Repartir vers l’Est. Cinq semaines à travers le Mid-West, tour à tour glacial et balayé par le vent, avec en point de mire le Missouri, mais pour le franchir à l’envers, contre le sens de l’histoire. Fuir. Échapper à la Wilderness, devenue enfer, épreuve insoutenable, impasse à ciel ouvert, territoire de la diphtérie, de la famine, de la nature indomptée et pour toujours hostile. Tenter, dans un dernier face à face avec les éléments, de rallier la Civilisation, seul espoir de salut. In fine, opter pour le retour, la résignation, ultime aveu de faiblesse, d’impuissance : désolés mais non, impossible, on ne le fera pas, on rentre à la maison, conquérir l’Amérique rend trop fou, ou trop idiot, et puis l’Ouest, vraiment, ce n’est pas ce qu’on nous avait promis.
Café de Flore, Café géographique, 29 avril 2014
Henry Jacolin, ancien ambassadeur, Président de l’Association internationale d’histoire des chemins de fer www.aijc-irha-aihf.com
Alain Gascon, Professeur émérite à l’Institut Français de Géopolitique de Paris 8, ancien chargé de cours à l’INALCO
Paul Véron, modérateur de la soirée, est directeur de la communication et directeur du Moyen-Orient de l’Union internationale des chemins de fer. L’Union internationale des chemins de fer est une organisation mondiale de coopération des chemins de fer, créée en 1922 au lendemain de la Première Guerre mondiale à Paris. Elle gère toutes les formes de coopération entre les chemins de fer du monde : standardisation des équipements ferroviaires et représentation du secteur ferroviaire auprès des grands organismes mondiaux.
Le chemin de fer est beaucoup plus qu’un mode de transport. Il peut être étudié sous de très nombreux angles. Les premiers chemins de fer, lents, desservant des distances courtes, ont servi à réaliser quelques prouesses techniques et à transporter personnes et marchandises entre des centres importants. Progressivement, le chemin de fer est devenu un outil d’aménagement du territoire, de contrôle des territoires, d’exercice du pouvoir et outil de stratégie militaire. Première ligne internationale entre Liège et Cologne. Puis le chemin de fer devient mode d’expression du pouvoir politique, militaire, colonial.
Les deux cônes mythiques du Grand Ararat (5165 m), presque entièrement masqué par les nuages, et du Petit Ararat (3925m), largement dévoilé, dominent la vallée de l’Araxe qui marque la frontière entre la Turquie et l’Arménie. Du côté arménien, le monastère de Khor Virap, haut lieu de la chrétienté juché au bout d’une ligne de collines, veille sur une mer de vignes et d’arbres fruitiers. (Cliché de Daniel Oster, mai 2014)
L’Ararat, l’Arménie et le mythe biblique
Le mont Ararat, aujourd’hui situé à l’extrémité orientale de la Turquie, continue d’exercer une véritable fascination sur le peuple arménien. Il reste intimement lié à l’arménité, notamment par ses multiples représentations mentales et artistiques, sa présence fréquente dans les maisons et les appartements des Arméniens. Les habitants de Erevan, la capitale de l’actuelle république d’Arménie, sont habitués au décor paysager de l’Ararat pourtant situé à quelque 50 km de là. Mais c’est à proximité du monastère de Khor Virap, tout près de la frontière avec la Turquie, que la montagne mythique se laisse approcher à environ 30 km. C’est à cet endroit, par une belle matinée printanière, chaude et laiteuse, que nous avons pris ce cliché qui, malheureusement, n’a pu révéler qu’un fragment du grand volcan englacé, tout en dévoilant l’essentiel de son voisin de plus petite taille… le Petit Ararat, un « petit » qui culmine tout de même à près de 4 000 m !
Retrouvez en vidéo le Café Géo de Reims du 28 mai 2014 « Coupe du monde de football : les enjeux d’une manifestation mondiale pour le Brésil », avec Pernette Grandjean (professeur émérite de géographie à l’Université de Reims Champagne-Ardenne) et Jérémie Bastien (doctorant en sciences économiques (économie du sport) à l’Université de Reims Champagne-Ardenne).
Alors que les questions sociales autour de la Coupe du monde 2014 au Brésil se font entendre, la France prépare son « Euro » 2016, la coupe d’Europe des nations de football. Si les conflits sont bien moins importants en France, ils sont malgré tout très présents au niveau local et l’objet d’intérêts globaux. Les 10 stades qui accueilleront l’Euro sont déjà sélectionnés, il s’agit du Stade de France, de 5 stades à réhabiliter et de 4 stades construits pour l’événement. Ce sont ces 4 stades qui vont nous intéresser. Les stades de Nice et de Lille sont déjà construits et fonctionnels, les stades de Bordeaux et Lyon sont en construction. Ces projets ont coûté des centaines de millions d’euros et sont donc évidemment au cœur des projets des villes concernées. Après le Stade de France construit pour la Coupe du monde 1998, voici une nouvelle génération de stades qui sont attachés à un club (contrairement au Stade de France) et intégrés à un projet de développement local (comme le Stade de France) 1. Il est donc intéressant de comprendre quelles logiques urbaines sous-jacentes sont présentes dans la construction de ces stades, quelles visions de la ville, …, en un mot, quelle urbanité va être créée par ces nouveaux complexes sportifs dans les villes de Nice, Lille, Bordeaux et Lyon ?
Maurice Le Lannou définissait la géographie comme la science de l’homme-habitant (La géographie humaine, 1949). Il fut vivement pris à partie par Pierre George qui lui reprocha son angélisme. Pour ce dernier, l’homme était un producteur et un consommateur, point de vue strictement matérialiste qui n’avait que faire d’une dimension psychologique de la relation de l’homme avec son environnement. Par là Le Lannou se rapprochait de Gaston Bachelard et faisait le lien avec l’anthropologie sociale, sans d’ailleurs la mentionner spécialement. Il n’était pas un théoricien.
Habiter appartient à un registre officiel et administratif. Dans les parlers populaires des campagnes, en langue d’oïl, on dit demeurer ou rester et non pas habiter. Aux Antilles, une habitation est une propriété, le mot implique ici une dimension juridique. Habitare disait Le Lannou est en latin la forme fréquentative de habere : c’est posséder dans la durée.
Grand Palais (19 mars – 13 juillet 2014)
Fils adoptif de César, vainqueur d’Antoine et de Cléopâtre, Auguste (63 av. J.-C. – 14 ap. J.-C.) est l’un des rares personnages de l’histoire à avoir laissé son nom à un siècle. Le bimillénaire de sa mort a donné l’occasion au musée du Louvre et au Grand Palais de s’associer pour présenter près de 350 objets de la période augustéenne. En arpentant les vastes volumes du Grand Palais, le visiteur peut apprécier des pièces monumentales, des statues plus grandes que nature, en bénéficiant d’une disposition scénographique qui facilite l’accès aux œuvres.
L’exposition est organisée en sept sections, sur deux étages. Nous nous attacherons particulièrement à l’action géographique d’Auguste.
Geography of violence
Pourquoi Agatha vient-elle à Los Angeles? Où la conduit Jérôme, le chauffeur qui se rêve acteur ? Est-on parti pour un grand tour des lieux et des figures hollywoodiennes entre studios, villas, backstage, enfant acteur assez mûr pour la toxicomanie, actrice vieillies et aigries avant l’heure et gourou/coach ou David Cronenberg nous prépare-t-il un retour sur terre ? Le prix d’interprétation à Cannes attribué à Julian Moore n’est-il que le résultat d’un regard narcissique du monde du cinéma sur ses propres travers, sur sa performance ou nous dit-il quelque chose de la performance des acteurs dans notre bas monde, et de nos mondanités spatiales contemporaines ?
Dessin du géographe n°47
La falaise : un objet d’imaginaire (à propos d’une promenade géographique sur le littoral du Pays de Caux) par Michèle Vignaux.
Pour le géographe ou le géomorphologue, la définition d’une falaise est précise : escarpement rocheux en pente forte, le long d’une côte, créé par l’érosion…. Pour le promeneur et pour l’artiste, la falaise nourrit l’imagination et inspire des émotions et des sensations diverses. Elle peut apparaitre fragile ou hostile. Fragile au randonneur qui observe les éboulis qui s’accumulent sur la grève et l’encoche que la mer creuse à sa base. Hostile au marin lorsqu’elle se dresse pour barrer l’accès au rivage. Perché sur ses hauteurs, l’observateur a aussi un sentiment de puissance à observer sur une large étendue « la mer aux spasmes de méduse » (Saint-John Perse).
Lors des récentes tempêtes hivernales, la presse a ravivé les craintes de ses lecteurs sur le recul du trait de côte, particulièrement sur les littoraux à falaises (voir le rapport du GIP littoral aquitain sur les falaises du Pays basque), l’effondrement de pans entiers de roche symbolisant alors la menace que fait peser le changement climatique sur la planète.
Café géographique de Paris du 28 janvier 2014, avec Aymeric Landot (agrégé d’histoire, ancien élève de l’ENS-Lyon, co-président du Laboratoire junior Sciences Dessinées) et Bénédicte Tratnjek (doctorante en géographie, chargée de cours à l’université Lyon 3 et l’ISFEC de Rennes, Laboratoire junior Sciences Dessinées).
Suite au Café géographique du 28 janvier 2014, les deux intervenants ont souhaité rédiger un texte approfondi des différents points qu’ils ont abordé pendant ce café géo :







