Que serions-nous sans nos fleuves ?

Henry Jacolin et Elisabeth Ayrault , Paris, Café de la Mairie, le 3 octobre 2022

Ce lundi 3 octobre, les Cafés géopolitiques recevaient Elisabeth Ayrault pour nous parler des fleuves. Avant d’assurer la présidence de la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) pendant huit ans, notre intervenante a eu une vie professionnelle riche et très diverse. Architecte de formation, elle a travaillé dans les économies d’énergie et la transformation des déchets, ce qui lui a permis d’appréhender toute la variété des tâches liées à la gestion d’un fleuve. Aussi est-ce avec une belle énergie qu’elle nous a parlé du potentiel et des problèmes actuels, non seulement du Rhône mais aussi de quelques grands fleuves d’Asie, d’Afrique et d’Amérique, ce qui a passionné l’auditoire. (suite…)

L’Ukraine : de la Nation à l’Etat

De gauche à droite : J.Faure, J.P Véziant, Ph.de Suremain, H.Jacolin.

Lundi 7 juin, alors que la guerre russe en Ukraine se poursuit depuis plus de trois mois, nous recevons devant une audience attentive, au café de la mairie (75003), dans le prolongement de la présentation de Jean Radvanyi et Cédric Gras (https://cafe-geo.net/une-guerre-russe-en-ukraine-quelques-cles-pour-comprendre), trois anciens ambassadeurs de France qui se sont succédé en Ukraine pendant une période cruciale : Philippe de Suremain (2001-05), Jean-Paul Véziant (2004-08), Jacques Faure (2008-2011). Henry Jacolin, organisateur des cafés de géopolitique, lui-même ancien ambassadeur, est le modérateur.

Nos invités ont successivement témoigné de l’état et de l’évolution de l’Ukraine pendant leur mandat, en évoquant leur expérience et quelques souvenirs. (suite…)

Une guerre russe en Ukraine. Quelques clés pour comprendre

Ce lundi soir, nous avons reçu au Café de la Mairie (Paris 3e) Jean Radvanyi et Cédric Gras à l’occasion d’un café géopolitique sur la guerre en Ukraine. Jean Radvanyi est géographe, spécialiste de la Russie et professeur émérite à l’Institut national des langues et civilisations orientales. Cédric Gras, géographe de formation, est écrivain et voyageur, il a dirigé plusieurs Alliances françaises dans l’espace post-soviétique, notamment celle de Donetsk en Ukraine de 2010 à 2014. La salle était comble pour ce sujet d’une actualité brûlante.

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Covid-19, géopolitique d’une pandémie

Lundi 17 février 2022, nous avons accueilli au Café de la Mairie (Paris 3e) Béatrice Giblin, géographe, professeure émérite des Universités, directrice de la revue Hérodote, pour un café géopolitique consacré à la géopolitique de la pandémie du Covid-19, sujet du dernier numéro de la revue Hérodote (2021/4, n°183).

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L’Eurasie, un ensemble continental de plus en plus signifiant ?

Michel Bruneau. L’Eurasie. Continent, empire, idéologie ou projet. CNRS Editions, 2018

Lundi 17 novembre, nous accueillions au Café de Flore le géographe Michel Bruneau pour un café géo consacré à l’Eurasie. Michel Bruneau, directeur de recherche émérite au CNRS, a publié en 2018 un ouvrage passionnant sur cet immense espace continental. C’était l’occasion idéale d’appréhender ce vaste continent qui s’étend de l’Europe à l’Extrême-Orient, surtout connu pour ses Routes de la soie et sa Route de épices, même si celles-ci n’ont jamais unifié cet espace. Aujourd’hui, les projets russe d’Union économique eurasiatique (UEE) et chinois des « nouvelles Routes de la soie », des projets à la fois économiques et politiques, modifient notre manière de considérer l’Eurasie. Celle-ci n’est-elle pas en train de devenir un espace de plus en plus signifiant ? (suite…)

Programme des Cafés Géopolitiques – Paris : 2021-2022

Café de la mairie (Paris 3è arrondissement), de 19 à 21h.

  • Le 8 novembre 2021, à 19h : “Géopolitique de la traite des êtres humains”, avec Geneviève Colas.
  • le 7 février 2022 : « Approche géopolitique de la pandémie de COVID 19 ». avec Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote
  • [ANNULÉ] le 14 mars 2022 : “Que ferions-nous sans les fleuves” avec Elisabeth Ayrault
  • le 11 avril 2022 à 19h : « Géopolitique du conflit d’Ukraine ».
  • Le 7 juin 2022 à 19h : “L’Ukraine, de la Nation à l’Etat. Trois anciens ambassadeurs de France en Ukraine témoignent »
Où va l’Europe de l’Est ? Par Jacques Rupnik

Notes prises à la conférence des cafés géopolitiques du 9 mars 2020.

 

De gauche à droite, Henry Jacolin, Jacques Rupnik et Michel Sivignon, au Café de la Mairie (Paris 3ème), lundi 9 mars 2020 (Photo de Jean-Pierre Némirowsky).

 

Une conférence remarquable par la qualité de l’information et par l’aisance pédagogique de Jacques Rupnik. Une des meilleures des cafés géopolitiques.

Jacques Rupnik, historien et politologue, est né à Prague. Il est titulaire d’un doctorat de l’Université Paris 1 en histoire des relations internationales et diplômé de russe à l’INALCO. Professeur à Sciences Po, il est directeur de recherches au CERI (Centre d’Etudes et de Recherches Internationales) Il a été conseiller du président de la République tchèque Vaclav Havel.

Ses derniers ouvrages parus :

Géopolitique de la démocratisation : l’Europe et ses voisinages. Presses de Sciences Po, 2014

L’Europe des Vingt Cinq. 25 cartes pour un jeu complexe (avec Chr. Lequesne), Autrement, 2004

Les Européens face à l’élargissement : perceptions, acteurs, enjeux.
Presses de Sciences-Po 2004

 

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Café géopolitique : Océanie, l’envers de la carte postale

Café de la Mairie – 3ème – Lundi 18 novembre 2019

Cliché de Jean-Pierre Némirowsky

 

Henry Jacolin, notre intervenant ce soir, est géographe de formation et aussi ancien ambassadeur à Fidji, Tonga, Tuvalu, Kiribati et Nauru. C’est donc une double vision (du géographe et du diplomate) qu’il nous propose du Pacifique Sud, qu’il a habité et exploré. Il a mis cinq documents à notre disposition.

 

►Un monde immense, lilliputien, dispersé.

Réalisée par le Ministère des Affaires étrangères – Division Géographique – Direction des archives. Les ressources cartographiques du Ministère des Affaires Étrangères https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/archives-diplomatiques/s-orienter-dans-les-fonds-et-collections/cartes/

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Quand Vladimir Poutine se fait géographe 

Café Géopolitique du mardi 13 février 2018, Café de la Mairie (51, rue de Bretagne, 75003 Paris).
Par Jean Radvanyi, professeur de Géographie de la Russie à l’INALCO, co-directeur du CREE (Centre de recherches Europes-Eurasie).

Pourquoi faire un parallèle entre Vladimir Poutine et la géographie ? En 2009, le pouvoir organise une OPA sur la Société de Géographie russe, siégeant à Saint-Pétersbourg. Vladimir Poutine, alors Premier Ministre, organise la reprise en main de cette vieille institution : il fait nommer un proche Sergueï Choïgou, alors ministre des situations d’urgence, au poste de Président de la Société russe de géographie. De son côté, le dirigeant russe prend la tête d’un Comité de parrainage composé des principaux oligarques russes. L’État russe redonne vie à cette vieille institution en conférant à la géographie une place enviable dans la mobilisation patriotique de l’opinion et en  impulsant de nouveaux projets de recherches et d’expéditions, façon de remettre le territoire au centre de la politique.

Les instruments de la puissance

Pour « sortir des idées préconçues et ignorances respectives », Jean Radvanyi revient sur les débuts du dirigeant russe, car cette volonté de grandeur n’est pas nouvelle. Dès 1999, Vladimir Poutine énonce ses idées dans un programme clair. Constatant qu’il a hérité d’une Russie affaiblie sur tous les plans, au bord de l’éclatement, le Président souhaite redonner tous les instruments de puissance à son pays, par une remobilisation des populations, et une réorganisation structurelle (économique principalement). Cette même année, Boris Eltsine quitte le pouvoir et laisse entre les mains de Vladimir Poutine un pays au bord de l’éclatement. L’actuel Président a transformé la gestion, l’organisation du territoire et les rapports entre la Russie et ses voisins en quelques années seulement. Pour ce faire, Vladimir Poutine n’a hésité devant aucun « levier », afin de remobiliser la société russe autour d’un nouveau consensus patriotique.

Le domaine sportif par exemple, fait partie des instruments mobilisés par Vladimir Poutine pour rassembler les populations russes autour de grands événements mondiaux. À l’échelle internationale, le Kremlin a mis en place des politiques visant à placer la Russie dans le sillage des grandes nations accueillant les évènements sportifs internationaux (Jeux Olympiques de Sotchi en 2014, coupe du monde de foot en 2018). L’Église orthodoxe russe a également un rôle prépondérant dans la politique interne et externe de Vladimir Poutine. Elle défend les volontés d’expansion territoriale du pouvoir central, en invoquant le rayonnement historique de la « Sainte-Russie ». Le dirigeant russe utilise aussi l’argument religieux dans son alliance avec la Syrie, où vit la plus importante communauté orthodoxe en Orient.

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Nucléaire et territoires : Je t’aime, moi non plus !

Compte rendu du Café géopolitique qui s’est tenu au Café de la Mairie, Paris 3e, le 23 mars 2016

C’est l’actualité qui nous a guidé vers le thème “Nucléaire et territoires” pour plusieurs raisons :

–  5ème anniversaire de la catastrophe de Fukushima

– le vote, cet été 2015, d’une loi sur la transition énergétique

– quelques mois après, la tenue de la COP 21 à Paris

– des moments politiques récents : la volonté de la ministre de l’environnement de prolonger de 10 ans la durée de vie des centrales nucléaires; la plainte de la ville et du canton de Genève contre X pour les conséquences de la centrale du Bugey (Genève étant défendue par Corinne Lepage, ancienne ministre en France).

Autant le préciser tout de suite, il ne s’agit absolument pas de déterminer si nous sommes pour ou contre le nucléaire, chacun est venu avec sa position et sans doute repartira avec ! Nous allons plutôt tenter de déterminer les conséquences, les influences du choix de cette énergie pour les territoires, les habitants et les mécanismes de contestation que ces choix induisent. Au-delà d’une analyse internationale, souvent de rigueur dans les domaines énergétiques, nous allons tenter de revenir sur les dynamiques territoriales internes (en France). En effet, l’implantation d’une centrale dans une commune – en zone souvent rurale – a des conséquences financières importantes, et donc des conséquences nombreuses en termes de développement local, des retombées économiques et en termes d’emploi également. Mais cela n’est pas toujours suffisant face aux risques encourus, ce qui engendre des mécanismes de contestation nombreux. Mais les contestations sont-elles les mêmes à 10 km d’une centrale qu’à plus grande distance ? Comment fonctionnent ces mobilisations ? Et quel est le rôle des pouvoirs locaux face à l’implantation d’une centrale ? Quel poids les élus locaux conservent-ils ? Sont-ils pris en otage entre les retombées des centrales et les opposants ?

Pour cela nous accueillons, notre intervenant de la soirée – et nous excusons Olivier SCHNEID, journaliste spécialiste des questions de l’énergie à la Gazette des communes, absent en raison d’impératifs familiaux – Teva MEYER. Il est doctorant à l’Institut Français de Géopolitique et ATER à l’université de Mulhouse. Il s’intéresse depuis son master 1 aux conflits liés à l’utilisation de l’énergie nucléaire. Son travail de thèse porte sur une étude comparative des géopolitiques du nucléaire civil en Allemagne, France et Suède sous la direction de Philippe Subra (que nous avions d’ailleurs accueilli lors d’un précédent café géopolitique sur les ZAD).

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