Géopolitique de l’Europe, par Pascal Orcier.

Café de géographie du 11 février 2014, par Pascal Orcier (Université de Lyon III), Café l’Avenue, Mulhouse. Notes de Françoise Dieterich

La géopolitique de l’Europe est un sujet d’actualité à 100 jours des élections européennes, 48 heures après la votation suisse et en pleins Jeux Olympiques de Sotchi.

La question de l’Ukraine est au cœur de l’actualité car écartelée entre l’UE et la Russie mais comment se représente la frontière pour chacune de ces entités ? Une frontière négociée pour l’UE?  Un front ou un glacis pour les Russes ?

Sur un autre plan, l’attitude ambiguë de la Suisse face à UE dont elle est une enclave depuis l’adhésion de l’Autriche en 95 mais qui reste en marge de l’UE.

L’Europe est un continent neuf en terme géopolitique. Ses frontières ont été stables entre 1945 et 1990, avant les bouleversements liés à la fin de la Guerre Froide. Ensuite sa carte politique a changé à plusieurs reprises : implosion de l’URSS,  morcellement de la Yougoslavie, scission de la Tchécoslovaquie.  La dernière modification date de 2008 avec la création du Kosovo. Elle va peut-être encore évoluer selon le résultat du référendum de septembre prochain en Écosse.

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Les capitales européennes de la culture en Méditerranée : lieux, acteurs, enjeux, avec Boris Grésillon.

Débat « Les capitales européennes de la culture en Méditerranée : lieux, acteurs, enjeux », avec Boris Grésillon, professeur de géographie à l’université d’Aix-Marseille, le 18 janvier 2014, à La Filature, Mulhouse

Le titre de « capitale européenne de la culture » est devenu au fil du temps un label envié par les villes européennes. Il est censé, pendant un an, faire porter les feux des projecteurs sur une ville européenne. Au-delà de l’organisation d’une année culturelle, ce label suscite des enjeux qui dépassent la stricte sphère culturelle : il s’agit tout à la fois d’attirer des touristes, de réaliser une opération économiquement rentable, de réorganiser un territoire, d’améliorer l’image ou la visibilité internationale d’une ville, de recréer du lien social à partir de projets culturels de terrain, etc. D’une certaine manière, Marseille et son territoire offraient en 2013 un terrain de jeu idéal pour répondre à ces défis.

Exceptionnellement, et en l’absence de compte-rendu, retrouvez sur cette thématique l’article de Boris Grésillon, Marseille-Provence 2013, analyse multiscalaire d’une capitale européenne de la culture, publié le 4 novembre 2013 sur le site de Géoconfluences.

Géographies de l’Apocalypse, par Henri Desbois.

Café géographique à Toulouse – 19.02.2014 : Géographies de l’Apocalypse ou comment l’arme nucléaire a engendré notre cartographie, par Henri Desbois. Compte-rendu établi par Jean-Marc PINET..

Henri Desbois, maître de conférences à Paris X-Nanterre, fait partie de l’équipe Réseaux, Savoirs & Territoires et du laboratoire LAVUE. Ses recherches actuelles portent les relations entre les techniques numériques et les représentations de l’espace. A paraître aux Presses de l’ENSIB (Lyon), son prochain livre  « Les mesures du territoires » qui portera sur les aspects techniques, politiques et culturels de la mutation de la carte topographique.

Sans stratégie de la destruction mutuelle assurée, pas de GPS, pas de SIG (système d’information géographique), ni peut-être de satellites d’observation de la terre.

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Only lovers left alive (Jim Jarmusch, 2013), Bertrand Pleven.

only_lovers_left_aliveOnly lovers left alive (Jim Jarmusch). Nationalités: Allemagne, Grande Bretagne, France, Chypre, Etats-Unis..

Adam et Eve sont deux amants qui traversent les siècles. Leur géographie amoureuse est perturbée par l’arrivée inopportune de la petite sœur d’Eve.

Détroit/Tanger : Ombres et décombres

Jim Jarmusch, avec Only lovers left alive confirme son goût des corps flottants avecune assez mordante et poétique étude de cas Détroit/ Tanger. De cet « Habiter en vampires des urbanités abimées », il y a de quoi apprendre : Jarmusch planque ses strangers dans les maisons abandonnées d’un Détroit spectral ou d’un coup de vol de nuit dans les tortueuses ruelles peuplées d’ombres de la kasbah de Tanger.

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Grèce : le bout du tunnel existe-t-il ? Par Michel SIVIGNON

Café-repas géographiques du 18 décembre 2013 : Grèce : le bout du tunnel existe-t-il ? par Michel SIVIGNON (Professeur émérite de géographie à l’Université de Paris X, spécialiste des Balkans et de la Grèce). Compte-rendu établi par Jean-Marc Pinet.

Quelques images
Pour entrer dans la crise grecque, quelques images non touristiques. En effet, nous entendons souvent des gens qui viennent de passer leurs vacances d’été en Grèce s’étonner : « la crise ne se voit pas » ou « la crise, connais pas ». Le tourisme de masse est-il propice à révéler la criseaux touristes ? Il est fait pour populariser une image de la Grèce qui correspond aux besoins de l’industrie touristique afin qu’elle puisse ensuite renouveler ses clients : pas d’images dramatiques surtout.

Autre question, celle du géographe attaché aux paysages : la crise est-elle visible ? Anecdote: la voisine d’une amie grecque perd son boulot, son mari aussi, ils ne peuvent pas payer la facture d’électricité (qui comporte aussi les impôts locaux), l’électricité est coupée, elle dépose chaque jour ses victuailles dans le frigo de mon amie… Est-ce visible ?
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Géographie de l’amour, Natacha Cousy.

geo_amour_01Comme chaque année, l’approche de la Saint-Valentin déverse, dans toutes les vitrines, son lot de roses pourpres et de cœurs vermeils. Pourtant, la place de l’amour dans la ville est plus que jamais discutée, si l’on en croit la pénalisation croissante de la prostitution, ou l’opprobre (quasi) généralisée (mêlée d’une pointe d’admiration) guettant toute célébrité qui s’écarterait de son devoir conjugal.

Sentiment d’attachement fort à une personne (ou un objet, quoique nous excluions cette forme d’amour de notre propos) ou acte qui concrétise ce penchant, l’amour est à la fois fascinant et secret. Fascinant, pour des populations repues d’austérité et assoiffées de merveille. Secret, pour des amants qui toujours recherchèrent les lieux les plus isolés pour s’adonner à leur passion charnelle.

C’est donc à cette ambiguïté géographique de l’amour que nous nous attacherons.

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L’Amérique centrale l’est-elle vraiment ? par Lucile Medina.

68ème café de géographie de Mulhouse, Jeudi 28 novembre 2011, Lucile Medina, UMR ART-Dév, Université de Montpellier 3. Notes de Françoise Dieterich

Quelle est la centralité de l’Amérique centrale ? A part sa position géographique, la question se pose vraiment.  La géopolitique et l’économie peuvent aider à y répondre.

Il faut tenir compte de deux dimensions :
– La dimension longitudinale : l’Amérique centrale est-elle un lien entre le Nord et le Sud du continent ? Est-elle une charnière ?
– La dimension transversale : sa centralité à l’échelle mondiale avec  Panama à la centralité d’échanges mondiaux.

L’isthme est cependant le « ventre mou » du continent avec 40 millions habitants, 500 000 km² fragmentés en 7 Etats. Des paysages différents, un relief morcelé avec une cordillère centrale. Pour Alain Musset, c’est une mosaïque de petits mondes. L’Amérique centrale est mal connue ou partiellement comme « région chaude », affectée par des séismes, le volcanisme, des cyclones, des inondations. Un climat politique longtemps délétère : les Sandinistes, les guérillas etc..

Néanmoins, l’Amérique centrale est un ensemble original qui s’étend géographiquement de l’isthme de Tehuantepec à celui de Panama. Elle se rattache à la Méso Amérique et à l’Amérique du Sud.

On a peu de publications en français (et même en espagnol et en anglais) sur cet espace. Alain Musset en 1994, a publié « Amérique centrale et Antilles ». Le tome sur l’Amérique latine dans la collection de la Géographie Universelle de Belin-Reclus lui consacre également un chapitre en 1994, rédigé par Noëlle Demyk. On peut aussi mentionner “Guerre et paix » en Amérique centrale d’Alain Rouquié (1992) ou encore un numéro thématique de la revue Problèmes d’Amérique latine en 2009 « Amérique centrale, fragilité des démocraties ». En anglais, est paru « Historic Atlas of America », (coord. Hector Perez Brignoli et Carolyn Hall), en 2003.

Pour revenir sur le modèle centre- périphérie qui vient de l’économie avant d’avoir été récupéré par la géographie en 1980 (Alain Reynaud), il se rapproche des théories néo marxistes décrivant un monde vu en terme de dominations : celle des PDEM [Pays Développés à Economie de Marché] sur les PED  [Pays En Développement]

L’Amérique centrale est-elle un centre ou une périphérie ? Elle semble plutôt périphérique, sous dépendance de l’Amérique du Nord, mais est-elle intégrée ou dominée ? C’est en question.

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La mobilité comme mode de vie : les Gens du Voyage entre hospitalité et rejet, animé par Céline Bergeon.

Compte rendu du café géographique de Rennes rédigé par Compte-rendu : Céline Bergeon, Docteure en Géographie, laboratoire Migrinter (Poitiers), Benoit Montabone, Brieuc Bisson

Le terme que j’emploie pourra, peut-être, questionner certains d’entre vous, mais j’ai choisi de les appeler Voyageurs dans un souci « éthique » : j’ai souhaité conserver la façon dont les acteurs que j’ai rencontrés se nommaient afin d’être la plus fidèle à la réalité que j’avais rencontrée. D’autres parleront de Tsiganes, dans d’autres contextes, j’utiliserai moi aussi le terme de « Tsiganes », mais aujourd’hui je vous parle de ceux qui ont fait l’objet de ma thèse et qui se nommaient eux-mêmes Voyageurs donc je souhaite rester sur ce chemin-là. Nous pourrons y revenir, si vous le souhaitez, lors des questions et du débat. Ces Voyageurs, sont, en France, d’après les derniers rapports officiels du gouvernement, entre 180 000 et 300 000, et en Belgique ils seraient environ 15 000. Population appelée plus communément « Gens du voyage » en France ainsi qu’en Belgique (spécificité franco-belge).

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Les glaciers pyrénéens, miroirs du climat régional, par Pierre René.

Café géographique à Toulouse – 27.11.2013 :  Les Glaciers Pyrénéens miroirs du climat régional,  par Pierre René. Compte-rendu établi par Jean-Marc PINET

 Pierre René, glaciologue, a fondé en 2001 l’Association Moraine (http://asso.moraine.free.fr, siège social : mairie de Luchon 31110)  pour étudier l’évolution des glaciers pyrénéens. Il a publié en 2013 « Glaciers des Pyrénées, le réchauffement climatique en images », aux éditions Cairn.

La glace est un indicateur climatique exceptionnel car elle est hyper sensible aux variations climatiques. Les glaciers pyrénéens reflètent l’évolution climatique du Sud-Ouest de la France : si le recul des glaciers est général dans le monde, les disparités régionales sont très importantes et il est particulièrement intéressant d’en faire une observation fine pour avoir un maillage complet des glaciers de la planète

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Le désert de J.M.G. Le Clézio, Natacha Cousy.
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Le désert est longtemps resté un espace répulsif. Seuls quelques guerriers et quelques explorateurs osèrent, pendant des siècles, s’aventurer dans ces étendues vides et inhospitalières. Pourtant, le désert est désormais devenu un espace attractif, source d’inspiration et de fascination pour les touristes, les scientifiques, et tous ceux qui – pour une raison ou pour une autre – attachent un intérêt particulier à ces espaces quasi vierges susceptibles d’être exploités (parfois de manière particulièrement lucrative, si l’on en croit les projets sahariens menés par plusieurs firmes pétrolières).

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