérience Blocher, Jean-Stéphane Bron ; Viva la Libertà, Roberto Andòn, 2013),


Viva la Libertà (Roberto Andòn, Italie, 2013), L’Expérience Blocher (Jean-Stéphane Bron, France/Suisse, 2013).

Quel point commun entre Viva la Libertà, du romancier-désormais-cinéaste Roberto Andò, et L’expérience Blocher, du documentariste Jean-Stéphane Bron ? Entre la chronique imaginaire d’un technocrate gagné par l’incertitude, et le quotidien d’un tribun que jamais l’ombre d’un doute ne semble assaillir ? Entre le chef d’une social-démocratie qui n’en finit plus de voir ressurgir l’insubmersible – ou presque – Cavaliere, et le leader d’une extrême-droite voulant à toute force jouer le parti d’opposition alors qu’elle est depuis plusieurs années la première formation du pays ? Entre le dandy italien, amateur de cinéma, élégant, charmeur et discret, et l’homme d’affaires brassant les millions et les toiles de maîtres en accusant les étrangers de prendre le travail des ouvriers suisses et de menacer l’identité helvétique ? Un point commun, sans doute le seul : la voiture.

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Géopolitique de l’Europe, par Pascal Orcier.

Café de géographie du 11 février 2014, par Pascal Orcier (Université de Lyon III), Café l’Avenue, Mulhouse. Notes de Françoise Dieterich

La géopolitique de l’Europe est un sujet d’actualité à 100 jours des élections européennes, 48 heures après la votation suisse et en pleins Jeux Olympiques de Sotchi.

La question de l’Ukraine est au cœur de l’actualité car écartelée entre l’UE et la Russie mais comment se représente la frontière pour chacune de ces entités ? Une frontière négociée pour l’UE?  Un front ou un glacis pour les Russes ?

Sur un autre plan, l’attitude ambiguë de la Suisse face à UE dont elle est une enclave depuis l’adhésion de l’Autriche en 95 mais qui reste en marge de l’UE.

L’Europe est un continent neuf en terme géopolitique. Ses frontières ont été stables entre 1945 et 1990, avant les bouleversements liés à la fin de la Guerre Froide. Ensuite sa carte politique a changé à plusieurs reprises : implosion de l’URSS,  morcellement de la Yougoslavie, scission de la Tchécoslovaquie.  La dernière modification date de 2008 avec la création du Kosovo. Elle va peut-être encore évoluer selon le résultat du référendum de septembre prochain en Écosse.

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