Repas brésilien
Le Brésil était à l’honneur mardi 26 mars 2002 alors que se tenait le deuxième repas géographique lyonnais. Après Philippe Pelletier sur le Japon, c’est autour d’Hervé Théry que s’est réunie une trentaine de personnes, au Sambahia, aux sons de samba et de bossa nova.

Marie-Christine Doceul rappelle l’histoire des restaurants géographiques ainsi que leur principe : à défaut d’aller sur le terrain, permettre à un large public d’étudiants, enseignants et curieux de découvrir un pays par le biais de sa gastronomie. Elle remercie chaleureusement Hervé Théry, professeur à l’Ecole Normale Supérieure, spécialiste du Brésil, d’avoir accepté l’invitation, ainsi qu’Emmanuelle Delahaye et Guillaume Arsac pour leur aide.

Hervé Théry commence par exprimer ses regrets de ne pas partager un petit-déjeuner car tout ce que l’on consomme habituellement le matin a de fortes chances de venir du Brésil. En effet, le pays est aux premiers rangs des productions mondiales de café, de sucre, de concentré d’oranges (jus de fruits), et de tourteau de soja destiné à l’alimentation des vaches laitières européennes ! Mais il exprime aussi sa satisfaction : à l’origine de l’exploration du Brésil sous François Ier, ce sont les aventuriers français qui étaient mangés !

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Repas afghan, animé par Pierre Gentelle, François Neuville et Claude Colin-Delavaud.
Ils connaissent l’Afghanistan depuis plus de trente ans et en parlent avec passion. Ce n’est pourtant pas un repas d’anciens combattants qu’animaient Pierre Gentelle, François Neuville et Claude Colin-Delavaud, mais une formidable invitation au voyage géopolitique et géoculturel.

Pierre Gentelle a parcouru toute l’Asie Centrale jusqu’à la Chine, à pied en Land Rover ou en Volkwagen-Kombi, comme expert auprès du ministère du plan afghan ou en géographe attaché à des missions archéologiques, pour des recherches qui ont constamment mêlé les hommes, les milieux et leur histoire commune.

François Neuville a passé son adolescence à Kaboul, il fut élève du Lycée Istiqlal avant de rejoindre Langues-O à Paris, puis de retourner en Afghanistan comme chercheur.

Claude Colin-Delavaud connaît l’Afghanistan depuis près d’un demi siècle, son premier séjour date de 1956. Il s’était rendu dans un nord afghan alors très peu connu.
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Tintin : une Hergéographie ? avec Jean-Louis Tissier, Marc Lohez, Dominique Merchet.

Café géographique, Le Flore, 23 octobre 2001, compte-rendu : Maud Lasseur

Après le grand retour de la géopolitique, l’engouement pour la géomatique, l’alternative géopoétique, voici poindre une nouvelle branche de notre discipline : l’hergéographie. En attendant d’être inscrite dans les programmes scolaires, la géographie de Tintin était ce soir au menu du Flore…

Nous la pratiquions sans le savoir, souvent depuis le plus jeune âge. Restait à lui donner un nom (merci à Jean-Louis Tissier), des perspectives, une cohérence. Depuis le Café du mardi 23 octobre 2001, c’est chose faite. L’hergéographie étudie le monde imaginaire bâti par Hergé (pseudonyme formé à partir des initiales inversées du nom du dessinateur belge, Georges Rémi, 1907-1983). Son principal objet : Tintin, personnage ambigu, gravitant dans un monde où l’interpénétration de l’imaginaire et du réel offre un champ inépuisable d’exploration.

L’hergéographie est une école d’initiés (au berceau), avec ses fondateurs, passionnés et passionnants (même pour ceux qui ne sont pas tombés dedans) : Marc Lohez, professeur d’histoire-géographie, Jean-Dominique Merchet, journaliste à Libération, Jean-Louis Tissier, géographe, longtemps enseignant à l’ENS de Fontenay-Saint-Cloud, aujourd’hui professeur à l’université de Paris-XII.

Comme dans tout groupe de penseurs, des tiraillements s’y dessinent déjà, principalement entre tintinophiles, haddockphiles et tryphonphiles… Alors, Hergé a-t-il fait plus qu’il ne pensait pour la géographie ? Nos trois invités nous en ont persuadés.

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Repas géographique au MacDonald’s
C’est au MacDonald’s des Gobelins que se sont rassemblées une cinquantaine de personnes, Mercredi 16 mai 2001, pour un dîner géographique quelque peu insolite si l’on en juge par la timide ferveur alimentaire ce soir-là.

L’intervention de Louis Dupont (Université Paris IV) et Nathalie Lemarchand (Université de Valenciennes) portait sur l’entreprise MacDonald’s, cas exemplaire d’une réussite commerciale mondiale, reposant largement sur la diffusion d’un système de valeurs, celui de la modernité et de l’américanité (voir leur article paru dans Géographie et cultures, n°32, 1999 :  » Culture et commerce, du système national américain au système-monde : le cas-type de MacDonald’s « ). La présence du directeur de la communication de MacDonald’s-France, lors de cette soirée, pouvait laisser présager un débat houleux autour des questions relatives à la  » mal-bouffe « . Il n’en fut rien. Coupant court aux polémiques, Louis Dupont a d’emblée souligné, dans son introduction, la nécessité d’éviter tout manichéisme dès lors que l’on aborde le thème de la mondialisation économique.

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Archives – Café géographiques de Mulhouse – 2001-2013.

Retrouvez toutes les archives des comptes rendus des Cafés Géographiques de Mulhouse, à consulter et télécharger au format PDF.

Un monde touristique, une lecture géographique, Philippe Duhamel, 3 octobre 2013
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Quel avenir pour le commerce en centre-ville ?, Bernadette Mérenne-Schoumaker, 29 avril 2013
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Quand l’Afrique s’éveillera !, Roland Pourtier, 3 avril 2013
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La crise : vers une redistribution des cartes à l’échelle mondiale, Laurent Carroué, 20 mars 2013
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Tropismes balnéaires, Jérôme Lageiste, 12 février 2013
pdf_icon_16 CR tropismes balneaires J. Lageiste.pdf

Le développement durable : utopie ou avenir économique ?, Alexandra Monot, 21 novembre 2012
pdf_icon_16 CR developpement durable A. Monot.pdf

L’extension de la crise des subprimes aux Etats-Unis, Hugo Lefebvre, 4 octobre 2012
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Quelle place pour les prisons ?, Olivier Milhaud, 30 mai 2012
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Les Etats-Unis, des paysages emblématiques, Christian Montes, 28 mars 2012
pdf_icon_16 CR Etats-Unis Montes.pdf

Différences entre les lieux, injustices entre les personnes. Pour une lecture géoéthique du Brésil, Bernard Bret, 16 février 2012
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Les enjeux de l’Arctique, Eric Canobbio, 18 janvier 2012
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« Notre vision cartographique du monde est pleine de cicatrices… », Christian Grataloup, 6 décembre 2011
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Les régions françaises sont-elles des espaces vécus ?, Armand Frémont, 12 mai 2011
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Les banlieues, territoires du passé ou terre d’avenir ?, Marie-Claire Vitoux, Didier Burcklen, Hervé Vieillard-Baron, 1 avril 2011
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L’énergie en Europe : bilan et enjeux, B. Mérenne-Schoumaker, 10 février 2011
pdf_icon_16 CR Energie Europe.pdf

L’Iran, Etat voyou ou pays émergent ?, Bernard Hourcade, 24 janvier 2011
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Le Mexique entre deux Amériques, Alain Musset, 24 novembre 2010
pdf_icon_16 CR Mexique.pdf

Le temps de l’Afrique est-il venu ?, Roland Pourtier, 15 novembre 2010
pdf_icon_16 CR temps de l’Afrique.pdf

La mondialisation du transport maritime : Comment le monde a-t-il été mis en boîtes ?, Antoine Frémont, 29 avril 2010
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Chine, Japon : collision ou collusion ?, Pierre Gentelle, Philippe Pelletier, 26 mars 2010
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Le TGV dans l’espace Rhin Rhône : quelle place pour Mulhouse, Valérie Fachinetti-Mannone, Cyprien Richer, 23 février 2010
pdf_icon_16 CR TGV Espace Rhin Rhone.pdf

Le mur de Berlin, vingt ans après, Bernard Reitel, 10 décembre 2009
pdf_icon_16 CR Mur de Berlin.pdf

L’Allemagne, vingt ans après, Boris Grésillon, 1 octobre 2009
pdf_icon_16 CR Allemagne.pdf

Le Congo ou la poudrière du Kivu. Géopolitique d’une périphérie à haut risque, Roland Pourtier, 19 mars 2009
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L’agriculture peut-elle nourrir le monde ?, Jean-Paul Charvet, 17 février 2009
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La mondialisation : plus ou moins d’Europe ?, Jacques Levy, 5 février 2009
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Les Etats entre Russie et Europe (Moldavie, Biélorussie, Ukraine) entre-deux ou Etats satellites ?, Yann Richard, 18 décembre 2008
pdf_icon_16 CR Etats entre Russie et Europe.pdf

Le Maroc, île ou pont ?, Jean-Luc Piermay, 25 novembre 2008
pdf_icon_16 CR Maroc Piermay.pdf

La géopolitique du vin. Vins du terroir, vins du nouveau monde, Hélène Vélasco-Graciez, 24 avril 2008
pdf_icon_16 CR Géopolitique du Vin.pdf

Hong Kong et la Chine du Sud, Thierry Sanjuan, 13 mars 2008
pdf_icon_16 CR Hong Kong.pdf

Villes et mondialisation, Stéphane Leroy, 31 janvier 2008
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Les défis posés au Japon, Philippe Pelletier, 14 décembre 2007
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La Caspienne au cœur de nouveaux enjeux, Jean Radvanyi, 5 décembre 2007
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Les enjeux territoriaux de la logistique, Antoine Beyer, 25 septembre 2007
pdf_icon_16 CR enjeux territoriaux logistique.pdf

Les enjeux géopolitiques en Afghanistan, Sonia Jedidi, 10 avril 2007
pdf_icon_16 CR enjeux géopolitiques Afghanistan.pdf

La Turquie en quatre monde, Stéphane de Tapia, 19 février 2007
pdf_icon_16 CR Turquie quatre mondes.pdf

Le Liban, la triste réalité d’un Etat tampon, Fabrice Balanche, 9 janvier 2007
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La mondialisation en débats, Laurent Carroue, jeudi 9 novembre 2006
pdf_icon_16 CR mondialisation débats.pdf

Le réchauffement climatique, mythe ou réalité ?, Patrice Paul, 17 mai 2006
pdf_icon_16 CR réchauffement climatique.pdf

Les banlieues, des territoires urbains en crise, Hervé Vieillard Baron, 14 mars 2006
pdf_icon_16 CR banlieues H Vieillard Baron.pdf

Villes et risques naturels, Yvette Veyret, 11 janvier 2006
pdf_icon_16 CR ville risques naturels.pdf

La banalisation des paysages, Michel Perigord, 16 décembre 2005
pdf_icon_16 CR banalisation paysages.pdf

La Chine en 2020, géopolitique et géostratégie, Pierre Gentelle, 22 novembre 2005
pdf_icon_16 CR Chine 2020.pdf

Quel avenir pour les transports urbains en Europe ?, Christian Montès, Manuel Appert, 7 avril 2005
pdf_icon_16 CR Transports Urbains.pdf

La géographie de l’Inde, François Durand-Dastes, 16 mars 2005
pdf_icon_16 CR Inde.pdf

L’agriculture, moteur ou frein du développement en Amérique latine, Bernard Bret, 20 octobre 2004
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Les Etats-Unis, une puissance en question, Gérard Dorel, 31 mars 2004
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La Pologne à l’heure de l’entrée dans l’U.E., Benjamin Kostrubiec, 11 février 2004
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L’Afrique peut-elle entrer dans la modernité ?, Jean-Luc Piermay, 2 octobre 2003
pdf_icon_16 CR Piermay 2003.pdf

L’eau, un enjeu pour le XXIème siècle, Jacques Bethemont, 7 mai 2003
pdf_icon_16 CR Bethemont 2003.pdf

La vision chinoise du monde, Pierre Gentelle, 13 mars 2003
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Les relations entre les Balkans et l’Europe, Michel Sivignon, 13 décembre 2002
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Risques naturels, risques majeurs, leur gestion est-elle possible ?, Brice Martin, 5 juin 2002
pdf_icon_16 CR Brice Martin 2002.pdf

L’aménagement du territoire. Pour qui ? Pour quoi ?, Michel Hagnerelle, Jean-Roch Klethi, Bernard Reitel, 1 mars 2002
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La frontière, zone de contacts ou de ruptures ?, Henri Chamussy, 28 septembre 2001
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Quelle ville voulons-nous ?, Jacques Lévy, 5 avril 2001
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Repas japonais

Franchissez la porte du Kabuto, et vous voilà soudain au bout du monde (« sans être pour autant aux antipodes » !). Vous voilà au Japon. Il suffit de regarder les tables basses posées sur les tatami, les gens qui vous accueillent, les décorations et la disposition d’ensemble. Décidément le lieu compte autant, sinon plus, que la cuisine. Et tel est bien le principe des repas géographiques qu’organise l’association : découvrir un pays à travers sa cuisine, en s’aventurant sur les terrains délicieux d’une géographie gourmande !

Philippe Pelletier, grand spécialiste du Japon (voir à la fin de ce compte-rendu), nous accueille par un préambule sur la cuisine japonaise. La cuisine comme gastronomie, c’est-à-dire ryori, à ne pas confondre avec la cuisine comme lieu,daidokolo.

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Repas québecois
Invité par Gilles Fumey, Louis Dupont est plus qu’un fin gourmet : c’est un véritable alchimiste. Avec trois ingrédients –  » de la géographie, du Québec, et… de la bouffe  » – il vous fait vivre un repas délicieux, chaleureux, voire familial (les Québécois n’oubliant jamais leurs cousins français). Louis Dupont a fait partager aux convives de l’Association des Cafés Géographiques sa passion pour le Québec, à travers des plats exquis, des récits, des histoires, des rêveries sur des espaces du Grand Nord, et surtout à travers un accent qui en dit long sur la connaissance intime du pays qu’a ce géographe québécois.
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La cuisine traditionnelle des Canadiens
Certes, il n’y aura pas de gibier québécois au cours du repas, pas de castor ni de caribou : d’une part, parce que ce n’est pas la saison et, d’autre part, parce que ce n’est pas tellement la faune du Quartier latin de Paris où nous sommes ! En revanche, Louis Dupont nous a donné l’occasion de goûter aux mets traditionnels qui ont constitué la première cuisine du Québec. Cette cuisine « traditionnelle » est encore pratiquée aujourd’hui au Québec, en particulier lors des fêtes de Noël et du Jour de l’an. Plus que des plats d’hiver, ces mets traditionnels révèlent aussi « le goût du pays et de notre histoireEn effet, quand nos ancêtres communs sont arrivés au Québec, la cuisine et la langue françaises n’existaient pas. Pour s’entendre, ces hommes et ces femmes venus de la France de l’Ouest (du Poitou, de Normandie, des pays de Loire…) ont dû fondre leurs langues et parler un français qui n’existait pas encore. Ils ont dû aussi inventer une cuisine et s’arranger avec les bêtes. Pour survivre durant les hivers longs et rigoureux, il leur fallait trois choses : de la viande -procurée par la chasse-, du gras -que leur fournissaient les bêtes- et surtout… du sucre ! Beaucoup sont morts lors des froids intenses, faute de sucre« . Et ce sont les Indiens qui vont leur apprendre à chasser, à se procurer du gras et à trouver du sucre en le tirant des érables. C’est pourquoi ce soir, nous mangeons de la viande, du gras et du sucre. On ne mange pas de fruits, car les fruits sont un véritable luxe.  » Avoir une orange comme cadeau à Noël, c’était le ciel ! « , c’était le soleil par sa couleur si fascinante.

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Le péché cartographique : le cas des Balkans : rencontre avec Michel Sivignon.

Par Michel Sivignon, université de Paris X. En présence de l’équipe du National Geographic. Mardi 21 mars 2000 à l’Ecritoire. Compte-rendu : Olivier Milhaud

Toute carte est interprétation.
Or lire une carte, c’est l’interpréter.
Donc lire une carte, c’est interpréter une interprétation.

Qu’est-ce qu’une confession stimulante, salutaire et chaleureuse?

–  un café-géo avec Michel Sivignon, qui nous entraine avec toute son intelligence, sa malice et sa rigueur, dans la culpabilité des géographes : leur péché cartographique !

Ce soir, l’Ecritoire s’est transformé en confessionnal! Un confessionnal sympathique et chaleureux, avec la carte des Balkans accrochée au mur et généreusement distribuée à toute l’assistance. En effet, le National Geographic (France) était représenté par une partie de sa rédaction, et notamment Emmanuel Vire, son cartographe. Le numéro n°5 de février 2000 comporte une carte des Balkans qui a servi de base à la discussion.
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Repas dans le noir
Mercredi 12 janvier, quelques habitués des Cafés géographiques ont pris de grands risques : il s’agissait de dîner au « Goût du noir », dans l’obscurité totale. Après un Café de la nuit exaltant mené par Luc Bureau, la pratique du noir nous paraissait être une expérience amusante. C’est donc avec appréhension et curiosité que nous avons laissé notre vue de côté, le temps d’un repas. Un repas organisée, à l’époque, par l’association Paul Guinot. Aujourd’hui, le restaurant est situé 58 rue Quincampoix à Paris (Beaubourg).

Après un apéritif dégusté dans une antichambre feutrée aux lumières tamisées, notre petit groupe est conduit par notre guide Sophie, une non-voyante, à notre table. Ce repas dans le noir tient un peu du rite initiatique : une angoisse y précède l’euphorie, d’un point de vue plus profane, on pourra le comparer à la première expérience d’un sport à risques. Les premiers pas dans le monde du noir se font hésitants,chacun s’accrochant désespérément à l’épaule de celui qui le précède. De grands fou-rires accompagnent notre installation autour de la table.

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Premier Restau-Géo, janvier 1999

Premier RESTAU-GEO en janvier 1999

Au Télémaque 15, rue Roger 75014 Paris (Métro : Denfert-Rochereau)
Repas animé par Michel Sivignon

Compte-rendu de Marc Lohez

La géographie de la Grèce dans votre assiette
Cuisine grecque et géographie  
Les Amis du café géographique avaient rendez-vous chez Mme Toula Douralis, au Télémaque, 15 rue Roger, Paris-14.
Une vingtaine de personnes parmi lesquelles on comptait plusieurs professeurs de province qui profitaient des vacances scolaires (Daniel Letouzey de Caen et François Louveaux de Poitiers). Michel Sivignon a dû à la fois beaucoup parler et manger, ce qui n’était pas simple… Nous l’en remercions. Michel aime autant les plats que les… mots qu’il nous fait savourer en passant d’une langue à l’autre : richesse de la cuisine, richesse des mots de la cuisine…
Michel ouvre le repas par quelques questions générales : peut-on avoir une vision géographique de ce qu’on mange ? Peut-on « réfléchir avec son ventre et manger avec sa tête ? » Il propose d’appliquer à la cuisine quelques problématiques géographiques : pour la cuisine grecque, on peut dire qu’on a affaire à une cuisine nationale qui a une dimension  » verticale  » (facteurs naturels) et une dimension  » horizontale  » (échanges, influences étrangères de la Turquie notamment, et aussi de l’Italie). Mais il faut rappeler que la cuisine grecque est une cuisine de paysans de commerçants et de marins, on est loin du sultan à Istanbul qui faisait une cuisine pour 10 à 15000 personnes par jour ! Donc pas d’influence directe d’une cuisine de cour qui filtrerait à travers la hiérarchie sociale.

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