Se battre pour un temple (Preah Vihear) à la frontière du Cambodge et de la Thaïlande, Denis Wolff
Temple de Preah Vihear, conflit

Temple de Preah Vihear (cliché de Denis Wolff, 23 février 2025)

La colère récente des différents groupes politiques thaïlandais à l’encontre de leur Première Ministre a pu sembler futile à l’opinion publique occidentale. Le motif : des propos trop « courtois » tenus au téléphone par Paetongtarn Shinawatra à Hun Sen, ancien Premier Ministre cambodgien et homme fort du régime. Cet échange a eu lieu au cours du conflit frontalier armé qui oppose depuis mai 2025 les deux voisins, revendiquant chacun un petit territoire autour du temple de Preah Vihear. Ce différend a une longue histoire à laquelle ont été sensibilisés les voyageurs des Cafés Géo. (suite…)

La Birmanie, pivot stratégique entre la Chine et l’Inde, par Amaury Lorin.

Amaury Lorin (à droite) et Michèle Vignaux (à gauche)

Café géographique de Paris, Le Flore, 2024, animé par Michèle Vignaux, Compte rendu rédigé par Daniel Oster.

L’historien Amaury Lorin s’est spécialement déplacé depuis Dunkerque pour ce café géo consacré à la situation géopolitique de la Birmanie, sujet trop peu abordé en France alors qu’il représente un enjeu important du monde d’aujourd’hui.

Amaury Lorin a récemment écrit un livre, Variations birmanes (Samsa éditions, Bruxelles, 2022, sélection Prix Pierre Loti 2023), où il donne quelques clés de compréhension de cette situation qu’il va évoquer. (suite…)

Vietnam et Etats voisins, de Yves Duchère (Armand Colin, 2023), Michèle Vignaux.

ves Duchère, Vietnam et Etats voisins, Géopolitique d’une région sous influences, Armand Colin, 2023.

Le titre du dernier ouvrage du géographe Yves Duchère, Vietnam et Etats voisins (1), suscite une première interrogation : quelles sont les limites de l’espace étudié ? Certes, Laos et Cambodge sont l’objet de pages peu nombreuses mais bien documentées, mais quelle place donner au troisième voisin, la Chine ? C’est l’étude des relations millénaires, complexes et ambigües, entre Vietnam et Chine qui constitue le principal intérêt du livre, un livre débordant d’informations, de tableaux, de cartes. Sans doute le plan a-t-il été difficile à construire car les retours sur une même question sont nombreux…ce qui a une efficacité pédagogique. (suite…)

Amaury Lorin : Variations birmanes (Ed. Samsa, 2022), Michèle Vignaux,.

Armaury Lorin, Variations birmanes, Bruxelles, Editions Samsa, 2022

La Birmanie est mal connue des Français. Elle n’est sujet d’actualité que dans des moments singuliers, le prix Nobel de la paix accordé à Aung San Suu Kyi ou les violences exercées sur les Rohingya. Aussi l’ouvrage d’Amaury Lorin qui se présente comme « historien-voyageur », apporte-t-il des connaissances et des éclairages bien utiles au lecteur contemporain. Sobrement intitulées « récits », les Variations birmanes (1) se déclinent en 14 courts chapitres. Des variations dans l’espace, de la petite échelle traitant de l’ensemble du territoire et de sa position en Asie au gros plan sur la pagode de Schwedagon, et des variations dans le temps, des royaumes antérieurs au XVIIIe siècle à l’actuelle dictature militaire. Aussi ne retiendrons-nous que quelques thèmes majeurs. (suite…)

De Bangkok à Bali : géographie du tourisme en Asie du Sud-Est. Par Emmanuelle Peyvel.

Café Géo de Montpellier – Mardi 28 janvier 2020. Compte rendu rédigé par Paul-Arnaud Boudou et Clara Maurizy.

Emmanuelle Peyvel, maître de conférences en géographie à l’université de Brest (UBO), EA Géoarchitecture.

Pour entrer dans le sujet, nous pourrions partir de l’actualité : le nouvel an lunaire. Le 25 janvier 2020, nous sommes entrés dans l’année du Rat. C’est une période souvent intense en mobilités touristiques en Asie du Sud-Est. Plusieurs dynamiques peuvent ressortir de cet événement.

La première que l’on peut observer est que les villes se vident à ce moment-là. Ceci est représentatif d’une croissance urbaine récente et corrélée à l’accroissement économique qu’ont connu ces pays. Les citadins regagnent leur village natal et progressivement se forge l’idée d’une campagne, un rêve de citadin distinct de l’espace rural agricole productif. Cette dynamique alimente les sociabilités familiales, et permet de  “faire famille”, y compris avec les membres de la diaspora.

La deuxième grande dynamique touristique que l’on peut observer à l’occasion du Nouvel An lunaire concerne les montagnes. Ces dernières sont des lieux anciens de pèlerinage, beaucoup y prient pour s’attirer les meilleures faveurs pour la nouvelle année. Cette mobilité touristique est représentative d’un autre grand ressort touristique en Asie du Sud-Est : la prière. Elle s’intègre pleinement au triptyque « Pray, Play, Pay » proposé par Nelson Graburn pour rendre compte du tourisme domestique asiatique. Payer doit être ici entendu dans le sens de consommer. En effet, le nouvel an lunaire est un moment festif, où l’on a plaisir à s’amuser et à consommer : on achète des souvenirs, on consomme de bons repas, etc. En ce sens, le tourisme est représentatif des sociétés de consommation dont profitent aujourd’hui pleinement les classes moyennes sud-est-asiatiques. Cette mobilité spirituelle s’articule aussi dans certains pays comme le Vietnam à celle du du xuân (littéralement “partir au printemps”). Cette mobilité est commune à d’autres pays d’Asie, il s’agit d’admirer la végétation en fleurs au printemps (les cerisiers au Japon ou en Corée par exemple). En Asie du Sud-Est l’attention est portée sur les abricotiers, les pruniers et les pêchers parce que les fleurs sont jaunes et rouges, couleurs de la fête en Asie.

Les mobilités touristiques en Asie du Sud-Est relèvent donc d’imaginaires et de représentations qui sont propre à ces pays et qui nécessitent un certain décentrement du regard pour les occidentaux.

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Phnom Penh, la ville résiliente [1], Fabienne Parent

Vue de Phnom Penh depuis le Mékong https://freedomdestinations.co.uk/wp-content/uploads/Image-2-Phnom-Penh-City.jpg

Nous voilà à présent installés à Phnom Penh, la colline de Madame Penh. Le déménagement est arrivé plus tard que prévu. A temps, certes, au port de Sihanoukville, mais coincé dans les procédures douanières et les multiples jours fériés de cette fin d’année et notamment le festival de l’Eau.

Nous sommes ravis et enchantés !

Nous sommes aussi dans cette belle période qu’est la découverte d’une nouvelle aventure et d’une culture étrangère, et également dans les souvenirs de nos mamans respectives qui ont vécu au Vietnam. La toute proche Hô Chi Minh-Ville, ex-Saïgon, n’est qu’à 250 km environ de Phnom Penh.

Début décembre, nous sommes montés à Siem Reap vers le nord en voiture pour participer au marathon d’Angkor Vat (dix km pour moi seulement). Il faisait 16 degrés le matin. Royal. Les parcours des 10 et 21 km étaient tracés à travers les temples, ce fut merveilleux. Prendre le départ à l’aube et admirer en courant le soleil qui monte timidement derrière les temples…et le silence dans la forêt. Nous n’avons pas eu le temps durant ce court week-end de visiter en détail ces superbes architectures, qui méritent au moins deux jours pleins tant il y a de temples, ce sera l’objet de prochaines balades dans l’année.

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Préparer la question « Asie du Sud-Est » au CAPES externe et aux agrégations externes d’Histoire et de Géographie avec les ressources des Cafés géographiques

  • FUMEY Gilles, « Géopolitique de l’Asie (Pierre Gentelle) », Cafés géographiques, Rubrique Des Livres, 9 février 2007.

http://cafe-geo.net/wp-content/uploads/geopolitique-de-l-asie_p-gentelle.pdf

Pierre Gentelle explique d’emblée que l’idée d’Asie n’existe pas dans l’esprit des Chinois et des Japonais. En dissipant ce malentendu, il a les mains libres pour présenter ce «continent» par des «blocs ethniques»et des «minorités», des terres fermes et des archipels, des aires religieuses et une construction régionale qu’il positionne par rapport à d’autres grands ensembles du monde, l’Europe, les États-Unis et la Russie. Cette présentation thématique en ondes concentriques a le mérite de casser le déterminisme physique en superposant différents types de données qui déterminent un objet qu’on appelle «l’Asie» mais qui n’a de réalité que chez ceux qui le désignent comme tel.

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