La nouvelle collectivité d’Alsace : un modèle pour la Bretagne ? par Olivier Vergne.

Café Géographique de Saint-Brieuc, le 18 octobre 2019, compte rendu de  Christiane Barcellini,

Olivier Vergne, après des études de géographie et l’agrégation, a enseigné pendant 10 ans dans un lycée de Strasbourg. Il est revenu en Bretagne en 2017 où il est actuellement enseignant à l’université de Rennes 2. Il a commencé en 2014 une thèse qui porte sur la question de la régionalisation en France et de ses récentes évolutions à partir du cas de l’Alsace.

 Le flyer du café géographique que notre intervenant, Olivier Vergne, trouve particulièrement réussi lui permet d’aborder le sujet de ce soir par la boutade classique « Il n’y a qu’une chose qui sépare la Bretagne de l’Alsace, c’est la France ».

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Tou·te·s au lac ? La privatisation des rives lacustres : éclairages historiques, juridiques et géographiques, avec Alice Nikolli.

Café Géographique de Chambéry-Annecy, animé par Alice Nikolli (Annecy, 26 septembre 2019). Compte rendu de  E. Bukowski et C. Marot.

Pour ce premier café géo de la saison, Alice Nikolli, ATER en géographie à l’ENS de Lyon, nous présente les principaux résultats de sa thèse sur la privatisation des rives des lacs périalpins, qu’elle a préparée à l’Université Savoie Mont Blanc, au sein du laboratoire EDYTEM, et qu’elle soutiendra dans un mois.

Elle va aujourd’hui insister sur une tension autour de ces rives lacustres qui font l’objet d’une forte demande sociale, d’une fréquentation importante, mais qui sont également sujettes à des restrictions d’accès auxquelles on va se heurter si l’on veut accéder au bord du lac ou le longer. L’accès est selon elle une notion empirique, à l’échelle du corps, du déplacement physique. Ses terrains de thèse sont le lac d’Annecy, le lac du Bourget, le Léman et le lac de Côme, mais son propos de ce soir se focalisera principalement sur le cas du lac d’Annecy.

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Déambulation dans les marais salants de Guérande (7 septembre 2019).

Déambulation dans les marais salants de Guérande animée par Armel Jorion et Gildas Buron, samedi 7 septembre 2019

Cet article fait suite à un week-end (7 et 8 septembre 2019) organisé pour les Cafés Géographiques par Micheline Huvet-Martinet en prolongement du café géo du 14 décembre 2017. Dans le cadre de cette sortie dans les « territoires du sel » (voir le compte rendu de Micheline Huvet-Martinet), Armel Jorion, paludier, et Gildas Buron, conservateur du Musée des marais salants sis à Batz-sur-Mer, ont organisé une déambulation dans les marais de la presqu’île de Guérande. Cette déambulation a justifié cet article qui donne des informations sur les marais salants ainsi que sur deux unités hydrauliques de Guérande (Hascouet ou « saline aux moines » et Leni-Cormerais).

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Découverte d’un territoire du sel Atlantique : le pays de Guérande (7-8 septembre 2019), Micheline Huvet-Martinet.

Le Pays de Guérande © M. Huvet-Martinet d’après cartographie AFDEC

Week-end (7 et 8 septembre 2019) organisé pour les Cafés Géographiques par Micheline Huvet-Martinet en prolongement du café géo du 14 décembre 2017 (voir https://cafe-geo.net/tag/micheline-huvet-martinet/).

Le sel, généreusement dispensé à l’état naturel, a joué un rôle essentiel dans les diverses cultures humaines. Indispensable aux êtres vivants, présent dans chaque foyer, il est le condiment par excellence ; il permet de conserver les aliments tout en jouant un rôle biologique essentiel dans l’équilibre de l’organisme. Consommé par tous quotidiennement, il a aussi une valeur rituelle, symbolique, voire magique.

Le sel est devenu tellement banal de nos jours que le consommateur ne se préoccupe guère de sa provenance alors qu’il fut autrefois très recherché : notons que les grandes civilisations antiques (Mésopotamie, Egypte, Chine) se sont épanouies à proximité de régions où le sel abondait. (suite…)

Les outre-mers européens, par Jean-Christophe Gay

Le dernier Café de la saison est assuré par Jean-Christophe Gay. Ses thèmes de prédilection sont bien connus des géographes : aussi comprendrons-nous qu’il conclue l’année en proposant une immersion dans les proches, mais exotiques outre-mers européens. L’occasion, pour lui, de présenter un numéro de la Documentation Photographique sorti l’an dernier sur cette question « difficile », car très peu traitée, au regret du géographe qui y a consacré une grande partie de sa carrière. A la Nouvelle-Calédonie il a dédié un Atlas, comme à la Polynésie ; Jean-Christophe Gay a également enseigné à la Réunion. Son parcours et ses publications sont récapitulés à cette adresse. Compte-rendu réalisé par Mélanie Le Guen.

Ce compte-rendu présente une réflexion balayant un large spectre de thématiques, et appuyée sur un grand nombre d’exemples. La plupart d’entre eux sont développés et richement illustrés dans le numéro de la Documentation Photographique susmentionné.

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Pontoise : « ville d’art et d’histoire »… ou ville de la glorification de la France coloniale, Mélyna Lair-Mendes.

Photographie de la rue Thiers à Pontoise, (vue sur la cathédrale Saint-Maclou, dont la statue jouxte le côté sud), prise par Mélyna Lair-Mendes, le 25 avril 2019 à 19h.

Des cartes postales,2019 (suite…)

Terres agricoles des villes : des expériences innovantes d’agriculture. Avec Christophe-Toussaint Soulard, Pascale Scheromm et Camille Clément.

Café géographique de Montpellier, 2019, intervenants : Christophe-Toussaint Soulard, Pascale Scheromm et Camille Clément, Chercheurs à l’INRA, UMR Innovation, Montpellier. Compte rendu rédigé par Pierre-Félix Vautrin.

Comment se met en place l’agriculture urbaine dans un contexte qui n’est pas traditionnellement celui de l’agriculture ?

I. L’agriculture urbaine : de quoi parle-t-on ?

L’agriculture urbaine, c’est l’ensemble des activités de production de denrées alimentaires (ou d’autres denrées notamment ornementales, fourragères, médicinales etc.) qui vont être pratiquées dans l’espace urbain ou en périphérie.

Les agricultures urbaines peuvent concerner toutes les productions végétales et animales. Les pratiquants agricoles sont très divers : certains sont des professionnels, d’autres des amateurs. Par ailleurs des associations voire même des institutions s’investissent dans cette activité. L’agriculture urbaine peut se pratiquer sur sol ou sans sol : sur les toits ou sur les murs des maisons par exemple. Les agricultures urbaines sont souvent des agricultures sociales et militaires : elles renvoient à des projets liés, par exemple, à l’éducation alimentaire, à l’insertion sociale par l’emploi, à l’amélioration de la santé physique et mentale. Par ailleurs, les projets d’agriculture urbaine sont souvent des projets de mobilisation citoyenne pour permettre de conserver des espaces de production dans le tissu urbain. De nombreux projets en effet prônent l’idée que l’agriculture urbaine est un moyen pour permettre aux populations défavorisées de produire et de développer une alimentation de qualité.

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Brest, cité du Ponant (juin 2019).

Les Cafés Géographiques ont organisé un court voyage en Basse Bretagne.en juin 2019, compte rendu Maryse Verfaillie

Brest, la Penfeld, le château et la tour Tanguy – © Maryse Verfaillie

Nourrie par sa vocation maritime, la cité du Ponant s’est forgée un caractère singulier. Richelieu puis Colbert en ont fait le plus grand port de guerre de France. C’est à ce titre qu’elle fut anéantie pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, Brest a relevé le front et achevé une reconstruction en phase avec son temps. A Brest, tous les chemins mènent aux ports. La ville haute, depuis la falaise domine les ports successifs : ceux de l’armée à l’abri de la Penfeld, puis celui du commerce et de la pêche, enfin le port de plaisance. A Brest, on peut appliquer la phrase de Christian de Portzamparc : « une ville, c’est un petit espace qui contient beaucoup de temps ». Brest, figure de proue du continent européen, Brest finis terrae, mais aussi Brest, où tout commence.

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Le Grand Paris, dix ans après : et pourtant, il tourne ! Par Aurélien Delpirou et Cédrick Allman;g

Café de Flore, le 19 février 2019, animé par Elisabeth Bonnet-Pineau, compte rendu de Mélanie Le Guen.

Le Grand Paris n’est pas un sujet nouveau pour les Cafés géographiques. Plusieurs personnalités sont intervenues sur ce sujet au cours des dix dernières années : Frédéric Gilli en 2010, puis Simon Ronai et Nicole Sergent en 2015 ont été invités au café de la Mairie, avant les élections régionales pour exposer les enjeux d’attribution et de répartition des compétences entre la Métropole du Grand Paris et le Conseil Régional.

Ce 19 février 2019, le propos est de dresser un bilan d’étape, une vue d’ensemble d’une construction du Grand Paris que Pierre Veltz qualifie de « coquille vide ». Le Grand Paris mérite-t-il vraiment qu’on organise pour lui les « Journées du Grand Paris » à l’École d’Urbanisme de Paris, installée depuis 2015 à Champs-sur-Marne ?

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Bannir simplismes et caricatures pour comprendre le mouvement des « gilets jaunes », Daniel Oster.

 

Ce petit texte est né de l’exaspération suscitée par les doctes assertions de plusieurs figures médiatiques sur l’état de la société française alors même que bien souvent elles ne font qu’asséner des schémas simplistes, voire caricaturaux. L’autre raison de son écriture, intimement liée à cette exaspération, est de contribuer à la diffusion d’un remarquable article[1] du géographe Aurélien Delpirou démontrant avec grande rigueur qu’en réalité le mouvement des « gilets jaunes » « ne reflète pas une France coupée en deux, mais une multiplicité d’interdépendances territoriales ».

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