Une lecture géographique de Palmyre, Daniel Oster.
L’organisation djihadiste Etat islamique a fait exploser le 4 octobre 2015 l’Arc de triomphe de Palmyre (Syrie) , inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. C’est la poursuite d’une destruction systématique de la cité antique qui a commencé le 31 août (www.leparisien.fr)

L’organisation djihadiste Etat islamique a fait exploser le 4 octobre 2015 l’Arc de triomphe de Palmyre (Syrie) , inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. C’est la poursuite d’une destruction systématique de la cité antique qui a commencé le 31 août (www.leparisien.fr)

Le texte qui suit n’est pas exactement un compte rendu du livre de Paul Veyne1, il en propose plutôt une lecture géographique, d’où l’importance qu’il accorde à l’espace et aux lieux et le moindre intérêt qu’il porte à l’histoire de la cité syrienne sauf pour en souligner les composantes spatiales.

Une situation frontalière à l’est de l’Empire romain

« Vers l’an 200 de notre ère, la cité (de Palmyre) appartenait au vaste Empire romain, à son apogée en ce temps-là, qui s’étendait de l’Andalousie à l’Euphrate et du Maroc à la Syrie. » « Rome et la Perse (…) s’étaient partagé le monde de part et d’autre du fleuve Euphrate. » (P. Veyne, op. cit. p 11-12).

Au sein de l’Empire romain, la situation de Palmyre était clairement frontalière. C’était une oasis proche du désert syrien qui s’étendait vers l’est et l’Euphrate, situé à moins de 100 km. « Les Palmyréniens étaient des marchands qui importaient de Perse les produits de l’Inde et de l’Arabie et les vendaient dans les territoires romains. » (Appien, Guerres civiles, Livre V). L’essentiel des importations de l’Empire provenant de l’Orient aboutissait probablement à Alexandrie, le reste se partageant entre Palmyre et Pétra, située sur la route antique de l’encens. Palmyre allait chercher en Perse les produits somptuaires de l’Inde et de l’Arabie qui empruntaient la route terrestre de la Soie ou la voie maritime par le golfe Persique.

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Des lieux et des émotions : les attentats du 13 novembre à Paris et leur suite, Daniel Oster.
Recueillement et émotion à Rennes, place de le mairie, lundi 16 novembre à midi (www.ouestfrance.fr)

Recueillement et émotion à Rennes, place de le mairie, lundi 16 novembre à midi (www.ouestfrance.fr)

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Géographies d’Internet : dossier, Bénédicte Tratnjek.

Une première version de ce dossier a été mise en ligne le 25 avril 2013. Suite à la panne du site, les liens étaient morts et le travail de republication a nécessité un long travail. Voici donc une seconde version – actualisée – du dossier « Géographies d’Internet » avec les liens vers les articles tels que republiés sur le nouveau site des Cafés géographiques (le dossier complémentaire n’a pas été retravaillé, et n’est pas à jour – et ne prétend nullement être exhaustif).

Dans l’espace virtuel (par le site Internet comme espace-support pour la diffusion de nos activités et textes) comme dans l’espace matériel (dans les cafés où Internet est questionné comme un objet géographique), Internet participe du projet des Cafés géographiques ! Dès la création de l’Association des Cafés géographiques en 1998, les Cafés géo ont investi Internet[1] (l’année même du lancement de Google, ce moteur de recherche « incontournable et sans contenu… »). Lieu de diffusion des annonces des cafés géo et des textes qui entourent nos activités, Internet possède également sa géographie : et de nombreux géographes ont été invités à discuter de celle-ci : la fracture numérique (qui valorise ou dévalorise l’espace géographique), le réseau et les mobilités (qui redessine une géographie des circulations de l’information), l’attache d’Internet au territoire (difficile à percevoir puisque le cyberespace peut paraître a priori naître de « nulle part »), l’importance de la blogosphère dans le renouveau des récits de voyages, le rôle d’Internet comme média (entre information et désinformation), Wikipédia comme « ville mondiale », les aller-retour entre cyberespaces et espaces réels, ou encore les tweets du Pape… sont autant de sujets abordés par les géographes invités dans les Cafés géographiques.

Les géographes proposent de déconstruire des idées reçues, comme celle selon laquelle « l’Internet serait insaisissable pour la géographie »[2]. Non seulement, Internet n’abolit pas la géographie, mais aussi Internet véhicule des images de la géographie, malmenée sur les réseaux sociaux, et participe de la production de données géographiques participatives. Toutefois, les géographes mettent en garde contre l’utilisation des données disponibles sur Internet : le cyberespace, le « géoweb » et la « néogéographie » sont des « outils (…) fascinants, mais ils ne changent pas tout. Les évolutions vont dépendre beaucoup des utilisateurs eux-mêmes, qui parfois détournent ou utilisent différemment ce que les créateurs avaient prévu. Cela ne va pas tout bouleverser, les pesanteurs du monde réel restent et se font sentir. Des nouveaux modes de gestion des rapports aux autres vont surgir cependant, ce dont les géographes doivent se saisir »[3]. Si le vocabulaire concernant Internet s’est rapidement emparé du vocabulaire de la géographie (cyberespace, réseau, géolocalisation, géosécurisation…), Thierry Joliveau note combien « des métaphores spatiales qualifient Internet »[4]. Impossible dès lors pour les géographes de ne pas questionner Internet, sa géographie, mais aussi les représentations de la géographie par le prisme d’Internet comme agglomérat de médias[5]. Parce qu’« Internet interroge le Monde d’une façon singulière »[6].

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Albi la rouge, Maryse Verfaillie.
Albi,  Septembre 2015, cliché de Maryse Verfaillie

Albi,  Septembre 2015, cliché de Maryse Verfaillie

Des cartes postales, 2015

 « Avec son beau ciel, ses maisons de brique rouge qui se reflètent dans les eaux du Tarn, ses jardins en terrasses et ses beaux ponts; avec sa place centrale bien exposée au soleil; avec sa cathédrale puissante, avec les coteaux crayeux qui la bornent et qui ressemblent aux collines du Latium, on dirait une ville italienne, faite surtout pour le culte de l’art et d’une sereine philosophie ».

Ainsi parlait Jean Jaurès, orateur inspiré, en 1888. Enfant de Castres, député des mineurs de Carmaux, il fut aussi professeur de philosophie au lycée d’Albi, celui-là même qui plus tard accueillit sur ses bancs un certain Georges Pompidou. Depuis 2010, la Cité épiscopale est classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

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Paysages islandais, Andréa Poiret.
Islande 2011, photographies d’Andréa Poiret

Islande 2011, photographies d’Andréa Poiret

« Jamais minéralogistes ne s’étaient rencontrés dans des circonstances aussi merveilleuses pour étudier la nature sur place. Ce que la sonde, machine inintelligente et brutale, ne pouvait rapporter à la surface du globe de sa texture interne, nous allions l’étudier de nos yeux et le toucher de nos mains. » (Jules Verne, Voyage au centre de la Terre)

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Un géographe au FIG 2015 de Saint-Dié, Daniel Oster.

 

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Tous les ans, au début de l’automne, la géographie donne rendez-vous à ses aficionados à  Saint-Dié-des-Vosges. Cette année, c’est la 26e édition du Festival International de Géographie avec au programme « Les territoires de l’imaginaire. Utopie, représentation et prospective » et l’Australie comme pays invité. Pendant trois jours, conférences, tables rondes, cafés géographiques, Salon du Livre, Salon de la Géomatique, Salon de la Gastronomie, animations de toute sorte, lectures et débats de toute nature, drainent un public important, d’autant plus que cette année le beau temps s’est invité et que le thème de l’imaginaire choisi pour cette édition interpelle de nombreux participants.

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Déluge mortel sur la Côte d’Azur : réflexions sur une catastrophe naturelle, Daniel Oster.
Biot, le 4 octobre 2015, au lendemain des précipitations record de la nuit (source : www.ouestfrance.fr )

Biot, le 4 octobre 2015, au lendemain des précipitations record de la nuit
(source : www.ouestfrance.fr )

La cause est entendue : le cocktail changement climatique/urbanisation galopante s’est révélé dramatique une fois de plus. Rien que durant les deux dernières décennies, cinq catastrophes d’ampleur comparable ont déjà ravagé le Midi méditerranéen français et cette sixième catastrophe s’est abattue avec une rare violence sur l’une des portions les plus urbanisées et densément peuplées du littoral français.

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La canicule et le Spitzberg, Daniel Oster.
Le miroir d’eau de Bordeaux sous la canicule, juillet 2015 (source : www.20minutes.fr)

Le miroir d’eau de Bordeaux sous la canicule, juillet 2015 (source : www.20minutes.fr)

La canicule est au rendez-vous de l’été 2015, cela ne fait aucun doute. Paris a même battu son record historique du 28 juillet 1947 avec 39,7 degrés Depuis le début du mois de juillet, les fortes chaleurs n’ont pas vraiment quitté le Sud-Est et une grande partie de la France a subi une nouvelle vague de chaleur du 15 au 18 juillet. Des pannes de train et d’électricité perturbent la vie quotidienne de nombreux Français, des pics de pollution à l’ozone se succèdent. Les autorités politiques ont pris un maximum de précautions pour éviter la catastrophe de l’été 2003. Si les touristes ne semblent pas affectés par cette situation climatique, il n’en va pas de même pour d’autres secteurs comme l’agriculture. Même à Chablis où la vigne en a vu d’autres, les grappes de raisin commencent à souffrir de la sécheresse prolongée. L’affaire est entendue, le changement climatique augmente la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur en France comme dans le reste du monde. La Conférence de Paris sur le climat prévue en décembre 2015 a du pain sur la planche, elle qui doit élaborer un nouveau texte pour remplacer le protocole de Kyoto venant à expiration en 2020.

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En descendant les fleuves russes, Daniel Oster.
La Lena près de Iakoutsk

La Lena près de Iakoutsk

Ils s’y sont mis à deux pour écrire les carnets d’un voyage qu’ils ont fait ensemble en 2010 dans les contrées lointaines et largement ignorées de l’Extrême-Orient russe1. Deux auteurs, deux photographes, deux mains, mais une seule voix dont on ne sait pas trop qui elle est en vérité, tellement nos deux écrivains-voyageurs, Eric Faye et Christian Garcin, ont réussi leur entreprise fusionnelle qui permet au lecteur de descendre ces fleuves en solitaire.

Un voyage dans l’Extrême-Orient russe ? C’est vite dit car la distinction avec la Sibérie n’est pas toujours très claire comme le suggère le nom « Transsibérien » du train qui arrive à Vladivostok. Vue d’Europe occidentale, on croit le savoir depuis longtemps, la Russie comprend une partie européenne jusqu’aux monts Oural et, au-delà vers l’Est, il y a l’immense Sibérie qui s’étend jusqu’à l’océan Pacifique. En fait, l’organisation administrative russe considère que la Lena forme la limite orientale de la Sibérie tandis que l’Extrême-Orient regroupe toute la partie est du continent eurasiatique, entre Iakoutie et Kamtchatka.

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2015. Elisée Reclus, la géographie et le génocide arménien, Michel Sivignon.

l-homme-et-la-terreEn ces temps de commémoration des massacres qui ont amené au génocide arménien, il n’est pas inutile de revenir sur les textes des géographes qui ont abordé la question arménienne.

Commençons par Elisée Reclus. Après lui, une orientation scientiste de la géographie, une forme de pudeur devant ce qui est supposé du domaine du choix personnel et non pas de la science, et aussi un souci parfois exclusif du lien avec la géographie physique donnèrent à la littérature géographique un tout autre ton.

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