Un bel éloge de la géographie
Le philosophe Michel Serres (Sourc:e http://www.culturebox.francetvinfo.fr)

Le philosophe Michel Serres
(Sourc:e http://www.culturebox.francetvinfo.fr)

Il aura fallu l’édition opportune1 de certaines chroniques que le philosophe Michel Serres dit à France Info le dimanche pour que je lise cette belle définition de la géographie.

« Le géographe est le pontife2, celui qui fabrique un pont entre l’histoire des peuples, portée par les sciences humaines, et l’environnement global de la planète, porté par les sciences dures. (…)

La plupart d’entre nous sont devenus des animaux d’appartement, des animaux de ville. Aujourd’hui, les médias parlent de politique3, c’est-à-dire de la ville. Et d’une certaine manière, les relations entre les hommes opposent ou relient les hommes avec les hommes, comme si c’était un jeu à deux. Les hommes contre les hommes – les riches, les pauvres ; la droite, la gauche, etc. (…)

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La France bousculée par la mondialisation. Mieux comprendre pour agir.

2015, annus horribilis pour la France. Les attentats de Paris en janvier et novembre, la crise des migrants, le chômage au plus haut, la forte poussée du Front National aux élections départementales et régionales, les interventions militaires en Afrique et au Moyen-Orient, les catastrophes climatiques…Des drames, des angoisses, des inquiétudes qui affectent la société française dans son ensemble, d’où la recherche –  parfois désespérée – de remèdes efficaces pour soigner des maux toujours plus graves, du moins pour une partie de la population du pays.

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Plan Vigipirate et état d’urgence après les attentats du 13 novembre (cliché www.lefigaro.fr)

Pour beaucoup la chose est entendue : tout cela, c’est la faute à la mondialisation et les hommes politiques, à gauche comme à droite, se montrent incapables d’empêcher ou même d’atténuer ses effets pervers ! D’ailleurs, les statistiques sont là pour étayer la colère des laissés-pour-compte : les inégalités s’accroissent, la précarisation grandit, le chômage continue de monter, etc. Il faut y ajouter la dilution de l’identité nationale aux yeux de certains qui dénoncent les frontières-passoires et la perte des valeurs ancestrales.

Quelle est la part de responsabilité du politique ? Celui-ci peut-il inventer de nouvelles recettes pour créer du lien social ou le populisme seul est-il capable de se présenter comme une alternative à un système en crise ? Ce qui est certain c’est qu’il est nécessaire de conceptualiser pour comprendre la réalité complexe  d’une France pleinement engagée dans un processus de mondialisation toujours croissante. Mieux comprendre pour agir, établir un bon diagnostic pour ensuite soigner et guérir si possible.
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Des lieux et des émotions. Les attentats du 13 novembre à Paris et leur suite.
Recueillement et émotion à Rennes, place de le mairie, lundi 16 novembre à midi (www.ouestfrance.fr)

Recueillement et émotion à Rennes, place de le mairie, lundi 16 novembre à midi (www.ouestfrance.fr)

Les événements tragiques qui ont affecté Paris et Saint-Denis vendredi 13 novembre ont suscité une émotion considérable, non seulement en France mais dans le monde entier. Me rendant à Bordeaux le 15 novembre pour assister – comme tous les ans – au Festival du film d’histoire à Pessac, j’ai ressenti une atmosphère très particulière ce dimanche matin dans le hall de la gare Montparnasse : beaucoup de monde en partance mais un calme surprenant et beaucoup d’empathie dans les attitudes et les conversations. A mon arrivée en Gironde, j’apprends que le Festival de Pessac, qui devait se dérouler cette année sur le thème du Proche-Orient, était finalement « reporté » pour des raisons de sécurité. Lundi 16 novembre, à midi, s’est tenue à Pessac comme dans toute la France une cérémonie, simple et brève mais très émouvante, pour rendre hommage aux victimes des attentats de Paris. L’après-midi, me promenant à Bordeaux près de l’Ecole nationale de la magistrature, je constate que plusieurs personnes, à la fois émues et  volontaires, sont présentes sur l’un des lieux où la compassion spontanée s’est traduite par des bougies allumées, des fleurs et des inscriptions de solidarité. Je pense alors au sujet du dernier café géographique qui s’est tenu le 13 octobre dernier à Paris : « Géographie des émotions, émotions des géographes ». Ce thème avait été choisi pour saluer l’initiative du département de géographie de l’ENS d’organiser un séminaire sur les émotions. Citons des extraits de la présentation faite  par Pauline Guinard et Bénédicte Tratnjek, les deux responsables du séminaire : « Dans le cadre de ce séminaire, nous nous demanderons ce que les émotions permettent, au géographe, de comprendre à la manière dont on pratique et on se représente les espaces et nous envisagerons, en retour, ce que la géographie et les géographes peuvent avoir à dire sur les émotions. Comment le géographe peut-il rendre compte de ses émotions et de celles des autres ? Les émotions sont-elles un simple biais des enquêtes de terrain qui seraient certes à prendre en compte mais toujours en vue de les dépasser ou constituent-elles, au contraire, un objet d’étude géographique à part entière ? « 

Je précise tout cela, non pour illustrer les objectifs mentionnés ci-dessus, mais simplement pour dire comment l’idée m’est venue de rédiger ce petit texte qui entend associer certains lieux à des émotions diverses en lien avec les événements dramatiques du 13 novembre.

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Un géographe au FIG 2015 de Saint-Dié

 

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Tous les ans, au début de l’automne, la géographie donne rendez-vous à ses aficionados à  Saint-Dié-des-Vosges. Cette année, c’est la 26e édition du Festival International de Géographie avec au programme « Les territoires de l’imaginaire. Utopie, représentation et prospective » et l’Australie comme pays invité. Pendant trois jours, conférences, tables rondes, cafés géographiques, Salon du Livre, Salon de la Géomatique, Salon de la Gastronomie, animations de toute sorte, lectures et débats de toute nature, drainent un public important, d’autant plus que cette année le beau temps s’est invité et que le thème de l’imaginaire choisi pour cette édition interpelle de nombreux participants.

En effet, le FIG s’est consacré au fil des ans à des sujets souvent « classiques » tels que des continents, des activités économiques, des milieux, etc., même si quelquefois des thèmes plus originaux comme la santé en 2000 et les religions en 2002 ont également été proposés. Mais un quart de siècle après sa création, le FIG a choisi de traiter de l’imaginaire, suscitant des réactions très diverses, souvent de l’enthousiasme, parfois de l’étonnement, plus rarement de la réprobation. Enfin !  Pour les uns : « La géographie assume sa mue esquissée depuis les dernières décennies, ce n’est pas trop tôt ! ». Ah bon ? Disent d’autres : « mais qu’est-ce que la géographie vient faire dans cette galère ? ». Pour ma part, il n’y a aucun trouble mais au contraire une adhésion enthousiaste à explorer les multiples facettes de l’imaginaire à l’aide des lunettes de la géographie.

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Déluge mortel sur la Côte d’Azur. Réflexions sur une catastrophe naturelle.
Biot, le 4 octobre 2015, au lendemain des précipitations record de la nuit (source : www.ouestfrance.fr )

Biot, le 4 octobre 2015, au lendemain des précipitations record de la nuit
(source : www.ouestfrance.fr )

La cause est entendue : le cocktail changement climatique/urbanisation galopante s’est révélé dramatique une fois de plus. Rien que durant les deux dernières décennies, cinq catastrophes d’ampleur comparable ont déjà ravagé le Midi méditerranéen français et cette sixième catastrophe s’est abattue avec une rare violence sur l’une des portions les plus urbanisées et densément peuplées du littoral français.

A chaque fois, entre en jeu un phénomène climatique extrême que les spécialistes qualifient d’ « épisode cévenol », avec ses pluies brèves et intenses occasionnant des crues rapides et très vite monstrueuses. Ces épisodes qui affectent tout l’arc méditerranéen, depuis l’Espagne jusqu’à la Croatie en passant par la France et l’Italie, surviennent le plus souvent à la fin de l’été et au début de l’automne. A ce moment-là, l’air chaud chargé d’humidité en provenance de la Méditerranée remonte vers l’Europe et se heurte alors aux reliefs montagneux tels que les Alpes ou les Pyrénées. En s’élevant rapidement cet air chargé de vapeur d’eau se refroidit et se transforme localement en précipitations intenses et parfois diluviennes (à Cannes, il est tombé 107 mm d’eau en une seule heure le 3 octobre dernier entre 20 heures et 21 heures !).

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La canicule et le Spitzberg
Le miroir d’eau de Bordeaux sous la canicule, juillet 2015 (source : www.20minutes.fr)

Le miroir d’eau de Bordeaux sous la canicule, juillet 2015 (source : www.20minutes.fr)

La canicule est au rendez-vous de l’été 2015, cela ne fait aucun doute. Paris a même battu son record historique du 28 juillet 1947 avec 39,7 degrés Depuis le début du mois de juillet, les fortes chaleurs n’ont pas vraiment quitté le Sud-Est et une grande partie de la France a subi une nouvelle vague de chaleur du 15 au 18 juillet. Des pannes de train et d’électricité perturbent la vie quotidienne de nombreux Français, des pics de pollution à l’ozone se succèdent. Les autorités politiques ont pris un maximum de précautions pour éviter la catastrophe de l’été 2003. Si les touristes ne semblent pas affectés par cette situation climatique, il n’en va pas de même pour d’autres secteurs comme l’agriculture. Même à Chablis où la vigne en a vu d’autres, les grappes de raisin commencent à souffrir de la sécheresse prolongée. L’affaire est entendue, le changement climatique augmente la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur en France comme dans le reste du monde. La Conférence de Paris sur le climat prévue en décembre 2015 a du pain sur la planche, elle qui doit élaborer un nouveau texte pour remplacer le protocole de Kyoto venant à expiration en 2020.

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Pierre Bonnard. Peindre l’Arcadie

Exposition « Pierre Bonnard. Peindre l’Arcadie », Musée d’Orsay, du 17 mars au 19 juillet 2015

Depuis trente ans l’œuvre de Pierre Bonnard (1887-1947) fait régulièrement l’objet de grandes expositions à Paris qui prouvent l’actualité contemporaine de l’artiste. D’abord la grande rétrospective du Centre Pompidou en 1984, puis celle du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris en 2006, et enfin celle d’aujourd’hui au Musée d’Orsay.

Le fil rouge de cette dernière, « Peindre l’Arcadie », souligne le thème qui unifie le mieux les différentes périodes du peintre, celui d’une « recherche passionnée entre l’homme et la nature » (Guy Cogeval). Au gré de 150 peintures et photographies d’époque, l’exposition montre un Pierre Bonnard arcadien, surtout soucieux d’explorer sa propre intimité. Mais derrière le « peintre de la joie de vivre » dont les meilleures armes sont un sens aigu de la lumière et l’attrait pour les couleurs vives se cache un artiste doué d’ « une incroyable propension à aller vers un monde idéal ».

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Cabu et les serres d’Auteuil
Dessin de Cabu, mai 2012 dessin-cabu-auteuil-03

Dessins de Cabu, mai 2012

Ces trois dessins de Cabu s’inscrivent dans le contexte de mobilisation citoyenne née en 2010 pour sauver les serres d’Auteuil, menacées par le projet d’extension et de modernisation de Roland-Garros soutenue par la Mairie de Paris. En mai 2012, notre ami Jean-Louis Tissier, professeur émérite de géographie à l’Université de Paris 1-Panthéon-Sorbonne, membre du Comité de soutien des serres d’Auteuil, s’était chargé de montrer  le site des serres d’Auteuil au dessinateur Cabu, soucieux d’apporter sa contribution à la mobilisation citoyenne.

 

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Splendeurs des Han, essor de l’empire Céleste

Exposition « Splendeurs des Han, essor de l’empire céleste », Paris, Musée Guimet, du 22 octobre 2014 au 1er mars 2015.

affiche-splendeurs-hanLe Musée Guimet présente pendant plus de quatre mois une exceptionnelle exposition consacrée à la Chine des Han grâce au prêt de plus de 450 objets provenant de nombreuses institutions situées dans neuf provinces chinoises. Cette exposition tout à fait remarquable (présence de 67 trésors nationaux et de nombreuses découvertes archéologiques inédites) s’inscrit dans le cadre de la commémoration du cinquantième anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Chine populaire. Elle offre un vaste panorama de la civilisation chinoise à un moment fondamental de son histoire, lorsque le territoire a été unifié par le premier empereur Qin (celui de la célèbre armée de terre près de Xi’an). Rarement une exposition n’a autant mérité le titre qu’on lui a attribué (« Spendeurs… »). 

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Mayas – Révélation d’un temps sans fin

Exposition « Mayas – Révélation d’un temps sans fin, Paris, Musée du quai Branly, du 7 octobre 2014 au 8 février 2015.

Après le Mexique et le Brésil c’est au tour de la France d’accueillir une extraordinaire exposition sur les Mayas,  fascinante civilisation précolombienne qui a livré de nouveaux secrets depuis une dizaine d’années grâce à des découvertes majeures comme celle de la cité de Chactun (Etat de Campeche, Mexique). Le musée du quai Branly présente pendant quatre mois près de 400 objets provenant des collections de plus de 40 musées et grands sites mayas du Mexique. A travers un parcours thématique, l’exposition propose un panorama général d’une civilisation qui s’est développée durant trois millénaires dans un territoire bien plus diversifié qu’on ne le dit généralement. La scénographie, conçue par Jean-Michel Wilmotte, rend compte du cheminement choisi (du quotidien vers le sacré) en jouant sur les volumes, et sur le choix des vitrines ou au contraire des installations hors vitrine.

 

Affiche de l’exposition du quai Branly

Affiche de l’exposition du quai Branly

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