Mais où est donc passé l’espace rural ? Par Samuel Depraz.

Café géographique « Mais où est donc passé l’espace rural ? », animé par Bénédicte Tratnjek, avec Samuel DEPRAZ (géographe, maître de conférences à l’Université Jean Moulin Lyon 3, chercheur à l’UMR 5600 Environnement Ville et Société), le mercredi 25 septembre 2013 au Café de La Cloche (Lyon). Compte-rendu réalisé par Elsa Sanial.

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Le Café Géo du 25 septembre 2013 accueille Samuel Depraz, maître de conférences à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Sa thèse soutenue en 2005 a pour titre Recompositions territoriales, développement rural et protection de la nature dans les campagnes d’Europe centrale post-socialiste. Ses travaux au sein de l’UMR 5600 EVS portent notamment sur les espaces protégés, les politiques régionales de l’Union européenne, le développement local et la gouvernance en particulier dans des communes rurales. Le thème de ce soir, l’espace rural, a été proposé en relation avec le site Géoconfluences pour lequel se prépare un débat « A la une » sur la même question. Il part d’une interrogation de fond, suscitée notamment par les travaux de Jacques Lévy, selon laquelle « tout est urbain », tandis que le rural n’existerait plus.

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Les glaciers pyrénéens, miroirs du climat régional, par Pierre René.

Café géographique à Toulouse – 27.11.2013 :  Les Glaciers Pyrénéens miroirs du climat régional,  par Pierre René. Compte-rendu établi par Jean-Marc PINET

 Pierre René, glaciologue, a fondé en 2001 l’Association Moraine (http://asso.moraine.free.fr, siège social : mairie de Luchon 31110)  pour étudier l’évolution des glaciers pyrénéens. Il a publié en 2013 « Glaciers des Pyrénées, le réchauffement climatique en images », aux éditions Cairn.

La glace est un indicateur climatique exceptionnel car elle est hyper sensible aux variations climatiques. Les glaciers pyrénéens reflètent l’évolution climatique du Sud-Ouest de la France : si le recul des glaciers est général dans le monde, les disparités régionales sont très importantes et il est particulièrement intéressant d’en faire une observation fine pour avoir un maillage complet des glaciers de la planète

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De l’écologie à l’équilibre ? par Emmanuël Sérusiaux.

Café-géo liégeois du 15 novembre 2013. Intervenant : Emmanuël Sérusiaux, président de Natagora, professeur à l’Université de Liège. Compte rendu de Claude Richardeau.

Les débuts de la politique de l’Environnement remontent à 1970 quand le Conseil de l’Europe décrète une « Année de la Conservation de la Nature ». Sont alors fixées les références en matière de protection de l’environnement :

  • l’Ecologie est une et indivisible
  • l’Ecosystème, local comme global, doit être à l’équilibre
  • l’Etat est responsable des procédures et actions
  • le Public doit être sensibilisé.

Les problèmes envisagés sont notamment l’énergie nucléaire (sécurité, déchets, usages civils et militaires), l’accroissement de la population humaine et sa pression sur l’environnement, l’usage du plastique, matériau non biodégradable.
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Quand les montagnes donnent froid, animé par Bénédicte Tratnjek, avec Xavier Bernier.

atlas-des-montagnes_9782746731677Café géographique « Quand les montagnes donnent froid », animé par Bénédicte Tratnjek, avec Xavier Bernier (géographe, Université de Savoie), le mercredi 20 novembre 2013 au Café de La Cloche (Lyon). Compte-rendu réalisé par Emeline Comby,

Le Café Géo du 20 novembre 2013 accueille Xavier Bernier, maître de conférences à l’Université de Savoie et chercheur à EDYTEM (Chambéry). Il est l’auteur en 2013 avec C. Gauchon de l’Atlas des montagnes – Espaces habités, mondes imaginés chez Autrement. Après une thèse sur les  Transports, communications et développement en Himalaya central : le cas du Népal, il a élargi son cadre de recherche notamment aux Alpes et aux enjeux des mobilités et travaille en particulier sur le traverser (http://www.espacestemps.net/auteurs/xavier-bernier/).

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L’intervenant commence par la projection d’un petit film, Valhalla, où des skieurs nus dévalent les pentes dans un paysage de montagnes enneigées. Ce film sorti cette année et imaginé par un collectif de cinéastes canadiens et états-uniens, Sweatgrass, pose la question d’un retour aux origines d’un héros qui cherche à retrouver ses sensations de jeunesse. L’étymologie du mot froid Frigidus fait référence au froid thermique, mais a aussi le sens de terne ou de fade. Le froid brûle également. A la lumière de ce premier paradoxe, il s’agit de montrer le caractère agressif ou rugueux du froid. Derrière une approche biologique, une autre complémentaire doit être abordée à l’aide du film projeté : le bonheur d’un retour à la nature via le froid. Entrer par le froid c’est aussi poser la question de la saisonnalité. En termes de représentations notamment publicitaires, le froid est souvent identifié comme polaire ou montagnard, notamment pour les fabricants de vêtements (comme Damart ou les vêtements de sports), deux qualités combinées dans l’identification récente d’un record de froid en Antarctique (-93°C cf. Le Point.fr). La relation ambivalente avec le froid et la montagne peut ressembler à « un je t’aime moi non plus ». Le froid est tantôt relié à des mondes menaçants ou repoussants, tantôt à un cadre propre au repoussement. Mais les associations se révèlent parfois complexes : le yéti apparaît par exemple très souvent en Occident dans un cadre hivernal tandis qu’il est d’abord représenté l’été chez les Sherpas népalais. Sur ces associations, sont fondés aussi bien des légendes que des produits culturels : dernier en date, La Reine des Neiges de Disney sortie en 2013 est l’adaptation d’un conte d’Andersen La Reine des Glaces. Une des deux sœurs transforme en froid tout ce qu’elle touche. La sœur maudite habite en montagne dans un monde chromatiquement froid mais aussi froid en termes de paysages. Il faut rappeler que le mot froid est utilisé pour des températures, mais aussi des couleurs voire des personnes.
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Géopolitique de l’espace en 2013, par Isabelle Sourbès-Verger.

Café géographique à Toulouse le 16.10.13 : par Isabelle Sourbès-Verger. Compte-rendu réalisé par Jean-Marc PINET.

Géographe spécialiste des politiques spatiales, chercheur au CNRS, Isabelle SOURBÈS-VERGER est directeur-adjoint du centre Alexandre Koyré (EHESS, CNRS). Ses travaux portent particulièrement sur la comparaison internationale des politiques spatiales à partir de l’analyse de leurs priorités nationales et des relations entre acteurs dans la mise en œuvre des politiques d’occupation de l’espace circumterrestre.

1.1. Pourquoi  « Géopolitique » de l’espace ?

  « L’espace » est né en 1957, en pleine guerre froide, et les premières grilles d’analyse utilisées sont liées à la relation conflictuelle entre les deux blocs, donc à la géopolitique de l’époque. L’espace est par ailleurs alors associé au nucléaire, comme outil supplémentaire de puissance et comme moyen de renforcer l’image régionale et internationale d’un pays.

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Le monde de la rose, une filière mondiale, par Bernard Calas.

Café géographique à Toulouse, 30.01.13 . Professeur de géographie à l’Université de Bordeaux 3, Bernard CALAS, spécialiste de géopolitique et de géographie politique, travaille sur les villes d’Afrique orientale et les patrimoines africains. Il a été directeur de l’IFRA (Institut français de recherche en Afrique) à Nairobi de 2007 à 2010 et s’intéresse à la rose, aux roses et à leur filière mondiale qui le conduit du Kenya ou de l’Ethiopie à l’Inde en attendant Amsterdam, le Kazakhstan et le Japon… Compte-rendu établi par Jean-Marc PINET.

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La nature en ville : un nouvel Eden ? avec Etienne Grésillon.

Compte rendu du Café géographique de Bordeaux,  sur le thème « La nature en ville : un nouvel Eden ? » avec Etienne Grésillon (géographe, Université de Paris 7). Compte rendu de Sandrine Vaucelle.

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Compte rendu « La nature en ville : un nouvel Eden ? » – Etienne Grésillon (PDF)

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Tropismes balnéaires, par Jérôme Lageiste.

63ème café de géographie de Mulhouse, Jérôme Lageiste, Maitre de conférences à l’université d’Artois, Mardi 12 février 2013, Café l’Avenue Mulhouse. Notes de Françoise Dieterich

Le tourisme s’exerce – pas exclusivement, mais majoritairement – sur des espaces conduisant à une orientation vers la nature.  Les littoraux – combinaison des éléments primaires : plage, mer, soleil – font l’objet d’un véritable tropisme impérieux s’exerçant de date ancienne et dans divers régions du monde.

Comment appréhender cet attrait pour les littoraux ? Qu’est-ce qui conduit des légions individus vers les littoraux ?

S’agirait-il d’une phénoménologie particulièrement expressive de cet espace ?

Dans une démarche géographique assurément subjective, plaçant l’individu au centre de nos préoccupations, il s’agira ici de s’intéresser à l’intimité que chacun entretient avec les éléments, à ses affects, de comprendre le sens de cette topophylie.

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L’âge d’or des cartes marines : quand l’Europe découvrait le Monde

Café géo-expo. L’âge d’or des cartes marines. Quand l’Europe découvrait le Monde, 12 janvier 2013, Dupont Café.

Ce compte rendu a été rédigé à partir des discussions et débats du café géo-expo (voir le programme), mais aussi des notes prises pendant la visite de l’exposition par les adhérents. Pour un compte rendu exhaustif de l’exposition, voir le texte de Daniel Oster dans la rubrique « Des expos ». 

Cartes_Marines_CafesGeo1Pour la première édition des Cafés géo-expo, les adhérents de l’Association des Cafés géographiques ont visité, en compagnie de l’historien Jean-Yves Sarazin (directeur du département des Cartes & Plans de la Bibliothèque nationale de France, notamment auteur de deux des trois catalogues de l’exposition L’âge d’or des cartes marines :Nouveaux mondes et Cartes et images des nouveaux mondes) et du géographe Christian Grataloup (professeur de géographie à l’Université Paris Diderot, notamment auteur de Géohistoire de la mondialisation. Le temps long du Monde, de L’invention des continents, et de la Documentation photographique « Représenter le Monde ») l’exposition L’âge d’or des cartes marines. Quand l’Europe découvrait le monde (à la Bibliothèque nationale de France). Une visite exceptionnelle qui n’a pas manqué d’attirer l’intérêt des visiteurs de l’exposition, au cœur de documents exceptionnels, dont beaucoup sont disponibles sur le site des expositions virtuelles de la BNF1. Nos deux intervenants ont été rejoint par Jasmine Salachas (cartographe, fondatrice des Cafés cartographiques) pour un café géographique exceptionnel, afin de discuter du making-of de cette exposition, de ce que les regards de l’historien, du cartographe et du géographe peuvent dire d’un tel événement. Parce que cette exposition propose une démarche atypique : elle n’est pas une histoire de la cartographie marine, Bénédicte Tratnjek la présente comme un « lieu de mémoire » éphémère sur les représentations du Monde dans l’histoire, sur la manière dont l’Europe a découvert, découpé et pensé le Monde. Les portulans présentés dans cette exposition sont de véritables œuvres d’art, que ce café géo-expo se propose comme un voyage au cœur des cartes marines et de l’histoire des représentations spatiales sur le Monde. A travers les portulans, ce café géo entraîne l’auditoire dans l’histoire et la géographie de la connaissance du monde par les cartes marines.

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Quels contours des provinces à la création du Royaume de Belgique en 1830 ? Le fond cartographique de la Bibliothèque nationale de France au service de notre histoire. Avec François Nawrocki, Jasmine D.Salachas

Café-géo liégeois du 19 avril 2013. Intervenants : François Nawrocki, conservateur du département des cartes de la BnF à Paris ;
Jasmine D.Salachas, cartographe.

En début de séance, Mme Salachas rappelle l’importance de la vérification des sources. Mr Nawrocki souligne quant à lui le rôle de la carte en tant que document de synthèse, notamment pour défendre un territoire ou pour éclairer la genèse de limites territoriales.

Les contours de la Belgique ont évolué au cours du temps comme le montrent les nombreuses illustrations, issues des collections de la BnF, présentées au cours de la soirée.

La carte « Leo Belgicus » (Pieter van der Keere, vers 1650) montre un territoire correspondant approximativement à la forme d’un lion assis : les Pays-Bas actuels constituent la tête et le cou, le reste du corps représente la Belgique.

A l’époque de Louis XIV, une carte des Pays-Bas présente la division géographique du territoire entre les différentes puissances qui le gouvernent. Les frontières sont soit des limites naturelles, soit une suite de places fortes participant au système de défense du territoire. Les conflits nombreux entraînent souvent l’apparition d’enclaves.

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