Géopolitique de la Turquie, par Pierre Raffard.

Pierre Raffard au Café de la Mairie (Paris 3ème)

Ce mardi 10 janvier, Pierre Raffard est l’unique intervenant d’un café géopolitique se tenant dans la salle, bien remplie, du premier étage du Café de la Mairie (Paris 3ème). Pierre Raffard a soutenu sa thèse de géographie en 2014. Cette thèse porte sur la géographie de l’alimentation ou plus exactement sur une approche culturelle de la  cuisine turque en liaison avec l’agriculture du pays.

Café géopolitique, 10 janvier 2023, Paris, animé par Michel Sivignon,  compte rendu de M. Sivignon.

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Istanbul, capitale régionale et ville-monde, dir. Jean-François Pérouse.

Istanbul, capitale régionale et ville-monde, CNRS, Revue Anatoli, Numéro 7,. Editions, de La Martinièr, 2016, 316 p.

Le numéro 7 de la revue Anatoli, paru à l’automne 2016, s’interroge sur la réalité d’Istanbul comme ville-monde, annoncée comme telle dès 1996 par le maire de la ville de cette époque, Recep Tayyip Erdogan, actuellement Président de la République de Turquie.

Riches et nombreuses sont les publications scientifiques sur Istanbul dont celle incontournable de Stéphane Yerasimos, parue en 1997 et reproduite en tête du volume de la revue Anatoli. Cet article offre notamment des repères chronologiques sur les principales étapes de transformation enregistrées en moins d’un siècle par Istanbul à partir du moment où elle cesse d’être une capitale. Il précède un hommage rendu par les géographes Marcel Bazin et Jean-François Pérouse à « Stéphane Yerasimos, le Stambouliote (1942-2005) », descendant d’une famille grecque orthodoxe restée à Istanbul en étant exemptée de l’échange forcé des populations entre la Grèce et la Turquie.

Les éclairages apportés par les diverses contributions visent à mieux « prendre la mesure de la dimension internationale d’Istanbul ». En cherchant à mieux évaluer la dimension et le rayonnement d’Istanbul, en dépassant le discours convenu sur l’internationalisation d’Istanbul, ces contributions visent à faire mieux connaître la structuration de la ville-centre et de sa région (« avant et arrière-pays ») ; les angles d’attaque proposés éclairent d’un jour nouveau la connaissance que l’on a d’Istanbul, « de quoi elle est le centre ou la tête de pont ».

L’organisation du dossier thématique est construite en trois parties. La première cherche à mesurer le rétablissement d’Istanbul comme métropole internationale en appréciant plusieurs critères d’internationalisation énoncés par Jean-François Pérouse dans l’introduction. La deuxième partie permet de comprendre comment le développement économique a consacré la ville comme capitale économique de la Turquie avec un redéploiement des activités vers les périphéries qui a facilité voire favorisé le remodelage de la ville. Enfin, la troisième partie montre la volonté de l’Etat d’encourager, dès la fin du XXe siècle, le développement d’une économie urbaine mondialisée qui revêt la dimension de projets pharaoniques visant à consacrer le centenaire de la fondation de la République et à donner à Istanbul la stature d’une ville-monde.

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Istanbul, l’insondable [7-11 mai 2014].
La Corne d’Or et les chaînes qui en interdisaient l’entrée.

La Corne d’Or et les chaînes qui en interdisaient l’entrée.

 

Elle fut Byzance, elle fut Constantinople. Elle est aujourd’hui, non pas la capitale, mais la métropole la plus dynamique de la Turquie. Elle garde jalousement les deux rives du Bosphore et les deux cultures orientale et occidentale. Son patrimoine architectural est mondialement connu.

Avant de partir à sa découverte, cette petite citation : « Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples » (De Gaulle, Mémoires de guerre).

Ce voyage a été organisé par Les Cafés géographiques avec le soutien logistique de l’association Arts & Vie.

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Repas turc
Repas géographique animé par :

Gilles Fumey présente le repas et la soirée en indiquant que la cuisine turque est considérée comme l’une des quatre plus importantes cuisines du monde (avec la chinoise, la mexicaine et la française), et beaucoup pensent qu’elle est plus importante que notre cuisine quant à son influence. Ce soir, nous avons avec nous deux invités qui vont nous parler de la cuisine turque et l’une de ses épigones, la cuisine grecque. Christian Boudan est un passionné de cuisine et il a écrit deux livres sur ce sujet. Le premier, Géopolitique du goût, traduit notamment en turc (ce qui permet de souligner au passage que les Turcs sont un peuple très gourmand et passionné de cuisine). Le deuxième invité, Michel Sivignon, est spécialiste de la Grèce. Il est aussi le premier animateur des repas géographiques, dont le premier avait été, en 1999, un repas grec (nous avons dégusté, depuis, plus d’une trentaine de repas géographiques). Nous verrons ce soir si ces deux nations, qui entretiennent des rapports conflictuels, peuvent dialoguer par l’intermédiaire de la cuisine.

Pour Christian Boudan, la cuisine turque est un « vaste sujet, qui plonge loin ses racines dans le temps ». Il se rappelle avoir fréquenté, dans les années 1960, les deux restaurants « grec oriental » qui existaient alors au Quartier latin. Christian Boudan précise d’emblée qu’il n’existe pas une mais des cuisines turques. La cuisine d’Istanbul est liée à la Méditerranée, avec beaucoup de poissons, alors que la cuisine d’Erzurum, dans l’est du pays, se rapproche de celle des steppes de l’Asie centrale. Nous avons donc affaire à des mondes culinaires très différents selon les régions dont on parle.

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