Une géographe au Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges (édition 2025)

Fondé en 1990 par Christian Pierret, le FIG (Festival International de Géographie) est un événement incontournable dont le succès ne se dément pas. Pendant quatre jours, les échanges se succèdent, d’un lieu à l’autre, dans la Cathédrale comme dans les IUT (Instituts Universitaires de Technologie) et jusque dans les Cafés les plus divers de la ville de Saint-Dié et de ses environs.

Comme chaque année, depuis 36 ans le FIG propose d’étudier un pays ou une région. Cette année l’Indonésie est à l’honneur, c’est le 4ème pays le plus peuplé du monde mais on l’ignore souvent. Grâce au FIG nous pourrons découvrir ce gigantesque espace, à la croisée des chemins.

Comme chaque année, une thématique est proposée. Quoi de plus osé que de l’intituler « Pouvoir » ! Qu’il soit politique, économique, culturel ou environnemental, le pouvoir façonne nos territoires et nos sociétés. A l’heure où les équilibres mondiaux sont constamment remis en question, il est crucial de s’interroger sur cette problématique.
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Préparer la question « Asie du Sud-Est » au CAPES externe et aux agrégations externes d’Histoire et de Géographie avec les ressources des Cafés géographiques

  • FUMEY Gilles, « Géopolitique de l’Asie (Pierre Gentelle) », Cafés géographiques, Rubrique Des Livres, 9 février 2007.

http://cafe-geo.net/wp-content/uploads/geopolitique-de-l-asie_p-gentelle.pdf

Pierre Gentelle explique d’emblée que l’idée d’Asie n’existe pas dans l’esprit des Chinois et des Japonais. En dissipant ce malentendu, il a les mains libres pour présenter ce «continent» par des «blocs ethniques»et des «minorités», des terres fermes et des archipels, des aires religieuses et une construction régionale qu’il positionne par rapport à d’autres grands ensembles du monde, l’Europe, les États-Unis et la Russie. Cette présentation thématique en ondes concentriques a le mérite de casser le déterminisme physique en superposant différents types de données qui déterminent un objet qu’on appelle «l’Asie» mais qui n’a de réalité que chez ceux qui le désignent comme tel.

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Tirer parti du danger sur les volcans javanais, par Edouard de Bélizal.

Café géographique de Montpellier, 2015. Rencontre avec Edouard de Bélizal. Introduit par Frédéric Leone. Compte rendu de Annabelle Moatty.

Les ressources en milieu volcanique.

Les fortes densités de population sur les flancs des volcans javanais sont à l’origine d’une importante  exposition  aux  aléas  volcaniques.  Elles  témoignent  aussi  d’une  certaine attractivité de ces milieux. Les ressources des espaces volcaniques javanais contribuent à fixer durablement des populations capables d’en tirer parti. Le Merapi, dont les éruptions très récurrentes, pouvant menacer jusqu’à plus d’un million de personnes, en ont fait le volcan le plus surveillé d’Indonésie. Traditionnellement, les dépôts laissés dans le fond des vallées par les coulées pyroclastiques ou les laharsi sont utilisés par les populations locales qui les revendent sur l’ensemble de l’île de Java. Les blocs d’andésite et les fractions sableuses représentent des matériaux de construction très prisés. Les carrières du Merapi, aménagées dans les corridors de coulées pyroclastiques et de lahars, ont longtemps fonctionné avec les dangers et la ressource que constituent les matières premières apportées par les aléas volcaniques. Cependant, l’éruption de 2010 a induit plusieurs ruptures dans le système traditionnel mis en place sur le Merapi entre les sociétés javanaises et le volcan. L’étude sur le long terme des évolutions et tentatives d’adaptation successives de cette activité encore mal encadrée révèle combien les espaces volcaniques sont attractifs. Cela entraîne une démultiplication d’acteurs extérieurs au Merapi plus ou moins bien identifiés. Cette situation engendre  des  conflits  entre  des  populations  locales  qui  accusent  les  industriels  de confisquer leurs ressources. Les conflits portent aussi sur la dégradation économique et environnementale qui menace les moyens de subsistance traditionnels des sociétés du Merapi. Ces dernières se tournent donc de plus en plus vers d’autres modes de mises en valeur du volcan.

Les ressources qui permettaient de fixer et de protéger économiquement les sociétés sur le Merapi  sont  aujourd’hui  à  l’origine  d’une  certaine  compétition.  La  concurrence  est importante, tant dans le domaine de l’extraction que dans celui du tourisme. La question soulevée est celle de l’adéquation des mesures de gestion des risques avec les enjeux générés par l’évolution des conditions de vie sur le volcan.

Edouard de Bélizal est agrégé et docteur en géographie, rattaché à l’UMR 8591 Laboratoire de Géographie Physique Paris 1-CNRS.

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