Quels facteurs ont permis à la Suisse de devenir l’une des destinations les plus prisées, attirant l’essentiel de la demande européenne au XIXe siècle et se maintenant parmi les grandes puissances touristiques depuis ? L’ouvrage dirigé par Cédric Humair et Laurent Tissot, enseignants-chercheurs respectivement à Lausanne et Neuchâtel, tente d’expliquer cette « soif » que la Suisse a attisée chez les Anglais dès la fin du XVIIIe siècle, puis les autres Européens.
Environs et mesures : l’approximatif et l’exact, le flou et le fixe, le proche et le précis, le fictif et l’effectif, etc. Cet essai distingue et associe les mots : la fable et le vrai, le mythe et le savoir se mêlent dans les œuvres de fiction comme dans les écrits du savant.« On ne peut pas s’empêcher d’interroger le réel en même temps que l’imaginaire, c’est-à-dire décortiquer chaque élément d’une fable pour voir s’il peut, en plus de distraire, obéir aux lois de la physique » (p. 72). Le géographe n’y échappe pas, qui cherche en vain le bout du monde et l’entrée des Enfers, ou qui croit mesurer la terre alors qu’il la toise. Mais « la géographie n’est pas la seule à donner l’hospitalité à la fois au vrai et au faux » (p. 30). Déjà, en 2004, Pierre Senges avait réfuté par la fiction la découverte de l’Amérique[1] ; il interroge ici « les terres à moitié imaginaires, à moitié réelles de notre géographie » (p. 89).
« C’est peu, un carré de 3 cm découpé dans les fils bleus, les traits rouges et les piquetés verts de la carte au 1/100000°. En ce cadre étroit, je ferai tenir toute la France. » (M. Bedel, p. 12)
La vignette, sans doute une xylographie, présente un croquis marron et blanc et un cartouche brun rouge qui l’encadre. Celui-ci symbolise les productions agricoles et l’abondance rurale traditionnelles : arçon de vigne (ou « vignette »), épis et botte de blé, le vin et le pain. Le croquis, lui, fait question par la maladresse du piqueté des vignes, de la houle des blés, des arbres épars, des filets d’eau et surtout des routes démesurées et plaquées sur le paysage et plus encore sur le village. Et comme ce croquis fait justement 3 cm² sur la couverture originale, il n’est sans doute pas l’œuvre d’un professionnel de l’édition, mais de l’auteur lui-même qui, à plusieurs reprises, se qualifie ainsi : « Je suis un géographe, je me présente ici comme tel, et c’est de géographie que je traite en ces pages » (p. 25).
Le Canton du Valais est connu en Suisse et à l’étranger pour son microclimat qualifié de « méditerranéen ». Les sites internet promouvant le tourisme dans cette région alpine ne manquent jamais de souligner l’exceptionnalité du climat valaisan, qui peut vanter, en été comme en hiver, une présence presque constante de soleil. Les genevois connaissent les bienfaits hivernaux des escapades dans les montagnes valaisannes. Quand la grisaille domine les côtes du Lac Léman, il suffit de prendre le train en direction du Valais pour retrouver le ciel bleu et le soleil.
« Du renseignement » (Revue Défense Nationale), Benjamin Guinet, 19 février 2013
rdn-755-renseignement.pdf
L’Avantage métropolitain (Ludovic Halbert), Manouk Borzakian, 05 février 2013
avantage-metropolitain.pdf
Les territoires saisis par le virtuel (Anolga Rodionoff), Hovig Ter Minassian, 19 janvier 2013
territoires-virtuels.pdf
Les fleuves mythiques (Elisabeth Dumont-Le Cornec), Daniel Oster, 06 janvier 2013
fleuves-mythiques.pdf
Christian Montès (université de Lyon-2) est bien connu des Cafés géos (voir, entre autre, un mémorable débat avec I. Lefort). Il vient de publier l’essentiel de son imposante thèse consacrée aux transports lyonnais. Les liens entre la ville et les transports sont souvent caricaturés, car difficiles à décortiquer.


