« Comment l’Europe a nommé le monde », Nicolas Perrot ( Riveneuve, 2025).

Nicolas Perrot, préf. de Christian Grataloup. Comment l’Europe a nommé le monde. Riveneuve, 2025

 

 

Partout sur le globe, des villes, des pays, des montagnes, des fleuves, des déserts, des îles, ont été nommés par les Européens au gré des explorations et des colonisations, à partir du XVe siècle. Dans sa préface, Christian Grataloup souligne le fait que de très nombreux toponymes sont l’héritage du fait colonial, même s’ils reprennent des noms locaux, plus ou moins déformés et européanisés. Il invite à « picorer » l’ouvrage de Nicolas Perrot, qu’il qualifie de « buffet géographique ». Alors, picorons ensemble cette sorte de dictionnaire qui passe en revue une grande partie des lieux du monde découverts puis ayant appartenu à des Européens. (suite…)

L’Istrie ou l’identité plurielle en partage, Claudie Chantre.

Carte de l’Istrie (https://fr.wikipedia.org/wiki/Istrie#/media/Fichier:Karte_Istrien_en.png)

Inspirée par Daniel Oster, cette escapade organisée pour les Cafés géographiques par Isabelle Mazenc du 11 au 15 mai 2025 a bénéficié des éclairages de H. Jacolin et D. Wolff.  La péninsule istrienne, située à l’extrémité nord-ouest des Balkans et divisée en trois pays (Croatie, Slovénie et Italie), est une région où trois peuples se rencontrent : les Slaves, les Italiens et les Germaniques. Trieste est la ville-symbole de ces trois influences. Ljubljana, capitale de la Slovénie et propice à un vol direct depuis Paris, fut le point de départ de ce voyage. (suite…)

Géopolitique des migrations internationales, par François Héran.

François Héran entouré de Gilles Fumey, Michel Sivignon, Henry Jacolin © B. Verfaillie

Café géopolitique, 5 décembre 2022, Paris, animé par Michel Sivignon, Gilles Fumey et Henry Jacolin, compte rendu du Maryse Verfaillie.

Lundi 5 décembre 2022, les Cafés géographiques ont eu le privilège d’accueillir François Héran, sociologue et démographe, professeur au Collège de France titulaire de la chaire « Migrations et sociétés ». La salle du premier étage du Café de la Mairie (Paris 3e) est entièrement remplie pour assister à ce café géo consacré à la géopolitique des migrations internationales. Un dossier de 9 tableaux a été distribué aux participants afin d’étayer le propos de l’intervenant déclarant d’entrée que le débat public en France sur l’immigration est sans rapport avec la réalité. François Héran entend le démontrer en se référant aux seules statistiques.

 

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FIG 2021: impressions d’une géographe, Maryse Verfaillie.

Le FIG 2021 à Saint-Dié-des-Vosges (photo prise par l’auteur)

En simple géographe, à Saint Dié-des-Vosges je suis allée. Pour la 32ème édition du FIG (Festival International de Géographie) le soleil fut éclatant et dans le ciel tout bleu, les sommets vosgiens se détachaient admirablement.
Les festivaliers étaient revenus, peut-être en moins grand nombre qu’avant la pandémie, mais toujours avides de conférences et de retrouvailles conviviales sur les terrasses des nombreux cafés de la ville. Deux sujets étaient retenus cette année :
Territoire invité : Europe(s). Thème : le Corps (suite…)

Les outre-mers européens, par Jean-Christophe Gay

Le dernier Café de la saison est assuré par Jean-Christophe Gay. Ses thèmes de prédilection sont bien connus des géographes : aussi comprendrons-nous qu’il conclue l’année en proposant une immersion dans les proches, mais exotiques outre-mers européens. L’occasion, pour lui, de présenter un numéro de la Documentation Photographique sorti l’an dernier sur cette question « difficile », car très peu traitée, au regret du géographe qui y a consacré une grande partie de sa carrière. A la Nouvelle-Calédonie il a dédié un Atlas, comme à la Polynésie ; Jean-Christophe Gay a également enseigné à la Réunion. Son parcours et ses publications sont récapitulés à cette adresse. Compte-rendu réalisé par Mélanie Le Guen.

Ce compte-rendu présente une réflexion balayant un large spectre de thématiques, et appuyée sur un grand nombre d’exemples. La plupart d’entre eux sont développés et richement illustrés dans le numéro de la Documentation Photographique susmentionné.

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L’Europe au miroir de sa démographie, Daniel Oster.

La démographie a la réputation d’une science aride faisant la part belle aux statistiques. Pourtant, derrière les chiffres et les mots des démographes (fécondité, natalité, espérance de vie, mortalité…) se révèlent des aspects essentiels de l’histoire des territoires et du comportement des populations. On le voit clairement à la lecture des données démographiques du continent européen.

Les trois dernières décennies témoignent d’un véritable bouleversement démographique en Europe. Sa population n’augmente plus globalement depuis 1993 et devrait lentement décroître dans quelques années, comme on l’observe déjà dans de nombreux pays. Rappelons que la population européenne représentait le quart de la population mondiale en 1900. Malgré un gain de 180 millions d’habitants entre 1950 et 2000, elle n’en représente plus aujourd’hui qu’environ 10%. Cette évolution globale masque une fracture démographique entre l’Ouest et l’Est qui se creuse toujours davantage depuis la chute du mur de Berlin en 1989. Pourtant les années 1950 à 1970 ont été marquées par une forte convergence démographique entre les deux parties du continent : en 1950, l’Est avait 60 millions d’habitants de moins que l’Ouest ; en 1989, l’Est n’en avait plus que 30 millions de moins. Mais le paysage démographique est bouleversé depuis 1989 avec l’achèvement de la transition démographique et surtout avec la transition économique et sociale des anciens pays communistes.

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Emmanuel Ruben, « Sur la route du Danube » (Ed. Rivages, 2019), Michel Sivignon.

Emmanuel Ruben, Sur la route du Danube, Éditions Rivages, 2019

D’abord, il faut dire que c’est un excellent livre et que je l’ai, pour ma part, lu de bout en bout comme une nécessité, comme une urgence. Pour voir ce qui va se passer au chapitre suivant. Pour son style aussi, mélange de termes précis empruntés à la géographie physique et de l’argot tout-à-fait contemporain. Et aussi parce que je me retrouve dans cette Europe centrale et orientale où j’ai finalement passé beaucoup de temps.

Il y a plusieurs manières d’aborder cet ouvrage, parce qu’il y a plusieurs livres dans un.

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L’avenir incertain de l’Europe, Daniel Oster.

La construction européenne est aujourd’hui vieille de près de huit décennies. Depuis plus de dix ans sa dynamique semble s’être enrayée au point d’apparaître en péril pour n’avoir pu lever les ambiguïtés qui ont présidé à sa naissance et à son développement. D’autant plus qu’une part importante des sociétés européennes la rend responsable des difficultés liées à la mondialisation croissante et à la nouvelle donne géopolitique, économique et technologique. Crise, rebond possible, désir, nécessité, tout se mêle aux yeux des opinions publiques comme des dirigeants politiques.

Une crise profonde : le projet européen dans l’impasse ?

Depuis le plan Schuman de 1950 (à l’origine de la Communauté européenne du charbon et de l’acier), une histoire cyclique a marqué les avancées et les reculs du projet d’unification européenne qui a néanmoins avancé vers l’approfondissement et l’élargissement. Des étapes majeures ont été franchies : le traité de Rome (1957), l’accord de Schengen (1985), le traité de Maastricht (1992), la création de l’euro (2002). Mais depuis 2005 la construction européenne piétine, une succession de crises révèle que ses fondements même sont menacés. Trois crises majeures ont ébranlé le projet européen : la crise financière mondiale de 2008, la crise migratoire à partir de 2013, le Brexit en 2016.

La crise financière mondiale de 2008 a mis à rude épreuve l’Union économique et monétaire (UEM) avec le risque d’un éclatement de la zone euro. Une série de réponses européennes a permis de surmonter cette crise de l’euro mais la divergence des trajectoires économiques en Europe s’est poursuivie, creusant toujours plus le fossé entre le nord et le sud de l’Europe.

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La crise migratoire en Europe, avec Amandine Spire et Camille Schmoll,

Compte rendu du café géographique du 31 janvier, avec A. Spire et C. Schmol, rédigé par Marine Duc

Avec Amandine Spire et Camille Schmoll, maîtresses de conférences à l’université Paris-Diderot (Paris VII). Amandine Spire a notamment travaillé sur les migrations en Afrique de l’Ouest. Elle s’intéresse actuellement davantage aux problématiques de droit à la ville et de productions de normes sociales et spatiales dans les sociétés urbaines. Camille Schmoll est spécialiste des migrations dans l’espace euro-méditerranéen. Elle s’intéresse notamment aux migrations féminines, à travers une approche par le genre.

Le thème de ce café géographique s’articule autour d’une question d’actualité, mais a aussi pour objectif de discuter la notion de « crise » : est-ce qu’il s’agit de l’acmé d’un mouvement qui a débuté anciennement ou bien plutôt d’un phénomène récent ? Quelles en sont les causes principales ?

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L’identité européenne : quête incessante d’un horizon, rencontre avec Martine Méheut, Julia Kristeva et d’Enrico Letta.

commission-européennePour célébrer les multiples visages de l’Europe, des personnalités issues du monde politique et du monde des arts dialoguent librement sur les origines du projet européen, de la Grèce aux Lumières, cette Europe enlevée, berceau du roman, lieu de liberté et tranquillité où les femmes tiennent une place singulière. L’Europe, un horizon qui reste à conquérir.

En partenariat avec « Initiatives pour une Europe plurilingue » et « Citoyennes pour l’Europe ». Sous le patronage de la Représentation en France de la Commission européenne.

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