Retrouvez le compte rendu de la sortie organisée à Meudon par les Cafés Géographiques, le 4 juin 2016.

Sortie géographique à Meudon, 4 juin 2016 (format PDF – 2Mo)
Retrouvez le compte rendu de la sortie organisée à Meudon par les Cafés Géographiques, le 4 juin 2016.

Sortie géographique à Meudon, 4 juin 2016 (format PDF – 2Mo)
La journée « îles en Seine » a été préparée par Maryse Verfaillie pour l’association Les Cafés géographiques (de Paris). Nous ignorerons Boulogne, ville dotée d’un patrimoine exceptionnel des années 30, où sont nées l’automobile et l’aviation, entre bois et fleuve, tout près de la capitale.
Nous concentrerons nos découvertes sur Billancourt, la ville que Sartre ne voulait pas désespérer, mais qui n’existe plus. Une nouvelle ville pionnière, du XXI ème siècle, est en cours d’édification sur la ZAC- Ile Seguin – Rives de Seine. Quatre communes sont associées au projet : Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Meudon et Sèvres. Une nouvelle fois, les plus grands architectes sont convoqués : Jean Nouvel, Norman Foster, Dominique Perrault, etc. Il suffit de passer des ponts, d’enjamber des îles et c’est tout de suite l’aventure…
Landes, forêts et marécages ont dissuadé l’installation des hommes avant le Moyen Age dans le méandre de la Seine, royaume des lièvres ou repère des canailles. Mais lorsque Louis XIV, « le premier banlieusard » fit construire le château de Versailles en 1682, il fallut lancer un pont sur la Seine. Il traversait alors l’île de Sèvres devenue île Seguin.
Dès le XVIII ème, les abords de la route royale se couvrent des demeures bourgeoises des commerçants et artisans du roi tandis que des châteaux aristocratiques, ceux des courtisans, s’élèvent sur les coteaux de Sèvres et de Meudon. A l’orée du XIX ème s’invitent les artistes, qui plantent leurs chevalets parmi les coquelicots de l’île Seguin.
Une ville bicéphale : de Boulogne à Boulogne-Billancourt
Au XIX ème, entre 1825 et 1840, un certain monsieur de Gourcuff achète une ferme et crée un « village de Billancourt » avec son église, ses rues, ses maisons. Ce lotissement, centré sur la place Jules Guesde, est la première opération d’urbanisme billancourtois. De nombreuses usines s’implantent alors : céramique, chimie, parfumerie. Les blanchisseries très nombreuses sur la Seine s’industrialisent. La dernière ne disparaît qu’en 1995 ! Une architecture industrielle naît : de grands ateliers sont couverts de sheds –toits en dents de scie, asymétriques – et sont surplombés de grandes cheminées en brique. Bientôt Boulogne et Billancourt ne feront plus qu’une, résidentielle au nord, ouvrière au sud
Dans les années 1920-1930, les époux Kahnweiler, marchands d’art et mécènes, instituent les « dimanches à Boulogne ». Ils reçoivent : Braque, Satie, Artaud, Max Jacob, Man Ray, Diaghilev, Malraux, Juan gris …. Le maire, André Morizet, entouré d’architectes et d’urbanistes (Le Corbusier, Mallet Stevens, Tony Garnier, etc.) va faire de Boulogne une ville d’art. C’est ici que s’installent les premiers studios de cinéma, ceux qui créèrent le Napoléon d’Abel Gance et la Grande Illusion de Jean Renoir.
Boulogne-Billancourt, ville de modernité et d’inventivité
Et puis un jour, une rumeur mécanique enfle dans la ville, qui devait aboutir à la naissance de la 4 CV Renault, en 1945. Finie la pastorale. Les premiers tanks sont nés à Boulogne-Billancourt. Les usines ont chassé les guinguettes, les fumées ont chassé l’odeur de l’aubépine et du linge frais. Fini les dimanches à Boulogne, bonjour la ville ouvrière.
L’épopée Renault commence en 1898, lorsque Louis met au point sa première automobile. En 1899, il fonde avec ses frères la Société Renault, implantée à Billancourt. D’autres usines d’automobiles s’installent alors, puis des usines aéronautiques, celles des frères Farman et des frères Voisin. L’émulation et la compétition font rage.
Dans la haute chaîne du Jura, entre les Rousses et le lac de Joux en Suisse, le car glissait comme un reptile. Le paysage défile comme un cinémascope, la silhouette effilée des sommets, les barres calcaires entre les sapinières, l’ovale des lacs bleu ciel dessinant un petit pan de ciel bleu sur la campagne verte et dont l’air était jauni par le soleil. Nous étions là, à chercher ce que la montagne pouvait nous raconter de nous mêmes que nous n’aurions même pas songé à trouver, une émotion, une surprise, une certitude, une inquiétude peut-être. Dans le défilé des sapins qui nous accompagneraient au lac de Malbuisson que Courbet voyait comme un trou noir, les vaches étaient indifférentes à notre passage. Mouthe et son clocher coiffé d’un bulbe aux couleurs froides offrait la sidération d’un village ordinaire du haut-Jura, rue principale élargie pour les congères hivernales de neige, maisons protégées du vent par des tôles dessinées comme des écussons, voitures stationnées en désordre, femme secouant un tapis à la fenêtre, maquignon montant dans un camion de bestiaux. C’était donc cela, le Jura. Un canton de l’univers où des gens nés-là étaient restés sans vraiment l’avoir voulu, ouvrant les fenêtres en cette fin d’été chaude et qui allaient s’apprêter pour la saison du grand manteau blanc.
Pourtant, entre Dole et Besançon, les deux capitales du comté de Bourgogne, sept jours pleins n’ont pas suffi pour accumuler des images, questions, étonnements sur ces lieux dont personne ne sait s’il faut les nommer Jura, Comté, Franche-Comté, Revermont, Haut-Doubs, porte de Bourgogne, Haute-Saône. Sauf si les limites ont un sens qui est de tendre un miroir dans lequel on se regarde. De préférence avantageusement, face à l’autre, déprécié pour ne pas déchoir dans notre image de soi. De fait, tout semblait frontière, ligne, marquage. Invisibles : mine de sel du trias fixant les installations d’extraction, périmètre d’une appellation viticole ou fromagère, microclimat, limite indécise de la hêtraie-sapinière, frontière géopolitique. Ou visibles : vignobles peignés, champs marquetés des hauts plateaux, ruisseaux et rivières ourlés de saules, clochers traçant le chemin de la terre au ciel, horizons en enfilade des plis géologiques.
Sur la route de Dijon
8-10 avril 2016
|
|
Le voyage a été organisé par Maryse Verfaillie pour l’association Les Cafés géographiques (de Paris). Les deux journées ont été préparées par Françoise Mourot, notre intervenante sur place. Jean-Pierre Chabin, maître de conférences honoraire de géographie et de climatologie de l’Université de Bourgogne nous a fait découvrir les multiples facettes de la célèbre commune de Gevrey-Chambertin. Mille mercis.
|
De la Bourgogne émane un mélange rare d’enracinement paysan et d’envolée ambitieuse sur des horizons élargis. Une grande voie terrestre, un coteau, des marchands, il n’en fallait pas plus pour que le vin soit bon ! Entre Val de Saône et Montagne (la Côte de Nuits) Dijon, capitale régionale prend ses aises.
Le carrefour bourguignon
La Bourgogne est une région historique prestigieuse dont le cœur a battu à Bitracte, capitale des Eduens, puis dans le monastère de Cluny à partir du X ème, puis dans celui de Cîteaux à partir du XI ème. Il a battu plus tard à Dijon, capitale du duché des Grands ducs d’Occident qui faillirent mettre à terre la royauté française. Mais la région Bourgogne actuelle est bien différente du duché, devenu province après son annexion par la France en 1478.
La Bourgogne est essentiellement un seuil entre le Bassin parisien et le couloir de la Saône et du Rhône. Reliant Europe du nord et Europe du sud, le carrefour fut très tôt fréquenté. Mais il a migré au cours des siècles.
Depuis l’Antiquité la région est traversée par de grands axes de communication. Dès le VI ème avant J.C., c’est par la Bourgogne que passe la route de l’étain qui unit la Cornouaille à l’Italie.
Mercredi 23 mars 2016
Avec Pierre de VIZCAYA
Au restaurant Mi Ranchito Paisa 37 rue Montholon 75009 Paris
Pierre de Vizcaya est né au Panama puis a vécu à Cali en Colombie toute sa jeunesse. Il a accepté de nous parler de son pays d’origine et de sa cuisine.
La Colombie
La Colombie, ainsi baptisée en souvenir du découvreur des Amériques, présente l’une des plus étonnantes mosaïques de milieux naturels que l’on puisse trouver dans un ensemble andin pourtant riche en contrastes. Elle est, par son relief, la plus fragmentée des républiques andines : les Andes se divisent en trois branches principales, qui enserrent de grandes vallées, celles du Magdalena et du Cauca. Pourtant, les montagnes n’occupent même pas le tiers de la surface totale.
Elle se situe au nord de l’Amérique du Sud et dispose de deux façades maritimes : l’une au nord sur la mer des Caraïbes, l’autre, à l’ouest, sur le Pacifique.
Par son climat, la Colombie, traversée au sud par l’équateur , appartient à la zone tropicale humide, qui détermine ses possibilités agricoles, compte tenu de la variété induite par les contrastes d’altitude.
Mercredi 18 novembre 2015
avec Marie Cormier-Salem
Au Petit Dakar
6 rue Elzevir 75003 Paris
Un précédent Repas Géo sénégalais s’est déroulé le 24 janvier 2008 dans le même restaurant, http://cafe-geo.net/repas-senegalais/.
Pour commencer Michel Sivignon verse sur le sol un peu de bissap. En Casamance on verse toujours sur la terre un peu de la boisson qu’on va partager pour remercier des dons de la nature et des prélèvements que l’on y effectue, pour honorer les ancêtres et évoquer la mémoire de ceux qui ne sont plus. Michel Sivignon évoque notre collègue géographe Matthieu Giroud tué au Bataclan le vendredi 13 novembre.
Puis Marie Barthélémy qui nous a cuisiné ce repas nous dit que le Thiéboudiène dont la transcription wolof/ sénégalaise est : cee bu jen, (les termes en wolof ont été francisés pour une lecture plus aisée) le plat principal, se mange chaque vendredi chez elle à Gorée alors que le Yassa est un plat du dimanche. Elle nous donne son menu : pastels et accras de niebbé, thiéboudiene et yassa au poulet, et en dessert thiacry (couscous de mil et lait caillé).
Controverses dans le sud-ouest parisien.
Petite Ceinture ferroviaire de Paris et serres d’Auteuil
Les Cafés géo, samedi 26 septembre 2015 (Denis Wolff)
PC : il ne s’agit pas ici d’un parti politique mais de la Petite Ceinture, voie ferrée construite sous le Second Empire, et qui entourait alors complètement la capitale. Les excursionnistes des Cafés géo ont marché sur les traces de cette voie mythique et ont découvert les serres d’Auteuil et autres équipements parisiens, dont l’histoire récente est assez mouvementée.
Au cours des quelques kilomètres de cette excursion, ils se sont interrogés sur le sort de ces équipements édifiés au XIXe siècle pour transporter les Parisiens, les nourrir (abattoirs), les instruire et même les baigner (piscine Molitor) ! Quelle place, quel rôle leur laissent les acteurs de la vie moderne dans une ville livrée à la spéculation immobilière, où l’espace est rare et cher ?
Nous remercions chaleureusement Jean-Louis Tissier, qui a pris position dès 2010 pour défendre les serres d’Auteuil, Jean-Emmanuel Terrier et Stéphane Dos Santos, respectivement Président et Secrétaire de l’Association pour la sauvegarde de la Petite Ceinture1, ainsi que Bernard et Maryse Verfaillie pour toute l’organisation.
La Petite Ceinture
La Petite Ceinture de Paris est ligne de chemin de fer à double voie de 32 kilomètres de longueur (hors raccordements) qui faisait le tour de Paris à l’intérieur des boulevards des Maréchaux. Aujourd’hui, il en reste 23 kilomètres. Elle comportait 34 gares de voyageurs, 5 gares de marchandises, 2 gares réservées au bétail et 2 gares de triage.
De brillants débuts
Au XIXe siècle, les premières liaisons radiales ferroviaires au départ de Paris sont construites par des compagnies privées : Compagnie du Chemin de fer de Paris à Saint-Germain (qui devient la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest), Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans, Compagnie des Chemins de fer du Nord, Compagnie du Chemin de fer de Paris à Lyon (qui devient Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée), Compagnie des Chemins de fer de l’Est…
Mais cette configuration pose un problème aussi bien pour le transport des voyageurs que des marchandises : il y a rupture du trajet à Paris. Par ailleurs, on décide d’ériger de nouvelles fortifications autour de la capitale entre 1841 et 1844 (enceinte de Thiers) : il faudrait donc pouvoir les approvisionner en soldats, en ravitaillement ou en armement depuis l’intérieur de la ville fortifiée.
[18-20 septembre 2015]
Bordeaux se souvient du temps où les quais accueillaient paquebots et cargos, mais la ville a perdu son port.
Aujourd’hui, après rénovation des quartiers anciens et des berges de la Garonne, l’harmonie a été retrouvée entre la ville et le fleuve et depuis 2007 la cité a été inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.
La capitale aquitaine sort d’une longue torpeur et voit son avenir en grand. Les projets ambitieux (ou pharaoniques ?) sont nombreux.
Bordeaux appelle le cliché : port en pleine terre ou campagne en pleine mer, bourgeoisie impitoyable, ville anglaise ou espagnole, ville plate et basse sans mystère…
Tout ici n’est qu’apparence. Mais sa jeunesse crie haut et fort : « Bordeaux is the place to be » !
Le voyage est organisé par Maryse Verfaillie, pour l’association Les Cafés géographiques de Paris. Il bénéficie de l’aide précieuse de deux enseignantes en CPGE du lycée Montaigne, Marie Grosgeorge et Stéphanie Beucher.
Un groupe de 23 adhérents des Cafés géographiques a participé du 16 juin au 26 juin 2015 à un voyage en Roumanie organisé par Arts et Vie selon l’itinéraire et les modalités proposés par l’association. L’itinéraire a suivi une boucle à partir de Cluj-Napoca pour parcourir la Transylvanie et la Moldavie. Plusieurs thématiques ont été privilégiées comme les paysages et l’histoire complexe du pays, d’autres aspects ont été aussi abordés comme la géopolitique, la vie quotidienne, et bien d’autres encore. Quelques contacts directs avec les habitants ont pu avoir lieu, à Brasov en particulier. Le modeste compte rendu qui suit n’a qu’une seule ambition, celle de suggérer la richesse des enseignements qui ont permis aux participants de faire la connaissance d’un pays européen méconnu, riche d’un patrimoine exceptionnel et de potentialités de développement incontestables.
Le mercredi 11 mars 2015
C’est une fille de l’Abitibi, géographe et chercheuse en noms de lieux, qui a animé notre repas au restaurant L’Envol Québécois situé dans le Quartier latin à Paris, 30 rue Lacépède.
Avec Francine Adam on espère en apprendre sur la composition du menu : tourtière, salade et fèves au lard en plat principal, tarte au sirop d’érable au dessert. Ces plats ont été cuisinés par Françoise Vauche, l’épouse du propriétaire Antoine Larose. Les recettes sont celles de la maman d’Antoine, Rita Labelle. On l’écoute…