Détruire ou construire ? L’aménagement des zones inondables en question. Par Sylvain Rode.

Café géographique de Montpellier, 2019. Intervenant : Sylvain Rode – Maître de conférences en aménagement de l’espace et urbanisme, Université de Perpignan Via Domitia – Unité Mixte de Recherches ART-Dev. Compte rendu rédigé par Camille Renaudin.

Selon l’Evaluation Préliminaire du Risque d’Inondation effectuée en 2011 dans le cadre de la mise en œuvre de la Directive européenne Inondation de 2007, 18,5 millions de personnes et 10 millions d’emplois seraient exposés au risque inondation en France. La vulnérabilité est donc forte compte tenu de la forte exposition des populations au risque inondation. La prévention est dès lors un enjeu important et réaffirmé qui passe, notamment, par le contrôle de l’urbanisation en zone inondable. Deux questions, antagonistes et légitimes, se posent alors : faut-il – et si oui, comment ? – construire en zone inondable ? Doit-on détruire les biens en zone inondable ?

(suite…)

Guerre des gaz et paix des ménages : les enjeux de la pollution atmosphérique dans les vallées alpines, avec Nicolas Donner.

Les Cafés géographiques de Chambéry-Annecy recevaient le 17 novembre 2016 Nicolas Donner, géographe, chercheur associé au laboratoire PRODIG. Il a travaillé sur des terrains lointains, en Afrique centrale notamment, en lien avec des questions de pétrole. Mais il est là aujourd’hui pour nous parler d’un espace beaucoup plus proche : la vallée de l’Arve, où il a peut-être voulu chercher du pétrole… et il l’a trouvé dans l’atmosphère !

Nicolas Donner commence par dire quelques mots de sa thèse, qui portait sur le pétrole, et qui lui a permis de faire le lien avec l’air, et pas seulement pour en retrouver dans l’atmosphère. En effet, nous habitons de plus en plus exclusivement dans des environnements techniques : notre vie quotidienne entière est médiatisée par des outils techniques, des systèmes administratifs, des procédés scientifiques (pour traiter l’eau, pour faire rouler un bus, …). Il y a un « écran technique total », pour parler comme Jacques Ellul, qui s’intercale entre nous et l’environnement naturel. Dans les enclaves pétrolières par exemple, les pétroliers installent des milieux urbains en miniature, n’importe où sur la planète, que ce soit dans le Sahara ou en pleine mer : on apporte des containers, de quoi cuisiner, de quoi regarder la télé, on reconstitue le milieu urbain, tout est technicisé, tout est importé. Il y a une seule ressource qu’on consomme toujours sur place : c’est l’air. C’est la dernière ressource avec laquelle nous avons un rapport non médiatisé.

(suite…)

A la recherche de l’hiver idéal, par Alexis Metzger.

Café géographique de Chambéry, Mercredi 18 janvier 2017, 18h – Café le Beaujolais, Chambéry. Par Alexis Metzger, post-doctorant en géographie à l’Université de Strasbourg. Sa thèse soutenue en 2014 s’intitulait « Le froid en Hollande au Siècle d’Or. Essai de géoclimatologie culturelle » et il est l’auteur de l’ouvrage Plaisirs de glace. Essai sur la peinture hollandaise hivernale paru en 2012.

Alors que l’actualité de cette mi-janvier est aux températures négatives, en dessous des « normales saisonnières », dans les Alpes françaises il est surtout question des stations qui attendent la neige avec impatience… Dans ce contexte, quel serait l’hiver idéal ? Et repose-t-il seulement sur des conditions météorologiques ?

Pour répondre à ces questions, Alexis Metzger nous convie à explorer l’art et la littérature pour démontrer que l’hiver n’est pas seulement une saison inscrite sur le calendrier. C’est aussi un ensemble composé de paysages et de représentations. Et pour ponctuer son intervention, le géographe a choisi plusieurs textes qui ont été lus par le public.

(suite…)

A l’ombre de Nanda Devi : la nature himalayenne dans le nationalisme écologique de la guerre froide, par Sarah Benabou.

Compte-rendu du Café géo du 10 février 2016, à Chambéry. Sarah Benabou, anthropologue à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et spécialiste de l’Inde, porte son regard sur les politiques de conservation de la nature dans une région de l’Himalaya indien. Compte rendu de Camille Girault.

À partir d’une analyse fine des nombreux enjeux géopolitiques, sociaux et culturels qui gravitent autour du sommet emblématique de la Nanda Devi, Sarah Benabou nous convie plus largement à questionner les présupposés des politiques de conservation de la nature. À la croisée de la géographie et de l’anthropologie, elle décrypte les interactions entre les parcs et les populations locales, entre les modes de gestion de l’environnement et les modes de vie.

(suite…)

Les temps changent, le climat aussi ! Par Vincent Moron.

Café-géo de Montpellier du 15 Décembre 2015. Par Vincent MORON (Professeur à l’Université d’Aix-Marseille).

En introduction, les intervenants dressent le bilan de la COP 21 ayant eu lieu entre le 30 Novembre et le 12 Décembre 2015. Pour parler des enjeux du réchauffement climatique, invitation de Vincent MORON. Sa recherche s’intéresse à l’analyse de la variabilité et de la prédictabilité des précipitations et leurs effets sur les écosystèmes, notamment dans la zone tropicale.

Le début de la conférence s’interroge sur le temps d’aujourd’hui (15 décembre 2015) à Montpellier et analyse une image satellite qui montre une dépression sur le Languedoc-Roussillon. Celle-ci montre une situation classique, que l’on retrouve sur la carte des pressions avec de l’air chaud qui vient du Sud. Les variations thermiques quotidiennes en 2015 sont ensuite étudiées à l’aide d’un graphique. Celui-ci montre des variations importantes, parfois très rapides : + 10 °C en quelques jours, au mois d’octobre 2015 par exemple. Ces variations de températures intra-annuelles et le cycle thermique annuel moyen constituent le signal thermique le plus évident que l’on connaisse aujourd’hui.

Vincent Moron explique  que le cycle annuel thermique moyen est une réponse au cycle annuel du rayonnement solaire. Le rayonnement solaire précédant la température, certains éléments du cycle annuel thermique peuvent être prévus (ampleur, régularité). Ces prévisions globales peuvent même être lointaines (à l’échelle d’une année par exemple).

(suite…)

Le mythe de la disparition du lac Tchad, par Géraud Magrin.

Café géographique de Chambéry-Annecy, 2016, Avec Géraud Magrin, compte-rendu établi par J. Dop et Ph Piercy. Professeur de géographie à Paris 1, longtemps chercheur au CIRAD, Géraud Magrin a fait de l’Afrique subsaharienne, du Sénégal au Tchad principalement, son terrain de recherche.

Par ces temps d’alarmisme environnemental, le lac Tchad présente des enjeux particuliers : sa disparition est régulièrement annoncée, et depuis 2010, sur fond de terrorisme montant (Boko Haram), le lac Tchad devient un sujet central. Autour de ce lac, on peut étudier particulièrement les aspects politiques et institutionnels d’un jeu d’acteurs complexe entre Etats, bailleurs de fonds internationaux, ONG et médias.

(suite…)

La Nouvelle-Zélande : identités croisées et mentalités, par Adrian Macey.

Compte rendu du Café géopolitique qui s’est tenu au Café de la Mairie, Paris 3e, le  26 novembre 2015

nouvelle-zelande-loin-europe

La Nouvelle-Zélande, loin de l’Europe ?

Présentation de l’intervenant :

Adrian Macey est un diplomate néo-zélandais qui bénéficie depuis longtemps de liens étroits avec la France et la culture française. Il est parfaitement francophone, il est titulaire d’une maîtrise de lettres (Université de Tours) et d’une thèse de doctorat sur Diderot. Il a été auditeur à l’ENA (promotion Mendès France). à l’ENA. Il a été ambassadeur de Nouvelle-Zélande en Thaïlande puis, de 2002 à 2006, en France. Il a suivi plusieurs COP et il est actuellement observateur à la COP 21, en tant que chercheur à l’Université de Wellington.

Le café sera articulé en deux points :

  • Les fondements géopolitiques de la Nouvelle-Zélande (environnement, histoire, etc.)
  • Un point de vue sur les négociations climatiques autour de la COP 21.

La Nouvelle Zélande sur la carte

  • Sur nos cartes européennes, la Nouvelle-Zélande est ordinairement placée dans un coin, en bas et à droite.
  • Les cartes locales centrées sur la Nouvelle Zélande la montrent dans un immense environnement maritime.

Les idées qui dominent sont donc l’isolement et la domination de l’océan. Ces deux éléments jouent un rôle constant à travers l’histoire de la Nouvelle-Zélande.

La Nouvelle Zélande couvre 270.000 km2, soit la moitié de la France. Elle est peuplée de 4.589.000 habitants en 2015.

(suite…)

« Page précédente