Le Japon et le nucléaire, avec Philippe Pelletier

Ce mardi 14 avril, nous avons le privilège d’accueillir au Café de Flore le géographe Philippe Pelletier, professeur émérite à l’université Lumière de Lyon 2, éminent spécialiste du Japon, auteur du récent De Hiroshima à Fukushima. Guerre, nucléaire et politique au Japon (PUL, 2025), pour nous présenter la question du nucléaire au Japon dans une perspective géohistorique originale.
Hiroshima et Fukushima sont deux lieux emblématiques de la relation singulière du Japon au nucléaire, qu’il soit militaire ou civil. Les deux événements – la bombe de 1945, l’accident de 2011 – peuvent être rapprochés dans une même analyse, c’est la démarche suivie par Philippe Pelletier. S’appuyant notamment sur de nombreuses sources japonaises, le géographe retrace les dynamiques à l’œuvre au Japon depuis les années 1930, en relation avec les Etats-Unis, en montrant le rôle depuis près d’un siècle des mêmes cercles politiques, industriels, scientifiques et militaires dans le développement d’un électronucléaire civil forcément lié à la question de la guerre et du nucléaire militaire.

Café géographique de Paris, Café de Flore, mardi 14 avril 2026, Modérateur et auteur du compte rendu : Daniel Oster.

Philippe Pelletier (à droite) et Daniel Oster (à gauche) au Café de Flore (photo de M. Huvet-Martinet)

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Michel Sivignon : une géographie sensible. Charles Le Cœur, Roland Courtot et Simon Estrangin. Le dessin du géographe n° 102.

 

Michel Sivignon croqué par Roland Courtot au cours de l’excursion de géographie rurale en Thessalie en 2001 (Le Dessin du Géographe n°81, 2020)

Michel Sivignon a disparu au printemps dernier.

Parmi les multiples facettes de son œuvre de géographe, la rubrique « Le Dessin du Géographe » du site internet des Cafés Géographiques tient une place à part qui révèle un peu une face cachée de son talent. Par-delà une grande érudition, un souci de recherche des nœuds entre géographie, histoire et cultures, il prenait le dessin comme un moyen de développer une géographie spontanée (comme il l’a décrite dans un texte de Géographie Humaine de 2016).

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Hokkaidō : un Finistère presque oublié

Ce dossier a été réalisé par Maryse Verfaillie à la suite du voyage qu’elle vient de faire au Japon, particulièrement dans l’île septentrionale d’Hokkaïdo.

Consulter le dossier Hokkaidō : un Finistère presque oublié

Dessiner l’architecture en géographe par Simon Estrangin.
Le dessin du géographe n°94.

Quelles sont les similitudes entre les dessins des géographes et ceux d’autres professions, les architectes par exemple ? Le dessin du géographe n° 88 abordait déjà cette question à travers des exemples pris dans l’espace méditerranéen. Ici, il s’agit de se pencher sur la façon dont le géographe Jacques Pezeu-Massabuau dessinait l’architecture. (suite…)

Fuji, pays de neige, Claudie Chantre.

Jusqu’au 12 octobre 2020, le musée Guimet propose l’exposition « Fuji, pays de neige » qui poursuit une réflexion engagée par deux autres expositions du MNAAG (Musée des Arts asiatiques Guimet) :  Les paysages japonais de Hokusai à Hasui et Sur la route du Tokaido, présentées respectivement en 2017 et en 2019. L’affiche de l’exposition, présentée ci-contre, reproduit l’estampe Pèlerin devant le mont Fuji, une œuvre de Yashima Gakutei réalisée vers 1823. De l’estampe à la céramique, en passant par le textile et la photographie, le mont Fuji est l’acteur majeur, mais non unique, de cette exposition. Il laisse place, dans les dernières salles au thème de la neige ou plus exactement aux estampes de paysages enneigés.

 

LE MONT FUJI OU FUJI-SAN, UN SUJET MAJEUR DE L’ART JAPONAIS

De ses 3776 mètres, le mont Fuji est un cône parfait aux neiges éternelles qui domine Honshu, l’île principale de l’archipel nippon. C’est la dernière éruption volcanique de 1707-1708 qui a déterminé ses formes actuelles. Accompagné de sa particule honorifique (san) Fuji-san est un kami – une entité divinisée du shintoïsme – qui règne sur les esprits, le paysage et les arts au Japon. Il est au cœur de quelques-unes des séries d’estampes les plus célèbres de la période d’Edo (1603-1868). D’Edo à la période Showa, les références littéraires de ces estampes sont nombreuses. Le mont Fuji est aussi un des sites les plus photographiés du pays. Il a été inscrit en 2013 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco au titre de lieu sacré et source d’inspiration artistique. Il est connu comme une montagne sacrée depuis le VIIème siècle, que ce soit dans le shintoïsme, la religion ancestrale du Japon, ou le bouddhisme. Pour les shintoïstes, le Fuji renfermerait un élixir d’immortalité qui, en se consumant, laisserait apercevoir de temps en temps un panache de fumée. Pour les bouddhistes, la forme du Fuji évoque un lotus à huit pétales autour d’un bouton blanc. Le symbolisme religieux de la montagne associé à la symétrie et la perfection de ses formes désigne le mont Fuji comme sujet de prédilection pour les artistes japonais. Représenté comme une nature changeante, il illustre alors la notion bouddhique d’impermanence.

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Sur la route du Tokaido, Michèle Vignaux,.

Affiche de l’exposition

Exposition d’estampes japonaisesMusée Guimet (6, place d’Iéna, 75116 Paris), Jusqu’au 7 octobre 2019

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Fukushima, six ans après : politiques de retour et zone grise de l’accident nucléaire, par Marie Augendre.

Café Géographique de Chambéry, animé par Marie Augendre (Chambéry, 8 mars 2017). Compte-rendu rédigé par Alice Nikolli. En ce mercredi 8 mars 2017, les Cafés Géographiques de Chambéry-Annecy reçoivent Marie Augendre, maîtresse de conférences à l’Université Lyon 2. En cette journée internationale des droits des femmes, elle n’est pourtant pas venue nous présenter un café sur la géographie du genre. Son intervention porte sur l’accident de Fukushima, dont on commémore le sixième anniversaire le 11 mars. Compte-rendu rédigé par Alice Nikoll.

Téléchargez l’intégralité du compte-rendu au format PDF : CR_café-géo_AUGENDRE_VF (PDF, 670ko)

Marie Augendre commence son intervention en rebondissant sur cette remarque. Certes, il ne s’agit pas d’un café genré, mais le sujet qui va être abordé l’est pourtant dans une certaine mesure. En effet, la place des femmes est considérable à Fukushima, notamment parce que ce sont souvent elles qui se sont trouvées en première ligne, et tout particulièrement pour protéger les enfants de la radioactivité. La place des femmes dans l’analyse de l’accident nucléaire n’est donc pas négligeable, quand bien même on parle du Japon, société réputée particulièrement clivée (le terme « okusan », qu’on traduit par « épouse », désigne en japonais « celle qui se tient au fond »). Toujours est-il qu’avec l’accident nucléaire, les femmes se sont découvert une capacité à agir sur la scène publique, et elles portent une bonne partie des actions citoyennes qui se mettent en place, tant concernant la mesure de la radioactivité, que l’organisation de vacances sanitaires pour les enfants ou encore la reconnaissance des droits des sinistrés.

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Japon : l’art des jardins, contempler et méditer, Maryse Verfaillie.

Le Pavillon d’Or à Kyoto

Dans un archipel entre terre et ciel, entre montagne hostile et terre tremblante, entre tradition et modernité, la mer pour unique horizon, le Japon a fait , avec l’art du jardin, une synthèse sublime.

L’art des jardins, important et respecté, cherche à interpréter et à idéaliser la nature, en assemblant des codes esthétiques que tous les Japonais peuvent s’approprier dans la vie quotidienne car le jardin se trouve aussi bien dans les demeures privées, petites ou grandes, que dans les parcs des villes et surtout dans les sanctuaires shintoïstes ou les temples bouddhistes.

Méditer, contempler, ce sont les vertus que propose le jardin.

 

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Carnet de voyage dans les îles Gotô (juillet 2009), Philippe Pelletier

Dessin du géographe n° 56

L’une des principales difficultés photographiques au Japon est de prendre des panoramas. Car bien souvent, il y a de la brume, due à la forte humidité atmosphérique, surtout en été, période où je me trouvais dans les îles Gotô (Japon). On peut le voir sur la photo prise du mont Tainohana 鯛の鼻, alias « le Nez de la daurade » (446 m) : au-delà des premiers contreforts, le paysage devient flou (fig.2).

Du coup, la tentation est grande de faire un dessin (fig.1). Cela permet aussi d’élargir la focale et d’avoir une vue d’ensemble sur les îles au large. La perspective du croquis part dans la même direction que celle de la photo (axe nord-est / sud-ouest), mais elle est plus large. La photo correspond en gros au quart inférieur droit du croquis, là où se trouve le tampon (à l’envers car il figure de l’autre côté de la page, le papier du carnet japonais — un Style Notebook B 6 mm x 20 kô— s’avérant manifestement un peu léger) qui a été pris le lendemain dans la ville d’Ômura.

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Le Japon après Fukushima, par Philippe Pelletier.

Café géographique, Strasbourg, Philippe Pelletier : Le Japon après Fukushima, Mercredi 10 octobre 2012

En ce qui concerne l’énergie nucléaire qui assurait avant 2011 un peu plus du quart de l’approvisionnement électrique du Japon, Philippe Pelletier parle de la « guerre de Fukushima ». Pour comprendre cette expression, il faut revenir à l’explosion des bombes de Hiroshima et de Nagasaki, et comprendre quel peut être le lien entre cet événement de 1945 qui conclut une guerre et les événements actuels. Le lien existe déjà par les formes : la guerre de Fukushima est une bataille contre un ennemi invisible, la radioactivité. Elle est sensible actuellement à Fukushima même, à travers la zone interdite de 20 kilomètres, l’existence de zones de refuge, les paysages ravagés par le tsunami, de même qu’à travers l’Opération Tomadashi par laquelle les Etats-Unis sont venus apporter leur aide avec des soldats après le tsunami. Pour certains Japonais, le comportement suicidaire d’un gouvernement, qui est allé à une guerre perdue d’avance avec les Etats-Unis, ne ressemblerait-il pas à son choix de construire des centrales nucléaires dans un pays aussi sismique ?

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