Tirer parti du danger sur les volcans javanais, par Edouard de Bélizal.

Café géographique de Montpellier, 2015. Rencontre avec Edouard de Bélizal. Introduit par Frédéric Leone. Compte rendu de Annabelle Moatty.

Les ressources en milieu volcanique.

Les fortes densités de population sur les flancs des volcans javanais sont à l’origine d’une importante  exposition  aux  aléas  volcaniques.  Elles  témoignent  aussi  d’une  certaine attractivité de ces milieux. Les ressources des espaces volcaniques javanais contribuent à fixer durablement des populations capables d’en tirer parti. Le Merapi, dont les éruptions très récurrentes, pouvant menacer jusqu’à plus d’un million de personnes, en ont fait le volcan le plus surveillé d’Indonésie. Traditionnellement, les dépôts laissés dans le fond des vallées par les coulées pyroclastiques ou les laharsi sont utilisés par les populations locales qui les revendent sur l’ensemble de l’île de Java. Les blocs d’andésite et les fractions sableuses représentent des matériaux de construction très prisés. Les carrières du Merapi, aménagées dans les corridors de coulées pyroclastiques et de lahars, ont longtemps fonctionné avec les dangers et la ressource que constituent les matières premières apportées par les aléas volcaniques. Cependant, l’éruption de 2010 a induit plusieurs ruptures dans le système traditionnel mis en place sur le Merapi entre les sociétés javanaises et le volcan. L’étude sur le long terme des évolutions et tentatives d’adaptation successives de cette activité encore mal encadrée révèle combien les espaces volcaniques sont attractifs. Cela entraîne une démultiplication d’acteurs extérieurs au Merapi plus ou moins bien identifiés. Cette situation engendre  des  conflits  entre  des  populations  locales  qui  accusent  les  industriels  de confisquer leurs ressources. Les conflits portent aussi sur la dégradation économique et environnementale qui menace les moyens de subsistance traditionnels des sociétés du Merapi. Ces dernières se tournent donc de plus en plus vers d’autres modes de mises en valeur du volcan.

Les ressources qui permettaient de fixer et de protéger économiquement les sociétés sur le Merapi  sont  aujourd’hui  à  l’origine  d’une  certaine  compétition.  La  concurrence  est importante, tant dans le domaine de l’extraction que dans celui du tourisme. La question soulevée est celle de l’adéquation des mesures de gestion des risques avec les enjeux générés par l’évolution des conditions de vie sur le volcan.

Edouard de Bélizal est agrégé et docteur en géographie, rattaché à l’UMR 8591 Laboratoire de Géographie Physique Paris 1-CNRS.

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Les métamorphoses de l’autoroute urbaine, avec Cécile Féré et Olivier Roussel.

A l’occasion de la publication de l’ouvrage collectif auquel ils ont contribué, Les métamorphoses de l’autoroute urbaine (paru le 18 septembre aux éditions Alternatives Gallimard), les Cafés Géo de Lyon accueillent, le 11 mars 2015, Cécile Féré, docteur en géographie, urbaniste, chargée d’études mobilités à l’Agence d’urbanisme de Lyon et Olivier Roussel, géographe, urbaniste, directeur des missions métropolitaines à l’Agence d’urbanisme de Lyon. L’ouvrage propose un tour de France des projets de requalification en cours, éclairé par des expériences internationales. Les deux intervenants proposent aujourd’hui de revenir sur la genèse de cet ouvrage avant de s’intéresser à l’histoire des autoroutes urbaine et de livrer des exemples de réaménagement d’autoroutes urbaines en France mais aussi à l’étranger.

Compte-rendu réalisé par Silvia Flaminio.

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Transports maritimes et mondialisation, par Antoine Frémont.

Café géo Antoine FrémontCompte-rendu du café géographique de Chambéry-Annecy – 25 février 2015 au Café du Beaujolais, avec Antoine Frémont, agrégé de géographie et directeur de recherche à l’IFSTTAR. Compte-rendu de Julien Besson.

Les Cafés géographiques de Chambéry Annecy accueillent Antoine Frémont, en lien avec la question « Mers et Océans », inscrite aux concours externes de recrutement des professeurs du secondaire (CAPES et Agrégation). Antoine Frémont et Anne Frémont-Vanacore sont tous les deux auteurs de la Documentation photographique « Géographie des espaces maritimes », à paraître en mars 2015.

Comment aborder le thème des transports maritimes et de la mondialisation ? Antoine Frémont souhaite partir d’une anecdote vécue quelques années auparavant à la frontière entre la zone économique spéciale de Shenzhen et Hong-Kong. Le chercheur attendait avec des collègues nord-américains à la frontière pour obtenir un passeport à la journée pour accéder aux terminaux à conteneurs, en pleine émergence au sein de cette zone économique spéciale (ZES), et discutait avec un concepteur de jouets originaire de Chicago qui les faisait fabriquer dans la ZES de Shenzhen. Ce nord-américain venait observer comment ses jouets, conçus à des milliers de kilomètres de la ZES de Shenzhen, étaient expédiés vers les Etats-Unis, ou encore vers l’Europe, par le Transpacifique vers les côtes Ouest des Etats-Unis ou par les routes du Sud-Est asiatique, via le détroit de Malacca par exemple.

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Entre local et global, les banlieues américaines et la financiarisation, par Renaud Le Goix.

Le 5 février 2015, les Cafés géographiques de Chambéry-Annecy accueillent Renaud Le Goix, professeur de géographie à l’Université Paris VII Diderot. Au milieu des super-héros et dans l’ambiance chaleureuse du Café Librairie BD Fugue d’Annecy, ce géographe spécialiste des États-Unis va expliquer comment son terrain d’étude a été saisi par la finance. Compte rendu de  Juliette Dop.

Dans le cadre d’un programme de recherche qui commence en 2007 (http://www.parisgeo.cnrs.fr/spip.php?article39&lang=fr), il a rapidement constaté les transformations brutales dues à la crise financière sur les 2000 lotissements de son corpus d’étude. De manière extrêmement limpide, Renaud Le Goix va expliquer les interactions entre les acteurs privés et les acteurs publics, les jeux d’échelles et l’ensemble du processus de crise qui ont eu des répercussions majeures sur les banlieues des villes américaines. Compte rendu de

« Entre local et global, les banlieues américaines et la financiarisation » Renaud Le Goix, Café Libraire BD Fugue, Annecy, le 5 février 2015

« Entre local et global, les banlieues américaines et la financiarisation »
Renaud Le Goix, Café Libraire BD Fugue, Annecy, le 5 février 2015

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Les commerces dans le centre des villes

Retrouvez le café géographique de Reims du mercredi 17 décembre « Les commerces dans le centre des villes »avec Nathalie Lemarchand (professeur de géographie à l’Université Paris 8) et Danielle Fancony (présidente de l’association de commerçants « Reims qui pétille »), en vidéo.

https://podcast.univ-reims.fr/videos/?video=MEDIA150219133338862

« En rang, en cercle, assis ou debout ? » Prendre place dans la classe et dans l’école : géographie des espaces scolaires, par Pascal Clerc et Muriel Monnard.

Le 25 février 2015, les Cafés Géo de Lyon accueillent Pascal Clerc, maître de conférences HDR à l’ESPE de Lyon et chercheur dans l’Équipe EHGO – UMR 8504 Géographie-Cités, et Muriel Monnard, doctorante au Département de géographie et environnement de l’université de Genève et l’Institut Universitaire de Formation des Enseignants (IUFE) de Genève. Compte-rendu réalisé par Emeline Comby

Dans cette présentation à deux voix, chaque intervenant précise pour débuter pourquoi ils se sont intéressés aux espaces scolaires. Pascal Clerc s’intéresse à ces questions en tant qu’ancien élève, en tant qu’enseignant et en tant que géographe. Il note que souvent, sans y attacher d’importance, les enseignants s’adaptent à toutes les configurations spatiales de salle de classe. Conscient de l’importance de notre rapport à l’espace, des spatialités, des géographicités, il a alors commencé à bouger son mobilier dans ses classes avec les étudiants. Il constate qu’en France cette question des espaces de la classe n’a pas encore été assez travaillée. Muriel Monnard voulait travailler à l’interface entre sciences de l’éducation et géographie. Elle s’intéresse à ces moments et à ces espaces de cohabitation imposés. Le secondaire est pour elle le lieu d’une mixité, quand le primaire est davantage fonction du lieu d’habitation. Elle travaille sur les sociabilités et les rapports de pouvoir dans le collège. Elle s’intéresse à l’espace vécu, notamment à travers la cartographie subjective. Elle travaille plutôt dans les espaces de l’entre-deux, entre les salles de classe que sont la cour ou le couloir. Deux points de vue complémentaires sur les espaces scolaires sont donc présentés : le premier se centre sur la classe quand le second étudie plutôt le hors classe au sein des établissements.

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Le Sahara, un enjeu du temps présent, rencontre avec Marcel Cassou.

Compte-rendu  café géographique de Saint-Brieuc 16 janvier 2015, compte rendu rédigé par Christiane Barcellini

 cg-st-brieuc-saharaMarcel Cassou, polytechnicien, connaît bien le Sahara qu’il parcourt régulièrement depuis de nombreuses années (1969, ascension de la Garet el Djenoun ; 1971, traversée du désert du Tanezrouft  en solitaire). De 1973 à 1980, il dirige une action humanitaire pour venir en aide aux Touaregs du Niger victimes de la sècheresse. Il a publié plusieurs livres sur le Sahara et reste un observateur vigilant de tout ce qui s’y passe.

Ce café géographique « Le Sahara, un enjeu du temps présent » est d’une brûlante actualité en ce début d’année 2015. De l’Afrique à l’Asie, d’immenses territoires sont aujourd’hui contrôlés par l’islamisme radical déstabilisant des régions entières et ayant des répercussions dans les démocraties occidentales. C’est le cas d’une grande partie du Sahara sous contrôle de l’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique).

Notre intervenant va nous donner ce soir, quelques pistes de réflexion pour mieux comprendre la complexité de cet immense espace pris entre des intérêts contradictoires. Il se propose de définir le Sahara, à travers ses données naturelles, son histoire et son peuple, le peuple Touareg, ce qui lui permettra  de cerner l’enjeu de cet immense désert.

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Vins, fromages et pain, un mariage à trois hautement géographique en France, par Gilles Fumey.
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Pain, vins, fromages : pourquoi la France aime ce mariage à trois ? G. Fumey Café le Beaujolais, le 21 janvier 2015

Compte rendu de Lise Piquerey, du café géographique de Chambéry-Annecy – 21 janvier 2015 au Café du Beaujolais.

Les Cafés géographiques de Chambéry-Annecy ont été inaugurés le 21 janvier avec un sujet fédérateur : « Pain, vins, fromages : pourquoi la France aime ce mariage à trois ? ». La gastronomie française est donc à l’honneur. Gilles Fumey, professeur de géographie à l’Université Paris-Sorbonne et spécialiste de l’alimentation, présente le thème de cette première soirée. Il est le fondateur des Cafés géographiques à Paris et de leur réseau internet et il lance la formule à Chambéry devant un public nombreux et passionné, dans un lieu prédestiné : le Café du Beaujolais.

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Nord / Sud, une représentation dépassée de la mondialisation ? par Christian Grataloup.

Café Géo du 14 janvier 2015. Pour ce premier Café géo de 2015, nous accueillons Christian Grataloup, professeur de géographie à l’université Paris-Diderot, qui se fait une joie de retrouver ses racines lyonnaises pour l’occasion. Spécialiste de géohistoire et membre de l’UMR Géographie-Cités, il est l’auteur notamment de L’invention des continents (2009) et d’une Géohistoire de la mondialisation (2010) et vient de diriger avec Gilles Fumey, la publication de l’Atlas Global (paru en novembre 2014). Compte-rendu réalisé par Marie-Hélène Chevrier

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Le Moyen Orient, épicentre de l’arc de crises, Fabrice Balanche, Festival Vagamondes

Le Moyen Orient, épicentre de l’arc de crises, par Fabrice Balanche, Festival Vagamondes La Filature, Samedi 17 janvier 2015, Café de géographie de Mulhouse. Notes de Françoise Dieterich.

Ce sujet est au cœur d’une actualité brûlante, qui nous rattrape et met en lumière les responsabilités de la politique étrangère de la France dans le drame de Charlie hebdo.

Moyen-Orient, Proche-Orient ou MENA (Middle East North africa) ?

Il convient pour bien comprendre de préciser certaines notions.

Quelle différence entre Moyen-Orient et le Proche-Orient ?

Je pense que la meilleure définition est celle de Winston Churchill.

  • Le Proche-Orient, c’est le Maghreb plus l’Égypte et la Syrie
  • Le Moyen-Orient : c’est la péninsule arabique et l’Iran
  • L’Orient : le monde indien
  • L’Extrême-Orient : la Chine et le Japon

Pour les Français, le Proche-Orient, c’est le Levant : la façade méditerranéenne de la péninsule arabique : Syrie, Liban, Égypte, Israël. En fait, la région n’existe pas, c’est une notion géopolitique qui dépend de la puissance dominante dans le monde qui la détermine.

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