Aimé Césaire, Cahier d’une retour au pays natal, 1947, Théo Roussel.

Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal, Présence africaine, poésie, 1983

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Constantin Paoustovski ((1892-1968), arpenteur et reporter de la Russie (soviétique ?), Philippe Piercy.

Constantin Paoutovski. La tanche d’or. Ed. de l’aube, 2018. https://editionsdelaube.fr/catalogue_de_livres/la-tanche-dor/

Une traversée de l’espace-temps soviétique par un romancier qui rêvait d’un ouvrage purement géographique 

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A propos de Saisons du voyage de Cédric Gras : éloge du piétinement géographique

Cédric Gras, Saisons du voyage, Babelio, 2018.

Cédric Gras a reçu une formation de géographe. Il figure dans la petite cohorte des géographes de sa génération qui se sont « évadés » vers la littérature, avec Sylvain Tesson et Emmanuel Ruben. « Évader » n’est pas le terme propre qui suppose une géographie ceinte de murs malaisés à franchir. A coup sûr, en tout cas, Cédric Gras s’est évadé du langage géographique et du ton académique, dès les premières phrases de son livre. Un des grands mérites de C. Gras réside dans la qualité de son écriture.

Ce livre est une réflexion sur l’expérience du dépaysement plutôt que du voyage. Il comporte des chapitres très autobiographiques, mais il dépasse sans cesse cette dimension personnelle.

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Patrick Modiano et Pierre Le-Tan, chrono-topographes des marges (Paris de ma jeunesse, P. Le Tan, 2019 ; Memory Lane, Patrick Modiano), Philippe Piercy.

Le texte qui suit résulte du rapprochement suscité par la lecture successive de deux ouvrages : Paris de ma jeunesse de P. Le-Tan, constitué de 28 textes courts (une à trois pages) chacun référé à un lieu parisien, écrit en 1988, réédité et complété en 2019 – très peu de temps avant la mort de l’auteur – préfacé par P. Modiano, et Memory Lane, court texte (une soixantaine de pages) écrit par celui-ci et illustré par celui-là en 1981 ; ce texte, quoique moins connu que d’autres romans de P. Modiano, cristallise les thèmes qui font sa singularité, sa tonalité. Si Patrick Modiano a accédé depuis longtemps a une grande notoriété littéraire et publique (Goncourt en 1978, Nobel en 2014), Pierre Le-Tan est moins connu, bien qu’illustrateur de nombreuses éditions littéraires, concepteur de publicités pour de grandes enseignes. Il est aussi un ami et complice précoce de P. Modiano, notamment dans le petit ouvrage dont il sera question ici, Memory Lane, dès 1981.

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Emilienne, 1917 : Itinéraire d’une jeune Française réfugiée de la Première guerre  mondiale.

Claudie Lefrère-Chantre, Emilienne, 1917. Itinéraire d’une jeune Française réfugiée de la Première guerre mondiale, Editions Fauves, 2017, 255 pages, 20 €.

Les Français aiment les commémorations historiques. Depuis 2014, la Grande Guerre suscite un intérêt considérable qui se traduit par des manifestations de toutes sortes, des initiatives publiques et privées, des colloques, des publications, etc. Le battage médiatique autour de la commémoration du centenaire de la guerre de 14-18 est soutenu par une véritable déferlante de livres sur la première guerre mondiale, une guerre toujours présente dans la plupart des familles françaises. Dans la production considérable orchestrée par les éditeurs, les sujets « classiques » sont bien sûr abordés mais d’autres questions, bien moins connues, profitent de ce coup de projecteur conjoncturel. Parmi ces derniers sujets, celui des réfugiés français pendant la guerre vient d’être illustré par un livre instructif et passionnant, émouvant même lorsqu’il s’insinue dans la chair et l’esprit de son « héroïne », Emilienne Richard. En février 1917, cette jeune fille lorraine de quinze ans doit obéir à l’ordre de l’occupant allemand qui la contraint à quitter son village de la Woëvre pour un long périple à travers l’Allemagne et la Suisse la menant à Villars-du-Var, un autre village situé à l’autre bout de la France, où elle va vivre la fin de la guerre et quelques années de plus jusqu’en 1923.

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Anatomie du chemin noir : à propos d’un récent ouvrage de Sylvain Tesson (Sur les chemins noirs, Gallimard, 2017), Antoine Vermauwt

Sylvain Tesson,Les chemins noirs, Gallimard, 2017

Un écrivain, Sylvain Tesson, vient de fouler ce qu’il baptise la France des chemins noirs. Sur les chemins d’une France en berne, il promène sa nostalgie d’un monde perdu, idéal, fait de ruines et de ronces, de parenthèses et d’interstices, perpétuellement défait par des générations d’hommes pressés. Du Mercantour au Cotentin, en passant par le Perche et l’Aubrac, la Margeride et le Bas-Vivarais, il arpente une France intérieure propice à cette « géographie de l’instant » dont il a, mieux que l’intuition, la vocation. Il est tombé, il a mûri, sa prose est devenue mature, plaisante, facile, trop facile peut-être, se révélant sommaire.

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La province russe et les écrivains, Claudie Chantre.

Les 5 et 6 février 2016, a eu lieu la septième édition des journées européennes du Livre russe sur le thème de « la province. » Les tables rondes, les rencontres avec les auteurs, le salon du livre se sont déroulés à la mairie du Vème arrondissement ou au lycée Henri IV. D’autres lieux y étaient associés comme le CRSC, la BULAC, le Studio-Théâtre de Charenton, la bibliothèque Tourgueniev et le cinéma Le Grand Action. Ce fut l’occasion de parcourir la province russe en compagnie de nombreux écrivains russes et russophones mais aussi avec des écrivains français dont les œuvres se déroulent en Russie ou y sont rattachés. Par « province », il semble que l’on entende ici la nature, la campagne, les étendues immenses mais ce n’est pas sûr. De quoi interpeller l’auditeur géographe ! Le fil conducteur a été celui d’une littérature qui, des grands écrivains russes du XIXème siècle à aujourd‘hui sans oublier ceux de la période soviétique, a exploré ces thèmes. Ces journées ont aussi été l’occasion d’aller à la rencontre de la littérature des peuples autochtones de Sibérie. Claudie Chantre

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L’identité européenne : quête incessante d’un horizon, rencontre avec Martine Méheut, Julia Kristeva et d’Enrico Letta.

commission-européennePour célébrer les multiples visages de l’Europe, des personnalités issues du monde politique et du monde des arts dialoguent librement sur les origines du projet européen, de la Grèce aux Lumières, cette Europe enlevée, berceau du roman, lieu de liberté et tranquillité où les femmes tiennent une place singulière. L’Europe, un horizon qui reste à conquérir.

En partenariat avec « Initiatives pour une Europe plurilingue » et « Citoyennes pour l’Europe ». Sous le patronage de la Représentation en France de la Commission européenne.

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La femme audacieuse : une figure européenne, Claudie Chantre.

citoyennes-pour-l-europe

En ce 7 mars 2015  à l’Odéon-Théâtre de l’Europe a lieu la quatrième rencontre/lecture d’une série de cinq consacrée au thème de l’Europe inspirée. La rencontre est animée par Martine Méheut, présidente de « Citoyennes pour l’Europe », en présence de Nathalie Loiseau, directrice de l’Ecole Nationale d’Administration.

Martine Méheut introduit la séance : « Pourquoi y a-t-il en Europe, au long des siècles, des femmes qui osent penser, écrire et dire jusqu’à l’engagement politique ce qui les scandalise et ce qu’elles espèrent ? Leur statut enviable en Europe n’a-t-il été  imposé que par leurs luttes et leurs victoires ? Ne faut-il pas plutôt reconnaître que la civilisation européenne est un espace propice au courage de la femme audacieuse ? »

Quatre textes seront lus au cours de cette séance : le « No pasaran ! » de Dolores Ibarruri, un extrait de « Une chambre à soi » de Virginia Woolf, un extrait de « Eloge de l’imperfection » de Rita Levi-Montalcini et un  extrait de « l’Enracinement » de Simone Weil.

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La Normandie d’Annie Ernaux, Daniel Oster.

Même si le dernier livre d’Annie Ernaux a pour titre Le vrai lieu (Gallimard, 2014), le lecteur géographe de cet écrivain n’est sans doute pas le mieux placé pour appréhender une œuvre qui, pour l’essentiel, instaure un jeu de regards des classes sociales les unes sur les autres. Pourtant, l’espace joue un rôle important dans cette œuvre qui n’entend pas saisir la particularité d’une expérience mais, au contraire, sa « généralité indicible ».

Après trois livres d’inspiration autobiographique, Annie Ernaux publie en 1984 La place, un récit qui marque une rupture essentielle dans son travail d’écriture. Dans cette œuvre sur le père, l’écrivain jette le masque de l’affabulation romanesque pour partir à la recherche d’une vérité objective, plus précisément pour mettre en évidence les signes d’une réalité familiale. Et pour cela, les lieux et l’espace participent à la compréhension de la quête.

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