Géographie de la fête

A l’approche de la prochaine journée Géo’rizon © consacrée à la « Géographie des célébrations, célébrons la géographie ! » (28 avril, Chambéry), voici la republication du dossier des Cafés géographiques sur la géographie de la fête.

Nous remettons en ligne ce dossier suite à la mise à jour de notre site, les articles cités en références étant à nouveau disponibles. Cette seconde version vous propose le dossier « Géographie de la fête » avec les liens vers les articles tels que republiés sur le nouveau site des Cafés géographiques (le texte du dossier a été quelque peu modifié, de nouveaux liens et références aux articles du site ont été ajoutés, mais quelques liens sont encore en attente de republication).

Les territoires de la fête

En 2002, le géographe Guy Di Méo (qui a notamment dirigé l’ouvrage : La géographie en fêtes, Orphys, collection GéOrphys, Paris, 2001, 270 p.) invitait, dans le café géographique « Du village à la planète : les territoires de la fête », les géographes à se questionner sur la géographie de la fête : « il y a deux approches que peut adopter la géographie face à la fête. La géographie sociale cherche à éclairer la connaissance des rapports sociaux, tout en s’inscrivant dans le champ d’approche global des sciences humaines ; elle apporte pour ainsi dire une « valeur ajoutée » dans la vision scientifique générale. Mais la géographie, en se focalisant sur les manifestations d’une société donnée, leurs rapports avec l’espace qu’elle construit, établit aussi une médiation entre société et territoire. La fête est comprise au sens strict d’événement localisé dont on tente d’expliquer le rôle dans le jeu des rapports de la société à leur espace ; c’est que la fête est, d’abord, une mise en scène de la société dans son espace de vie et de légitimité : son territoire ».

Fête ou tourisme ? Ouverture vers « l’Autre » ou quête de soi ? Evénement économique ou construction identitaire ? Intégration d’un « nous » collectif ou reproduction des ségrégations quotidiennes ? Partage de l’espace public ou lieu de contestation ? Fêtes urbaines vs fêtes rurales ? Les questions autour des spatialités et des territorialités de la fête sont nombreuses !

Il existe également beaucoup de sortes d’événements festifs : carnaval, ferias à Bayonne, Noël, nouvel an, 14 juillet, fête du Beaujolais nouveau, fêtes médiévales, fête des Lumières, festival [label]bêtes ou biennales à Lyon, fête de la truffe (un symbole du luxe alimentaire qui possède sa géographie) en Corrèze, la fête du fleuve à Bordeaux, la corrida entre fête et sport, etc. Si la commémoration peut ancrer des mémoires douloureuses par le prisme du devoir de mémoire dans les espaces publics, la fête se danse, se célèbre, se pratique, se partage. Par la fête, la ville se fait événementielle et elle s’éclaire autrement. Certaines fêtes deviennent des éléments d’ancrage et de différenciation identitaires. D’autres se diffusent dans l’espace, jusqu’à devenir, avec plus ou moins de réussite, des fêtes nationales. Lyon a exporté sa fête des Lumières. A une autre échelle, c’est la mondialisation de la fête et de sa touristification qui se pose. C’est bien notre rapport à l’espace et au territoire qui est questionné dans cette géographie de la fête.

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Géographie électorale, géographie du vote, géographie des élections, dossier réalisé par Bénédicte Tratnjek.

Une première version de ce dossier a été mise en ligne le 6 février 2012. Nous remettons en ligne ce dossier suite à la mise à jour de notre site, les articles cités en références étant à nouveau disponibles. Voici donc une seconde version – actualisée – de ce dossier sur « Géographie électorale, géographie dans les élections », avec les liens vers les articles tels que republiés sur le nouveau site des Cafés géographiques et les liens vers les nouvelles ressources du site.

L’actualité électorale était particulièrement chargée lors de la première mise en ligne de ce dossier. 2011 : les élections présidentielles de fin 2010 en Côte d’Ivoire ont dégénéré en guerre civile, replongeant le pays face à la question de sa partition[1]. La République démocratique du Congo (RDC) semble plongée dans un scénario similaire à celui de la Côte d’Ivoire, avec la proclamation de deux candidats comme présidents, qui basculent également en conflit armé[2].

2012 : les campagnes présidentielles en France, en Espagne ou encore aux Etats-Unis sont lancées. Le Sénégal connaît, de son côté, ses premières violences pré-électorales. Plus que jamais, les élections interrogent notre rapport au Monde, aux territoires du quotidien, à l’identité… Comme l’écrivait en 2007 Gilles Fumey dans la Brève de comptoir « Ciel, mon village ! Petite étude sur la “campagne” présidentielle » comparant la France mise en affiche sur les campagnes présidentielles françaises : « du Café géo à l’affiche présidentielle, où est le lien ? ».

Quelques années plus tard, la republication de ce dossier confirme combien l’actualité électorale rythme la vie des territoires. 2014 : des élections européennes et des élections provinciales en Nouvelle-Calédonie. 2015 : des élections régionales en France post-réforme territoriale et une élection présidentielle en Côte-d’Ivoire. 2016 : les très attendues élections présidentielles étatsuniennes. 2017 : des élections présidentielles en France et en Allemagne. Et tant d’autres exemples.

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Géographie et littérature (1/2) : Julien Gracq et la géographie

Une première version de ce dossier a été mise en ligne le 24 janvier 2013. Suite à la panne du site, les liens étaient morts et le travail de republication a nécessité un long travail. Voici donc une seconde version – actualisée – du premier dossier sur « Géographie et littérature » concernant l’œuvre majeure de Julien Gracq, avec les liens vers les articles tels que republiés sur le nouveau site des Cafés géographiques.

Pour le lancement de la rubrique « Littérature » des Cafés géographiques, Daniel Oster a consacré les quatre premiers textes à l’œuvre de Julien Gracq, dont la littérature est empreinte de géographie. Comment ne pas commencer cette série de dossiers « Géographie et littérature » avec l’évocation des textes sur Julien Gracq ? Que ce soit dans le Rivage des Syrtes (qu’Yves Lacoste qualifie de « roman géopolitique »), dans La forme des villes ou encore dans Un Balcon en forêt, Louis Poirier (professeur d’histoire- géographie) inspire Julien Gracq (son pseudonyme) : « un écrivain-géographe puise dans sa culture géographique pour nourrir son œuvre »[1]. Et la culture géographique de Julien Gracq (de son vrai nom Louis Poirier) est celle d’un professeur de géographie, particulièrement attentif aux paysages. Les lignes de Julien Gracq « ne peuvent laisser un géographe indifférent. Au détour d’une page, au moment où, la description se fait habituellement plus lâche, plus distante, car en tant que géographes, nous sommes souvent gênés par la rencontre du paysage et de la littérature, soudain nous reconnaissons des mots, une démarche, des attitudes »[2].

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Géographies d’Internet

Une première version de ce dossier a été mise en ligne le 25 avril 2013. Suite à la panne du site, les liens étaient morts et le travail de republication a nécessité un long travail. Voici donc une seconde version – actualisée – du dossier « Géographies d’Internet » avec les liens vers les articles tels que republiés sur le nouveau site des Cafés géographiques (le dossier complémentaire n’a pas été retravaillé, et n’est pas à jour – et ne prétend nullement être exhaustif).

Dans l’espace virtuel (par le site Internet comme espace-support pour la diffusion de nos activités et textes) comme dans l’espace matériel (dans les cafés où Internet est questionné comme un objet géographique), Internet participe du projet des Cafés géographiques ! Dès la création de l’Association des Cafés géographiques en 1998, les Cafés géo ont investi Internet[1] (l’année même du lancement de Google, ce moteur de recherche « incontournable et sans contenu… »). Lieu de diffusion des annonces des cafés géo et des textes qui entourent nos activités, Internet possède également sa géographie : et de nombreux géographes ont été invités à discuter de celle-ci : la fracture numérique (qui valorise ou dévalorise l’espace géographique), le réseau et les mobilités (qui redessine une géographie des circulations de l’information), l’attache d’Internet au territoire (difficile à percevoir puisque le cyberespace peut paraître a priori naître de « nulle part »), l’importance de la blogosphère dans le renouveau des récits de voyages, le rôle d’Internet comme média (entre information et désinformation), Wikipédia comme « ville mondiale », les aller-retour entre cyberespaces et espaces réels, ou encore les tweets du Pape… sont autant de sujets abordés par les géographes invités dans les Cafés géographiques.

Les géographes proposent de déconstruire des idées reçues, comme celle selon laquelle « l’Internet serait insaisissable pour la géographie »[2]. Non seulement, Internet n’abolit pas la géographie, mais aussi Internet véhicule des images de la géographie, malmenée sur les réseaux sociaux, et participe de la production de données géographiques participatives. Toutefois, les géographes mettent en garde contre l’utilisation des données disponibles sur Internet : le cyberespace, le « géoweb » et la « néogéographie » sont des « outils (…) fascinants, mais ils ne changent pas tout. Les évolutions vont dépendre beaucoup des utilisateurs eux-mêmes, qui parfois détournent ou utilisent différemment ce que les créateurs avaient prévu. Cela ne va pas tout bouleverser, les pesanteurs du monde réel restent et se font sentir. Des nouveaux modes de gestion des rapports aux autres vont surgir cependant, ce dont les géographes doivent se saisir »[3]. Si le vocabulaire concernant Internet s’est rapidement emparé du vocabulaire de la géographie (cyberespace, réseau, géolocalisation, géosécurisation…), Thierry Joliveau note combien « des métaphores spatiales qualifient Internet »[4]. Impossible dès lors pour les géographes de ne pas questionner Internet, sa géographie, mais aussi les représentations de la géographie par le prisme d’Internet comme agglomérat de médias[5]. Parce qu’« Internet interroge le Monde d’une façon singulière »[6].

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L’enfant et la guerre : Dessin d’enfants bosniens représentant les combats (1991-1995)

Dessin du géographie n°57

L’enfant et la guerre : Dessin d’enfants bosniens représentant les combats (1991-1995) à la frontière entre la Krajina à gauche (partie de population serbe de la Croatie) et la Bosnie-Herzégovine à droite , où les enfants résident.

Source : Subasic, Saudin, 1996, © Fonds Enfance Réseau Monde-Services. Site Enfance Violence Exil, collection 07 « Guerre en ex-Yougoslavie (1991-1995) », Fonds d’Enfants Réfugiés du Monde, en ligne : http://www.enfance-violence-exil.net/index.php/ecms/it/13/1275 Légende proposée par l’ANR Enfance Violence Exil pour ce dessin : « Bataille de blindés de part et d’autre d’une rivière qui représente la frontière. L’enfant représente les destructions dans son pays – maison et mosquée en flammes – (Bosnie), ainsi que les pertes infligées à l’ennemi dans la Krahina. »

Source : Subasic, Saudin, 1996, © Fonds Enfance Réseau Monde-Services.

Site Enfance Violence Exil, collection 07 « Guerre en ex-Yougoslavie (1991-1995) », Fonds d’Enfants Réfugiés du Monde, en ligne :
http://www.enfance-violence-exil.net/index.php/ecms/it/13/1275

Légende proposée par l’ANR Enfance Violence Exil pour ce dessin :

« Bataille de blindés de part et d’autre d’une rivière qui représente la frontière. L’enfant représente les destructions dans son pays – maison et mosquée en flammes – (Bosnie), ainsi que les pertes infligées à l’ennemi dans la Krahina. »

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« Géographes et Bédéphiles, Géophiles et Bédégraphes. La géographie et le neuvième art. »

Café Géographique d’Annecy du 11 juin 2015, avec Bénédicte Tratnjek (Université de Savoie) et Thierry Saint Solieux (BD Fugue Café Annecy).

Compte-rendu publié sans l’amendement des intervenants.

 

Ce café autour de la géographie et de la Bande Dessinée a donné lieu à un dialogue éclairé entre les deux intervenants : Bénédicte Tratnjek, chargée de cours à l’Université de Savoie, membre du bureau des Cafés géographiques et Thierry  Saint Solieux, libraire à BD Fugue Café Annecy. Une petite introduction d’abord sur l’intérêt que peut représenter la BD pour les géographes, alors même que la BD est encore considérée comme étant « un thème de recherche-plaisir ». Ensuite le Café, et donc son compte –rendu, sont appuyés sur des exemples d’auteurs, d’ouvrages, autour de thèmes significatifs :

  • Une gestion de l’espace, celui de la case, donc de la page.

Ex de Tintin : Pendant que notre œil descend au file de la page, on a l’impression / la sensation que le personnage monte les escaliers. Ceci constitue un aspect très technique dont Hergé est le précurseur.

  • Les géographes regardent le type d’espace représenté. Dans Lucky Luke par exemple, c’est l’espace mythifié de la conquête de l’Ouest avec des symboles qui font sens à la lecture tels que le saloon, l’enclos…
  • La BD est un art séquentiel : il y a des trous, des blancs et c’est au lecteur de faire son propre chemin suivant son imagination. Le lecteur participe par son imaginaire, et c’est cet imaginaire qui intéresse les géographes : selon l’âge, les lecteurs ne mettent pas les mêmes éléments au sein de ces blancs ni ne perçoivent l’espace représenté de la même manière.
  • La BD est un outil pédagogique incroyable pour comprendre un espace, car dans cet art, c’est l’espace qui fait le réel. C’est un outil pour comprendre les espaces, notamment dans le cas de la BD de reportage qui met en place des espaces plus ou moins réalistes, de même que certaines BD totalement fictives peuvent permettre de mieux comprendre certaines des réalités spatiales.

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Géographie de la maigreur : réalités et représentations

Depuis quelques mois maintenant, les Cafés géographiques sont sur Facebook. Et, comme tous ceux qui s’y sont essayés, ils reçoivent des publicités « ciblées ». Passons sur le fait que Facebook propose nécessairement à toute personne qui aurait sélectionné, pour son profil, le sexe féminin, des publicités sur les régimes (une femme aurait comme « nécessairement » des kilos à perdre)… Passons également sur la dangerosité des régimes proposés. Mais intéressons-nous aux représentations et à la géographie de la maigreur.

Un compte Facebook inscrit en France reçoit de telles images : la maigreur comme critère esthétique de beauté.Puisqu’on vous dit que c’est un secret d’« Hollywood » ! La symbolique de ce haut-lieu de la production cinématographique et sérielle est ici évoquée pour rappeler que la maigreur est devenue un des arguments de marketing et de beauté hollywoodiens. Des actrices ont récemment fait connaître, via les réseaux sociaux notamment, leur désaccord sur les retouches de leur corps pour les affiches de leurs films. Dernier exemple médiatique en date : Ashley Benson critiquant en décembre 2013 les retouches de l’affiche de la saison 4 de la série dans laquelle elle joue, Pretty Little Liars, depuis son compte Instagram. Pourtant, de la maigreur hollywoodienne (à laquelle s’ajoute son corollaire, l’absence de rides) à la maigreur des pays dits du Sud, il existe bien une géographie différenciée, formatée par nos représentations.
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Mais où est donc passé l’espace rural ? Samuel Depraz.

Café géographique « Mais où est donc passé l’espace rural ? », animé par Bénédicte Tratnjek, avec Samuel DEPRAZ (géographe, maître de conférences à l’Université Jean Moulin Lyon 3, chercheur à l’UMR 5600 Environnement Ville et Société), le mercredi 25 septembre 2013 au Café de La Cloche (Lyon).

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Le Café Géo du 25 septembre 2013 accueille Samuel Depraz, maître de conférences à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Sa thèse soutenue en 2005 a pour titre Recompositions territoriales, développement rural et protection de la nature dans les campagnes d’Europe centrale post-socialiste. Ses travaux au sein de l’UMR 5600 EVS portent notamment sur les espaces protégés, les politiques régionales de l’Union européenne, le développement local et la gouvernance en particulier dans des communes rurales. Le thème de ce soir, l’espace rural, a été proposé en relation avec le site Géoconfluences pour lequel se prépare un débat « A la une » sur la même question. Il part d’une interrogation de fond, suscitée notamment par les travaux de Jacques Lévy, selon laquelle « tout est urbain », tandis que le rural n’existerait plus.

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Les Alpes, un paysage de carte postale ?

affiche-café-laslazCafé géographique « Les Alpes, un paysage de carte postale ? », animé par Bénédicte Tratnjek, avec Lionel Laslaz (géographe, Université de Savoie), le jeudi 11 octobre 2012 au Bar Thiers (54 rue Thiers, Saint-Dié-des-Vosges) à 19h30.

Le 11 octobre 2012, à 19h30, à Saint-Dié-des-Vosges, les Cafés Géographiques accueillent Lionel Laslaz, maître de conférences à l’Université de Savoie, à Chambéry pour un café géographique sur « Les Alpes, un paysage de carte postale ? ». Spécialiste des espaces protégés et notamment dans les Alpes, différents ouvrages qu’il a publiés circulent dans la salle. Bénédicte Tratnjek précise comment l’idée d’organiser ce café géographique est née : après les comptes rendus de lecture de plusieurs ouvrages de Lionel Laslaz (dont le superbe La Meije, un haut lieu alpin, malheureusement épuisé), les Cafés géographiques ont accueilli sur le site une « Carte postale du Mont Blanc ».Comment ne pas revenir, pendant une édition du Festival international de géographie consacrée aux paysages, sur ces paysages, qui, pour beaucoup d’entre nous évoquent un paysage de carte postale, un paysage de tourisme, un paysage de loisirs, et même un paysage de légendes. Mais, pour les habitants, les Alpes sont aussi un espace de vie, un espace de travail, un espace de conflits[1]. Derrière la carte postale, quels paysages ?

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Do you speak touriste ? Nous, nous préférons parler Géographie !

Mi juin 2013, la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Paris Île-de-France et le Comité régional du tourisme Île-de-France (CRT) ont lancé un site Internet à destination des professionnels du tourisme : Do You Speak Touriste ?. Le site propose ainsi aux professionnels du tourisme des fiches par nationalité, pour les aider à se comporter de manière adéquate avec les touristes. Douche froide pour celui qui regarde ce site qui semble être une parodie de nombreux sketchs humoristiques sur les clichés nationaux.

Guide_Do_You_Speak_Touriste

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