Le réservoir de Montsouris (Paris, 14e), Denis Wolff.
 Lanterne principale du réservoir de Montsouris (Cliché Denis Wolff)

Lanterne principale du réservoir de Montsouris (Cliché Denis Wolff)

Des Cartes postales, 2014.

Lors des dernières Journées du patrimoine, les citoyens motivés (il fallait s’inscrire plusieurs semaines à l’avance puis, le jour même, attendre longuement) ont pu découvrir ce réservoir.

Au dix-neuvième siècle, le baron Haussmann confie à l’ingénieur Eugène Belgrand le soin de concevoir les travaux nécessaires à l’alimentation en eau de Paris. Son projet (1858) prévoit deux réseaux indépendants : le premier, alimenté par des eaux fluviales, pour les fontaines, parcs et jardins et le second, alimenté par des sources situées à parfois plus de cent cinquante kilomètres, pour la consommation des Parisiens.

Les aqueducs et les réservoirs alors érigés sont toujours opérationnels : la moitié de l’eau potable provient des sources. La capitale est alimentée, pour l’autre moitié, par des eaux fluviales captées dans la Seine et la Marne en amont.

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La Science de l’Eau est-elle la même partout ? avec Gabrielle Bouleau.

Compte-Rendu du café-géo réalisé le mardi 13 mai 2014 à Albi. Présentation par Gabrielle Bouleau, Ingénieure-chercheuse en Sociologie politique au Cemagref—Irstea ADER de Bordeaux. Ce café géo s’inscrit dans le cadre du séminaire épistémologique et théorique du laboratoire GEODE et de l’axe PPES : « Approche relationnelle et Political ecology. Enjeux pour une géographie de l’environnement et du pouvoir », 13 et 14 mai 2014, Albi. Compte-rendu réalisé par Tomás Guarisco, sous la direction de Thibault COURCELLE et Mathieu VIDAL.

La Science de l’Eau est-elle la même partout ? (Réflexion à partir de programmes de recherche sur le Rhône et la Seine).

On nous enseigne que la composition chimique d’H2O et le cycle de l’eau (évaporation, précipitation, ruissellement et infiltration) sont universels. En est-il de même de toutes les sciences de l’eau ? Est-ce que ce qu’on appelle « eau » est la même chose partout ? Est-ce que ceux qui se présentent comme spécialistes de l’eau la définissent tous de la même façon ? Au-delà des cloisonnements disciplinaires liés à des formes d’eau qui sont reconnues comme très différentes (glaciologie, océanographie, limnologie, …) il existe aussi des traditions régionales dans la manière d’étudier les cours d’eau qui sont rarement explicitées. Quand on essaie de comprendre pourquoi la recherche sur le Rhône a plus exploré le fonctionnement des bras morts que ne l’ont fait les chercheurs sur la Seine, on se rend compte que l’histoire politique de ces fleuves a aussi influencé la manière dont on les a étudiés. La science est produite par des hommes et des femmes qui sont sensibles aux paysages et aux enjeux sociaux de leur temps. Le sens qu’ils donnent à leurs recherches n’est pas uniquement académique. Ce que l’on sait des fleuves dépend des personnes qui se sont passionnées pour eux. Ces passions sont parfois électives. Les résultats de recherche sur l’eau sont souvent des résultats de recherche sur des eaux particulières. Or ces particularités ne sont pas données une fois pour toutes. Elles dépendent des riverains qui se mobilisent pour défendre une autre vision de l’eau dans leur région. L’histoire des mobilisations sur la Seine et le Rhône rend ainsi compte du rôle des riverains dans la construction locale de la science de l’eau et de la manière dont celle-ci influence les politiques publiques qui y sont menées.

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L’eau, ressource multiple: quels risques sociaux et environnementaux ? avec Frédérique Blot et Bénédicte Veyrac.

Café Géo animé par Frédérique BLOT, Maître de conférences en géographie & aménagement au Centre universitaire Jean-François Champollion d’Albi, membre du laboratoire GEODE, UTM; et Bénédicte VEYRAC, Chargée de cours en géographie, au Centre universitaire Jean-François Champollion d’Albi, doctorante au laboratoire GEODE, UTM;

Comme le montre Gaston Bachelard dans son essai sur l’imagination de la matière, « l’eau est l’élément le plus favorable pour illustrer les thèmes de combinaison des puissances. Elle assimile tant de substances ! Elle tire à elle tant d’essences ! Elle reçoit avec facilité les matières contraires, le sucre et le sel. Elle s’imprègne de toutes les couleurs, de toutes les saveurs, de toutes les odeurs » [1].

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