Détruire ou construire ? L’aménagement des zones inondables en question. Par Sylvain Rode.

Café géographique de Montpellier, 2019. Intervenant : Sylvain Rode – Maître de conférences en aménagement de l’espace et urbanisme, Université de Perpignan Via Domitia – Unité Mixte de Recherches ART-Dev. Compte rendu rédigé par Camille Renaudin.

Selon l’Evaluation Préliminaire du Risque d’Inondation effectuée en 2011 dans le cadre de la mise en œuvre de la Directive européenne Inondation de 2007, 18,5 millions de personnes et 10 millions d’emplois seraient exposés au risque inondation en France. La vulnérabilité est donc forte compte tenu de la forte exposition des populations au risque inondation. La prévention est dès lors un enjeu important et réaffirmé qui passe, notamment, par le contrôle de l’urbanisation en zone inondable. Deux questions, antagonistes et légitimes, se posent alors : faut-il – et si oui, comment ? – construire en zone inondable ? Doit-on détruire les biens en zone inondable ?

(suite…)

Egypte : Les mille et une villes du Caire (octobre 2018).

Retour d’Egypte – octobre 2018, par Maryse Verfaillie.

Le Caire. Tag calligraphié du graffeur al-Seed

 

En dépit de ses carences et dysfonctionnements, Le Caire, « la mère du Monde » (Oum el-Dounia) comme la surnommait Ibn Khaldoun, riche de ses quartiers diversifiés, de ses mille mosquées, de ses citoyens affables, est une cité rayonnante. Malgré son immensité Le Caire a souvent été comparée à une somme de villages et dans beaucoup de quartiers populaires, les multiples entrelacs de solidarité tissent pour chaque Cairote un réseau d’entraide, condition de la survie. (suite…)

Rio de toutes les crises, avec Mickaël Chétry.

Café géographique de Chambéry-Annecy, du 11 janvier 2018 avec Mickaël CHÉTRY (université fédérale fluminense, rio de janeiro, Brésil ). Compte rendu de Laetitia Quévy.

La ville de Rio est au centre des attentions aujourd’hui et connaît une situation critique : l’État est en faillite, de nombreux fonctionnaires ne sont plus payés, le chômage augmente et on assiste à une recrudescence de la violence. On ne peut comprendre la crise alarmante touchant actuellement cette métropole internationale, dont l’agglomération compte pas moins de 11 millions d’habitants, sans revenir sur sa trajectoire historique et notamment le fait que pendant plus de 200 ans elle a été la capitale de l’empire puis de la république : pourquoi la crise nationale actuelle touche-t-elle tout particulièrement Rio de Janeiro ?

(suite…)

Que peut apprendre l’Inde à la France en matière de gestion des bidonvilles ? Frédéric Landy.

Assurément la situation française en matière de bidonvilles diffère beaucoup de l’Inde, où un citadin sur cinq vit en habitat précaire – et presque la moitié des habitants de Bombay. Mais les polémiques sur la destruction des campements de la Chapelle ou d’autres bidonvilles d’Ile-de-France, les expulsions de « la jungle » de Calais, ne sont pas sans évoquer les processus encore dominants en Inde et les outils d’une politique urbaine que New Delhi, et les gouvernements des 29 Etats fédérés de l’Union indienne, continuent de pratiquer.

Dharavi, bidonville à Bombay, en Inde, le plus grand bidonville d’Asie avec plus de 700 000 habitants (Photo © lecercle, www.franceinter.fr)

Une comparaison permet à mon sens de souligner les trois mêmes erreurs que font les politiques de France et d’Inde, mais aussi de proposer deux solutions.

Erreur n°1 : Pratiquer la politique du pire. La France propose un relogement pour les expulsés de Sangatte ou certains campements franciliens, mais il s’agit d’un nombre limité de places, et souvent du précaire amélioré (conteneurs aménagés à Calais, camp « aux normes internationales » avec tentes chauffées (!) à Grande Synthe…). Le gouvernement ne s’en cache pas : il s’agit de rendre la France aussi peu attractive que possible, afin de ne pas créer d’effet d’aubaine et d’éviter l’enracinement des migrants. Ceci n’est pas sans rappeler la politique urbaine menée dans les premières décennies de l’Inde indépendante : Nehru et ses successeurs avaient peur de l’exode rural, et pour le décourager se refusaient à une véritable politique de logements en ville – encore moins de logements sociaux. Faute de toit en perspective, les ruraux resteraient dans leurs campagnes, espérait-on. De fait, l’Etat et encore moins les promoteurs privés n’ont guère construit de logements. Mais les ruraux ont quand même émigré… Conjugué à la fécondité des citadins, le résultat dans les villes indiennes est patent : dans le meilleur des cas, des quartiers illégaux, que les pouvoirs publics ont laissé se développer faute de pouvoir les résorber, sont dotés de certains services publics (eau, école…) mais toujours sous une épée de Damoclès  : ainsi du projet de destruction de Dharavi, quartier de plus de 700 000 habitants à Bombay, qui a le tort de se trouver dans une zone désormais très convoitée par les acteurs de l’immobilier. Dans le pire des cas, des quartiers de cahutes faites de matériaux de récupération, établis dans des zones vacantes donc par définition souvent non constructibles (lit d’inondation des rivières) et dangereuses (la jungle de Calais n’est-elle pas elle aussi dans une zone en partie classée Seveso ?).

(suite…)

Géographies de la nuit urbaine, part Emanuele Giordano.

La nocturnalisation de la société représente des enjeux politiques, économiques, sociaux et géographiques car elle transforme certains espaces, nécessitent des aménagements particulièrement dans les villes. Le phénomène est ancien. Il a entrainé notamment le développement de formes d’éclairages publics organisés. Aujourd’hui, la nocturnalisation de la société se traduit par des sorties nocturnes plus fréquentes qu’auparavant. En France, 4 personnes sur 10 sortent au moins un soir par semaine. 20% ne le font jamais contre 67% en 1973. Les italiens en 2008 dorment 30 minutes plus tard qu’en 1988. Parallèlement de nombreuses personnes travaillent la nuit. La proportion de travailleurs de nuit diffère selon les Etats de l’Union européenne en fonction de législations différentes (6,1 % en moyenne en 2015). En France, cette population atteint 3,6 % en 2015.

Café géographique de Montpellier, 9 mai 2017. Rencontre avec Emanuele Giordano. Compte rendu pour les Cafés Géo de Montpellier de Mélanie Vico. (suite…)

New York City : ville globale, ville duale, par Aurélie Delage.

Une personne sans domicile fixe en train de fouiller des poubelles, une jeune femme à l’allure chic : c’est la première image que l’on peut présenter de l’extrême polarisation sociale de New York et des inégalités que l’on perçoit dans  LA ville globale.

On y retrouve les disparités spatiales et ethniques classiques aux E.U: la périphérie (suburbs) de NYC est occupée par une population blanche et aisée qui s’installe dans les nouvelles banlieues modernes laissant une population plutôt noire dans le centre-ville où le bâti se dégrade (Skid Row).

Compte rendu, Café Géo de Montpellier – 17 janvier 2017 – Aurélie Delage -Maître de conférences en aménagement et urbanisme – Université de Perpignan. Compte Rendu de  Alexis Copin.

(suite…)

Gentrifications, avec Lydie Launay et Hovig Ter Minassian.

Compte-rendu du Café du 28 mars 2017 au Flore, Animé par Olivier Milhaud, compte rendu de Michèle Vignaux.

La soirée commence par un hommage à Matthieu Giroud assassiné au Bataclan le 13 novembre 2015,  à 38 ans. Ce jeune géographe avait consacré son travail de chercheur aux mobilités urbaines, notamment aux formes de résistance ordinaire à la gentrification. Dans son ouvrage Villes contestées. Pour une géographie critique de l’urbain, publié avec Cécile Gintrac en 2014, il se montrait soucieux d’une géographie engagée.

Compte-rendu du Café du 28 mars 2017 au Flore, Animé par Olivier Milhaud, compte rendu de Michèle Vignaux.
La soirée commence par un hommage à Matthieu Giroud assassiné au Bataclan le 13 novembre 2015,  à 38 ans. Ce jeune géographe avait consacré son travail de chercheur aux mobilités urbaines, notamment aux formes de résistance ordinaire à la gentrification. Dans son ouvrage Villes contestées. Pour une géographie critique de l’urbain, publié avec Cécile Gintrac en 2014, il se montrait soucieux d’une géographie engagée. (suite…)

Paris Haussmann : modèle de ville, Michèle Vignaux.

Exposition du 31 janvier 2017 au 7 mai 2017, Paris, Pavillon de l’Arsenal.

L’Arsenal ne présente pas une énième exposition sur l’histoire de l’urbanisme parisien ni sur les travaux du célèbre préfet qui donnèrent un cadre prestigieux à la « fête impériale ». Rien de pittoresque ou d’immédiatement attractif. Pas de tableaux de Caillebotte sur le quartier Saint-Lazare, ni d’extraits du Pot-Bouille de Zola. C’est une présentation austère de quelques archives mais surtout de dessins d’architectes et de plans accompagnés de photos contemporaines de grandes perspectives et de façades d’immeubles.

(suite…)

« Istanbul, capitale régionale et ville-monde », dir. Jean-François Pérouse (CNRS, revue Anatoli, 2016), Elisabeth Bonnet-Pineau.

Istanbul, capitale régionale et ville-monde, CNRS, Revue Anatoli, Numéro 7,. Editions, de La Martinière, 2016, 316 p.

Le numéro 7 de la revue Anatoli, paru à l’automne 2016, s’interroge sur la réalité d’Istanbul comme ville-monde, annoncée comme telle dès 1996 par le maire de la ville de cette époque, Recep Tayyip Erdogan, actuellement Président de la République de Turquie.

Riches et nombreuses sont les publications scientifiques sur Istanbul dont celle incontournable de Stéphane Yerasimos, parue en 1997 et reproduite en tête du volume de la revue Anatoli. Cet article offre notamment des repères chronologiques sur les principales étapes de transformation enregistrées en moins d’un siècle par Istanbul à partir du moment où elle cesse d’être une capitale. Il précède un hommage rendu par les géographes Marcel Bazin et Jean-François Pérouse à « Stéphane Yerasimos, le Stambouliote (1942-2005) », descendant d’une famille grecque orthodoxe restée à Istanbul en étant exemptée de l’échange forcé des populations entre la Grèce et la Turquie.
(suite…)

Lyon, porte des Alpes, Pierre-Louis Ballot.
Vue de Lyon depuis les hauteurs de Fourvière (Cliché Pierre-Louis Ballot, 24 juillet 2016)

Vue de Lyon depuis les hauteurs de Fourvière (Cliché Pierre-Louis Ballot, 24 juillet 2016)

Des Cartes postales, 2016

En ce dimanche 24 juillet 2016, la vue depuis les hauteurs de Fourvière nous offre un superbe panorama de la cité lyonnaise : la Saône, le 2ème arrondissement (où l’on distingue nettement sur la droite la couleur ocre de la place Bellecour), les bords de Rhône (dont on devine la présence grâce aux nombreux arbres qui les jalonnent) et le quartier de la Part-Dieu (symbolisé par la tour de la Part-Dieu, surnommée le « crayon » ou encore, tout à gauche, la plus haute tour de la ville, la tour Incity, récemment achevée) apparaissent ainsi successivement sur les différents plans de la photographie. Puis, la ville semble ensuite s’étendre à perte de vue jusqu’aux collines, dont on peut tout au loin distinguer les premières formes.

(suite…)

« Page précédentePage suivante »