La voiture, lieu mobile de la politique (L’expérience Blocher, Jean-Stéphane Bron ; Viva la Libertà, Roberto Andòn, 2013),


Viva la Libertà (Roberto Andòn, Italie, 2013), L’Expérience Blocher (Jean-Stéphane Bron, France/Suisse, 2013).

Quel point commun entre Viva la Libertà, du romancier-désormais-cinéaste Roberto Andò, et L’expérience Blocher, du documentariste Jean-Stéphane Bron ? Entre la chronique imaginaire d’un technocrate gagné par l’incertitude, et le quotidien d’un tribun que jamais l’ombre d’un doute ne semble assaillir ? Entre le chef d’une social-démocratie qui n’en finit plus de voir ressurgir l’insubmersible – ou presque – Cavaliere, et le leader d’une extrême-droite voulant à toute force jouer le parti d’opposition alors qu’elle est depuis plusieurs années la première formation du pays ? Entre le dandy italien, amateur de cinéma, élégant, charmeur et discret, et l’homme d’affaires brassant les millions et les toiles de maîtres en accusant les étrangers de prendre le travail des ouvriers suisses et de menacer l’identité helvétique ? Un point commun, sans doute le seul : la voiture.

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Des suffixes en géographie, Yohan Lafragette.

suffixes_YLEn préparation du CAPES, on nous enseigne beaucoup de vocabulaire pour penser en  géographe. Pendant que mes collègues historiens essaient d’ingérer ces mots parfois  barbares, j’ai réfléchi à ce jargon.

Il me semble que le radical reste, mais que le suffixe change pour analyser les objets en géographie. Urbanisme, urbanisation, urbanité, en 30 ans, nous passons de l’idéologie aux processus puis au concept. Qu’est-ce que cela nous apprend sur la géographie ?

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La cour de Babel (Julie Bertuccelli, 2014). Bertrand Pleven.

cour_de_babel01La cour de Babel, Julie Bertuccelli, 2014.

Géographies citées

« Nous distinguerons donc la mondialisation réduite à l’unification économique par le marché (globalisation), d’un phénomène de beaucoup plus longue durée : l’humanisation et la civilisation de la Terre des hommes qui se poursuivent au point que Babel s’en trouve rachetée » (Denis Retaillé, Les Lieux de la Mondialisation, page 13)

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Géographie et cinéma au cœur de l’Amérique en crise : entretien de Bertrand Pleven avec Jean-Loïc Portron.

Entretien avec Jean-Loïc Portron, co-réalisateur de Braddock America (sortie le 12 mars 2014)

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France  – 1h43 min
Scénario : Jean-Loïc Portron
Image : Jean-Loïc Portron
Son : Gabriella Kessler
Montage : Véronique Lagoarde-Ségot
Musique : Valentin Portron

« No dirt, no job »

Au Nord-Est des Etats-Unis, la ville de Braddock, ancien bastion sidérurgique, a aujourd’hui perdu de sa superbe. Pourtant, une communauté ébauche au quotidien une action solidaire pour dessiner l’avenir. Dans cette Small town de la « Rust belt », ville « rétrécissante », Jean-Loic Portron filme à travers ce documentaire, co-réalisé avec la new-yorkaise Gabriella Kessler, ce qui  sépare Braddock d’une Dead city (Mike Davis).

Entretien avec un historien passionné de géographie, lecteur de Pierre Deffontaines, d’Yves Luginbühl ou encore de Philippe Gervais-Lambony. Il partage avec ce dernier le terrain sud-africain sur lequel il va revenir dans son prochain projet. On retrouve aujourd’hui l’auteur des séries Paysages et Foyers de Création pour Arte, pour la sortie de son long métrage, au cinéma.

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Le Tour de France par deux enfants et les gravures de Pérot, Michel Sivignon, Roland Courtot.
Le dessin du géographe n° 44.

« Le Tour de la France par deux enfants. Devoir et patrie » fut publié en 1877 par les Editions Belin, dans les premières années de la Troisième République, dans une France traumatisée par sa défaite de 1870 face à la Prusse et ses alliés et par la perte de l’Alsace et de la Lorraine mosellane.

Ce « livre de lecture courante avec 212 gravures instructives pour les leçons de choses et 19 cartes géographiques » fut un extraordinaire succès de librairie.

Dès 1914 on en avait vendu 7,4 millions d’exemplaires. Il a été réédité plusieurs fois et encore en 1991. Un million d’exemplaires ont été vendus depuis 1914. Cet ouvrage était conservé dans les familles et il était souvent l’unique livre qui figurait dans la maison.

L’auteur a signé d’un pseudonyme, celui de G.Bruno, qui est celui de Giordano Bruno, philosophe italien brûlé par l’Inquisition au XVI° siècle en raison de ses positions considérées comme hérétiques. L’auteur était en réalité une femme, Augustine Fouillée qui écrivit aussi d’autres ouvrages à destination pédagogique, ordonnés eux aussi en récits de voyage initiatique.

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Only lovers left alive (Jim Jarmusch, 2013), Bertrand Pleven.

only_lovers_left_aliveOnly lovers left alive (Jim Jarmusch). Nationalités: Allemagne, Grande Bretagne, France, Chypre, Etats-Unis..

Adam et Eve sont deux amants qui traversent les siècles. Leur géographie amoureuse est perturbée par l’arrivée inopportune de la petite sœur d’Eve.

Détroit/Tanger : Ombres et décombres

Jim Jarmusch, avec Only lovers left alive confirme son goût des corps flottants avecune assez mordante et poétique étude de cas Détroit/ Tanger. De cet « Habiter en vampires des urbanités abimées », il y a de quoi apprendre : Jarmusch planque ses strangers dans les maisons abandonnées d’un Détroit spectral ou d’un coup de vol de nuit dans les tortueuses ruelles peuplées d’ombres de la kasbah de Tanger.

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Robert Adams et l’Ouest américain, Daniel Oster

Exposition « Robert Adams. L’endroit où nous vivons », Paris, Jeu de Paume, du 11 février  au 18 mai 2014

Robert Adams, Au nord-est de Keota, Colorado, 1969 (Fraenkel Gallery, San Francisco et Matthew Marks Gallery, New York)

Robert Adams, Au nord-est de Keota, Colorado, 1969 (Fraenkel Gallery, San Francisco et Matthew Marks Gallery, New York)

A Paris, le Jeu de Paume consacre au photographe américain Robert Adams une passionnante et belle exposition qui révèle non seulement un artiste talentueux mais aussi un homme engagé pour qui la photographie a permis de réconcilier la richesse esthétique et la dénonciation citoyenne.Plus de deux cent cinquante tirages, tous en noir et blanc et privilégiant de petits formats, témoignent de la beauté majestueuse de l’Ouest américain où l’artiste a vécu l’essentiel de son existence. Mais, en même temps,ils présentent les  transformations du paysage depuis près d’un demi-siècle avec leur cortège d’atteintes à l’environnement (déforestation, pollution,  urbanisation débridée, etc.).Le titre de l’exposition, « L’endroit où nous vivons », reprend les termes du critique John Szarkowski qui a préfacé The NewWest, l’un des ouvrages de Robert Adams paru en 1974 :« Le paysage est, pour nous, l’endroit où nous vivons. De sorte que si nous en avons fait mauvais usage, nous ne pouvons pas le rejeter sans nous rejeter nous-mêmes. Si nous l’avons maltraité, si nous avons dégradé son état, si nous y avons érigé des monuments à notre ignorance, il reste malgré tout notre lieu de vie. Et avant d’aller plus loin, nous devons apprendre à l’aimer. »

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Géographie de l’amour, Natacha Cousy.

geo_amour_01Comme chaque année, l’approche de la Saint-Valentin déverse, dans toutes les vitrines, son lot de roses pourpres et de cœurs vermeils. Pourtant, la place de l’amour dans la ville est plus que jamais discutée, si l’on en croit la pénalisation croissante de la prostitution, ou l’opprobre (quasi) généralisée (mêlée d’une pointe d’admiration) guettant toute célébrité qui s’écarterait de son devoir conjugal.

Sentiment d’attachement fort à une personne (ou un objet, quoique nous excluions cette forme d’amour de notre propos) ou acte qui concrétise ce penchant, l’amour est à la fois fascinant et secret. Fascinant, pour des populations repues d’austérité et assoiffées de merveille. Secret, pour des amants qui toujours recherchèrent les lieux les plus isolés pour s’adonner à leur passion charnelle.

C’est donc à cette ambiguïté géographique de l’amour que nous nous attacherons.

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Diagonales dans le XVIII° arrondissement : Paris et ses contradictions (12 octobre 2014)

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Ville bourgeoise, ville populaire, ville musée, ville en chantier, Paris n’est pas à une contradiction près. Le XVIII° arrondissement offre un concentré exceptionnel de ces dynamiques d’embourgeoisement accéléré des quartiers populaires parisiens. La balade permet de découvrir la face calme et cachée de la butte Montmartre mais aussi sa face touristique. Elle nous plonge aussi dans la centralité immigrée de la Goutte d’Or.

La journée du 12 octobre 2013 a été préparée par Olivier Milhaud, Pauline Saurei et Maryse Verfaillie pour l’association Les Cafés géographiques. Compte rendu : Olivier Milhaud et Pauline Saure (suite…)

Dessin d’apprentissage en Irlande, par Charles Le Cœur.
Le dessin du géographe n°43

Le stage de géomorphologie et environnement destiné aux étudiants de licence de l’Université Paris 1 a eu lieu en Irlande en mai 2012.

Il s’est déroulé dans la région de Sligo, au nord-ouest de l’Irlande.

L’objectif est de leur faire découvrir un terrain, de construire des problématiques et de les mener à une certaine autonomie dans l’observation et dans la réflexion. Dans l’équipe enseignante, Marie Chenet a réalisé un film : « apprentis chercheurs », qui montre le déroulement  du stage et l’apprentissage des différents groupes confrontés à des milieux différents et à des questionnements de recherche.

Le dessin de paysage constitue une entrée en matière pour prendre possession du terrain au début du stage. Nous arrêtons les étudiants derrière les dunes de la flèche littorale de Conor Island, presque à l’abri du vent, pour dessiner le paysage imposant de la montagne de Ben Bulben.

D’après la carte de l’Ordnance Survey of Ireland

D’après la carte de l’Ordnance Survey of Ireland

Il s’agit d’un bel entablement de calcaire carbonifère qui culmine à 526m. Le massif élevé a en partie échappé aux nappes de glace quaternaires qui ont raclé les basses pentes et étalé des moraines en collines allongées. Le havre lui-même est parsemé de gros blocs erratiques.

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