Le dessin illustration du confinement : par Martine Tabeaud.
Le dessin du géographe n° 89.

Paris centre au temps de la pandémie de Covid par Martine Tabeaud, professeur émérite de géographie Université Paris I

En 2020 et 2021, la pandémie de Covid a conduit le gouvernement à décider de limiter les déplacements pour ralentir la propagation du virus et limiter l’afflux de malades dans les services hospitaliers.

Un nouveau vocabulaire est censé décrire la situation : confinement, déconfinement, reconfinement. Les pouvoirs publics utilisent des métaphores (la guerre, les premières lignes,) et définissent des échelles de valeur (sortie dérogatoire, activité non-essentielle) … Cette novlangue est omniprésente dans l’espace privé et dans l’espace public. Elle est supposée déclencher une prise de conscience et modifier les comportements mais en définitive elle entretient la peur.

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Le Canal du Midi : création, abandon, résurrection, Maryse Verfaillie.

Ecluses de Fonseranes © M. Verfaillie

 

L’idée de relier la Méditerranée à l’Atlantique par une voie navigable s’est imposée dès la naissance de l’Empire romain. Ils en ont rêvé, Auguste et bien d’autres après lui, mais ils ont renoncé jusqu’à ce qu’un illustre inconnu, Pierre-Paul Riquet visionnaire de génie, aussi hardi que tenace, ne parvienne à réaliser, sous le règne de Louis XIV une voie d’eau reliant la mer Méditerranée et l’océan Atlantique. Le Canal du Midi et Versailles sont sans conteste les deux chefs-d’œuvre du règne du roi Soleil. (suite…)

L’état de la France à la veille de l’élection présidentielle de 2022, par Frédéric Gilli.

A quelques jours du second tour de l’élection présidentielle française, nous avons reçu au Café de Flore l’économiste-statisticien Frédéric Gilli pour présenter quelques aspects saillants de l’état de la France d’aujourd’hui. Ce café géo a largement exploité l’ouvrage 50 cartes à voir avant d’aller voter publié en janvier 2022 aux éditions Autrement, un ouvrage construit et rédigé par Frédéric Gilli et le géographe Aurélien Delpirou. Plusieurs cartes extraites de cet atlas ont été projetées pendant l’exposé préliminaire de l’intervenant. Elisabeth Bonnet-Pineau a été l’animatrice de la soirée. (suite…)

« Géographes français en Seconde Guerre Mondiale » sous la dir. de Nicolas Ginsburger, Marie-Claire Robic, Jean-Louis Tissier (Ed. de la Sorbonne, 2021), Michel Sivignon.

Sous la direction de Nicolas Ginsburger, Marie-Claire Robic, Jean-Louis Tissier. – Collection Territoires en mouvements. Editions de la Sorbonne.2021

Voici un livre bienvenu et qui s’inscrit dans la ligne, inaugurée par Philippe Pinchemel, d’une nécessaire histoire de la géographie de langue française.

Le livre comporte 4 parties :

1. Géographier sous contrainte en zone libre et occupée
2. Près de Vichy ?
3. Hors des frontières : géographes à l’étranger et en exil.
4. Figures de résistants et de victimes

Le titre indique qu’il ne s’agit pas d’une histoire de la géographie, ni dans son orientation scientifique, ni dans ses relations avec les autres sciences sociales.

Il ne s’agit pas non plus, théoriquement du moins, de l’histoire de l’institution au sein de l‘enseignement et de la recherche. Toutefois ce dernier pari est difficile à tenir, parce que les géographes n’existent guère en dehors de leur statut professionnel et que ce dernier est nécessairement évoqué en permanence.

En revanche il s’agit d’un très sérieux travail historique. On rassemble ici des matériaux, soit des textes imprimés mais inégalement connus, soit des archives personnelles, familiales ou institutionnelles, dont la collecte obstinée n’est pas l’élément le moins remarquable de cet ouvrage. On collecte aussi des interviews qui n’ont pas donné lieu à publication, ni même parfois à un texte écrit. Dans cette recherche soulignons le mérite des jeunes historiens qui ont trouvé là un terrain à leur mesure. Et aussi le texte de notre ami D. Wolff sur Albert Demangeon. (suite…)

Une ville ferroviaire aux confins du Lot et de l’Aveyron : Capdenac, Denis Wolff.

1. Vue de Capdenac-Gare depuis Capdenac-le-Haut (22 octobre 2019, cliché de Denis Wolff)

Des cartes postales, 2022.

En ce jour d’automne, je décide de me lancer à la découverte de Capdenac. Ce village perché, d’un millier d’habitants environ, dénommé également Capdenac-le-Haut, domine de plus de cent mètres deux méandres du Lot (l’un à l’Est et l’autre à l’Ouest) ; il devrait donc offrir un beau panorama sur la vallée. De plus, ce site est chargé d’histoire. Ce fut d’abord un oppidum, puis une place forte redoutable occupée pendant la croisade albigeoise ou cathare, résistant aux Anglais pendant la guerre de Cent Ans, puis tenue par les protestants pendant les guerres de religion. Les guides touristiques signalent qu’il en reste des remparts et un donjon… (suite…)

Joyeuse Amazonie ou l’expédition en Guyane française de Raymond Maufrais, Joseph Chapel

R. Maufrais préparant son expédition
(© Collection Maufrais AAERM)

Dans Aventures en Guyane [1] un récit vécu jusqu’à la mort et écrit entre juin 1949 et janvier 1950, Raymond Maufrais parvient à lier intimement recherche de l’absolu et géographie. Né à Toulon en 1926 et fils unique, il participe à 18 ans aux combats de la Libération. Durant l’après-guerre il voyage comme reporter dans les pays nordiques et part ensuite au Brésil se joindre à une expédition chez les Indiens Chavantes dans le Mato Grosso. Il rentre en France puis repart trois ans plus tard, en 1949, à 23 ans en Guyane française. Son carnet intime, miraculeusement retrouvé par un indien au cœur de la forêt amazonienne en Guyane française, est écrit sans recherche d’effets littéraires. La trame de ce récit est fondée sur une sincérité totale de l’auteur à l’égard de son périple, des peines, des échecs, mais surtout de ses découvertes géographiques et humaines.  Motivé par la quête d’une nature vierge, et d’une « vie pure », son objectif était d’établir la jonction Guyane-Brésil par le fleuve Jari, en solitaire, à pied et en pirogue. Ce jeune explorateur rêvait de parvenir aux monts Tumuc- Humac encore inexplorés. (suite…)

« Nouveaux territoires, nouveaux noms de la France », Roger Brunet (Hermann, 2021), Daniel Oster.

Roger Brunet, Nouveaux territoires, nouveaux noms de la France, Hermann, 2021, 238 p., 32 €.

Poursuivant son ambitieuse entreprise toponymique commencée en 2016 avec Trésor du terroir. Les noms de lieux de la France (CNRS Editions), Roger Brunet consacre son dernier ouvrage à la néotoponymie française, c’est-à-dire aux milliers de nouveaux noms créés durant la dernière décennie pour désigner les nouveaux territoires administratifs (communes nouvelles et intercommunalités, nouveaux cantons, nouvelles régions, métropoles…), les nombreux territoires correspondant aux divers dispositifs d’intervention (zones, bassins, pôles, quartiers urbains, nouveaux espaces d’activités, parcs et sites…) et les schémas et périmètres de toutes sortes qui forment un véritable maquis particulièrement complexe. Comme Roger Brunet le souligne d’entrée, « le choix de ces noms n’est pas anodin. Il en apprend beaucoup sur leurs inventeurs, un peu sur les lieux, et il contribue même à éclairer la toponymie traditionnelle. » A l’aide de très nombreuses illustrations (80 cartes et croquis à différentes échelles), l’auteur conduit son étude selon un plan géographique bien adapté à ses objectifs pour conclure sans ambiguïté sur « l’illusion nominaliste » qui l’a trop emporté sur l’action. Tout compte fait, la toponymie est pour Roger Brunet un excellent moyen de réfléchir, parfois avec malice, aux difficultés de l’organisation et de la gestion des territoires français. (suite…)

L’ancienne mine d’or de Salsigne : chronique d’une catastrophe environnementale annoncée ? par Frédéric Ogé.

Présentation par Frédéric OGÉ, juriste, géographe et ancien Chargé de recherche au CNRS à l’UMR PRODIG. Compte-rendu de Jean Collet et Marc Dumont.

A quatre-vingt-dix minutes en automobile d’Albi, le versant Sud de la Montagne Noire est malheureusement connu mondialement pour la catastrophe environnementale qu’il subit. Sur une surface d’environ 200 km² sont déposées des centaines de milliers de tonnes d’éléments toxiques impactant un large territoire en aval de ce qu’on dénomme par facilité la « mine d’or de Salsigne ».

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Visioconférence n°5 : visitez le Paris des cafés ! par Sylvie Gazannois.

Boire un petit noir sur le coin d’un zinc ou siroter un verre, attablé à une terrasse au soleil n’a pas toujours été chose naturelle et banale à Paris : Sylvie Gazannois, guide conférencière de métier, vous propose de visiter le Paris des cafés depuis votre salon.

 

11 millions de km², pour quoi faire ? Le bien commun, fondement de la stratégie maritime de la France (Mardis de la mer), Michèle Vignaux.
Carte de la stratégie maritime de la France

La carte représente en bleu foncé les espaces maritimes formant la zone économique exclusive française. La Commission des limites du plateau continental, un organe spécifique de l’ONU, vient de donner son aval à l’extension du domaine maritime français. (https://www.journalmarinemarchande.eu/filinfo/la-france-autorisee-a-etendre-son-domaine-maritime)

Le dernier « Mardi de la mer », organisé par l’ICP en partenariat avec l’Institut de la mer, a été consacré à l’immense domaine maritime que possède la France, deuxième ZEE (zone économique exclusive) au monde après celle des Etats-Unis. Compte rendu de Michèle Vignaux.

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