Les terres de l’extrême attirent de plus en plus les touristes. Avec quelques millions de visiteurs si on ajoute Arctique, Antarctique, Patagonie méridionale, elles ne représentent qu’une part infime du tourisme mondial (moins de 1 %) mais l’essor du phénomène est réel et médiatiquement très lisible. On parle parfois pour ces hautes latitudes de « last-chance tourism », compte tenu du réchauffement climatique et de la fonte des glaces.

Carte de la Terre de Feu (Argentine-Chili)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:South_America_southern_tip_pol.png

La Patagonie a représenté longtemps l’obstacle difficile à contourner, ce qui renforce sa capacité d’attraction touristique. En Patagonie méridionale, la Terre de Feu est un des espaces les plus austral du monde habité. C’est un archipel partagé entre le Chili et l’Argentine (7 % de la superficie de la Patagonie).
Elle a longtemps été un espace conflictuel et marginalisé en raison de son isolement, de ses contraintes naturelles et de son éloignement par rapport aux autres régions du Chili ou de l’Argentine. Longtemps perçue comme hostile, elle est maintenant porteuse d’un imaginaire mythique. Elle est cette « fin du monde » que l’on rêve d’atteindre. Ce « Je rêve d’y aller depuis toujours » de Bruce Chatwin à Eileen Gray en 1974.
Cette région profite des politiques touristiques mises en place conjointement par les deux pays. Depuis 2000, la Terre de Feu est passée de 150 000 à plus de 500 000 touristes par an avec environ 1/3 d’étrangers. La croissance moyenne est de 6 % par an. Hors Antarctique, les touristes étrangers viennent à 35 % d’Europe.
Les croisières dans les fjords participent à la transformation de ce territoire du bout du monde ressource touristique.

A – La croisière dans les fjords, outil d’intégration touristique d’une périphérie maritime argentino-chilienne

1- Ushuaia, hub touristique international

« Ushuaia est un lieu où le monde semble s’excuser de finir. » (Luis Sepulveda, Le Monde du bout du monde, 1989)
C’est à Ushuaia, ville de plus de 80 000 habitants dotée d’un aéroport international, que la plupart des touristes ont leur premier contact avec la Patagonie entre canal de Beagle et cordillère des Andes. Dans la langue des Yaghans, Ushuaia signifie « baie pénétrant vers l’ouest ». La ville située sur la rive nord du canal de Beagle fait face au Chili. Il suffit d’arpenter l’axe principal de la ville, la rue San Martin, pour voir à quel point la ville revendique à la fois son titre de « fin del mundo » et celui de porte d’entrée vers l’Antarctique.  Son titre de ville la plus méridionale du monde est discutable puisque la modeste chilienne Puerto Williams (un peu plus de 2000 habitants) lui fait face au sud du canal. Notre marche le long de San Martin en direction de l’ancien bagne, nous fait longer de très nombreuses vitrines d’agences vendant l’Antarctique, cartes et magnifiques photos à l’appui. Un panneau indicateur rappelle que nous sommes à plus de 10 000 km de Madrid, New York, Perth ou l’Alaska, à plus de 3000 km de Buenos Aires et de Santiago du Chili mais à seulement 1200 km de l’Antarctique. L’indication de la distance aux îles Malouines (780 km) nous rappelle que tous les contentieux frontaliers ne sont pas réglés en Terre de Feu.  Un plan en damier,  une ambiance de station de sports d’hiver en ce printemps de l’hémisphère sud. Les rues perpendiculaires à San Martin, très pentues, donnent des perspectives sur le port et ses nombreux bateaux de croisière qui, pour la plupart, sont en partance pour l’Antarctique.
Entre 1991 et 2026, la population d’Ushuaia a presque triplé. En 2026 sa population est estimée à 84000 habitants. Des emplois ont été créés par l’essor du tourisme antarctique, par les activités portuaires et le développement des services. Ceci explique l’arrivée et l’installation d’une population issue des autres provinces argentines.  La ville concentre la très grande majorité des flux touristiques de la Terre de Feu (85 %).
Ushuaia est la porte d’entrée pour le Parc de la Terre de Feu et pour l’Antarctique. C’est aussi un point de départ ou d’arrivée pour les croisières dans les fjords.

2- Du front pionnier à un espace touristique transnational

« La querelle entre l’Argentine et le Chili à propos de la souveraineté sur l’extrême sud du continent américain entre dans une phase cruciale. » (Jean-Pierre Clerc, Le Monde Diplomatique, 9 février 1978)

La région autour du détroit de Magellan a longtemps été un enjeu géopolitique majeur pour l’Argentine et le Chili. Après les indépendances du Chili (1818) et de l’Argentine ( (1816) les deux pays héritent de revendications territoriales vagues et non délimitées dans l’extrême sud. Le traité frontalier du 23 juillet 1881 établit que l’île Grande de Terre de Feu est divisée par une ligne nord-sud suivant le méridien 68° 36 ouest. La partie orientale revient à l’Argentine. La partie occidentale, au Chili qui obtient aussi les îles au sud du canal de Beagle. Les deux tiers de l ‘île reviennent ainsi au Chili. Les principales villes actuelles illustrent ce partage : Ushuaia est argentine alors que Punta Arenas est chilienne. Le traité restait ambigu concernant plusieurs îles situées au sud du canal de Beagle et des îles australes. Après la grave crise du canal de Beagle (1978), un traité de paix et d’amitié est signé en 1984. La frontière est définitivement fixée.
La croisière commence sur le canal de Beagle qui constitue la frontière entre l’Argentine et le Chili. Encadré de hautes montagnes, le canal s’étire sur 240 km et relie les eaux de l’Atlantique à celles du Pacifique.  La frontière est à peine perceptible pour les touristes qui doivent simplement présenter leur passeport à l’agence Australis d’Ushuaia quelques heures avant un embarquement qui a lieu dans la soirée. Loin d’être une barrière, la frontière est une composante de l’expérience touristique. Elle est devenue un corridor touristique binational.

Vers le glacier Condor au Chili, le 24 novembre 2025. Photo Claudie Lefrère-Chantre.

La Patagonie australe et la Terre de Feu sont un marché de niche, dominé par des croisières d’expédition haut de gamme (100 à 500 passagers). Les compagnies Ponant, Hurtigruten, Silversea, Quark proposent des expéditions vers l’Antarctique et en Patagonie. Australis, compagnie chilienne, est le leader local spécialisé dans les fjords chiliens, le canal de Beagle et le Cap Horn. Il ne fait pas de croisières en Antarctique. La compagnie est spécialisée dans la navigation dans les chenaux les plus méridionaux de la Patagonie chilienne et argentine. Leurs navires, Ventus Australis et Stella Australis (210 passagers chacun) sont spécialement conçus pour ces zones isolées, avec un faible tirant d’eau permettant l’entrée dans des fjords étroits. Ils mettent en avant des itinéraires exclusifs dans des zones reculées, parfois présentés comme des routes que « seul Australis emprunte. » Il propose une croisière de 4 jours / 5 nuits entre Ushuaia (Argentine) et Punta Arenas (Chili) dans les deux sens.
Australis est donc le principal opérateur dédié exclusivement à cette région (Ushuaia à Punta Arenas, via les fjords).
La compagnie accueille 10 000 à 14 000 touristes de 10 à 20 nationalités par an, principalement entre septembre et avril. Ces touristes sont Européens (45 à 60% selon les années), Nord-Américains (30 à 45%), Latino- Américains (5 à 15%), Océaniens (2 à 5 %) et Asiatiques (1 à 5%).

B – La croisière dans les fjords, vecteur d’un imaginaire de l’exploration et de l’extrême

« Il existe des paysages comme certains instants de la vie que rien ne peut jamais effacer. » (Francisco Coloane, Tierra del Fuego, 1956)

1– Approcher l’inaccessible

Carte de l’itinéraire de la croisière Australis, site Australis. Novembre 2025

Cet itinéraire est défini par la Cordillère Darwin d’où descendent des glaciers, certains atteignant la mer. Il emprunte des voies navigables qui révèlent les sites peu accessibles. Le voyageur qui a pris la peine d’observer avec soin une carte du sud de la Patagonie et de son labyrinthe d’îles, détroits, fjords et canaux, a pu découvrir une toponymie de terres hostiles, difficiles à atteindre : la pointe de la Désillusion, l’estuaire de l’Obstruction, la baie Inutile, l’anse de la Déception, l’île de la Désolation, le golfe des Peines, le site de Port-Famine. Ce voyageur qui associe depuis longtemps la Terre de Feu à un défi à relever a conscience d’une configuration spécifique des lieux et de la chance exceptionnelle qu’il a de pouvoir les aborder. Son attente et son enthousiasme sont d’autant plus grands. Tout en s’inscrivant dans un discours de durabilité valorisant la faible capacité d’accueil, l’éducation environnementale, la régulation des débarquements, la compagnie Australis met en avant son aptitude à faire découvrir des itinéraires exclusifs, la « face cachée » de la Patagonie. Elle cherche à valoriser une nature perçue par certains comme vierge et extrême, la wilderness des Anglo-Saxons qui fait écho dans les courants environnementalistes actuels.

Le glacier Condor au Chili, 24 novembre 2025. Photo Claudie Lefrère-Chantre

Le touriste y est sensible car il est souvent imprégné d’une littérature qui en a donné l’image d’une fin du monde physique et symbolique, d’un lieu de silence, de vent et de solitude, d’une frontière entre civilisation et nature brute, d’un espace hors du temps ou d’un dernier refuge. Sur son site, Australis ne se prive pas de chercher à réactiver cette construction culturelle qui transforme les espaces hostiles en objets de fascination. Elle emploie des termes comme « une nature sauvage », « forêt vierge » ou bien encore « sites les plus reculés et les plus sauvages de Patagonie ». Il n’en reste pas moins que les caractéristiques de ses bateaux, les débarquements journaliers en Zodiacs permettent une approche serrée des paysages dans de bonnes conditions compte tenu de la parfaite gestion des infrastructures et de la présence d’une dizaine de guides d’expédition. On s’approche au plus près des glaciers soit en débarquant en Zodiac sur une plage proche (Aguila, Porter) soit en se positionnant à l’approche du front du glacier sans descendre du Zodiac (Pia, Condor).

2- « Se connecter à un passé vibrant qui a laissé peu de traces »

(périphrase empruntée à la compagnie Australis)

« Le jour de la fête des onze mille vierges, nous trouvâmes par miracle un détroit …qui va tomber dans une autre mer qu’on appelle la mer Paisible, et est environné de forts grandes et hautes montagnes chargées de neige… Je crois qu’il n’y a pas au monde de plus beau pays et de meilleur détroit que celui-là. » (Antonio Pigafetta, chroniqueur, octobre 1520)
Notre imaginaire patagonien est nourri des récits des explorateurs ou de leurs chroniqueurs depuis le XVIe siècle, des récits de découverte du XIXe siècle (Darwin, Fitz Roy) et des œuvres littéraires des XIXe, XXe et XXIe siècles (Jules Verne, Stefan Zweig, Bruce Chatwin, Francisco  Coloane, etc.) mais d’’autres images et références sont à prendre en compte.
En ce qui concerne les Fuégiens autochtones, on peut citer les photos prises par la mission française dans le cadre de l’année polaire de 1882-1883. On pense en particulier aux photos d’Edmond Payen « Groupe de jeunes filles de la baie d’Orange » et « Ouçipiçi et Chamoutakara Kipa », deux enfants fragiles accroupis et serrés l’un contre l’autre. Des photos heureusement très éloignées de l’image caricaturale et dévalorisante d’une « exhibition ethnographique » au Jardin d’Acclimatation à Paris en 1881. Des copies de ces photos sont présentées au musée d’Ushuaia (l’ancien bagne) que la plupart des touristes visitent avant la croisière.
Le cinéma a largement contribué aussi à nous faire prendre conscience de l’histoire difficile des hommes qui ont dû affronter ce dur milieu dont ils étaient originaires mais aussi à ceux qui y ont été amenés de force. On pense au film « Le bouton de nacre » (2015) de Patricio Guzman   ou encore au film de Felipe Galvez « Les colons » (2023).

Les guides d’expédition d’Australis, polyglottes, sont avant tout férus de géologie, de glaciologie, de botanique et de géographie mais les conférences à bord et les commentaires pendant les excursions intègrent l’histoire des premiers Fuégiens et la mémoire des explorateurs. La signalétique sur certains sites fait référence aux premiers habitants et aux explorateurs (baie Wulaia, Terre de Feu).

Baie Wulaia, 23 novembre 2025. Photo de Claudie Lefrère-Chantre

C’est dans la baie Wulaia que débarquèrent Charles Darwin et le commandant Fitz Roy en février 1833. Ils y rencontrèrent les Yaghans pour qui la baie était un centre de peuplement important et un site clé des premiers contacts avec les Européens. Une station de radio-télécommunication désaffectée témoigne de la présence ancienne de l’Etat chilien dans l’extrême sud de la Patagonie. C’était à l’époque où la radio était vitale et permettait aux bateaux naviguant dans le canal de Beagle et vers le Cap Horn de garder le contact avec le reste du pays. Australis y a installé un centre d’information historique.  On y rappelle le tracé des grands voyages d’exploration, le mode de vie traditionnel des Yaghans et la triste histoire de Jemmy Button emmené en Angleterre en 1830 par Fitz Roy à bord du Beagle et ramené en Terre de Feu un an après. A l’entrée de ce bâtiment, deux plaques commémoratives. L’une fait référence à la présence de missionnaires salésiens d’origine croate dans le cadre de l’évangélisation de la terre de Feu dès la deuxième moitié du XIXème siècle. L’autre à la mémoire de Charles Darwin cité comme « illustre naturaliste britannique » et qui séjourna dans cette baie entre 1832 et 1835. A l’extérieur, on a reconstitué des huttes yaghan et des panneaux indiquent des chantiers archéologiques. Si l’accompagnement culturel de la croisière intègre la mémoire des premiers Fuégiens et celle des explorateurs, il n’est pratiquement pas question de l’utilisation de cette terre si éloignée des capitales argentine et chilienne à des fins politiques.
Dans le détroit de Magellan, en longeant l’île Dawson, on a une pensée à la mémoire des autochtones fuégiens « rassemblés » ici à la fin du XIXe siècle. On pense aussi aux prisonniers politiques chiliens détenus dans l’île et dans de très vilaines conditions après le coup d’état de 1973. Au cours de cette croisière, en admirant le sublime, nous vient un voile : le spectre d’un avion qui déporte la résistance et qui va en dissoudre l’âme dans cette nature si belle mais si apte à dissimuler la terreur.

3– Une expérience symbolique

« La Terre de Feu n’est pas une fin, mais une frontière de l’imaginaire. »
Luis Sepulveda, Patagonia Express, 1994)

La croisière ne se contente pas de montrer un espace, elle veut faire vivre une expérience symbolique : atteindre le Cap Horn, franchir le détroit de Magellan, naviguer dans les fjords de la Terre de Feu. Ces lieux sont investis d’une forte charge mythique voire émotionnelle liée à leur situation géographique, à la mémoire des grandes expéditions, de leurs conséquences positives et négatives, à des épisodes dramatiques d’une histoire plus récente et à des performances sportives en ce qui concerne le Cap Horn.
Le fait même d’être là, au bout du monde, de le réaliser pleinement est une aventure quand bien même les conditions très confortables de l’expédition ne correspondent pas à ce qu’on appelle généralement l’«aventure ». ..Quand, à bord du Zodiac, on découvre la haute falaise du Cap Horn, on a la sensation, l’illusion, d’atteindre l’extrême. L’émotion est d’autant plus forte que, compte tenu des conditions météorologiques dans cette partie du monde, il n’est pas rare de devoir supprimer cette navigation à l’extrême sud. Vivre ou penser vivre l’éloignement extrême, celui qui a suscité des défis à relever, des rencontres, des découvertes scientifiques et humaines crée une forte émotion.

Glacier Porter au Chili, novembre 2025 Photo de Claudie Lefrère-Chantre

Être là, c’est aussi être en connivence avec notre mémoire à l’échelle de notre propre vie.
C’est raviver le souvenir de ce que certains d’entre nous ont partagé à distance avec le peuple chilien dans les années 1970.
C’est aussi et avant tout entrer dans la ou les photos qui nous faisait rêver dans l’enfance. C’est rejoindre les cogitations du petit enfant qui, fasciné devant une carte, se jurait d’aller le plus loin possible ; ce petit enfant qui gardait le doigt appuyé sur le « bout incandescent du long cigare chilien de 4000 km » pour reprendre la métaphore de Sylvain Tesson. Être là devant ces paysages spectaculaires en ce mythique « bout du monde » c’est changer d’échelle, en prendre conscience et peut-être mieux se situer dans le temps et dans l’espace.

Conclusion 

La croisière dans les fjords de la Terre de Feu ne saurait se réduire à l’image d’un voyage d’agrément aux confins du monde. Faire cette croisière c’est aussi mieux comprendre les recompositions de cette périphérie australe entre expérience de l’extrême et stratégies touristiques du Chili et de l’Argentine. La croisière s’inscrit dans un périple qui se poursuit à Punta Arenas, en remontant vers le nord, par la visite du parc des glaciers côté chilien puis côté argentin dans un cadre touristique coordonné et favorisé par les deux pays.  On ne peut ignorer les spécificités des politiques touristiques des deux pays et les enjeux de souveraineté qui les animent dans un contexte de rivalité régionale et de sensibilité accrue aux enjeux climatiques. L’Argentine a privilégié une mise en tourisme plus accessible et plus intensive structurée autour de pôles urbains.  Ushuaia promue « fin du monde » illustre la mise en scène d’une extrémité habitée, vitrine d’une souveraineté consolidée sur la Terre de Feu. Le tourisme est ici un instrument d’aménagement, de peuplement et de rayonnement, sur fond de référence à l’extrême et à l’authenticité.
Au Chili, l’intégration des fjords au système des aires protégées et leur valorisation à travers des itinéraires maritimes contrôlés participent d’une politique de patrimonialisation de la nature emblématique de l’image internationale du pays. La stratégie touristique chilienne vise à concilier croissance d’un tourisme de niche et préservation d’écosystèmes fragiles. La complémentarité de ces deux modèles favorise la collaboration des deux pays pour faire de la Patagonie australe une destination touristique internationale majeure, un label. L’objectif est de créer des circuits touristiques transfrontaliers et des offres communes.  La complémentarité entre Ushuaia et Punta Arénas, l’articulation des circuits maritimes dans les canaux ainsi que la coordination autour des flux de croisières vers le Cap Horn et l’Antarctique témoignent d’une logique de mise en réseau de la part de l’Argentine et du Chili. Cette coopération est encouragée par des accords bilatéraux, par des dispositifs d’intégration régionale (passages frontaliers, infrastructures, normes harmonisées).
La croisière dans les fjords de La Terre de Feu est donc un élément essentiel de la coopération transfrontalière. Elle favorise l’intégration territoriale de la Patagonie méridionale à des logiques touristiques internationales entre réalisme économique et imaginaire de l’extrême.

Claudie Lefrère-Chantre, mars 2026